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 L'athéisme

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MessageSujet: L'athéisme   L'athéisme EmptyVen 08 Déc 2006, 3:44 pm

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ath%C3%A9isme

Citation :
L'athéisme est une attitude ou une doctrine qui ne reconnaît pas l'existence d'un ou plusieurs dieux ou divinités, contrairement, par exemple, au déisme et au théisme qui soutiennent cette idée, et à l'agnosticisme qui la considère comme indécidable.

Étymologie

Le mot athéisme est un mot issu de l'antiquité grecque; il apparaît en français au XVIe siècle (première mention : François de Billon, Le Fort inexpugnable de l'honneur du sexe féminin, 1555). Il dérive du mot athée et du suffixe -isme et qualifie donc « la doctrine de l'athée ».

Le mot athée (dans sa version française), remonte également au XVIe siècle (première mention : François Rabelais dans Lettre à Érasme décembre 1532). Le mot est composé du préfixe a privatif qui signifie sans et radical grec théos signifiant dieu et vient de l'acception chez Platon de l'adjectif grec atheos [Αθεος (Ière décl.)] « qui ne croit pas aux dieux » (les dieux grecs) qui sera repris en latin chrétien par atheos « qui ne croit pas en Dieu » (le dieu biblique). Il signifie être sans dieu.

Usages anciens

Avant d'acquérir son sens actuel, le mot athée a eu nombre d'usages différents, qui ne sont plus usités :

Selon Émile Littré, « les Grecs distinguaient les prénoms athées (par exemple Platon) et les prénoms théophores (par exemple Dionysos) ». Un prénom « athée » est donc simplement un prénom « laïc », qui ne se réfère pas à la religion.
Autrefois, en Europe, l'Église (chrétienne) appelait athées ceux qui ne respectaient pas ou que partiellement ses dogmes. Le terme est alors évidemment péjoratif, connotation qu'il a perdue depuis.

Athéisme et doctrines apparentées

Le terme athéisme est parfois utilisé dans un sens large pour désigner toute attitude autre que la croyance en une religion. Dans ce sens, il recouvre aussi l'agnosticisme, le rationalisme, l'incroyance ou encore, le rejet de toute religion.

Cet article traite plus spécifiquement de la notion d'athéisme au sens propre. Une bonne compréhension des nuances entre l'athéisme et chacune de ces doctrines est un bon moyen de cerner la notion d'athéisme.


Athéisme et agnosticisme

L'agnosticisme (du grec a, privation, et gnosis, connaissance) est l'attitude selon laquelle ce qui dépasse les apparences sensibles (c'est-à-dire ce qui relève d'une connaissance des réalités dites métaphysiques) est inconnaissable, et qui, de ce fait, refuse de prendre position quant à ces questions. Ainsi, à la question « existe-t-il un dieu ? », l'agnostique répondra qu'il ne peut pas et ne pourra jamais savoir, alors que l'athée répond catégoriquement « Je ne crois pas que Dieu existe».

La nuance entre athéisme et agnosticisme est parfois plus floue : celui qui ne croit pas que les dieux existent comme conclusion d'une démarche intellectuelle était, au début de cette démarche, incertain quant à leur existence. Selon que l'on se réfère à tel ou tel moment de son parcours philosophique, on le considérera agnostique ou athée.

Athéisme, rationalisme et libre-pensée

L'athéisme ne rejette que l'existence des divinités (par exemple l'existence d'êtres supérieurs ayant un pouvoir sur le fonctionnement de la nature et la destinée des Hommes, selon une définition possible des dieux). Il ne rejette pas forcément l'existence de phénomènes dits "irrationnels" (magie, astrologie…), même si c'est généralement le cas.

Le rationaliste, lui, ne tient pour vrai que les hypothèses qu'il peut rationnellement défendre, ce qui n'exclut pas la possibilité de la foi. En effet, l'impossibilité même de prouver l'existence de Dieu a été tenue pour un motif sérieux de croyance : « Credo quia absurdum est », « Je crois parce que c'est absurde » (Apologétique, Tertullien).

Par conséquent, un athée n'est pas nécessairement rationaliste (ex : Athéisme passif); les rationalistes quant à eux peuvent adopter des attitudes très variées à l'égard de la foi : soit qu'ils croient après une analyse ayant conduit à l'existence de Dieu comme meilleure hypothèse, soit qu'ils s'abstiennent de se prononcer, soit qu'ils réfutent toute existence du divin (ex : Matérialisme)…

De même, il faut distinguer athéisme et libre-pensée. Un libre-penseur essaie de se détacher de toute hypothèse et de ne poser aucun a priori sur la connaissance. L'athéisme étant basé sur le postulat (car non démontrable) de la non-existence d'une entité divine (ou quasi-divine), un libre-penseur est donc agnostique au départ et il peut le rester à l'arrivée de sa réflexion, mais il peut aussi aboutir à la conclusion que certains types de divinités existent ou non.

Athéisme et croyance

Certains se considèrent comme athées parce qu'ils sont des individus sans dieu, qui ne c**çoivent pas de transcendance ; que ceci n'est pas un acte de croyance mais un état d'esprit, et que ceci les différencie des croyants. Cette attitude, si elle ne fait pas forcément la distinction entre athéisme et agnosticisme, fait surtout la négation de ce que nombre de croyants perçoivent également leur foi non comme une croyance mais comme un état d'esprit. Ils soutiennent l'idée que pour celui que ne croit pas, il faudrait utiliser le terme de non-croyant.

Athéisme et antithéisme

Une forme plus ciblée de l'athéisme est l'antithéisme, qui s'oppose plus précisément au fait religieux dans son ensemble, revendiquant la « négation de l’adoration de l’homme par l’homme » (Proudhon).

Cet antithéisme est parfois lié à un rationnalisme complet, s'opposant non seulement aux religions, mais aussi à toutes les croyances jugées irrationnelles et/ou basées sur le surnaturel (voyance, superstitions, croyance en la magie, etc.)

Les athéismes

L'athéisme est l'absence de croyance aux dieux. Nous devons d'abord définir ce qui est entendu par "dieux". Cette définition n'est pas une donnée universelle, et elle définit, en creux, plusieurs formes d'athéisme: dire "je ne crois pas qu'il existe de dieu" n'a pas le même sens selon que la définition de dieu est celle des grecs anciens, des hindous ou des chrétiens.

Cette absence de croyance se manifeste par deux attitudes:

- prendre une définition de la divinité (par exemple la définition usuelle de la divinité dans la culture locale) et dire : "je n'y crois pas", "ceci n'existe pas", "cette définition est absurde".
- prendre un objet qui existe (une source, un homme, le ciel, voire toute la Nature de Baruch Spinoza par exemple) et affirmer que ceci n'est pas un dieu ni une manifestation d'aucun dieu.

