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 La Révolution bolchévique jusqu'à la mort de STALINE

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Stans
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MessageSujet: La Révolution bolchévique jusqu'à la mort de STALINE   La Révolution bolchévique jusqu'à la mort de STALINE EmptyVen 09 Juin 2006, 7:00 am

Voici un texte d'Alexis

Voici un texte que j'ai écrit moi-même et qui fait partie de mon travail de synthèse... Si vous le lisez, j'aimerais connaitre votre avis (des détails manquants, vos désaccords, questions etc...). Pour la fin : mon travail consistre à chercher les similitudes entre la Révolution Française et les totalitarisme du XXe siècle. D'où le "Analogie"

Citation :
Au début de l’année 1917, la Russie se trouvait dans une situation critique. Tout au long de l’été, dirigée par un gouvernement provisoire de plus en plus chancelant, elle avait obtenu quelques succès vite suivis de désastres militaires. En octobre, le gouvernement tombait aux mains des bolcheviques. Dès lors, la Russie se désengageait de la guerre.
Les grèves et les restrictions entraînent une multiplication des désordres. Un rapport de police de février 1917 notait : « Dans la capitale, le prolétariat est à bout. Il est probable que le moindre incident ou le plus léger prétexte déclencheront des émeutes incontrôlables faisant des milliers de victimes. Toutes les conditions d’une telle explosion sont en place. […] La misère populaire est telle que la masse des travailleurs est prête, pour survivre, à déclencher un bain de sang. »
Le 8 mars 1917, une foule considérable assiégea les boulangeries; le lendemain, la police faisait feu sur les manifestants. Les usines et les écoles fermèrent et la population envahit les rues. Le tsar, depuis le front, donna l’ordre de la répression. Le dimanche 11 mars, la police fit une centaine de morts parmi la foule mais des soldats rejoignirent les insurgés. Les troupes arrivèrent à la douma (le parlement) pour défendre la population et formèrent les premiers soviets des soldats de Petrograd ; ils désignèrent ensuite des délégués représentant les ouvriers et les soldats. Le 12 mars, la douma nomma un gouvernement provisoire placé sous la direction du prince Gheorhi Lvov. Libéral et idéaliste, ce dernier n’était pas homme à prendre des décisions énergiques. Un message fut télégraphié au tsar : « la dernière heure est arrivée » mais aucune réponse ne vint en retour. Deux jours plus tard, un jeune socialiste, Alexandre Kerenski fut nommé ministre de la Justice. Tous les généraux, contactés par télégraphe, promirent leur adhésion au mouvement. Le tsar avait été tout simplement écarté des circuits de décisions. Il essaya de revenir à Petrograd mais ne put dépasser Pskov. Le soir du 15 mars, deux représentants du gouvernement provisoire l’y rencontrèrent ; conscient de la gravité de la situation, il abdiqua en faveur de son frère, le grand-duc Michel, qui tint alors le sort de la monarchie entre ses mains. Le grand-duc prétendit n’accepter le trône qu’à la demande expresse du gouvernement. Comme personne ne le sollicita, ce fut la fin de la dynastie des Romanov.
Désormais, ceux qui allaient créer l’Union soviétique et dominer une partie du monde pendant 70 ans pouvaient rassembler leurs forces. L’homme qui les conduirait à la victoire s’appelait Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine. Pendant des années, il avait mené ses campagnes de propagande dans les capitales de l’Europe occidentale pour provoquer un soulèvement marxiste dans tous les pays industrialisés. Depuis 1903, Lénine avait été le principal instigateur du bolchevisme, mouvement qui devait son nom au fait qu’il avait obtenu une fois la majorité – majorité se dit bolchevinsto en russe – au sein du vieux parti social-démocrate des travailleurs russes.

