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 Le Sikhisme

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MessageSujet: Le Sikhisme   Le Sikhisme EmptyDim 16 Juil 2006, 10:45 pm

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sikhisme

Citation :
Le mot sikhisme provient du mot sikh qui signifie disciple en panjâbî. Un sikh est une personne qui croit en un seul dieu et dans les enseignements des Dix gurûs, recueillis dans l'Adi Granth, le livre saint des sikhs. Tandis que le bouddhisme et jaïnisme sont inspirés par des idées religieuses et sociales provenant d'un fonds exclusivement hindouiste (ou, plus précisément, pré-hindouiste), le sikhisme, de développement plus récent, a des liens tout aussi forts avec les idéaux de l'islam.

Principes religieux

Le sikhisme, comme religion, n'est pas une véritable nouveauté. Son fondement -- le monothéisme -- coïncide avec la doctrine musulmane, alors que le caractère dévotionnel prononcé de sa littérature et de plusieurs de ses doctrines sont conformes au concept de bhakti de l'hindouisme. Cependant, le sikhisme ne doit pas être considéré comme un simple mélange de deux religions plus anciennes, mais comme une religion véritablement nouvelle. Ses fidèles considèrent qu'elle a été authentifiée par une nouvelle révélation divine.

Le Gurû Nanak (1469-1538), le fondateur du sikhisme, naît dans le village de Talwandi, nommé maintenant Nankana Sahib, près de Lahore actuellement au Pakistan. Ses parents sont hindouistes et appartiennent à une caste marchande (Les Khatri du Pândjab). Dès son enfance, Nanak est fasciné par la religion, et son désir d'explorer les mystères de la vie l'amène à quitter la maison familiale. Il erre dans toute l'Inde à la façon des sannyasin, les saints hindous. C'est sans doute durant cette période qu'il découvre l'enseignement de Kabîr, un saint révéré aussi bien par les hindous et que par les musulmans.

Après plusieurs années d'errance, Nanak a la révélation qu'il doit enseigner. Il prêche alors devant les temples jaïns et hindous, les mosquées et convertit ainsi un certain nombre de sikhs (ou disciples). La religion, pense-t-il, est un lien pour unir des hommes, mais dans la pratique il constate qu'elle monte les hommes les uns contre les autres. Il regrette en particulier l'antagonisme entre hindous et musulmans et il se fixe comme but de vie de les réunir. Une sentence bien connue de Nanak est : « Il n'y a ni hindou et ni musulman. ».

Nanak est opposé au système des castes. Ses fidèles se réfèrent à lui en tant que gurû (professeur, maître). Avant sa mort, il indique un nouveau gurû pour être son successeur et pour mener la communauté. Le dixième et dernier gurû, Gurû Gobind Singh (1666-1708) introduit la cérémonie de baptême sikh en 1699 donnant par là une identité caractéristique aux Sikhs. Les cinq Sikhs nouvellement baptisés sont appelés Panj Pyare, Les Cinq Bien-Aimés, qui baptisent à leur tour le gurû à sa demande.

Peu avant son décès, le gurû commande que l'Âdi Granth, appelé aussi Gurû Granth Sâhib, le livre saint sikh soit dorénavant l'autorité spirituelle définitive et que l'autorité temporelle passe à la Khâlsâ Panth - la Communauté des Sikhs. Le livre saint des Sikhs est compilé et édité par le cinquième gurû, Gurû Arjun en 1604. Ce sont les premières écritures saintes dans le monde à avoir été compilées par les fondateurs d'une foi au cours de leur vie (les écrits saints de la religion bahá'íe au XIXe siècle étant également tous rédigés par le fondateur lui-même ou en sa présence). Elles sont surtout rédigées en panjâbî, mais aussi en hindi, en persan, etc.

La position doctrinale de Nanak est assez simple, en dépit de son origine, i.e. un mélange de révélations provenant des deux croyances distinctes. La cohérence du sikhisme est à mettre au bénéfice de son concept central simple - la souveraineté d'un Dieu unique, le Créateur. Nanak appelle son dieu « Le Nom Vrai » pour éviter d'utiliser un terme qui soit plus restrictif. Il enseigne que « Le Nom Vrai », qui se manifeste de manières diverses, dans des endroits divers et par des noms divers, est éternellement « Un », Dieu souverain et omnipotent, à la fois transcendent et immanent, créateur et destructeur.

Dieu prédestine toutes les créatures et ordonne que la plus haute créature, l'homme, soit servi par les créatures inférieures. Selon Nanak discuter quels composants de sa croyance proviennent de l'hindouisme, quels sont musulmans, c'est discuter comme un idiot qui cherche quelle religion possède le droit de professer des concepts universaux tels que la bonté, la charité, l'honnêteté, la vénération du nom de dieu, le respect des autres.