Les raisons et les manières de ne pas croire sont aussi variées que les raisons et les manières de croire, nous allons en détailler quelques unes parmi les plus notables.

L'athéisme humaniste

La négation de l'existence de Dieu ou des dieux et la négation de la possibilité de savoir s'il y a une telle existence soulèvent le problème de l'origine et de la fondation des valeurs suivies par l'homme. Une réponse possible, l'humanisme philosophique, consiste à faire de l'homme son propre critère, prenant ainsi en quelque sorte la place du divin. La formule la plus célèbre de cet humanisme : « l'homme est la mesure de toutes choses », formule de Protagoras, signifie que les valeurs humaines s'élaborent par la confrontation des discours, en dehors de toute référence à un dieu (Platon répondra dans les Lois que « le dieu est la mesure de toutes choses »). Cet humanisme interrogateur, relativisant les apparences et les croyances qui en découlent, a été exprimé de façons variées depuis plus de deux mille ans, du scepticisme tolérant des grecs antiques aux thèses engagées du baron Pierre d'Holbach.

Il existe certains courants se revendiquant d'un « athéisme humaniste », comme l’« écologie humaniste » prônée par Marc Carl.

L'athéisme scientifique

Les progrès de la science depuis l'époque des lumières permettent d'expliquer le monde de manière de plus en plus satisfaisante sans recours à aucun dieu, comme le montre l'échange célèbre:

Napoléon : Monsieur de Laplace, je ne trouve pas dans votre système mention de Dieu ?
Laplace : Sire, je n'ai pas eu besoin de cette hypothèse.
On en connaît moins la suite : d'autres savants ayant déploré que Laplace fasse l'économie d'une hypothèse qui avait justement "le mérite d'expliquer tout", Laplace répondit cette fois-ci à l'Empereur :
Cette hypothèse, Sire, explique en effet tout, mais ne permet de prédire rien. En tant que savant, je me dois de vous fournir des travaux permettant des prédictions (cité par Ian Stewart et Jack Cohen).

À l'époque où les connaissances scientifiques (plus particulièrement celles concernant les mécanismes de l'univers) en étaient encore à leurs balbutiements, le principe d'économie penchait plutôt en faveur du religieux qui apportait des réponses simples à comprendre aux questions complexes de l'humanité, ce qui justifiait le recours à l'hypothèse Dieu dans des raisonnements rationnels. L'observation d'Aristote paraissait se tenir : un monde sublunaire peu prévisible régi par des mouvements unidirectionnels (chute des corps pesants, montée de la vapeur d'eau), et un monde céleste, au-delà de la sphère lunaire, parfaitement compréhensible et formé de cycles éternels : la complexité était simplement renvoyée dans "l'autre monde", le monde divin.

Inversement, depuis quelques siècles, les progrès dans les sciences ont donné de nombreux éléments permettant d'éviter le recours à l'intervention divine dans la démarche de compréhension du monde.

Certains en déduisent que le rôle de la croyance religieuse en tant qu'explication du monde est caduc et se passe de dieu. C'est la démarche de l'athéisme scientifique.

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MessageSujet: L'athéisme   L'athéisme EmptyVen 08 Déc 2006, 3:45 pm

Citation :
L'athéisme philosophique

L'attitude des philosophes à l'égard des croyances religieuses de leur temps a toujours été ambiguë et fut souvent mal perçue par les autorités politiques et religieuses. Rares sont en effet les philosophes, qui à l'instar de Pascal, ont fait le pari de considérer l'existence d'un dieu telle que celle-ci peut être révélée par une tradition écrite. C'est pourquoi Pascal parle avec mépris du Dieu des philosophes, expression ironique, puisque ce Dieu, comme le Dieu de Descartes par exemple, est si métaphysique qu'il ne paraît plus pouvoir se comparer que de loin au Dieu de la Bible. En effet, lorsque les philosophes reprennent l'idée de Dieu ou du divin à leur compte, ils la transforment à ce point qu'elle peut se trouver en contradiction avec la foi ou la tradition, et semble quelquefois se confondre avec l'idée de nature (Baruch Spinoza). À quelques nuances près, la réflexion philosophique occidentale tend en général à naturaliser le divin, à le ramener dans le monde, préparant ainsi la voie à un certain athéisme.

En ce qui concerne l'athéisme philosophique proprement dit, dont on trouve l'origine chez le philosophe grec Démocrite, il s'appuie sur des arguments variés, du domaine du relativisme, du rationalisme, du nihilisme, et même de la morale. L'athéisme refuse de postuler l'existence d'entités dont l'existence n'est ni prouvée ni observable, et souligne également l'immoralité éventuelle de cette existence (La seule excuse de Dieu, c'est qu'il n'existe pas, Stendhal). Il n'y a pas d'arguments valables pour soutenir la croyance en l'existence d'un dieu quelconque, qu'il soit c**çu par l'homme (anthropomorphique) ou qu'il soit une abstraction métaphysique. Une partie de ce point est reconnue par Pascal lorsqu'il dit que l'argument ontologique ne convainc que ceux qui croient déjà. La croyance en un être surnaturel et suprême peut alors être suspectée de cacher quelque dévaluation implicite de la vie humaine, une expression de l'abandon des hommes à leurs craintes et de leur espoir que « quelqu'un » veille tout de même sur eux.

Les philosophes suspects d'athéisme, d'impiété ou d'hérésie furent parfois persécutés. Sous le régime des Trente tyrans, des Athéniens brûlèrent les livres de Protagoras et les Tyrans offrirent une récompense pour qui le tuerait. Platon observe dans ses écrits une sorte de black-out sur le matérialiste Démocrite. Cicéron, en revanche, rappelle qu'à son époque plus personne ne croit réellement qu'Atlas porte la voûte céleste sur ses épaules.

En 1600, Giordano Bruno fut brûlé pour sa théorie sur la pluralité des mondes habités, ainsi que des philosophes accusés de panthéisme. À partir des Lumières, qui s'inspirent de l'antiquité gréco-romaine, et jusqu'à aujourd'hui, plusieurs philosophes parvinrent à disserter avec liberté sur l'hypothèse de l'existence de Dieu ou des dieux, soit pour la remettre entièrement en cause, soit pour la reformuler. L'œuvre de Spinoza (notamment le Traité théologico-politique et l'Éthique) propose une philosophie matérialiste radicale et constitue l'une des critiques les plus remarquables du phénomène religieux. (Pour un exposé didactique sur la philosophie de Spinoza et son impact historique, voir Les Lumières radicales. La philosophie, Spinoza et la naissance de la modernité (1650-1750) (Éditions Amsterdam, Paris, 2005)).

