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 Louis II de Bavière, la folie royale (Elsa)

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MessageSujet: Louis II de Bavière, la folie royale (Elsa)   Ven 16 Juin 2006, 4:48 pm

Louis II de Bavière, la folie royale.



Roi de Bavière (né à Nymphenburg, 1845. mort à Berg, 1886).

PARCOURS

Citation :
Louis II de Wittelsbach succéda très jeune à son père Maximilien II: il monta sur le trône en 1864. L'existence tourmentée, étrange de ce roi, et sa fin tragique et mystérieuse n'ont cessé de parler à l'imagination des hommes. Est-ce le sang des Wittelsbach, cette lignée dont une propension à la mélancolie et à la dépression, conjuguée avec des dons artistiques, ont produit davantage de princes mieux faits pour les travaux de l'esprit que pour les grandes ambitions politiques ;

ou est-ce une éducation manquée et surtout la bouleversante rencontre avec le génie de Wagner qui ont façonné ce roi mélancolique et solitaire, mêlé aux événements historiques qui marquèrent la fin de la vieille Allemagne? Il est difficile de démêler l'écheveau de l'hérédité et des circonstances.

L'amitié passionnée que le roi témoigne à Wagner est un événement décisif pour Louis II et pour le musicien. Grâce à Louis II, Wagner sort de l'obscurité et de la difficulté. Tout va mal pour le musicien jusqu'au moment où il est appelé auprès du souverain qui le comble de faveurs (1864). Cette protection suscite des jalousies et alimente dans les milieux bourgeois de la Bavière une campagne de dénigrements.

Déjà le comportement étrange du roi, sa misanthropie, ses sautes d'humeur commencent à faire jaser et on attribue au musicien la responsabilité de toutes ces bizarreries royales. Les largesses de Louis II se répandent sur Wagner et le projet d'un théâtre wagnérien peut enfin aboutir, malgré les oppositions multiples: c'est à Bayreuth et non à Munich, hostile au mécénat de son souverain, que sera posée, en 1872, la première pierre.

En 1876, le théâtre ouvre ses portes devant un auditoire de rois, de disciples et de spectateurs accourus de tous les points du globe. Louis II, ensorcelé de musique, est perdu dans ses rêves. On raconte que dans son château fantastique de Hohenschwangau, il se déguise en Lohengrin.

Ce roi romantique est confronté, comme souverain de la Bavière, au problème de l'hégémonie prussienne. Son règne coïncide en effet avec l'expansionnisme de la Prusse, admirablement servi par Bismarck. Plutôt que d'épouser la cause du parti catholique bavaroisadversaire de la Prusse, Louis II n'apporte qu'une très modeste contribution à la cause de Vienne au moment de la guerre entre l'Autriche et la Prusse. Ce qui vaut à la Bavière, après la défaite de l'Autriche à Sadowa, un traitement plutôt doux de la part de la Prusse victorieuse.
Après la dissolution de la Confédération germanique et la constitution d'une Confédération de l'Allemagne du Nord autour de la Prusse, Louis II, avec réalisme, oriente son pays vers une politique d'union avec la Prusse.

Il fait appel, pour le seconder dans la direction des affaires publiques, à Hohenlohe qui ne cache pas son amitié pour Bismarck. Lorsque éclate, en 1870, la guerre franco-prussienne, la Bavière est naturellement engagée dans le conflit aux côtés de la Prusse et quand la défaite française est consommée, Louis II accepte de signer la lettre qui propose au roi de Prusse la couronne impériale. Mais la prééminence de la Prusse dans l'Empire allemand relègue la Bavière dans un rôle secondaire et finit par offusquer Louis II qui s'enferme dans une solitude hautaine.

Le souverain sombre dans la misanthropie et l'horreur des foules. Refusant de communiquer avec ses ministres,il ne voit plus que ses domestiques et ses ordonnances. Sa passion pour les arts se manifeste dans la construction de châteaux insensés comme celui de Herrenchiemsee inspiré de Versailles (1878). Ce prodigieux pastiche coûte aussi cher que l'original.