Le coup d’Etat des bolcheviks

Quand le Tsar abdiqua, Lénine, bloqué à Zurich, était persuadé que le moment était venu de lancer la révolution universelle. Mais il fallait d’abord vaincra la détermination du gouvernement provisoire à poursuivre la guerre : si la Russie se retirait du conflit, les travailleurs de toutes les nations en guerre se soulèveraient et chasseraient leurs chefs bellicistes, ouvrant la voie à une ère de paix mondiale et marxiste. Lénine put traverser l’Allemagne, grâce au général Ludendorff, trop content de pouvoir provoquer l’anarchie en Russie, déclarer la paix et se concentrer sur le front occidental. Arrivé dans son pays natal, Lénine décida la mise en œuvre d’une seconde révolution. Il rejetait toute coopération avec le gouvernement provisoire, répétant qu’une révolution ne pouvait se faire sous la tutelle de la bourgeoisie.
Après une tentative de révolution vers mai – juin, où 500 000 ouvriers faillirent prendre la ville de Petrograd (Saint-Pétersbourg), Lénine se réfugia en Finlande et Trotski fut arrêté. La République fut institué le 14 septembre par Kerenski. En octobre du calendrier Julien, la « révolution d’octobre » eut lieu. En quelques heures, tous les bâtiments stratégiques de Petrograd furent pris, le 25 octobre 1917. Le pouvoir était aux mains des bolcheviks. Le lendemain, quand Lénine apparu, accueilli par une immense ovation, il déclara : « Maintenant, nous allons construire le nouvel ordre mondial ». Il annonça que le gouvernement allait faire la paix avec l’Allemagne et que les grandes propriétés terriennes seraient saisies sans indemnités et redistribuées. (Ce qui était, en fait, déjà fait depuis longtemps, les paysans n’ayant pas attendu Lénine pour partager les terres de l’aristocratie entre eux). Si ces journées furent calmes, tout changea deux semaines plus tard, quand des élections, décidées du temps de Kerenski, ne donnèrent que 25% aux bolcheviks. Lénine les annula aussitôt, sous prétexte qu’elles étaient le produit d’un gouvernement décadent et que les soviets représentaient, eux, « une forme supérieure des principes démocratiques ». Au début de l’année 1918, pour illustrer ces « principes », les membres de la nouvelle assemblé constituante durent quitter les lieux sous la menace des mitrailleuses.

L’idéologie de Lénine : le communisme

Qu’est ce que le communisme ? Le communisme, compris comme société égalitaire et harmonieuse, a d’abord existé en tant que philosophie sociale et politique très ancienne, remontant même à Platon, et a ouvert le champ à d’innombrables utopies qui considéraient souvent l’abolition de la propriété privée des moyens de production, mais aussi des biens personnels, comme la clé du bonheur et de la fraternité. Le mot est apparu à la fin du XVIII siècle sous la plume de Restif de La Bretonne, mais c’est à partir des années 1840 qu’il trouve un usage courant. On le trouve sous la plume d’Etienne Cabet et de Pierre Leroux. Il se réfère notamment au « babouvisme », c’est-à-dire à la conjuration des Egaux fomentée par Gracchus Babeuf, en 1795. Véritable acte de naissance du communisme moderne qui articule le projet d’une société idéale, égalitaire, assurant le « bonheur pour tous » et un mouvement révolutionnaire enraciné dans le social et le politique. Mais le mot prendra tout son sens avec Marx et Engels, auteurs du Manifeste du parti communiste, datant de 1848. « Communisme » et « communise » deviennent alors synonymes de « marxismes » et de « marxiste ». A noter qu’avant 1914, officiellement, le mouvement socialiste est marxiste, révolutionnaire, et aspire à la société sans classes, c’est-à-dire au communisme. Jaurès, par exemple, emploie le mot « communisme », « collectivisme », « socialisme » indifféremment. Cependant, dans les faits, les grands partis marxistes de l’Internationale étaient devenus réformistes, rejetant l’idée de la révolution prolétarienne. Dès les années 1890, Emile Durkheim, un des fondateur de la sociologie et un ami de Jaurès, avait clairement identifié dans le communisme et le socialisme deux philosophies politiques radicalement distinctes, l’une reposant sur l’attribution égalitaire des richesses, l’autre sur une amélioration constante des processus de production amenant un accroissement continu des richesses et une élévation du niveau de vie. Mais c’est Lénine qui va créer le communisme comme mouvement politique spécifique. Rompant définitivement avec le socialisme démocratique il appela à une guerre civile générale et au déclenchement d’une révolution prolétarienne mondiale. Basé en grande partie sur les écrits de Marx, Lénine prône le contrôle total de l’Etat sur les marchandises et la liquidation de la classe possédante, la bourgeoisie.