L'affaire Galilée est sans doute l'une des sources, si ce n'est la principale, de l'athéisme philosophique du XVIIe siècle et des siècles suivants, car elle remit en cause les fondements et la classification des connaissances posés par la scolastique au XIIIe siècle (voir Descartes et les principes de la philosophie, 1644).

À titre d'exemple, la critique nietzschéenne du christianisme soulève la question des fondements théologiques de la morale, critique qui aboutit à la négation de valeurs immuables et à la thèse de l'immoralisme du devenir, thèse également défendue par Spinoza.

C'est sans doute le jésuite Henri de Lubac qui fait preuve du meilleur discernement sur la radicalité des athéismes philosophiques du XIXe siècle. Dans le Drame de l'humanisme athée (1944, réédité en 1998), il identifie quatre philosophes qui ont nié le plus radicalement l'existence de Dieu :

Auguste Comte, rarement cité, avec sa philosophie et sa religion positivistes, dont la loi des trois états conduit à un monde sans religion, et même sans métaphysique,
Ludwig Feuerbach,
Karl Marx, avec sa théorie de la lutte des classes,
Friedrich Nietzsche, avec ses concepts de surhomme et de volonté de puissance.
On peut citer aussi Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon, qui était le maître à penser d'Auguste Comte entre 1816 et 1823. Saint-Simon se trouve en fait en amont de la plupart de ces athéismes radicaux, avec sa philosophie des réseaux, une des sources du rationalisme, du matérialisme, et des idéologies modernes.

L'église catholique elle aussi s'est penchée sur la question de l'athéisme philosophique. L'encyclique Fides et Ratio de Jean-Paul II (septembre 1998) confirme la vision d'Henri de Lubac, qui s'appuyait lui-même sur les œuvres d'Henri Gouhier, historien français. Elle attribue la source de l'athéisme au rejet de la métaphysique et de la cause première (Aristote). Ainsi, les philosophies qui ne présentent pas d'ouverture métaphysique (rationalisme, positivisme, scientisme, pragmatisme, nihilisme, certaines formes d'existentialisme) sont considérées comme les athéismes les plus radicaux.

L'athéisme philosophique n'est pas seulement la négation de l'existence de Dieu, mais la déstabilisation de son statut de déité : Nietzsche : « Comment ? l'homme serait une bourde de Dieu ? ou Dieu une bourde de l'Homme ? » (Le crépuscule des idoles)

La réflexion philosophique ne conduit pas nécessairement à l'athéisme, elle peut aussi s'orienter vers le scepticisme ou agnosticisme, qui constate tout simplement l'impossibilité de se prononcer sur l'existence de dieu ou sa non-existence. Le sceptique ne veut en effet formuler aucune hypothèse dogmatique, ce qu'il exprime par l'expression pas plus ceci que cela (attitude cousine de l'hindouisme), ce qui se laisse reformuler ainsi : « je ne suis certain ni qu'il y ait des dieux ni qu'il n'y en ait pas ». L'athéisme philosophique peut aller d'une critique radicale de la religion jusqu'à une attitude de recherche ou d'interrogation constructive sur l'existence de Dieu, ce qui fait partie de la légitime spéculation philosophique. Ce peut être aussi de la simple indifférence ou du nihilisme.

Citons Bayle, Holbach, Diderot, Schopenhauer, Stirner, Sartre, Comte-Sponville, Jiddu Krishnamurti, Albert Jacquard, Michel Onfray.

En Europe, l'athéisme philosophique est la première forme d'athéisme qui fut tolérée par les autorités catholiques et la première reconnue par les intellectuels comme un "athéisme positif". Le Dictionnaire de l'Académie française (8e et 9e éditions) définit d'ailleurs seulement l'athéisme comme une « doctrine philosophique qui nie l'existence de Dieu ».


L'athéisme spirituel

Bien que spiritualisme et athéisme puissent sembler être deux notions antinomiques, elles ne le sont pas forcément. Si l'on considère l'athéisme comme la négation de l'existence des dieux, elle n'empêche en rien la croyance à d'autres formes de pensée abstraite. Ainsi, des religions dont les dogmes ne font pas intervenir la notion de divinité, peuvent, dans une certaine mesure, être considérées comme athées.

On peut citer, par exemple, le Panthéisme naturel, toutefois dénigré par les athées anti-religieux.

Religions orientales

Pour une personne éloignée géographiquement et culturellement de l’Extrême-Orient et du sous-continent indien, la figure de la divinité n’apparaît pas dans les religions de ces régions (bouddhisme, jaïnisme, taoïsme, védanta etc.) de façon claire et homogène, au point que certains proposent d’y voir plutôt des philosophies, et les qualifient (le bouddhisme en particulier) d’athées.

Cela vient surtout du fait que, en raison de la distance géographique et culturelle, ces systèmes ne sont pas appréhendés dans leur intégralité, y compris leur développement historique s’accompagnant immanquablement d’une diversification qui complique encore le tableau.

Ainsi, toute religion présente un aspect philosophique développé dans des textes qui peuvent être le seul élément à être pris en compte et à parvenir dans des terres éloignées ; les aspects religieux sont alors ignorés. Ce cas est particulièrement bien illustré par le taoïsme, connu essentiellement hors de Chine par des textes de l’antiquité de nature plutôt philosophique, alors que ce terme englobe en Chine dès le IIe siècle des sectes religieuses, qui constitueront rapidement l’essentiel de son contenu. Or, la position des savants qui ont traduit et rapporté les textes taoïstes en Europe, tous « judéo-chrétiens » et peu enclins à accorder de la valeur aux pratiques polythéistes d’aspect populaire et magique, fut de considérer le taoïsme religieux comme une aberration se parant d’un nom qu’il ne méritait pas. Néanmoins, il existe bel et bien.

D’autre part, le terme « religion » implique, non seulement un lien avec certaines notions (sacré, divin, eschatologie), mais un ensemble complet. Ainsi le soufisme est-il religieux, mais ce n’est pas une religion, plutôt un sous-ensemble de l’Islam. De même, le bouddhisme nait comme un phénomène ressortissant bien au domaine religieux, puisqu’il propose une méthode de salut, mais reste un sous-ensemble dissident du fond religieux de son époque, en majorité brahmanique. C’est en s’expatriant qu’ il apparaîtra comme une religion aux yeux de ceux à qui il apporte, non seulement la philosophie et les pratiques qui le distinguaient à l’origine, mais aussi toutes les croyances d’origine indienne (cosmologie, cosmogonie, anthropogonie, déités etc.) qui constituaient le terrain sur lequel il s’est développé.

