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 Wallis-et-Futuna

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MessageSujet: Wallis-et-Futuna   Mar 18 Juil 2006, 9:34 am

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Wallis-et-Futuna

Citation :
Wallis-et-Futuna est une collectivité d'outre-mer française située dans l'hémisphère sud. Son chef-lieu est Mata-Utu.

Composé de trois principales îles, Wallis, Futuna et Alofi, l'archipel se trouve entre la Nouvelle-Calédonie et Tahiti. Il est localisé à 22.000 kilomètres de Paris et est situé en Océanie polynésienne (océan Pacifique occidental).







Histoire

Les premiers découvreurs européens de Futuna, reconnus par l'histoire, furent Willem Schouten et Jacob Le Maire qui abordèrent l'île en chaloupe le 22 mai 1616. Ils pilotaient l'Eendracht, navire de 350 tonneaux, accompagné du Horn qui lui ne faisait que 100 tonneaux, et venaient de Hollande. Déja, à l'approche de l'île, ils avaient pris contact avec les indigènes et jettèrent l'ancre le 21 mai 1616 dans l'embouchue de la rivière Futuna. Ils baptisèrent les deux îles découvertes îles Horn en souvenir de leur port d'embarquement mais nous les connaisssons mieux aujourd'hui sous les noms de Futuna et Alofi. Ils restèrent environ 8 jours sur ce petit archipel avant de repartir en direction de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, puis des Moluques.

Pour ce qui est de l'île de Wallis, elle fut découverte 150 ans après Futuna par un anglais, le capitaine Samuel Wallis, qui donna son nom à cette île. C'était en 1766. Originellement, les autochtones la nommaient Uvea et ce nom reste encore imprimé dans beaucoup de mémoires actuelles tant et si bien que chaque habitant du Pacifique comprend autant un terme que l'autre et sait le situer géographiquement.

Peuplé de polynésiens originaires des îles Tonga pour Wallis et des îles Samoa pour Futuna, l'archipel fut découvert par Louis Antoine de Bougainville le 11 mai 1768. Il surnomma Futuna L'enfant perdu du Pacifique. L'archipel ne connait pas de présence européenne significative avant le XIXe siècle et l'implantation de missionnaires catholiques.

Les royaumes d'Uvéa à Wallis, d'Alo et de Sigave à Futuna signèrent alors un traité de protectorat avec la France (demandé par la reine Amélia et ratifié en 1887) avant de devenir un territoire d'outre-mer (TOM) en 1961 après un référendum. L'actuel roi d'Uvéa, Tomasi Kulimoetoke II, fut signataire de cet accord qui permit à ce petit archipel de 96 km² et plus de 14 000 habitants de passer du statut de protectorat à celui de territoire d'outre-mer. En 2003, l'archipel devient une collectivité d'outre-mer au statut particulier.

Politique

La vie politique de Wallis et Futuna a longtemps été dominée par le RPR gaulliste, incarné sur place par les défunts parlementaires Benjamin Brial et Sosefo Makape Papilio. Malgré une victoire de la gauche en France métropolitaine en 1981 avec l'élection de François Mitterand, il faudra attendre 1989 pour voir le Parti Socialiste être porté au pouvoir sur place, avec l'élection du député Kamilo Gata (décédé en 2005). Le pouvoir politique retourne toutefois en 1997 au camp gaulliste avec l'élection de l'actuel député, Victor Brial (neveu de Benjamin) à la tête de l'Assemblée Territoriale. L'actuel président de l'Assemblée Territoriale, Emeni Simete, est membre de l'UMP, de même que les deux parlementaires du Territoire et le Conseiller économique et social.

Aujourd'hui, on peut dire que la vie politique à Wallis et Futuna est dominée par les représentants locaux de l'UMP et du PS même si d'autres formations comme l'UDF ou le FN ont déjà été représentées. En 2002, au lendemain du premier tour des élections présidentielles, le Front National faisait son apparition à Wallis et Futuna, avec le candidat Gaston Lutui.

Cependant, comme pour le reste des collectivités françaises ultramarines, la pratique politique à Wallis-et-Futuna correspond davantage à un affrontement de personnalités locales qu'à une confrontation des idéologies politiques. Dans les faits, les programmes politiques sont à peine mis en avant, les débats sont secondaires, les campagnes électorales s'organisant au rythme de fêtes colorées, de soirées de palabres coutumiers et de dons multiples aux potentiels électeurs.

