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 La famille Sanson

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Stans
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MessageSujet: La famille Sanson   La famille Sanson EmptyMar 01 Aoû 2006, 10:51 pm

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Sanson

Citation :
La famille Sanson est une célèbre famille de bourreaux qui a exercé à Paris de 1688 à 1847 .

L'origine de la lignée

La "vocation" familiale débute comme un joli conte, dont les chapitres ne manquent pas de faire frissonner enfants mais aussi adultes.

Vers 1675, près de Rouen, un jeune homme, Charles Sanson, rencontre une jeune fille dont il tombe fou amoureux. Elle même n'est pas insensible à ce jeune militaire, et les 2 tourtereaux, suivant la méthode de Roméo et Juliette, prennent l'habitude de se voir la nuit. Le jeune homme rentre, à l'insu de la famille, chez sa dulcinée par le balcon, pour la retrouver pour de tendres moments. Mais le père, commençant à soupçonner l'affaire, surprend un soir les amoureux. Sanson, tentant de s'expliquer, évoque le mariage. Le père, alors ironique, entraîne le jeune homme dans une salle soigneusement fermée. Terrifié, Sanson voit, bien rangés, billots, haches, glaives, cordes. Il aime la fille du ... bourreau de Rouen, Maître Pierre Jouenne ! La gorge serrée, il accepte néanmoins le mariage avec Marguerite, mais sait ce que cela signifie : il deviendra l'aide de son beau-père...

Le soldat qu'il est n'a-t-il donc alors qu'une faible expérience des combats et du sang qui coule des corps blessés ? Toujours est-il que le procès-verbal d'une exécution à Rouen en 1675 mentionne que, ayant à "rompre" un condammé, l'"exécuteur des hautes oeuvres ayant forcé son gendre, nouvellement marié, à porter un coup de barre au patient, ledit gendre tomba en pâmoison et fut couvert de huées par la foule."

Marguerite accouche d'un fils, Charles, vers 1681, et, fin 1685, devenu veuf, Charles quitte Rouen. Il se retrouve avec le même emploi d'aide-bourreau à Paris vers 1687, puis monte en grade une année plus tard, suite à la destitution pour cause de proxénétisme de Nicolas Levasseur. Vers 1696, son fils Charles l'assiste déjà comme aide-bourreau. En 1699, il démissionne et épouse, à Paris, Jeanne Renée Dubut, la plus toute jeune soeur du bourreau de Melun. Le couple se retire en 1703 dans l'Aisne, à Condé-en-Brie, où Charles décède en 1707.

Charles, le fils de Charles

Chez les bourreaux, on se marie "entre soi", un peu comme dans la Noblesse !

Charles Sanson (fils de Charles et Marguerite Jouenne, sa première épouse), né vers 1681, après avoir aidé son père à Paris dès 1696 environ, reste aide-bourreau encore 2 ans après la démission de celui-ci, n'accédant à la fonction qu'à sa majorité (?) en 1701, et n'obtenant ses "lettres de provision" de bourreau officiel de Paris qu'en 1707, après le décès de son père.

La même année, il épouse à Paris la soeur de sa belle-mère, c'est-à-dire la soeur de la seconde épouse de son père, Anne Marthe Dubut (deuxième soeur bien plus jeune du bourreau de Meulun).

Charles Sanson fils, après avoir, en 1720, roué vif pour cause d'assassinat un cousin du duc d'Orléans, préside en 1721 à l'exécution de Cartouche, le célèbre bandit. Décédé à Paris en 1726, laissant un jeune fils de 7 ans (Charles Jean Baptiste), il est inhumé en grandes pompes dans l'Église Saint-Laurent, où il rejoint les dépouilles de ses parents.

Sa veuve se remarie (l'année suivante vraisemblablement) avec celui qui devient ainsi en 1727 le "régent" de son fils, c'est-à-dire le titulaire par intérim de la charge de bourreau en attendant que ce dernier ait 20 ans. L'heureux élu est alors un parisien du même monde, puisque bourreau spécialiste de la torture, dont la fonction le désigne comme "questionnaire-juré". Ce François Prudhomme aura son moment de gloire en réussissant en 1737 une "décollation" particulièrement remarquée par sa perfection.

Charles Jean Baptiste, le demi-infirme

Charles Jean-Baptiste Sanson, né vers 1719 (fils de Charles et de Anne Marthe Dubut) se voit restituer en 1739 par le second mari de sa mère, François Prudhomme, la charge officielle de "bourreau de la Ville, Prévôté et Vicomté de Paris".

Marié une première fois en 1737 à Paris avec Madeleine Tronson (patronyme curieusement adéquat pour l'épouse d'un coupeur de têtes !), il épouse Jeanne Gabrielle Berger, à Etampes en 1741, elle-même fille du bourreau de Sens et petite-fille du bourreau d'Etampes.