Nanak souscrit également à la croyance en la mâyâ, l'illusion du monde physique. Bien qu'il considère les objets matériels comme des réalités et comme des expressions de la vérité éternelle du créateur, ils tendent à ériger « un mur d'erreurs » autour de ceux qui ne vivent que dans un monde des désirs matériels. Ceci les empêche de voir le Dieu vrai qui a créé la matière comme un voile autour de lui, de sorte que seuls les consciences spirituelles, libérées du désir, puissent le pénétrer.

Le monde est immédiatement vrai dans le sens qu'il est rendu manifeste aux sens par la maya, mais il est finalement irréel puisque seul Dieu est finalement vrai. Conservant la doctrine hindoue de la transmigration des âmes, ainsi que son corollaire, la loi du karma, Nanak conseille aux fidèles de ne pas prolonger leur cycle de réincarnations par une vie hors de Dieu, i.e. par le choix, au travers de l'égoïsme et des plaisirs sensuels, d'une vie matérialiste.

Pour faire ceci il faut accumuler du karma. On doit ne penser qu'à Dieu, répéter sans fin le nom de Dieu (Nam Japa) et ainsi s'unir avec Dieu. Le salut, dit-il, ne signifie pas entrer au paradis après le jugement dernier, mais s'unir Dieu à et se fondre en lui.

La pression politique des nations musulmanes qui les entourent force les Sikhs à se défendre et au début du XIXe siècle, la région du Panjâb, préfigurant l'Inde et le Pakistan modernes, se rend autonome. La Khâlsâ (les Purs, noms de l'ordre chevaleresque) des Sikhs mit plusieurs fois en défaut l'armée coloniale britannique.

Aujourd'hui, Les Sikhs se trouvent en Inde ainsi qu'ailleurs dans le monde. Les pratiquants peuvent être identifiés par leur habitude de toujours porter un turban pour couvrir leurs longs cheveux qu'ils ne coupent jamais (dans quelques pays, les lois exigeant le port du casque pour les motocyclistes ont dû être modifiées à leur avantage) et par leur utilisation presque universelle du nom de famille Singh (lion, comme par exemple dans Singapour, la ville (pour) du lion (singa)). Les hommes portent barbe et moustache.

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MessageSujet: Le Sikhisme   Le Sikhisme EmptyDim 16 Juil 2006, 10:45 pm

Citation :
Cependant, toutes les personnes nommées Singh ne sont pas nécessairement des Sikhs ! Les hommes sikhs sont également censés porter sur eux les articles suivants ou cinq K :

* Kesh, ou cheveux et barbe non coupés, signe de sainteté;
* Kangh, un peigne utilisé pour garder les cheveux bien coiffés;
* Kach, sorte de pantalon ample pour ne pas être gênés pendant les batailles;
* Kara, un bracelet d'acier symbolisant austérité et sobriété;
* Kirpan, épée ou dague défensive recourbée.

Dans la société moderne, bien sûr, on ne peut pas se permettre de porter une épée ou même un grand poignard, mais un bon canif ou un poignard miniature sont suffisant pour exprimer la signification symbolique. En portant une arme, les Sikhs rappellent la persécution que leur religion a subi et la nécessité de la défendre contre ses ennemis.

Les femmes de Sikh portent généralement la robe indienne du nord ou salwar kameez plutôt que le sârî. La plupart du temps, elles emploient le nom de famille Kaur (censé traditionnellement signifier « princesse », mais qui veut dire en réalité lionne pour s'accorder avec les Singh ou lions), plutôt que le nom Singh qui est réservé normalement aux hommes bien que peu de pays permettent cet usage.

Le séparatisme sikh

Vers 1920 se crée un parti, l'Akali dal, qui se veut le défenseur des intérêts de la communauté sikh, le "panth". L'Akali Dal est la matrice d'un nationalisme sikh (ou au moins d'un communautarisme sikh) originellement très modéré.

En 1966, conformément à une vieille revendication de l'Akali Dal, l'État de l'Haryana est constitué à partir de la partie de l'état du Panjâb la plus fortement hindouiste. Les sikhs sont dorénavant majoritaires (56%) dans le nouveau Panjâb plus petit. Cette majorité devient progressivement fragile, puisqu'estimée à seulement 52% en 1981, entre autre du fait de l'immigration de populations non-sikhs, venues surtout des états indiens du Bihar, de l'Uttar Pradesh et du Madhya Pradesh. La conscience de cette fragilité a renforcé le nationalisme Sikh.

Vers la fin des années 1970 et au cours des années 1980, un mouvement séparatiste émerge donc, qui tente de créer un État sikh séparé appelé Khalistan ("Pays des Purs"), revendiquant la région du Panjâb indien, le Panjâb Pakistanais et certaines régions limitrophes.