La configuration des sociétés wallisienne et futunienne est telle, qu'il s'agit avant tout de voter pour le candidat le plus à même d'apporter des bénéfices à la famille, au clan, au village, au district, au royaume ou à l'île, mais en aucun cas au Territoire dans son ensemble.

La place de la coutume est ominiprésente et se reflète sur la vie politique locale.

Institutions

Wallis-et-Futuna sont constituées de trois monarchies traditionnelles : Uvéa (à Wallis), Alo et Sigave (à Futuna), dont les rois gouvernent avec des conseils élus et le représentant de l'État français qui gère le pouvoir préfectoral en association avec les rois locaux qui détiennent le pouvoir des sous-préfectures au plan juridictionnel (en matière civile uniquement). Le pouvoir judiciaire en matière pénale est détenu par l'unique tribunal de première instance qui est compétent pour tout le territoire et dont le siège est à la préfecture de Mata-Utu (à Wallis).

Contrairement à la métropole, aux départements d'outre-mer et aux autres collectivités d'outre-mer, le territoire n'est pas divisé administrativement en communes. À Futuna, deux royaumes (à qui reviennent les fonctions juridictionnelles des arrondissements départementaux et sous-préfectures, administratives des mairies et une partie des attributions des conseils généraux) coexistent et regroupent des villages. À Wallis, 3 districts coutumiers (gérant aussi les fonctions administratives des mairies et regroupant plusieurs villages) existent sous l'autorité du même roi (à qui revient la présidence des fonctions juridictionnelles civiles).

Aussi, au plan territorial, les îles sont divisées en trois circonscriptions territoriales recouvrant exactement chacun des trois royaumes : la circonscription territoriale de Wallis (pour le royaume d'Uvéa), la plus grande et la plus peuplée des trois, les circonscriptions territoriales d'Alo (qui comprend aussi l'île inhabitée d'Alofi) et celle de Sigave, la plus petite, à Futuna. Chacune jouie de la personnalité morale avec un budget propre géré par un conseil de circonscription composé des chefs coutumiers et présidé par le roi.

Le royaume wallisien d'Uvéa et les deux royaumes futuniens de Sigave et d'Alo ne sont pas des monarchies héréditaires mais aristocratiques : ce sont les familles nobles, les aliki, qui élisent ou destituent les rois.

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Dernière édition par le Mar 18 Juil 2006, 9:36 am, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Wallis-et-Futuna   Mar 18 Juil 2006, 9:35 am

Citation :
Le pouvoir coutumier est important mais toutefois assez décentralisé, les rois locaux devant négocier avec les chefs de village, et répondre aux demandes des alikis qui les élisent et dont l'autorité morale s'appuie aussi sur la population, tout en négociant avec le représentant de l'État pour obtenir les budgets de développement du territoire.

À Wallis, le roi d'Uvéa (portant le titre de lavelua) est le chef de la hiérarchie coutumière. Il est assisté d'un premier ministre (kivalu) et de 5 ministres. Il nomme encore, sur proposition de la population, 3 chefs de district (faipule) qui ont autorité sur les 21 chefs de village reconnus par la population. Les chefs de village, qui peuvent lever les corvées d'intérêt général, sont plébiscités ou destitués au cours d'assemblées générales de village (fono) qui ont lieu le dimanche dans une case commune (fale fono).
À Futuna, chacun des deux rois (le Tuigaifo à Alo et le Tuisigave à Sigave) disposent aussi de ministres, jouant le rôle de porte-paroles dans les conseils, mais ils ont une autorité limitée directement sur les chefs de village désignés par les familles princières qui peuvent démettre leur roi facilement.
Les rois disposent pour couvrir leurs frais d'une dotation annuelle de la République qui indemnise aussi les ministres royaux et les chefs coutumiers de districts et de villages.

Toutefois, la définition et la délimitation des villages n'est pas définie de façon aussi stricte que les communes françaises, le territoire étant plutôt délimité de façon informelle par les royaumes (et districts à Wallis) et le droit coutumier, y compris pour le domaine royal ou public, et la propriété privée incessible appartenant en fait en commun aux villages avec un droit d'usage accordé aux chefs de familles.