De Lénine jusqu'à Staline : la Terreur comme moyen de gouvernement

Les bolcheviks s’étaient emparés de tous les rouages du pouvoir et avaient cessé le combat avec l’Allemagne (traité de Brest-Litovsk, où la Russie perd 800 000 km²), mais ce n’était que le début d’un processus qui allaient maintenir pendant trois ans dans une situation économique catastrophique et un climat de violence permanent. Dans l’industrie, la promesse d’être payé indépendamment de la production effective fit chuter les rendements au sixième de ce qu’ils avaient été en temps de guerre. La fin de l’entreprise privée fit disparaître le système privé de distribution, augmentant de manière dramatique la pénurie alimentaire ; les banques fermèrent, les biens de l’Eglise furent saisis, les propriétés privées furent confisquées. Naturellement, ceux qui étaient dépossédés de leur pouvoir, particulièrement les officiers, protestèrent : certains d’entre eux organisèrent les « armées blanches » et eurent une renommée éphémère, tels Kornilov au sud du pays, le colonel Semenov en Sibérie , les généraux Yudenitch en Biélorussie, Denikine et Wrangel dans le Caucase. Ils furent aidés par l’Angleterre et la France, scandalisées par ce qu’elles considéraient une trahison de la cause alliées. Ces derniers débarquèrent au nord de la Russie et en Crimée. Pour contrer ces attaques, l’Armée Rouge fut crée en juin sous le contrôle de Trotski. Acculés de toutes parts, la famille Impériale des Romanov fut déportée dans l’Ouest de la Sibérie. En avril 1918, ils furent déplacés à Ekaterinbourg, dans l’Oural. Mais, pour éviter qu’ils ne se libérer par les forces blanches locales, les geôliers assassinèrent les Romanov le 18 juillet ; ils brûlèrent les corps après les avoir arrosés d’acides puis ils les enfouirent au fond d’une mine désaffectée.
Lénine, qui pensait pouvoir renverser l’impérialisme et le capitalisme dès que le peuple aurait pris le pouvoir, découvrit que pour garder le pouvoir, il devait instituer, avec l’aide des bolcheviks, des institutions encore plus radicale que du temps des Tsars. Le 30 août, Lénine est victime d’une tentative d’attentat. La « Terreur rouge » est instaurée. Pendant ce temps, en Europe, les révoltes communistes éclatent un peu partout dans une Europe affaiblie par la seconde guerre mondiale. Elles échouent toutes. En janvier 1919, la tentative de révolution allemande est un échec. Ces deux fondateurs, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés. Le 21 mars, le communiste Hongrois Bela Kun prend le pouvoir et crée une République des conseils de Budapest, écrasés quelques mois plus tard. En Russie, l’Armée Rouge est victorieuse un peu partout, effectuant des répressions sanglantes. Entre avril et juin, des mutineries éclatent sur des navires de guerre Français en mer Noire et en Méditerranée ; les futurs dirigeants du parti communiste Français, André Marty et Charles Tillon, y participent. En mars 1919, la révolte des ouvriers d'Astrakhan est écrasée dans le sang par l'armée rouge, et près de 5 000 personnes sont noyées en une semaine dans la Volga. Le "nettoyage" des derniers bastions anti-communistes de Crimée coûte la vie à 50 000 personnes. La politique de "décosaquisation" frappe entre 300 000 et 500 000 cosaques qui seront assassinés ou déportés. Les troupes Anglaises évacuent Mourmansk et Arkhangelsk en juillet. 1920 signe la victoire des bolcheviks avec la défaite des armées blanches. En février 1921, des manifestations ouvrières à Petrograd et des révoltes paysannes sont réprimées dans le sang. Du février au 18 mars, l’insurrection des marins de Cronstadt est écrasée par l’Armée Rouge.