En ce qui concerne la qualification d’athée, elle ne s’applique, essentiellement pour le bouddhisme, qu’en fonction de la définition choisie pour l’athéisme philosophique. Ni le taoïsme ni le bouddhisme ne nient l’existence d’entités dotées d’un pouvoir supérieur à celui des humains. Le taoïste religieux, de façon très classique, les révère et en attend protection. le bouddhisme des origines ne nie pas leur existence mais ne leur reconnaît pas de rôle important dans le fonctionnement de l’univers, et surtout aucun dans le salut. Cette position ne se maintiendra pas entièrement car le bouddhisme évoluera en de nombreuses variantes. Même dans le theravada traditionnaliste, qui prétend ne voir dans la figure du Bouddha qu’un maître exemplaire, celui-ci est considéré comme sacré et il n’est pas prouvé que le fidèle laïque de base n’en attend pas une protection surnaturelle. Dans certains courants mahayana et dans le vajrayana, les déités jouent un rôle important, voire franchement sotériologique (Amitabha par exemple). Néanmoins, pour les familiers de la philosophie mahayana (ce que tous les bouddhistes ne ne sont pas), les différentes déités sont des manifestation de la même nature, qui est aussi celle du pratiquant. Il n’y a donc pas de transcendance, ce qui pourrait ranger le bouddhisme dans la catégorie de l’athéisme philosophique ou spirituel, au même titre que le panthéisme naturel. Certaines interprétations du taoïsme pourraient également être concernées. En tout état de cause, la définition de ces religions comme athées n’est qu’un point de vue possible, qui suppose une certaine analyse philosophique de la part du pratiquant ou de l’observateur.

Il est important de comprendre que chaque pratiquant mêle ses croyances et son besoin de foi avec les techniques spirituelles. Dans le bouddhisme himalayen, par exemple, les divinités peuvent être perçues comme une distanciation symbolique de certains aspects de son propre esprit, c'est-à-dire qu'elles sont pourvues symboliquement de caractéristiques d'un des états possible de notre esprit (l'amour, la compassion, la colère…). Elles sont alors des "objets externes" que l'on peut travailler, soit dans une volonté de développement personnel, soit pour atteindre l'éveil. Mais on peut aussi les considérer (par exemple Mahakala, divinité courroucée) comme de véritables êtres aux pouvoirs surnaturels. On rencontre également une certain idolâtrie, tant de la part d'Européens que d'Asiatiques, vis à vis de moines présentés par les institutions bouddhistes comme des êtres éveillés et des émanations de bouddhas ou de bodhisattvas. C'est peut-être dans l'incorporation de telles pratiques spirituelles que l'athéisme philosophique trouve ses limites. En effet, si l'un des premiers enseignement de Bouddha aurait été « fait ce qui a un sens pour toi », ce qui convient parfaitement à un athée, l'institutionalisation de la qualité de "personne éveillée", et ce dans un système hiérarchique pyramidal, exerce une pression sur le libre arbitre des pratiquants et peut aller dans le sens d'un glissement des pratiques théistes occidentales sur une "trame exotique".

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Dernière édition par le Ven 08 Déc 2006, 4:03 pm, édité 1 fois
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MessageSujet: L'athéisme   L'athéisme EmptyVen 08 Déc 2006, 3:49 pm

Citation :
L'athéisme passif

Lorsque l'athéisme n'est pas dicté par la raison, on parle d'athéisme passif ou d'athéisme faible. En fonction du niveau de conscience, cet athéisme peut être issu d'une simple sensation intuitive ou bien être aussi dogmatique qu'une doctrine religieuse. Ce type d'athéisme peut avoir des origines très diverses, souvent influencé par le milieu familial ou culturel. Si on admet que l'enfant embrasse souvent la religion de ses parents, on pourrait dire aussi sûrement qu'il embrasse souvent l'athéisme de ceux-ci.

L'athéisme passif peut avoir également comme origine l'indifférence face à la question de l'existence d'un dieu, ou encore la facilité à se conformer à une opinion largement admise et mise en valeur…

Origine de l'athéisme

L'anthropologie, l'ethnographie, plus généralement toutes les sciences de l'Homme suggèrent une présence très répandue de concepts religieux extrêmement variés à la plupart des époques connues dans la plupart des sociétés examinées. À l'inverse, l'athéisme, qui suppose un rejet de ces concepts religieux a émergé au fil des siècles face à ce substrat religieux. Une étude de cette émergence s'impose.

L'ignorance et la peur comme sources de la croyance

Pour comprendre mieux l'athéisme, on peut remonter aux sources de la croyance aux dieux. Plusieurs sociologues considèrent que le besoin de dieu prend ses sources dans la peur qu'éprouve l'Homme face à l'inconnu et aux forces de la nature qui le dépassent. Il est toujours plus facile de raisonner à partir d'hypothèses établies (même arbitrairement) que dans un système d'inconnues.

Il ne faut pas perdre de vue que la croyance en des puissances de la nature vient de la peur de l'inexplicable ; les premières croyances se traduisirent par l'animisme. Pour limiter l'emprise de la peur sur la vie entière les hommes donnent une personnalité aux éléments de la nature (volcan, océan, pluie, fleuve,…) pensant que si leurs actions satisfont « les esprits » ils seront protégés. Au fil des millénaires ces croyances primitives se sont complexifiées pour engendrer des religions polythéistes aux panthéons extrêmement complexes.

D'autres auteurs, comme Nietzsche, suggèrent que l'illusion d'un "monde derrière le monde" engendrée par la confusion entre le rêve et la réalité serait à l'origine des mythes concernant l'après-vie. Chez les aborigènes australiens, le "temps du rêve" est considéré comme un univers co-existant; on retrouve bon nombre d'exemples de ce phénomène. Cette illusion d'une seconde réalité serait donc à l'origine d'une philosophie dualiste, où, comme le soutenait Platon, le monde perçu est un pâle équivalent du vrai monde qui se trouve dans l'au-delà.

L'augmentation du savoir humain laisse-t-elle une place à la religion ?

Aujourdhui, l'ignorance a régressé et les croyances se limitent le plus souvent en l'existence d'un au-delà et en une explication de l'origine du monde. Cette régression de la foi n'est pas uniquement liée au progrès scientifique, il faut aussi tenir compte du rejet des abus des religions monothéistes, tel ceux de la papauté pendant la Renaissance (fastes du Pape, plusieurs morts de maladie vénérienne, vente d'Indulgences,…) qui ont conduit à sa remise en cause, donnant naissance au Protestantisme, mais aussi à des versions de plus en plus affaiblies de la foi chrétienne (panthéisme, agnosticisme, Déisme) et provoquant un regain d'athéisme.