L'archipel a accédé au statut de territoire d'outre-mer en 1961. La loi du 29 juillet 1961 « garantit aux populations du territoire le libre exercice de leur religion, ainsi que le respect de leurs croyances et de leurs coutumes tant qu'elles ne sont pas contraires aux principes généraux du droit ».

Depuis la révision constitutionnelle de 2003, qui abandonne le concept de territoire d'outre-mer, Wallis-et-Futuna est une collectivité d'outre-mer disposant d'une assez large autonomie au sein de la République française, un système politique propre et original, et proche de celui en vigueur dans le pays d'outre-mer de Nouvelle-Calédonie, où le droit français côtoie le droit coutumier local.

Au plan administratif, les archipels sont divisés en cinq circonscriptions électorales, reprenant le découpage des 3 royaumes et des trois districts coutumiers du royaume wallisien d'Uvéa, qui élisent au suffrage universel 20 représentants à l'Assemblée territoriale qui désignent alors parmi eux une commission permanente composée de 2 représentants de Wallis et 2 représentants de Futuna (un pour chacun de ses royaumes). Toutefois, l'Assemblée territoriale a un rôle limité en matière de droit civil et de gestion du budget territorial, ses décisions nécessitant l'approbation de l'administrateur supérieur représentant la France.

Par ailleurs, l'Assemblée territoriale doit approuver les 3 membres du Conseil territorial nommés par l'administrateur supérieur (qui préside ce conseil), les 3 autres membres du conseil étant les rois traditionnels (tous vice-présidents du conseil). En pratique, ce conseil n'a qu'un rôle consultatif sur la gestion locale exercée surtout par les chefs de village, dans la hiérarchie coutumière, et l'administrateur supérieur.

Le territoire est représenté à l'Assemblée nationale par un député (élu au suffrage universel) et au Sénat par un sénateur (élu indirectement par les représentants locaux siégeant à l'Assemblée territoriale, au Conseil territorial ou au sein de la hiérarchie coutumière des chefs de districts et de villages).

Enfin, il faut noter que l'enseignement primaire est totalement concédé par l'État, dans le cadre d'une mission publique, à l'évêché catholique de Wallis-et-Futuna au travers d'une convention où l'État finance l'ensemble des charges liées à cet enseignement (enseignants et fonctionnement), les écoles étant construites sur le domaine public communautaire des villages selon le droit coutumier et le contrôle des rois qui définit l'usage foncier.

Crise politique de 2005

En 2005, le territoire fait parler de lui à la suite d'une crise politique ayant lieu à Wallis. Après plus de 46 ans de règne, le roi d'Uvéa Tomasi Kulimoetoke II est pris dans une crise qui faillit plonger son royaume dans le chaos insurrectionnel. La crise débute quand son petit-fils est condamné pour homicide car il avait tué un piéton alors qu'il conduisait en état d'ivresse et s'était réfugié au palais royal. Le roi avait d'abord résisté aux demandes d'arrestation de son petit-fils et demandé à la France de quitter le territoire. Or, cette exigence n'était pas du goût de tous car l'économie du territoire dépend des aides françaises et l'administration emploie de nombreuses personnes.

En réponse, des chefs de village rebelles décident d'introniser un nouveau roi avec l'assentiment de l'administrateur supérieur. Mais, à l'approche de la cérémonie, prévue le 25 septembre, le conflit institutionnel faillit tourner à l'affrontement. Les partisans du roi occupent l'aéroport et édifient des barrages au moyen de troncs de cocotiers. La situation s'arrange finalement grâce à l'intervention d'un médiateur français qui reconnaît l'autorité du roi. La cérémonie d'intronisation est alors annulée.

En juin 2006, les tensions peuvent encore se faire ressentir au sein de la population locale avec quelques incidents ponctuels dans le district du nord, Hihifo. Des palabres de réconciliation sont toujours en cours entre les deux chefferies.

Géographie



Ces îles au relief volcanique et aux côtes très découpées, protégées par une ceinture de récif, sont difficiles d'accès. Le climat est chaud et humide (tropical).