Il semble ne souffrir d'aucun mal quand il est frappé par une attaque le laissant à demi-paralysé, en 1754. Il doit alors passer le flambeau à son fils, Charles-Henri, qui n'a alors que 15 ans, tout en ayant à recourir à nouveau à l'assistance de François Prudhomme (devenu depuis bourreau de Vannes) pour procéder en 1757 à l'exécution du régicide Damiens.

Installé à Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne, après que soit survenu le problème de santé l'ayant laissé handicapé, il n'obtient pourtant pas du Parlement son remplacement officiel dans la fonction par son fils. Devenu veuf vers 1767, il revient habiter à Paris pour y mourir vers 1778, peu après avoir démissionné en bonne et due forme en faveur de Charles-Henri, son fils.

Les débuts de Charles-Henri Sanson, quatrième du nom

Fils de Charles Jean Baptiste et de Madeleine TRONSON, Charles Henri Sanson nait en 1739 ou 1740. Il épouse Marie Anne Jugier à Paris en 1766 qui lui donnera 2 fils :

Henri, né en 1767 à Paris, qui succèdera à son père en 1795.
Gabriel, né en 1769, aide-bourreau depuis 1790 environ, qui mourra en 1792 ... (d'un accident du travail, dirait-on de nos jours !), en tombant bêtement de l'échafaud, alors qu'il voulait exhiber à la foule la tête d'un exécuté.
Exécuteurs de Paris depuis plus d'un demi-siècle, les Sanson ont une certaine habileté dans leur travail. Le jeune Charles-Henri ne faillira que lors de l'exécution de Lally-Tollendal, en 1766, où il rata la décapitation du premier coup. Son père n'étant pas décédé et se devant d'assister à chaque exécution en tant que chef bourreau, retrouva un instant une vigueur insoupçonnée, et trancha le col de l'infortuné Lally d'un coup supplémentaire.

Charles-Henri pratiqua nombre d'exécutions, dont celles de :

Robert François Damiens, l'agresseur du Roi Louis XV, qui fut écartelé en 1757 (et dit en quittant sa cellule le matin du supplice : "La journée sera rude..."),
du chevalier de La Barre le 1er juillet 1766 (jeune homme de 19 ans, accusé de blasphème, qui eut la langue coupée, le cou tranché et dont les restes furent brûlés), ainsi que de
l'empoisonneur faux dévot, Antoine-François Desrues en 1777.

1789

Suite à la démission de son père, Charles Henri devient officiellement le bourreau de la "Ville, Prévôté et Vicomté" de Paris, et la même année (1778) bourreau de la Cour du Roi à Versailles, la "Prévôté de l'Hôtel du Roy", charge exercée jusque là par son demi-frère, Nicolas Charles Gabriel Sanson. Quand la Révolution éclate, Charles Henri Sanson, qui a alors 50 ans, suit le mouvement sans y participer mais a le soulagement d'acquérir le titre de citoyen en 1789. On n'exécute plus souvent à cette époque, mais en 1791, un projet vieux de deux ans refait surface. C'est l'oeuvre d'un certain docteur Guillotin, qui réclame une exécution uniforme et sans douleur pour les condamnés à mort. Devant la décision de l'Assemblée de pratiquer la décapitation comme moyen unique de mise à mort, Sanson écrit un mémoire où il insiste sur la fatigue de l'exécuteur qui aurait à couper plusieurs têtes d'affilée, l'usure rapide des glaives de justice ainsi que leur coût d'entretien ou d'achat. On parle alors d'une mécanique. Le docteur Louis rédige un court descriptif de l'engin, mais devant le prix onéreux de la réalisation, on se méfie. Sanson fait alors part à un de ses amis, un facteur de clavecins d'origine prussienne, Tobias Schmidt, de ses préoccupation, au cours d'une soirée où ils jouent de la musique. Schmidt esquisse alors, sur le verso d'une partition, les plans d'une machine à décapiter et se propose de la fabriquer.

La nouvelle machine

Très vite, Schmidt, assisté de Sanson, s'attelle à la fabrication de l'appareil. En avril 1792, celle-ci est prête, et Sanson porte les plans de la machine au docteur Louis, au palais des Tuileries. Un homme rentre dans la salle : Louis montre une forte déférence à son égard, et Sanson reconnait le roi déchu en ce bourgeois fatigué. Louis se penche sur les dessins, faut-il croire, et juge bien mauvaise l'idée d'un tranchant convexe. D'une plume, il trace une lame triangulaire et s'en va en demandant de pratiquer les essais avec les deux formes de lame. Le 17 avril, la machine, montée à Bicêtre, décapite avec succès deux moutons vivants, mais le troisième n'a que la tête à demi-sectionnée. On pratique les changements de lame, et on décapite d'autres moutons, ainsi que trois cadavres : l'incision plus nette, plus propre fait que le couperet oblique est plébiscité. L'usage officiel ne se fait pas attendre : le 25 avril, place de Grève, Sanson lache la corde, et le couteau luisant tranche parfaitement la tête du bandit Pelletier.

