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 1871 : la Commune de Paris [topic unique]

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MessageSujet: 1871 : la Commune de Paris [topic unique]   Mer 07 Juin 2006, 3:30 pm

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_de_Paris_(1871)

Citation :
La Commune de Paris, 1871, du 26 mars jusqu'à la semaine sanglante 21 - 28 mai). Désigne une période révolutionnaire à Paris, qui, contre le gouvernement, établit une organisation communiste comme chef de la ville. Dans Plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Toulouse, Narbonne, Grenoble, Limoges) des communes sont proclamées à partir du 3 mars 1871, mais elles seront toutes rapidement réprimées. Pour les grandes figures du mouvement communiste Karl Marx, Engels, ou encore Lenine et Trotsky c'est la première insurrection prolétarienne.

Origines

La Commune de Paris trouve sa source dans un élan républicain se référant à la Première République et au gouvernement révolutionnaire de la Commune de Paris (1792), ainsi qu'à l'insurrection populaire de juin 1848 sous la Deuxième République et qui avait été réprimée de façon sanglante par le gouvernement instauré par la Révolution de février 1848. C'est d'ailleurs depuis lors que le drapeau rouge rallie les insurrectionnalistes et barricadiers (symbolisant le sang du peuple ouvrier, le drapeau tricolore étant vu comme un synonyme de répression).

De 1789 à 1871, la France ayant vécu principalement sous des régimes monarchiques ou impériaux (Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire), le régime républicain n'avait fonctionné que très peu d'années. En juillet 1870, Napoléon III entreprend une guerre contre la Prusse qui, mal préparée, le conduit rapidement à la défaite. La Troisième République est proclamée le 4 septembre 1870, mais la guerre continue. Paris est assiégé et connaît une grave famine au cours de l'hiver 1870-71. Jules Favre, ministre des Affaires étrangères du Gouvernement de la Défense nationale, signe un armistice avec Bismarck. Celui-ci prévoit, outre la fin des hostilités pour une période de quinze jours renouvellable, la convocation d'une Assemblée nationale, chargée de décider de la poursuite de la guerre ou de la paix. Les élections du 8 février envoient une forte proportion de monarchistes à l'Assemblée nationale. Tous les élus de Paris sont des républicains, souvent extrémistes. Le gouvernement de la République se réunit d'abord à Bordeaux, puis à Versailles, pour ne pas tomber sous les révoltes parisiennes comme cela s'est déjà produit pendant le Gouvernement de la Défense nationale (31 octobre notamment).

Le gouvernement de la République est dirigé par Adolphe Thiers ; il cherche à asseoir le pouvoir de l'État, à négocier un traité de paix avec l'Allemagne. Les Parisiens, qui ont supporté un siège très dur, croient toujours pouvoir imposer leur vision à l'ensemble de la France1. Ils refusent de se laisser désarmer. C'est donc l'épreuve de force entre le Gouvernement de la République et une partie de la population parisienne (essentiellement les quartiers de l'est parisien).

Voilà les ferments de la Commune de Paris : l'élan républicain, les souffrances du siège, la direction de la république par des monarchistes, le pouvoir qui en définitive leur échappe. Ils vont donc aller au coup de force.

Déclenchement

Thiers avait commandé la construction des fortifications qui entouraient Paris , alors qu'il était ministre de Louis-Philippe. Il avait conçu cette enceinte pour défendre la ville contre des ennemis, mais avait aussi déjà calculé à l'époque que pour mettre une fin définitive aux insurrections populaires il suffisait d'enfermer les insurgés dans la ville, puis de les réprimer.

Le 17 mars 1871, Thiers et son gouvernement quittent discrètement Paris et envoient la troupe au cours de la nuit s'emparer des canons de la butte Montmartre. Ce même jour, Thiers prend soin de faire arrêter Auguste Blanqui (républicain révolutionnaire insurectionnaliste surnommé « l'Enfermé » parce qu'il avait passé plus de la moité de sa vie dans les prisons des rois et de l'empereur) qui se reposait chez un ami médecin à Bretenoux (Lot). De là, il le fait transférer dans une forteresse pour s'assurer qu'il ne participerait pas à l'insurrection parisienne.

Le 18 mars au matin, le peuple parisien s'oppose à la troupe venue chercher les canons, puis rapidement, la troupe fraternise avec lui et tout Paris s'enflamme d'une même solidarité entre garnisons et population. Deux généraux, Lecomte qui avait donné ordre de tirer sur la foule et Clément Thomas (responsable des massacres de juin 1848), sont fusillés rue des Rosiers. C'est le début de l'insurrection.