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MessageSujet: Re: La Révolution bolchévique jusqu'à la mort de STALINE   La Révolution bolchévique jusqu'à la mort de STALINE EmptyVen 09 Juin 2006, 7:01 am

Citation :
Après 3 années de guerre, suivis de 4 années de guerre civile, la Russie sort affaiblie démographiquement (15 millions de personnes d’août 1914 à l’été 1922) et amputé d’une partie de son territoire. Pour relancer l’économie, Lénine instaure la NEP (nouvelle politique économique), qui abandonne le modèle communiste temporairement pour en venir à un système économique plus libéral. Une famine se déclare en juillet 1921, dû en partie à cause du régime. En 1920-1921, malgré une récolte désastreuse sur des terres ravagées par des années de guerre, les réquisitions de produits agricoles triplèrent par rapport à leur niveau de 1918. Les paysans réagissent en limitant à leurs stricts besoins d’autoconsommation l’ensemencement des champs. Que surviennent une sécheresse – comme ce fut le cas en 1921 dans le bassin de la Volga – et la famine explose, les maigres réserves de nourriture ayant été systématiquement confisquées au cours des « orgies de réquisitions » (pour reprendre le terme d’un rapport gouvernemental, resté confidentiel) des années précédentes.
A partir de 1921, Lénine instaure la NEP (nouvelle politique économique) pour sortir le pays de la crise. Cette politique économique libéral et capitaliste aura un relatif succès. Elle permis à la Russie de retrouver son niveau de production d’avant-guerre, et même de le dépasser dans certains cas.
Le 3 avril 1922, Staline arrive à la tête du pays en tant que secrétaire général du parti.
Le 21 janvier 1924, Lénine meurt. Petrograd sera rebaptisé Leningrad le 26.
Avec Staline au pouvoir, la terreur va retrouver une nouvelle vigueur après l’accalmie de la NEP. Il y a, d’abord, l’élimination des rivaux : Dans le parti, sur les 1966 délégués du XVI congrès, 1108 sont arrêtés entre 1934 et 1936. Dans l’armée, Staline a éliminé 3 maréchaux sur 5, 60 généraux de corps d’armée sur 65, 35 000 officiers sur 70000. De 1921 à 1953 (mort de Staline), 4 060 000 personnes furent condamnées pour des affaires relevant de la police politique. Sur ce nombre, près de 800 000 furent condamnées à mort et exécutées. 85% de ces exécutions furent prononcées au cours des années 1937 et 1938 : plus de 680 000 personnes exécutées durant la « Grande Terreur ». 30 000 personnes mises à mort étaient des koulaks, c’est-à-dire des paysans propriétaires aisés. Mais certains de ces koulaks n’étaient pas vraiment riches, justes opposés au pouvoir en place. Il faut aussi ajouter le massacre de Katyn, où 4500 officiers polonais seront exécutés, pour un total de 25 700 polonais sur l’ensemble de la Pologne., accusés d’être des « ennemis de classe ». Cette partie ne comporte que les victimes politiques. A cela faut il ajouter les morts du Goulag, des déportations et des famines En ce qui concerne le goulag : de 1930 à 1953, environ 15 millions de soviétique passent au Goulag. Selon les estimations, le nombre de morts est de 1 million et demi. La mortalité de ces camps à varié dans le temps : des pics de mortalité sont atteint dans la période 1932-1933 (« dékoulakisation »), 1937-1938 (Grande Terreur) et pendant la seconde guerre mondiale. A partir de 1948, lorsque le régime eut pris conscience de la nécessité d’ « économiser » la main-d’œuvre pénale, dans un pays exsangue, la mortalité diminua fortement, se stabilisant autour de 1% par au début de 1950. Pour les déportations, nous savons que plus ou moins 6 millions de personnes furent déportées, sur simple mesure administrative, avec ou sans leur famille, dans des régions inhospitalière de l’URSS entre 1930 et 1953. Les premières déportations comment dans les années 30 avec la « dékoulakisation » des campagnes. Environ 1 800 000 koulaks furent déportés par convois dans des « villages de peuplements ». Une estimation porte à 200 000 – 300 000 morts entre 1930 – 1931. Au cours de la décennie 1930, le nombre de décès se situe entre 600 000 et 700 000. A partir de 1935-1936 commencèrent, sur une grande échelle, des déportations de groupes ethniques. Ce fut d’abord les minorités habitant des zones frontalières (Finlandais de la région de Leningrad, Polonais, Allemand des confins occidentaux de l’Ukraine, Coréens de la région de Vladivostok)
Dans les années 1940, décennie d’expansion territoriale, de guerre et de « soviétisation » de sociétés conquises ou reconquises à l’ouest (pays Baltes, Ukraine occidentale, Moldavie) , environ 3 200 000 personnes furent déportées, l’immense majorité d’entre elles sur une base ethnique. Si l’on connaît aujourd’hui le nombre de déportés, il est beaucoup plus difficile de connaître avec précision celui des décès. Quelques chiffres du département des « Peuplements spéciaux » du ministère de l’intérieur, qui gérait les déportés, donnent la mesure de l’hécatombe. Sur les 575 768 déportés du Caucase du Nord, arrivés à destination dans la seconde moitié de l’année 1944, 146 892 (soit 25.5%) moururent avant le 1er Octobre 1948. Des 228 392 personnes déportées de Crimée en 1944, et parvenus à destination (combien périrent en route ?), 44 887 (soit 20%) moururent avant le 1er Octobre 1948.
Au stade actuel des connaissances, on avance l’estimation suivante : une surmortalité d’environ un million et demi de personnes pour l’ensemble de la période 1930 à 1953.
De loin la plus importantes catégorie de victimes : les personnes morts de faim. Durant la période stalinienne, on en dénombre deux : en 1932-1933 (6 millions de morts) et en 1946-1947 (500 000 morts). Dans les deux cas, l’Etat est en partie responsable. Y a-t-il eu volonté de famine organisée ? Difficile à dire. Négligence criminelle ? La responsabilité de l’Etat soviétique parait clair.
A la fin de 1929, le groupe stalinien au pouvoir a lancé la collectivisation forcée des campagnes. Cette dernière a pour objectif de permettre à l’Etat, après avoir cassé les mécanismes du marché en vigueur sous la NEP, de prélever, à des prix symboliques, une part maximale de la production agricole des kolkhozes (fermes collectives) et des sovkhozes (fermes d’Etat), afin de financer l’industrialisation du pays.