Servant de cadre aux rêveries étranges de ce prince sans cour, ce vaste palais désert va causer la perte de Louis. L'entourage du roi comprend que ses extravagances vont ruiner les finances du royaume. Il faut alors mettre le souverain hors d'état de nuire. Comme le roi s'obstine à vivre hors des réalités dans ses rêves romantiques, on se résoud, le 8 juin 1886, à le faire interner au château de Berg.

Le 13 juin, il est retrouvé noyé avec son médecin, le docteur Gudden, dans les eaux du lac de Starnberg, à un endroit où pourtant il avait pied. Accident, crime, suicide ou tentative manquée de fuite, le mystère entoure la mort de cette âme tourmentée, qui a inspiré à Luchino Visconti l'un de ses derniers films, Ludwig (1972), devenu en France le Crépuscule des dieux.

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MessageSujet: Re: Louis II de Bavière, la folie royale (Elsa)   Ven 16 Juin 2006, 4:50 pm

HOMOSEXUALITE

Citation :
Même les rois n'échappaient pas à ce monde guidé par toutes ces idées moralistes. Le destin de Louis II de Bavière en cette fin du XIXe siècle, fut pathétique.Il sentait bien que ce moule dans lequel il devait vivre n'était pas le sien. Gouverner dans ce monde, était pour une tâche quasi-impossible. D'autres rois ont sû jouer l'alternance, pas lui.

Il s'obligeait à exister dans une autre existence que la sienne, il vivait une véritable crise d'identité. Il était le roi, mais il était l'homme. Alors, le contact avec autrui lui était si pénible qu'il prit une série de mesures pour s'isoler de ses sujets. Par dégoût des lieux publics qui englobait jusqu'aux églises, il se fit bâtir une chapelle où il assistait seul à la messe. Même interdiction pour les théâtres où l'on donnait pour lui seul le spectacle, dans la salle vide.

Se rendre à Munich et s'occuper des affaires du royaume lui devint bientôt un supplice.
Lors des banquets auxquels il ne pouvait échapper, il ordonnait de disposer devant lui d'énormes bouquets de fleurs qui lui cacheraient les convives. Il demandait aussi à l'orchestre de jouer le plus fort possible pour lui épargner les frais de la conversation. Les personnages de la cour, les hommes politiques, ses ministres, ses conseillers, lui causaient une aversion particulière.

En revanche, il se plaisait dans la compagnie de ses pâges, des ses valets, de ses palefreniers, de ses écuyers (là encore, un exemple du rapprochement des classes et qui le mènera à sa perte). Sa majesté n'a plus de rapports personnels ni avec les détenteurs des plus hautes charges de la cour, ni avec les ministres d'état.

Ce fut un malheur pour lui d'être né roi. Lui que dégoûtait le cérémonial, les contraintes officielles, l'agitation urbaine, les devoirs sociaux et qui n'était heureux qu'à cheval, dans la montagne, parmi les paysages de neige et de vent en compagnie de ses valets. Prisonnier de son trône et des idées dans l'air du temps, il menait un combat permanent avec lui-même. Dans ses carnets secrets qu'il écrivit tout au long de sa vie, il soutient sa lutte incessante, harrassante, contre la masturbation et son homosexualité.

Voilà l'élément le plus pathétique de ce destin, lorsqu'on se remet en mémoire comment il y a cent ans et surtout en Allemagne, l'homosexualité était considérée. Le roi était en combat permanent avec l'homme qu'il était. L'idée de l'homosexuel sur lui-même était de se sentir, non pas seulement un hérétique du sexe, mais il estimait qu'il était également une erreur de la nature, un raté dans l'ordre du monde, moins que rien. Le roi fuyait le monde pour que 'homme qu'il était puisse retrouver le sien.

Il ressentît son premier épanchement amoureux à 16 ans. Lorsqu'il eut 18 ans, il fit entrer à son service son jeune amant, le prince Paul de taxis avec lequel il passera trois semaines dans les montagnes bavaroises, seuls, au mépris du protocole qui voulait que toujours quelqu'un soit présent auprès du roi. Plus tard Richard Wagner entra dans la vie de Louis II mais malgré sa candide jeunesse, le roi dû se rendre compte que la difficulté de son rang banissait l'anonymat.