Destruction de la Colonne Vendôme lors de la Commune de ParisDes élections sont organisées le 26 mars : c'est la proclamation de la Commune. Des figures républicaines de premier plan sont élues dans ce conseil révolutionnaire : Jules Vallès, Charles Delescluzes, Raoul Rigault, Gustave Flourens, Eugène Varlin, Benoît Malon... Les listes qui se réclament d'Auguste Blanqui recueillent un grand nombre de voix. La Commune va administrer Paris jusqu'au 20 mai, votant des lois d'avant-garde que la république n'a repris que plusieurs décennies plus tard (droit de vote des femmes, interdiction du travail de nuit pour les enfants, séparation de l'Église et de l'État, etc.). Le calendrier républicain est utilisé. De nombreux journaux paraissent (Le Cri du Peuple, Le Père Duchêne, L'insurgé, ...).

Répression

Faite d'une guerre permanente contre les armées « versaillaises » (troupes commandées par le gouvernement de Versailles), la courte histoire de la Commune est essentiellement composée de nombreux épisodes militaires où les revers sont plus nombreux que les succès. Ce fut un des nombreux sujets de discorde de l'assemblée des élus de la Commune où les divergences étaient nombreuses, les débats houleux et interminables aboutissant à des scissions. Le Ministre Délégué à la Guerre, Louis-Nathaniel Rossel en était le principal témoin.

La Commune fut finalement vaincue durant la Semaine sanglante, qui débuta avec l'entrée des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai pour s'achever avec les derniers combats au Cimetière du Père Lachaise le 28 mai. Les témoins évoquent tous de nombreuses exécutions sommaires de la part des troupes « démocratiques ». On évoque, selon les sources, de 10 000 à 25 000 exécutions sommaires, viols, meurtres d'ouvriers communards durant la semaine sanglante.

La répression des communards fut féroce : près de 10 000 condamnations à mort, 4 000 déportations au bagne de Nouvelle-Calédonie, etc. Les lois d'amnistie n'interviendront qu'en 1880.

Premier pouvoir révolutionnaire prolétarien, la Commune de Paris a depuis été revendiquée comme modèle — mais avec des points de vue différents — par la gauche, l'extrême-gauche et les anarchistes ; elle inspira de nombreux mouvements révolutionnaires qui en tirèrent des leçons qui leur permirent d'entreprendre d'autres révolutions (la révolution russe et les conseils, la révolution espagnole et les collectivités, etc).

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MessageSujet: Re: 1871 : la Commune de Paris [topic unique]   Mer 07 Juin 2006, 3:31 pm

Citation :
Chronologie

1er mars : Symboliquement, les troupes prussiennes entrent dans Paris et défilent sur les Champs-Elysées.
3 mars : Constitution du Comité central de la Garde nationale.
7 mars : Parution du numéro 1 du Père Duchesne
10 mars : Pacte de Bordeaux, entre les différentes parties du gouvernement, suspendant toute décision sur la nature du régime.

L'Assemblée nationale ajourne la session en cours et décide de se retrouver le 20 mars à Versailles (elle a hésité entre Fontainebleau et Versailles ; elle ne veut pas Paris à cause des mouvements révolutionnaires).