Wallis et Futuna sont deux groupes d'îles, d'histoire géologique et d'aspect très différent :

Les îles de Wallis, au nord-est, composées d'une île principale, Uvéa (qui s'étend sur 96 km²), et de plusieurs îlots coralliens, est un ancien volcan qui a commencé à s'enfoncer, laissant ainsi apparaître un récif corallien et un lagon ouvert sur l'océan par quatre passes dont seul une est navigable. Son point culminant, le mont Lulu, est peu élevé (181 mètres). Bien que dépourvue de ruisseaux, l'île est ponctuée de lacs de cratère dont le plus grand est le lac de Lalolalo, d'environ 400 mètres, et qui constituent de précieuses réserves d'eau douce pour l'île.
Les îles de Horne, au sud-ouest, composées de deux îles principales, l'île de Futuna (qui s'étend sur 64 km²) et sa voisine immédiate, l'île d'Alofi (plus petite, au relief plus accidenté, plus élevé et ne comportant pas de récif corallien), sont ouvertes sur l'océan Pacifique. En effet, leur existence est liée à un volcanisme plus récent. Leur point culminant, le mont Puke sur Futuna, est à 524 mètres environ. Traversées de ruisseaux apportant de l'eau douce, elles sont par contre ceinturées de récifs.

Économie

La population très pauvre n'a majoritairement pas accès à l'économie monétaire (70% des actifs), et près de 70% des autres travaillant pour l'administration publique locale. Moins de 1.000 actifs travaillent dans des sociétés semi-publiques ou privées (notamment l'artisanat de la nacre destiné à l'exportation et issu de la pêche de coquillages).

Depuis 1976, l'emploi public a été considérablement accru, passant de moins de 400 emplois publics pour 4.000 actifs à plus de 1.070 sur 1.800 emplois. Si plus de 300 nouveaux jeunes sortent du système éducatif chaque année, il n'y a guère plus de 15 nouveaux emplois créés. Aussi ce chômage important est compensé par le système de partage communautaire qui est la seule satisfaction des besoins élémentaires d'équipement puisque l'acquisition d'une propriété n'est pas pratiquée sur ces îles où la propriété est essentiellement collective. Ainsi, la plus grande partie de l'activité n'est pas monétisée.

Les îles sont de fait assez pauvres : elles souffrent de ressources naturelles limitées, notamment en eau douce pour Futuna, ce qui explique aussi que l'île voisine d'Alofi n'est pas habitée. Cette carence ne permet qu'une économie essentiellement rurale axée sur la pêche lagonaire artisanale et l'agriculture océanienne vivrière pour les besoins locaux. Les îles souffrent aussi de leur éloignement et leur isolement des marchés potentiels, l'environnement régional étant encore plus démuni qu'elles. Un exemple de retard de Futuna est que la télévision n'y est arrivée qu'à l'occasion de la Coupe du monde de football de 1998.

La dangerosité et les difficultés d'accès maritime aux îles, liées à leur environnement naturel dangereux, l'absence de port en eaux profondes combinée à l'éloignement des grandes routes commerciales avec les pays plus riches comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, la quasi-absence de produits exportables (qui oblige les cargos de fret à repartir à vide et contribue à accroître le coût des importations de produits manufacturés) ou même l'insuffisance de liaisons aériennes qui faciliterait le développement touristique contraignent ces îles à un développement difficile et nécessitant un apport constant de capitaux publics.

Démographie

En 2003, la population est de 14.967 habitants, dont 10.088 à Wallis (67,4 %) et 4.879 à Futuna (32,6%), en hausse de 5,7% depuis le recensement précédent en 1996 (+5,9% à Wallis et +5,1% à Futuna). L'île d'Alofi, voisine de Futuna, n'est pas habitée.

La plupart des habitants sont d'origine polynésienne (97,3%). On compte aussi quelques habitants d'origine européenne. La très grande majorité est de confession catholique.

Émigration

De nombreux habitants ont quitté les îles si bien qu'il y a plus de Wallisiens et de Futuniens à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) (16.000 personnes) que sur les îles. Certains résident aussi en France métropolitaine et en Polynésie française.

Bibliographie

Odon Abbal et Marc Soulé, « Violences futuniennes », in Frédéric Angleviel (sous la dir. de), Violences océaniennes, L'Harmattan, 2004
Dominique Pechberty et Epifania Toa, Vivre la coutume à 'Uvea (Wallis), L'Harmattan, 2004

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