En outre les guerres de religion entre catholiques et protestants, ont motivé de nombreux intellectuels contre la prédominance de la religion dans les affaires humaines, et pour la tolérance religieuse, dont bénéficièrent aussi les athées.

Athéisme et monothéisme

Athéisme et philosophie antique

Le philosophe Démocrite adopte d'emblée une position athée : si le monde est constitué d'atomes, ceux-ci se combinent au hasard, donnant parfois des formes stables, voire se reproduisant, mais aucune intervention de Dieu (les philosophes grecs semblent nommer ainsi une sorte de principe unique; voir par exemple la mort de Socrate décrite dans le Phédon) ou de dieux n'y est nécessaire. Cette position irrite Platon qui ne fait aucune place aux idées de Démocrite dans ses écrits - pas même pour les réfuter - ni n'y mentionne son nom.

Athéisme et religion égyptienne

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Athéisme et judaïsme

Cette section est vide ou n'est pas assez détaillée, vous pouvez éditer l'article pour la compléter.

Athéisme et christianisme

À l'époque où le christianisme dominait la vie sociale (spirituelle, politique, intellectuelle, scientifique, etc.) d'une grande partie de l'Europe, l'athéisme était généralement considéré comme le rejet de cette religion en particulier. Bien que cela ait été le cas de certains athées humanistes (en opposition notamment aux Croisades et à l'Inquisition), l'antichristianisme ne représente qu'une petite frange des athées. Mais il faut signaler aussi l'importance de l'antichristianisme des Lumières, antichristianisme qui ne fut pas toujours athée comme chez Diderot (Voltaire en est l'exemple le plus illustre), et qui se trouvait mêlé à divers mouvements (y compris athées) de lutte contre les dogmes de toute religion.

Athéisme et islam

Politique et islam

Les relations entre l'athéisme et l'islam ont toujours été difficiles du fait même que dans la plupart des pays de l'Islam (considéré en tant que culture et écrit avec un grand "I"), l'islam est intégré au tissu même de l'état et de la société. En effet, le Coran est un ouvrage religieux qui fonde les bases d'une société religieuse. En Islam, la plupart des pays ne connaissent donc pas la loi française de Séparation des Églises et de l'État en 1905 et n'ont donc pas de conception laïque de la société. Il est, par conséquent, souvent difficile de considérer, en Islam, un problème en dehors de sa vision islamique (à ne pas confondre avec islamiste), notamment l'athéisme.

La difficulté de parler des relations entre islam et athéisme vient en particulier du fait qu'il n'existe pas de modèle de société musulmane représentative en Islam du traitement de la question athée. Au contraire, certains états musulmans du Moyen-Orient sont des dictatures ayant instrumentalisé l'islam dans une lecture dite "fondamentaliste" et sont donc très intolérants envers les athées. D'autres pays, en revanche, sont sur le chemin d'une réforme de type laïque.

Certains voient un lien structurel entre la propagation de l'Islam et l'interdiction de l'athéisme, voire appel au meurtre des athées. La plupart des sociétés islamiques appliquaient la peine de mort pour apostasie. De nos jours la Mauritanie et l'Iran l'appliquent encore, mais ce n'est pas le cas de la grande majorité des pays musulmans.

Finngeir Hiorth, athée convaincu, indique par exemple que « Sans doute il y a des personnes intolérantes dans toutes les religions. Mais l'islam est peut-être la plus intolérante des religions déistes, bien qu'il y ait aussi beaucoup de musulmans tolérants » (source : cahiers rationalistes, avril 1996, n°504, p.17-18). Cette vision militante s'appuie sur l'argumentaire selon lequel l'islam tolère les religions du Livre, mais n'accepte pas l'athéisme.

Athéisme et religion islamique

Du point de vue du vocabulaire, le texte du Coran condamne généralement les non-musulmans (nommés les "mécréants", ceux qui mécroient au message de Mahomet) ainsi que les faux croyants (nommés les "hypocrites") mais pas spécifiquement les Athées. Il semble que le concept d'Athéisme n'ai jamais existé en Arabie du VIIe siècle puisque ni le Hadith ni le Coran n'en parlent.

Les lectures de l'athéisme en Islam sont multiples et complexes et dépendent de la lecture du Coran. Dans les exégèses classiques, très souvent littérales, l'athée est considéré comme une personne dans l'erreur la plus profonde, personne qui sortirait de son erreur en respectant les cinq piliers de l'islam. Cette approche est mise en doute par certains courants musulmans en particulier dans le soufisme, au travers des écrits de grands juristes islamiques soufis comme Al-Ghazali. Ce dernier indique en effet qu'il est inutile de faire semblant de croire et de prier si l'on ne croit pas vraiment.

La Charia (Inspirés du Coran et du Hadith) est enseignée dans toutes les universités du monde Musulman et fait l'unanimité au sein des érudits musulmans, toutes écoles confondues. Le sort du mécréant (celui qui n'est pas Musulman, Kafir) selon la Charia dépend de sa croyance, ainsi les "Gens du livre" ont droit au statut de dhimmi alors que les autres (Athées compris) n'ont le choix qu'entre la conversion ou la mort.

Toujours selon la charia, le sort de celui qui quitte l'islam (apostasie dans l'islam) est la mort, et ce même s'il opte pour une religion du livre.

Même si la charia est enseignée dans le monde arabo-musulman en tant que loi divine, peu de pays musulmans appliquent ses lois à la lettre.

Dans le Coran, on trouve souvent cités les mêmes versets :

[…]Dieu couvre d'ignominie les mécréants, Coran 9:2 ;
Annonce un châtiment douloureux à ceux qui ne croient pas., Coran 9:3 ;
Ne peupleront les mosquées de Dieu que ceux qui croient en Dieu et au Jour dernier, accomplissent la Salat, acquittent la Zakat et ne craignent que Dieu. Il se peut que ceux-là soient du nombre des bien-guidés, Coran 9:18 ;
Et afin qu'Il châtie les hypocrites, hommes et femmes, et les associateurs et les associatrices, qui pensent du mal de Dieu. Qu'un mauvais sort tombe sur eux. Dieu est courroucé contre eux, les a maudits, et leur a préparé l'Enfer. Quelle mauvaise destination !, Coran 48:6.