La discrétion obligea Louis à maintenir ses relations, quasi exclusivement avec des jeunes hommes choisis parmi les paysans, montagnards, ou valets (sa simplictié et sa préférence pour les gens des campagnes plutôt que ceux de sa cour lui valût jusqu'à sa mort, la fidélité de son peuple, son homosexualité également le rapprochait un peu de leur misère).

Il y eut quelqu'un pourtant dans sa vie amoureuse avec lequel il eut une liaison durable et constructive. Avec l'un de ses écuyers qui posséda ses sens et le coeur du roi pendant plus de dix ans. Il se nommait Richard Hornig. Il avait quatre ans de plus que Louis et devint peu à peu un conseiller intime, un secrétaire particulier, très particulier, serviteur honnête, ami fidèle, compagnon discret, esprit cultivé.

Mais l'assassinat psychiatrique à l'insu de sa majesté avait commencé. L'oncle de Louis II le fit déclarer fou, il confisca ses carnet secrets et les mit entre les mains des médecins et des psychanalystes. Puis il le fit enfermer et occupa le trône. Le roi, trop faible pour se dégager des tabous de son époque, fut prisonnier toute sa vie d'un atroce sentiment de culpabilité qui finit par le détruire. La plus grande partie de ses carnets secrets consigne les péripéties d'une guerre sans merci contre son instinct sexuel.

A compter de ce jour, un nouveau code pénal fut établi punissant d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison, les actes sexuels commis entre adultes masculins (les lesbiennes restent toujours dans l'indifférence). Les moeurs du "roi fou", qui restait dans l'esprit du peuple un souverain populaire, servit d'exemple."Laissez la liberté à l'amour entre hommes et ce sera bientôt la révolution et la ruine de l'Etat (prince de Bismark), l'armée, l'Administration, la justice, la police, reposent sur une stricte hiérarchie. La libération de désirs incontrôlés introduirait une subversion périlleuse. L'autorité du pouvoir serait anéantie.

Si l'officier déclarait son amour à un soldat, se ferait-il encore obéir ? Il ne faut pas prendre exemple sur Louis II qui a délaissé les devoirs du trône pour la société des ses domestiques." "L'homosexualité est révolutionnaire" disait Bismarck. Ce code devint le paragraphe 175 et cette législation fut également adoptée dans l'empire autrichien. Il restera en vigueur jusqu'en 1969.

Louis II avait reçu la commune éducation puritaine de son temps et de sa classe, fondée sur le refoulement des instincts. A cette répression d'origine politico-religieuse et morale s'ajoutait la condamnation officielle. Etouffé autrefois par la coutume, rejeté à présent par la loi. Il se sentit alors complétement dépersonnalisé. Il n'existait plus en tant que roi ni plus désormais en tant qu'homme. Les médecins, les docteurs l'ont sali, humilié. Contrairement aux verdicts sans appel prononcés par les plus hautes autorités politiques et scientifiques, une psychanalyse de Louis II semble inutile.

Examiner ses rapports avec son père, avec sa mère, avec son frère, n'ont conduit qu'aux banalités habituelles. Une âme féminine dans un corps masculin, dégénérescence génétique, tare, que de questions permettant de ne pas exposer la vraie raison. Ce qu'était Louis II de bavière, il l'était par don inné de la nature humaine. Aucune cause familiale à rechercher. Son drâme ne fut pas d'être homosexuel mais de l'être à une époque et dans un pays qui interdisaient rigoureusement tout instinct rebelle au mariage et à la procréation.

Justice soit rendue à Louis II de Bavière, prophète désarmé et martyr de l'homosexualité.

filoumektoub.free.fr/gaibeur/gayculture/histoire/h0041.htm

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MessageSujet: Re: Louis II de Bavière, la folie royale (Elsa)   Ven 16 Juin 2006, 4:52 pm

SITE TRES COMPLET SUR LOUIS II
(avec biographie détaillée et galerie de photos)

http://www.chez.com/sielsa/

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MessageSujet: Re: Louis II de Bavière, la folie royale (Elsa)   Ven 16 Juin 2006, 4:54 pm

ARMOIRIES DE LOUIS II





LES CHATEAUX DE LOUIS II DE BAVIERE

http://www.ac-guadeloupe.fr/Cati971/PEDAGO/Site_Allemand/Schlosser/Schlosser.htm

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