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MessageSujet: Re: La Révolution bolchévique jusqu'à la mort de STALINE   La Révolution bolchévique jusqu'à la mort de STALINE EmptyVen 09 Juin 2006, 7:01 am

Citation :
Dans les années 1920, les paysans mettaient en vente, au prix du marché, environ 15% de leur récolte. Dès 1930, les "collectes d'Etat" atteignent 27% de la production agricole. En 1933, elles sont de 33% et battent tous les records dans les grandes régions à blé d'Ukraine et du Nord Caucase (près de 50% de la récolte).
Un tel prélèvement achève de désorganiser le cycle productif, déjà bouleversé par la collectivisation forcée, au cours de laquelle les paysans avaient abattu, en signe de révolte, une partie de leur cheptel. En 1932, la production diminue, mais les "quotas de collecte" fixés sur des bases irréalistes restent plus élevés que jamais. Ajoutons que, de l'été 1932 (le moment où le gouvernement est prévenu des risques d'une famine) à l'été 1933 (alors que le pic de famine se situe à juillet 1933), le gouvernement soviétique a exporté 1 700 000 tonnes de céréales, et que les réserves d'Etat, stockées dans l'éventualité d'une guerre, dépassaient alors 3 millions de tonnes. Une quantité plus que suffisante pour sauver les millions d'affamés.
La dernière grande famine soviétique, celle de 1946-1947, elle aussi niée par le régime, reste encore méconnue. Cette famine d’après-guerre, qui clôt un cycle cataclysmique de pertes démographiques (26 millions de morts, dont une majorité de civils, en 1941-1945), intervient après la destruction massive, durant la guerre, des infrastructures économiques, sur un fond de malnutrition endémique et d’épidémies.
La récolte de 1946 est catastrophique, inférieure de 20% à celle de 1945, de 40% à celle de 1932. Cependant, les autorités refusent de diminuer la part des livraisons obligatoires à l’Etat, alors que Staline a annoncé la fin du rationnement dans les villes. Le gouvernement refuse de toucher aux réserves de céréales, stockées dans l’éventualité d’une nouvelle guerre, et qui atteignent une dizaine de millions de tonnes. En 1946-1947, plus de 500 000 personnes meurent ainsi de faim, principalement dans les régions de Koursk, de Voronej, de Tambov, ainsi qu’en Moldavie.
Tout cela représente un total d’environ 15 millions de personnes…
Staline meurt en 1953 d’une hémorragie cérébrale. Il est remplacé par Nikita Khrouchtchev à la tête du pays. En 1956, l'URSS rompt officiellement avec le stalinisme au cours du XXe congrès du Parti communiste d'Union soviétique, mais réprime dans le sang l'insurrection de Budapest en Hongrie en octobre 1956. Néanmoins, l’URSS et ses satellites resteront en place uniquement par la peur d’une intervention armée.