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MessageSujet: L'athéisme   L'athéisme EmptyVen 08 Déc 2006, 3:50 pm

Citation :
Athéisme et politique

Athée ne signifie pas anti-religieux

Des athées peuvent accepter de coexister avec différentes religions :

- soit par respect : idée que les messages attribués à Dieu ou aux Dieux synthétisent une vérité anthropologique, médicale, et sociale, et que même si la cause attribuée, la divinité, est absente et fausse, l'effet n'en demeure pas moins réel et par conséquent les prescriptions religieuses sont dignes d'attention (par exemple, les interdits religieux sont parfois validés par des problèmes médicaux causés par leur inobservance, et le message d'amour chrétien a été conservé par nos sociétés).
- soit par tolérance : idée qu'avec l'éducation, la religion disparaîtra d'elle-même (à l'imitation du christianisme qui pensait qu'avec l'éducation, le judaïsme disparaîtrait de lui-même), et qu'en attendant elle ne justifie pas une lutte.
- soit par pragmatisme : certains athées ont pu considérer la religion comme un outil social permettant de maintenir une communauté sous leur coupe, l'unité nationale, l'honnêteté des citoyens, etc. C'est le cas de Charles Maurras [1], de Napoléon dans sa mise en œuvre du Concordat de 1802.
note : [1] Charles Maurras, comme conscience se réclamait de l'athéisme. En revanche, il prêchait le catholicisme politique dans son mouvement l'Action Française, c'est-à-dire, que politiquement, il pensait que le catholicisme représentait l'essence de la nation française.
- soit par obligation : parce que leur statut ou leur condition sociale ne leur permet pas le choix contraire, parfois par pression sociale ou familiale (exemple d'athées obligés de coexister avec le reste de leur famille croyante), voire communautaire.
- soit par méconnaissance ou manque d'intérêt envers le fait religieux (voir : Athéisme passif)

Athéisme et laïcité

Les athées peuvent être prosélytes en se comportant comme de véritables prêtres d'une « a-théocratie » vis à vis de leurs concitoyens. Ce comportement naît soit imposé par la force dans les dictatures communistes soit d'un climat d'athéisme passif au sein d'un pays ayant adopté une laïcité. (ex : France d'après 1905, Turquie kémaliste). Cependant l’assimilation de cette laïcité militante à un athéisme prosélyte est contestable, puisque l'objectif de cette relation entre État et religions est originellement le respect égal de chaque conviction spirituelle, sans volonté de favoriser l'athéisme. Il ne s'agit pas, comme dans les systèmes totalitaristes, d'interdire de croire, mais d'interdire le fait d'imposer des croyances, en particulier, dans le cadre de l'école, à des personnes (encore) incapables de penser par elles-mêmes.

Athéisme et régime stalinien

À l'inverse l'athéisme fut instauré comme doctrine d'état officielle au XXe siècle notamment dans l'Albanie d'Enver Hoxha, où l'exercice de toute religion était sévèrement réprimé et où tout symbole religieux était proscrit. Les monuments religieux ont été soit détruits soit volontairement transformés de façon particulièrement ignominieuse pour la religion d'origine. Les politologues sont d'accord sur le fait que les nostalgiques de cette période sont peu nombreux…

L'Union des Républiques socialistes soviétiques et ses états satellites ont également fait de l'athéisme l'un des fondements de leur idéologie. Avec plus ou moins de vigueur, ils persécutèrent les croyants (brimades, surveillance, réclusion, mises à l'écart, etc.) confinant ainsi à la semi-clandestiné le clergé. L'« athéisme scientifique » était au contraire promu par des ligues souvent très virulentes (tellement incontrôlables qu'elles furent souvent dissoutes) et faisait partie des matières obligatoires à l'université. Toutes ces pratiques varièrent en intensité tout au long de l'existence de l'Union des Républiques socialistes soviétiques. De 1917 à 1924, le régime eut une politique conciliante envers la pratique privée, alors qu'il démantelait les biens de l'Église. Les dirigeants étaient partagés entre la volonté d'enlever "le bandeau qui masquait la vérité au peuple" et la peur de s'aliéner les masses. L'accession au pouvoir de Staline mit fin à cette tolérance relative. Jusqu'en 1932, le régime mena une politique répressive, marquée par de multiples destructions d'édifices religieux et des persécutions contre les membres du clergé et leur entourage. Les années trente virent un lent regain de l'organisation religieuse, ralenti par un court regain de répression pendant les Grandes Purges (1937-1938). Le changement de politique fut complet lors de la Grande Guerre Patriotique (1941-1945), qui inaugura une période de détente idéologique. Un clergé officiel fut autorisé et la charge de métropolite, abolie depuis 1925, rétablie, tandis que les musulmans recevaient quatre Directions Spirituelles, autorisées à former des mollahs et à publier régulièrement des fatwas. Après-guerre, la politique de promotion de l'athéisme reprit, mais surtout, elle se combina à un durcissement des églises officielles (les Uniates d'Ukraine furent les premiers à en pâtir). Cette divergence entraîna la création d'une hiérarchie officieuse, les « églises souterraines » et « l'islam parallèle » composé des religieux de confréries soufies. Pratiques parallèles comme cultes officiels furent une cible privilégiée de Khrouchtchev à compter de 1959, qui se positionnait ainsi en rétablisseur de la tradition léniniste face aux errances staliniennes. L'ère Brejnev fut une considérable accalmie : un compromis fut trouvé qui reposait sur le rôle des religieux à l'extérieur, notamment dans les relations avec les pays arabes. En revanche, Gorbatchev relança la politique répressive sur des bases idéologiques similaires à celles de Khrouchtchev.

Après la chute du bloc de l'est et de l'Union des Républiques socialistes soviétiques, les cultes orthodoxe (Russie, Ukraine), catholique (Pologne), et musulmans (Asie Centrale, Caucase et Tatarstan) reprirent de la vigueur. Non seulement l'expression de la religiosité s'accrut, mais un grand nombre d'athées, souvent pour des raisons identitaires, se convertirent. Certains des régimes politiques issus de la chute du bloc de l'est continuent cependant la politique religieuse mise en place par l'Union des Républiques socialistes soviétiques, ou du moins, à l'instar de l'Ouzbékistan, en ont conservé les méthodes.

En dépit de l'affirmation constante de son athéïsme, l'Union des Républiques socialistes soviétiques ne cessa d'emprunter à la liturgie orthodoxe. Staline inaugura cette pratique en confiant les funérailles de Lénine (1924) aux bons soins de Krasine, de la secte des « Constructeurs de Dieu ». L'embaumement du défunt avait une forte résonance orthodoxe : il faisait directement référence à l'imputrescibilité du corps du saint.