En 1984, un groupe de militants sikhs radicaux lourdement armés (qualifiés de terroristes par les autorités indiennes), et suivant Jarnail Sing Bhindranwale, prend refuge, ou occupe, le Temple d'Or à Amritsar, véritable lieu saint du sikhisme. Les partisans de Bhindranwale, originellement allié du parti du congrès contre l'Akali Dal, développaient des activités plus ou moins violentes depuis quelques années.

Après que les tentatives de négociation ont échoué, le premier ministre indien, Indira Gandhi, ordonne début juin que le temple soit vidé de ses occupants par la troupe. Le refus d'un retrait pacifique a comme conséquence une fusillade entraînant la mort de 83 soldats et de 493 occupants Sikhs ainsi que de nombreux blessés. De nombreux Sikhs ont considéré que l'utilisation de la force dans leur lieu saint était un blasphème impardonnable. D'autres, au contraire, considérent que c'est l'occupation du site par des extrémistes qui constitue l'acte réprobatoire.

Le 31 octobre 1984, le Premier ministre indien Indira Gandhi est assassiné par ses propres gardes du corps sikhs. En réaction à cet assassinat, des émeutes anti-sikhs frappent l'inde, et plus spécifiquement la région de Delhi, essentiellement du 31 octobre au 3 novembre 1984. En partie spontanées, ces émeutes ont également été encouragées par certains politiciens du parti du premier ministre, le parti du congrès. Il y aurait eu 2.000 morts, et même 3.000 selon certaines sources.

L'affaire du temple d'or et les massacres anti-sikhs ont considérablement augmenté l'influence des indépendantistes, en même temps qu'ils ont radicalisé leurs méthodes, avec un passage généralisé à la lutte armé, surtout à partir de 1986. Le Panjâb est devenu une zone de guerre.

Les partisans de l'indépendance ont développé leur lutte armée contre 2 grandes cibles :

* les représentants de l'État fédéral indien : fonctionnaires, soldats, policiers, politiciens,...
* les populations hindous du Panjâb, victimes de nombreux massacres visant à leur faire quitter le territoire Panjâbi, en vue de créer un État sikh homogène

A partir de mai 1987, la multiplication des attentats a amené le gouvernement fédéral à placer l'état du Panjâb sous régime d'administration directe, sans que cette stratégie, souvent très brutale et marquée par de nombreuses violations des droits de l'homme, permette de régler le problème.

Pendant ce temps, les militants radicaux sikhs ont développé une idéologie et une pratique mariant nationalisme, violence armée et religiosité extrême, dont la radicalité a effrayé certains Sikhs.

En février 1992, le régime d'administration directe fut remplacé par un nouveau gouvernement pandjabi élu (avec seulement 25% de participation). Une nouvelle stratégie, s'appuyant sur les Sikh hostiles à l'insurection fut alors mise en place, et se revéla beaucoup plus efficace.

Le nouveau gouvernement était en effet dirigé par le parti du congrès, mais sous la direction d'un Sikh, Beant Singh. A la tête des forces de police depuis 1991, Kanwar Pal Singh Gill, également sikh, parvint en trois années a démanteler les principaux groupes armés et à arrêter leurs chefs.

A partir de 1993-1994, la rébellion est apparue comme vaincue, à la fois par la répression, par l'arrivée au pouvoir d'une élite sikh locale pro-indienne (bien plus acceptable que les soldats hindous) et par la lassitude de la population devant la violence.


Les Sikhs dans le monde

On trouve des communautés Sikhs relativement importantes dans des pays anglophones, en particuliers les États-Unis d'Amérique, le Canada et l'Angleterre.

Après le 11 septembre 2001, quelques Américains, confondant les symboles de croyance religieuse, tels que les turbans et les barbes, avec ceux des terroristes qui ont effectué les attaques, se retournent contre les Sikhs et maltraitent ou blessent certains membres de la communauté Sikh. Dans les mois qui suivent l'attaque, pas loin de 300 incidents sont rapportés sur le sol américain, incluant menaces, actes de violence, et même mort.

Le 2 mars 2006, un jugement de la Cour suprême du Canada a légalisé le port du Kirpan dans les écoles publiques en se fondant sur la liberté religieuse garantie par la Constitution. La Cour a jugé qu'une autorité scolaire ne pouvait interdire totalement le port du Kirpan par un élève, dans la mesure où le Kirpan est porté dans des conditions sécuritaires. Comparer avec la France, qui en 2004 a adopté une loi visant à interdire le port «ostensible» de symboles religieux dans les écoles publiques, ce qui a posé problème - notamment - vis-à-vis de quelques lycéens sikhs refusant d'ôter leurs turbans.

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