Analogie avec la Terreur

La situation de la révolution russe ressemble beaucoup à celle de la France de 1789 : attaqué par des nations étrangères, en proie à une guerre civile… Les actes aussi : utilisation par l’Etat de la terreur pour repousser ses ennemis, massacre de la famille impériale à Ekaterinbourg qui fait écho à l’exécution de Louis XVI. Lénine, qui se proclame robespierriste, la justifie en assurant qu’il ne faut pas laisser aux adversaires du nouveau régime un drapeau vivant, ni au peuple des reliques. Trotski précise que cette exécution « était nécessaire, non seulement pour effrayer, frapper de stupeur, priver l’ennemi d’espoir, mais aussi pour secouer les nôtres, leur montrer qu’il n’y avait pas de retraite possible, que ce qui les attendait c’était la victoire totale ou la perte totale ». Ce sont exactement les motivations du régicide de la Révolution Française.
La dictature du prolétariat, dans la ligne de Babeuf, sacrifie sans complexe les vies individuelles à l’édification d’un monde nouveau. La lutte des classes, qui doit être la règle au sein des systèmes capitalistes, fait théoriquement place, dans le système communiste, à l’anéantissement des classes possédantes. Il n’y a plus de place que pour les travailleurs sous le soleil glacé de la Russie rouge.
Seule la disparition de Staline met un terme à la frénésie de liquidation, même si l’Etat reste encore très violent.
En 1994, François Furet répondait au question du magazine « L’Histoire » sur la banalisation de la comparaison entre Robespierre et Lénine. Voici quelques extraits de cet entretien :
« François Furent : Il y a, c’est vrai, dans le discours révolutionnaire de la période 1793-1794, et pas seulement dans celui de Robespierre, une tonalité « totalitaire », au sens où la politique révolutionnaire veut créer un homme nouveau, régénéré, grâce à l’action de l’Etat. La Terreur elle-même est présentée comme une régénération, l’instrument nécessaire de la rupture absolue avec un passé corrompu. (…) » A propos de la Vendée : « (…) Il reste que ces paysans ont été assassinés, sur le mode archaïque, au nom d’une logique de guerre idéologique qui est moderne et révolutionnaire. Sous ce dernier aspect, la terreur « jacobine » peut être comparée à la terreur bolchevique, puisqu’elle a pour raison d’être la liquidation des ennemis politiques, assimilés à des comploteurs ou des traîtres. Elle se donne des justifications de même ordre (salut public, régénération, violence révolutionnaire indispensable à l’ordre nouveau…) (…) « (…) Si, pour notre part, nous acceptons de définir le totalitarisme comme un système dans lequel la diversité du social est réduite à l’unité politique par l’idéologie et la terreur, on peut probablement dire, d’un point de vue très abstrait, en regardant les choses de très haut, qu’il existe dans le discours du jacobinisme français en général, et dans celui de Robespierre en particulier, certains traits pré totalitaires (…) » . Il faut aussi ajouter à cela que l’historiographie communiste de la Révolution française a si étroitement lié le jacobinisme au bolchevisme au temps de la splendeur du mythe d’octobre 1917 qu’à l’époque où celui-ci est devenu un cauchemar, dans les années 1970, il a déshonoré, par contrecoup, l’événement Français.

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