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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptyVen 08 Déc 2006, 4:02 pm

@Stans a écrit:
Citation :
Annexes

Dénombrement des athées

Des estimations du nombre d'athées ont été émises :

D'après le Britannica Book of Year (1994) : 1.154 millions d'agnostiques et d'athées dans le monde.
La World Christian Encyclopedia annonce 1.071 millions d'agnostiques et 262 millions d'athées dans le monde en 2000.
Selon l'ouvrage de Jean Baubérot (dir.), Religion et laïcité dans l'Europe des 12, 1994, page 259 : 1/4 de la population de l'Union Européenne serait « non religieuse ». 5 % des Européens seraient des athées convaincus.
Une enquête menée dans 21 pays sur 21.000 personnes et publiée en décembre 2004 annonce que 25 % des Européens de l'Ouest se disent athées contre 12 % dans les pays d'Europe centrale et orientale.
Toujours selon cette enquête publiée dans le Wall Street Journal version européenne, 4 % des Roumains et 8 % des Grecs se disent athées. Au contraire, 49 % des Tchèques et 41 % des Néerlandais se déclarent athées.

Selon un sondage CSA sur les croyances des Français réalisé en mars 2003, 26 % des personnes interrogées se déclarent "sans religion", et 33 % des personnes estiment que le terme "athée" les définit "très bien" ou "assez bien". Une année plus tard, un autre sondage montre une évolution : il y aurait en tout 47 % d'agnostiques et d'athées.

Défenseurs célèbres de l'athéisme

Antiquité

Chârvâka
Leucippe, Démocrite d'Abdère, atomisme abdéritain,
Critias
Aristippe et les cyrénaïques,
Diogène de Sinope et le cynisme,
Épicure, Lucrèce, Horace, les élégiaques et l'épicurisme
Pythagore le dualiste,
Parménide l'Éléate,

Moyen Âge

Boèce de Dacie sépare le domaine de la foi et celui de la connaissance.
Siger de Brabant, condamné comme hérétique en 1277
Guillaume de Conches (1080-1154) et Nicolas d'Autrecourt (XVe siècle) reprennent la théorie atomiste.

Renaissance

Jean Meslier (1664-1729)

Lumières

Baron d'Holbach
Denis Diderot
William Godwin
Baron d'Holbach
le Marquis de Sade

Contemporains

Ludwig Feuerbach (thèses) :
L'homme a imaginé un quelque chose doué d'omniscience, d'amour, de toute-puissance, et ce quelque chose il l'a appelé « Dieu ».
Dieu est l'être parfait imaginé par l'homme.
La religion fait de ce quelque chose une personne dans laquelle l'homme ne se reconnaît plus, l'homme oublie que ce Dieu est simplement une projection : Aliénation
Dieu est une escroquerie géniale valorisant l'homme, donnant un sens à sa vie.
La religion c'est la relation de l'homme à l'homme qui s'idéalise lui-même.
L'homme est un dieu pour l'homme.
Max Stirner (thèses) :
Feuerbach n'est pas athée, il a remplacé Dieu par l'Homme.
Dès qu'il y a un principe au-dessus de nous, ce principe est une religion.
L'homme est devenu nouveau Dieu, la morale est devenue la nouvelle religion, mais tous les athées sont attachés aux mêmes croyances que les croyants.
L'ombre de Dieu plane : c'est la morale. Mais reconnaître la morale c'est reconnaître l'ombre de Dieu, c'est donc reconnaître Dieu.

Karl MarxKarl Marx (thèses) :
Le socle de tout est l'économie, tout n'est que lutte des classes.
La religion n'est que le reflet de l'économie et de la lutte des classes à un moment donné de l'histoire.
Les débats d'idées à coups de livres de Feuerbach et Stirner sont des débats religieux : ils renforcent la religion en se préocupant sur des problèmes qui n'en sont pas.
Toutes leurs idées ne sont que le reflet idéologique dépendant d'une infrastructure : L'économie et la lutte des classes.
Feuerbach est certain qu'il y a une vérité, or que tout dépend de l'économie.
Pour supprimer la religion, il faut un changement économique.
Le fondement de la critique irréligieuse est celui-ci : L'homme fait la religion, ce n'est pas la religion qui fait l'homme.
"La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit des conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple."
Auguste Comte
Albert Jacquard
Albert Camus
Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir.
Michel Onfray

