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 Sarkozy à Alger au sujet de l'immigration

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MessageSujet: Sarkozy à Alger au sujet de l'immigration   Mar 14 Nov 2006, 2:38 pm

Source : http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-11-13/2006-11-13-840235

Monde

Nicolas Sarkozy en campagne à Alger

Algérie . Le président de l’UMP et candidat à la présidentielle entame sa visite aujourd’hui, laissant aux vestiaires son costume de ministre de l’Intérieur.

Alger, envoyé spécial.

Citation :
Officiellement, le ministre de l’Intérieur français est à Alger à l’invitation de son homologue algérien, Yazid Zerhouni, pour « renforcer la coopération bilatérale, en particulier dans le domaine de la circulation des personnes et de la lutte contre l’immigration illégale, contre le terrorisme et la criminalité ». Ce n’est pas sa première visite en Algérie. Nicolas Sarkozy était venu à Alger à deux reprises, en juin et juillet 2004, en tant que ministre de l’Économie. Il y avait signé un « Aide-mémoire sur le partenariat pour la croissance et le développement » d’un montant de deux milliards d’euros. À cette époque, il avait laissé une bonne impression. Depuis lors le contexte n’est plus le même. Entre Alger et Paris, la relation s’est fortement détériorée du fait de la fameuse loi controversée du 23 février 2005 qui a de fait compromis la signature du traité d’amitié entre les deux pays. Concernant Nicolas Sarkozy, sa gestion des banlieues et de l’immigration, son appui tacite à cette loi controversée du 23 février 2005 en tant que président de l’UMP, et son soutien à Israël, ne sont certainement pas étrangers au fait que sa visite ait été reportée à deux reprises. Mieux, l’accueil plus que chaleureux de François Hollande en juillet dernier - il a été reçu par le président Bouteflika - a donné l’impression qu’Alger joue désormais la carte de la gauche après avoir longtemps manifesté une sympathie pour les gaullistes.

Pas dupes, les Algériens savent que la visite qu’effectue Nicolas Sarkozy dépasse le cadre strict de ses fonctions de ministre de l’Intérieur. Et que, candidat à l’élection présidentielle, il laissera aux vestiaires un costume de ministre de l’Intérieur devenu trop étroit pour lui. Ce dont témoigne son programme de visite. Il vient accompagné entre autres de deux artistes d’origine algérienne, la réalisatrice Yamina Benguigui et le chanteur Faudel, et d’une armada de journalistes : toutes les chaînes de télé sont présentes à Alger. Lundi, dépôt d’une gerbe de fleurs au monument des Martyrs de la guerre d’indépendance algérienne, d’une autre au cimetière européen de Saint-Eugène, puis un entretien avec son homologue algérien, avant d’être reçu par le chef du gouvernement algérien, Abdelaziz Belkhadem, et un discours dans la soirée devant la communauté française d’Algérie. Ce n’est que demain qu’il rencontrera le président Bouteflika. Un programme au pas de charge indiquant bien que cette visite n’est qu’une formalité pour soigner son image de présidentiable.

Ainsi, Nicolas Sarkozy annoncera une décision attendue de longue date des Algériens : la suppression de la procédure de consultation, applicable aux seuls Algériens demandeurs de visas. Cette mesure, qualifiée de « vexatoire » par Sarkozy, à laquelle ne sont soumis ni les Marocains ni les Tunisiens, avait été instaurée au début des années quatre-vingt-dix pour contrôler les islamistes radicaux. En fait, cette question évoquée lors de la visite en début d’année du chef de la diplomatie Philippe Douste-Blazy, avait été réglée et attendait juste d’être officialisée. Arrière-pensées électorales obligent, ce sera donc Sarkozy qui en fera l’annonce. Quant au traité d’amitié entre les deux pays, Sarkozy a estimé, dans un entretien à Jeune Afrique, qu’il a « toujours pensé que l’amitié n’avait pas besoin d’être gravée dans le marbre d’un traité », une manière de marquer sur le sujet sa distance avec Jacques Chirac, qui y tient malgré les vicissitudes des relations entre les deux pays.

Sur l’immigration clandestine, il est peu probable que l’Algérie accède à la demande d’aide de Paris pour sécuriser ses frontières, et qu’à l’instar du Maroc et de la Tunisie, l’Algérie se transforme, selon la formule du chercheur Ali Bensaad, en « pays camp » pour les illégaux. Bien que le problème soit réel et prenne de l’ampleur - arrivée de milliers de Subsahariens sur le sol algérien - l’acceptation d’un processus d’externalisation de la gestion des frontières de l’UE vers le Maghreb n’est pas à l’ordre du jour, fait-on savoir à Alger, et ce, en raison des liens existant avec les pays du Sahel. Concernant enfin la lutte contre le terrorisme, chacun sait que les services français et algériens coopèrent depuis plus d’une décennie. Or, les Français comme les Espagnols - le juge Garzon était récemment à Alger - souhaitent avoir la liste des noms des islamistes radicaux ayant été graciés dans le cadre de la Charte sur la paix et la réconciliation entrée en vigueur depuis le début de l’année.

Sur un plan plus général, les officiels algériens, qui ont des choses à dire au candidat à l’élection présidentielle, l’écouteront comme ils l’ont fait avec François Hollande. Sarkozy va sans doute faire des promesses, annoncer que s’il est élu, les relations seront d’une qualité différente. « La France, a-t-il déclaré à Jeune Afrique, doit être l’amie de l’Algérie, avec laquelle nos intérêts sont à ce point liés que je ne comprends pas pourquoi nous devrions continuer à nous opposer ». Reste à savoir si ce message convaincra ses interlocuteurs algériens. Pour le reste, grâce à des réserves de change de plus de 70 milliards de dollars, une dette extérieure ramenée de 33 milliards à moins de 12 milliards de dollars, l’Algérie n’est pas en position de demandeur. Depuis 2005, elle esquisse un net rapprochement avec la Russie - accord sur le gaz et achat d’armes - et la Chine qui est en voie de devenir son principal partenaire commercial et économique.

Hassane Zerrouky

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«Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cent protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir… » Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD
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