17 mars : Arrestation du socialiste révolutionnaire Louis Auguste Blanqui.
18 mars : Commune de Paris (ventôse-prairial an 79) : tentative de révolution prolétarienne.
Échec de la tentative des troupes gouvernementales de s'emparer des canons de Montmartre.
20 mars : Le gouvernement et l'Assemblée Nationale s'installent à Versailles.
23 mars : Les vingt maires de Paris se rendent à l'Assemblée nationale pour tenter une conciliation. Arborant une écharpe tricolore dans une assemblée majoritairement royaliste ils sont acclamés par la minorité républicaine mais rejetés hors de l'assemblée sans avoir pu prononcer un mot.
26 mars : Élections de la commune de Paris.
28 mars : Proclamation de la commune de Paris à l'hôtel de ville.
29 mars : Ralliement d'un officier de l'armée française à la Commune, Louis Rossel.
14 avril : Nomination de Louis Rossel au poste de Président de la Cour Martiale.
21 avril : Parution du numéro 1 du Père Duchesne illustré
26 avril : Parution du numéro 2 du Père Duchesne illustré
30 avril : Nomination de Louis-Nathaniel Rossel au poste de Ministre délégué à la guerre en remplacement de Cluseret.
30 avril : Parution du numéro 3 du Père Duchesne illustré
3 mai : Parution du numéro 4 du Père Duchesne illustré
7 mai : Parution du numéro 5 du Père Duchesne illustré
10 mai : Parution du numéro 6 du Père Duchesne illustré
Par le Traité de Francfort : la France perd l'Alsace et une partie de la Lorraine, cette perte est vécue par la France comme un profond traumatisme. De plus la France doit verser cinq milliards d'indemnités (4,9 sont récoltés par une souscrïption nationale ouverte le 27 juin).
Suite à ce traité, environ 160 000 Alsaciens et Lorrains, refusant de devenir Allemands quittent les provinces perdues et s'installent sur le territoire français.
14 mai : Création du Territoire de Belfort à partir de l'ancien arrondissement du Haut-Rhin non annexé par l'Empire allemand.
Parution du numéro 7 14 mai 1871 du Père Duchesne illustré
16 mai : Les Communards mettent à bas la statue de Napoléon place Vendôme.
17 mai : Parution du numéro 8 du Père Duchesne illustré
18 mai : L'Assemblée Nationale, réunie à Versailles, ratifie le traité de Francfort.
du 21 au 28 mai : « Semaine sanglante », qui verra Paris, aux mains Communards, repris par les troupes versaillaises.
21 mai : Entrée des troupes Versaillaises dans Paris.
Parution du numéro 9 du Père Duchesne illustré
23 mai : Parution du dernier numéro du Père Duchesne (numéro 68)
24 mai : Parution du dernier numéro 10 du Père Duchesne illustré
26 mai Exécution de Jean-Baptiste Millière, fusillé à genoux sur les marches du Panthéon
27 mai : Chute du dernier bastion communard.
28 mai : Exécution des défenseurs de la commune de Paris devant le mur des Fédérés.
28 novembre : Exécution de Louis-Nathaniel Rossel, ancien Délégué à la guerre de celle-ci.

Evocations artistiques

Littérature

L'insurgé, roman de Jules Vallès
Joseph Darmour, nouvelle d'Émile Zola
La débacle, roman d'Émile Zola
Le canon Fraternité de Jean-Pierre Chabrol
Le cri du peuple de Jean Vautrin

Cinéma

La Commune (Paris, 1871), film de Peter Watkins sur la Commune, produit en 2000 par l'Office national du film du Canada et réalisé par Peter Watkins. Il s'agit d'un Film noir et blanc de 345 minutes où ont joué plus de 200 acteurs. C'est un film, avec des parenthèses avec les acteurs sur la critique capitaliste contemporaine.

Bandes dessinées

Le Cri du Peuple, Bande dessinée de Jacques Tardi en quatre tomes adaptée du roman de Jean Vautrin.

Articles connexes

Chansons de la Commune
Élus de la Commune
Journaux de la Commune
Œuvre politique de la Commune
Guerre
Commentaires sur la Commune
Jaroslaw Dombrowski
Semaine sanglante
Mur des Fédérés
Le mouvement communard en France
Louise Michel, Louis Rossel, Jules Vallès, Jean Jaurès, Karl Marx, Michel Bakounine, André Léo
Commune de Paris (1792)
Mouvement social, République, Sociale, Internationale, Socialisme, Blanquisme, Communisme, Anarchisme, mouvements révolutionnaires
Histoire de France
An 79

Bibliographie

Histoire de la Commune, de Lissagaray (Éd. Dunois, 1947)
La Commune. Georges Bourgin, (PUF, Que sais-je ? n°581)
Souvenirs d'un insurgé. La Commune 1871 Paul Martine (Librairie académique Perrin, 1971)
Le cri du Peuple (4 tomes) BD de Jacques Tardi et Jean Vautrin (Casterman, 2001-2004)
La Commune de William Shermann (ed. Fayard) - une histoire non marxisante de la Commune.
La Junon de la Commune de Alain Dalotel (ed. Association des Publications Chauvinoises) - La biographie d'André Léo.


Liens externes

http://perso.club-internet.fr/lacomune/pages/parent.html
http://www.chez.com/durru/lmichel/lacommune.htm
http://www.paris.org/Kiosque/may01/commune.html (en anglais)
http://www.radios-libertaire.dune2.info/emissions/partageux-commune-de-paris/

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