Dans le panier de Sanson, tomberont alors 2.918 têtes. Louis Capet, Marie-Antoinette, les Girondins, Hébert, Danton et les Indulgents, Lavoisier, puis Robespierre et les Montagnards seront quelques unes des victimes. En 1795, Sanson, las de ce métier, offre à son fils, Henri, de lui succéder. Il reste le bourreau, officiellement, mais n'exercera plus jusqu'à sa mort en 1804.

Henri Sanson

Pas autant célèbre que son père, qui restera des générations durant, LE bourreau, Henri accomplit bien son travail. Le monstrueux Fouquier-Tinville sera une de ses premières têtes. Il faut rappeler que Henri, qui fut soldat durant la Révolution, manqua de passer lui-même la tête entre les deux montants de la Veuve. Mais ce ne fut pas le cas, et il exercera durant 35 ans cette lourde charge. L'affaire du Courrier de Lyon fut par lui achevée, car chaque bandit y ayant participé (y compris l'infortuné Lesurques, condamné pour une ressemblance physique) deviendra l'un de ses patients. Les sergents de la Rochelle, ou Louvel, assassin du duc de Berry, furent également des noms dans son palmarès. En 1830, il meurt, et c'est son fils et aide Henry-Clément qui prend sa place.

Henry-Clément, le dernier

Henry-Clément n'eut guère à exercer. Seules 18 têtes tomberont à Paris durant sa carrière. Les plus celèbres sont celles d'Avril et de Lacenaire en 1836. Différent de ses prédecesseurs, il est assez déplaisant, adipeux, et on le soupçonne d'homosexualité. Pris par le démon du jeu, il fréquente régulièrement les casini de l'époque, et perd fort souvent. Jusqu'en 1847, cela n'aura aucune réelle incidence sur sa carrière, mais cette fois-là, ayant perdu plus que de mesure, il doit régler ses dettes. Et il place son outil de travail, la guillotine, chez un prêteur sur gages. Arrêté et incarcéré, le bourreau devra raconter ce qu'il a fait de la machine. Liberé pour pratiquer une dernière exécution avec la machine rachetée par l'Etat, il est démis de ses fonctions en mars 1847. C'est l'exécuteur Charles-André Férey qui prend sa place. Sanson, sixième du nom, ne mourra que bien des années plus tard, en 1889, après avoir écrit ses mémoires et celles de sa famille.

Citation :
Les successeurs jusqu'à l'abolition de la peine de mort :

Charles-André Férey (de 1847 à 1849)
Jean-François Heidenreich (de 1849 à 1872)
Nicolas Roch (de 1872 à 1879)
Louis Deibler, père de Anatole (de 1879 à 1899)
Anatole Deibler (de 1899 à 1939)
Jules-Henri Desfourneaux (de 1939 à 1951)
André Obrecht (de 1951 à 1976)
Marcel Chevalier (de 1976 à 1981)

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MessageSujet: Re: La famille Sanson   La famille Sanson EmptyMer 13 Sep 2006, 1:49 pm

Quelle extraordinaire "dynastie" !

Aujourd'hui, ils seraient engagés dans les dictatures islamiques...

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MessageSujet: Re: La famille Sanson   La famille Sanson EmptyMer 13 Sep 2006, 2:47 pm

@VINCENT a écrit:
Quelle extraordinaire "dynastie" !

Aujourd'hui, ils seraient engagés dans les dictatures islamiques...

What a Face

Mais là ils le font gratis pro deo pour la plus grande gloire de Muhhamad et d'Allah !

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MessageSujet: Re: La famille Sanson   La famille Sanson EmptySam 08 Sep 2007, 9:26 pm

Et un petit coup de "upping" !

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MessageSujet: Re: La famille Sanson   La famille Sanson EmptySam 08 Sep 2007, 10:13 pm

On peut remonter à Charles Le Bel avec les dynasties de bourreaux, uniquement en consultant les archives judiciaires.

Les bourreaux ont toujours créés des "problèmes", lesquels ont toujours générés des procès.

C'est la seule corporation de travailleurs pour laquelle on peut remonter si loin dans la généalogie !

Les gens acceptent la peine de mort, mais pas le bourreau ....
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MessageSujet: Re: La famille Sanson   La famille Sanson EmptySam 08 Sep 2007, 10:26 pm

C'étaient des gens incompris mais lorsqu'il y avait une exécution publique, on allait la voir avec bobonne et les enfants s'ils étaient bien sages ! Comme quoi !

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