Citations

« Athéisme, force de l'esprit, mais jusqu'à un certain degré seulement » Pascal
« Si Dieu n'existe pas, tout est permi » Dostoïevsky
« Dieu est mort », « Maintenant nous voulons que le surhomme vive » et « l'athéisme est le noyau dur du christianisme » Nietzsche
« Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer » Voltaire
« Même si Dieu existait, il faudrait le supprimer » Bakounine
« Lorsque l'on cesse de réfléchir à un dieu, l'on peut enfin penser à tout le reste. » Philosophe italien.
« Dieu a longtemps été la meilleure explication disponible, mais nous en avons maintenant de largement meilleures. Dieu n'explique plus rien du tout, mais est au contraire devenu quelque chose demandant une quantité insurmontable d'explications. », Douglas Adams
« Il y a ceux qui ont un cerveau, mais pas de religion, et ceux qui ont une religion, mais pas de cerveau. » Aboul-Ala al-Maari (973 - 1057).
« J'avais une balle dans la poche, quelqu'un m'a jeté la Bible, la balle m'a sauvé la vie. », Powered by Oxygen, Woody Allen.
« Dieu est le seul être qui, pour régner, n'ait même pas besoin d'exister. », Charles Baudelaire
« Je suis athée, grâce à Dieu ! », Luis Buñuel
« L'avenir est la seule transcendance des hommes sans Dieu. », L'Homme Révolté, Albert Camus.
« Dieu est comme le sucre dans le lait chaud : il est là et on ne le voit pas ; plus on le cherche, moins on le trouve. » (Coluche)
« La différence entre Dieu et le Père Noël, c'est que le Père Noël, c'est vrai. », Coluche
« On a sans doute de bonnes raisons pour ne pas croire en Dieu ; mais il en faut de meilleures pour le dire. », Œuvres complètes, tome 3, Louis-Ambroise de Bonald.
« Si vous voulez que je croie en Dieu, il faut que vous me le fassiez toucher. », Denis Diderot
« Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve. », Euclide (-300).
« Dieu a créé l'Homme et ensuite, pour le remercier, l'Homme a créé Dieu. », Philippe Geluck
« Dieu a inventé l'Homme à son image, ensuite l'Homme a évolué… Dieu, on ne sait pas. », Philippe Geluck
« L'ignorance et la peur, voilà les deux pivots de toute religion. », Baron d'Holbach.
« Supposons que Dieu n’existe pas. D’où vient alors tout le mal dont l’homme est capable ? Vous êtes bien obligé de reconnaître qu’il vient de l’homme et de nulle part ailleurs. Ce qui m’émerveille chez les athées, ou du moins chez certains d’entre eux, c’est que, ayant perdu la confiance en Dieu, ils puissent continuer de la garder en l’homme. », Shafique Keshawjee.
« L'athéisme est une négation de Dieu et par cette négation, il pose l'existence de l'homme. », Karl Marx.
« Quand avez vous réalisé que vous étiez Dieu ? - Quand, en priant, je me suis soudain rendu compte que je me parlais à moi-même. », Peter O'Toole.
« Le silence de Dieu permet le bavardage de ses ministres qui usent et abusent de l'épithète : quiconque ne croit pas à Dieu, donc à eux, devient immédiatement un athée. Donc le pire des hommes, l'immoraliste, le détestable, l'immonde, l'incarnation du mal. Difficile dès lors de se dire athée… On est dit tel, et toujours dans la perspective insultante d'une autorité soucieuse de bannir, mettre à l'écart et condamner. » Michel Onfray, traité d'athéologie.
« Il n'y a pas de dieu, il n'y a pas de dieu, il n'y a pas du tout de dieu. Celui qui a inventé dieu est un crétin. Celui qui propage l'idée de dieu est une canaille. Celui qui adore dieu est un barbare. », introduction aux discours de Periyar.
« Je ne suis pas libre penseur dit le veilleur ; je suis athée. Hein quoi dit le Saint-Père ; et l'autre dans le tuyau de son oreille, l'autre se met à gueuler : Allo allo Saint-Père vous m'entendez ? athée : A comme absolument athée, T comme totalement athée, H comme hermétiquement athée, É accent aigu comme étonnement athée, E comme entièrement athée ; pas libre penseur, athée. Il y a une nuance. », Jacques Prévert Paroles - La crosse en l'air.
« Le médecin voit l'homme dans toute sa faiblesse ; le juriste le voit dans toute sa méchanceté; le théologien dans toute sa bêtise. », Schopenhauer.
« Les religions sont comme les vers luisants: pour briller, il leur faut de l'obscurité. », Schopenhauer.
« Et c'est ainsi de proche en proche qu'ils ne cesseront de demander les causes des causes, jusqu'à ce que tu te réfugies dans la volonté de Dieu, c'est-à-dire dans l' asile de l'ignorance. », Ethique I, Appendice, Spinoza
« La seule excuse de Dieu est qu'il n'existe pas. », Stendhal
« Expliquer toute chose par Dieu, cela revient à couper court à toute question, à réprimer toute curiosité intellectuelle, à étouffer tout progrès scientifique. » Ibn Warraq
« Je ne méprise pas les croyants, mais je désespère qu’ils préfèrent les fictions apaisantes des enfants aux cruelles réalités des adultes : la foi qui apaise plutôt que la raison qui soucie. » Michel Onfray, traité d'athéologie.

Organisations explicitement athées aujourd'hui

Allemagne

Bund für Geistesfreiheit, créée en 1870
Internationaler Bund der Konfessionlosen und Atheisten, créée en 1972
Dachverband Freier Weltanschauungsgemeinschaften
Fédération humaniste d'Allemagne apparue en 1993

États-Unis

American Atheists, fondée en 1963
Atheist Alliance, fondée en 1991
Americans United for the Separation of Church and State (avec sa revue mensuelle « Church & State »)

France

L'Union des athées
Athétürk - Association loi 1901 franco turque athée et laique, fondée en 2006.
Les athées d'Ille et Vilaine,fondée en 2000
Athéisme international,fondée en en 2001[1]
La Libre-pensée
L'Amicale athée, fondée en 1993

Inde

Centre athée de Vijayawada, fondé en 1940

Canada

Libre sans Dieu, fondé en 2004.
Francophonie
Association Fabula

Références

↑ http://atheisme.internation.free.fr/

Lire aussi

L'Athéisme, Félix Le Dantec, 1920
Le Drame de l'humanisme athée, Henri de Lubac, réédition en 1998, préface de René Rémond
"Je crois en Dieu, moi non plus…" (Fred Oberson) L'Harmattan, janvier 2006, 122 pages IBSN 2-7475-9826--8
Traité d'athéologie : Physique de la métaphysique, Michel Onfray, Grasset 2005, 281 pages, ISBN 2246648017.
Athéisme et matérialisme aujourd'hui, Yvon Quiniou, Pleins feux 2004, 60 pages, ISBN 2847290354.
Dieu ?, Albert Jacquard, L.G.F., 2004, Le livre de poche, 156 pages, ISBN 2253111473.
Nier les Dieux, nier Dieu : actes du colloque / organisé par le Centre Paul-Albert Février à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme les 1er et 2 avril 1999 ; études réunies par Gilles Dorival et Didier Pralon. -- Aix-en-Provence : Publications de l'Université de Provence, 2002.
Les athéismes philosophiques (Actes du colloque de Chauvigny, octobre 1999), Emmanuel CHUBILLEAU et Éric PUISAIS éd., Paris, Kimé, 2000, 283 pages, ISBN 2841742172.
Histoire de l'athéisme : Les incroyants dans le monde occidental des origines à nos jours, Georges Minois, Fayard 1998, 671 pages, ISBN 2213601305.
Dieu est Dieu, nom de Dieu !", Maurice Clavel, Grasset, 1976, 305 pages, ISBN 2246003369.
Le meurtre du Christ Wilhelm Reich, Champ Libre, 1971, 317 pages, ISBN 2-85184-100-9.
Apologie du blasphème - En danger de croire Jean-Paul Gouteux, Préface Marc Silberstein, Syllepse 2006, 233 pages, ISBN 2-84950-086-0

Liens externes

Association loi 1901 Athétürk L'association Athétürk, composée de français, de franco-turcs, et de turcs athées et laïques, entend briser les préjugés ayant cours sur la Turquie en parlant ouvertement des valeurs d'athéïsme et de laïcité qui lui sont chères.
La libre pensée
Union des Athées
Vivre sans religion
Contre les religions
Atheisme : l'homme debout
Bibliothèque athée en ligne très fournie Beaucoup de textes classiques téléchargeables
Amicale Athée Avec un système d'annonces ouvert à tous.
Ressources pour la libre pensée, théologie critique et « déconversion »
L'article "Athéisme" de l'encyclopédie anarchiste

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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptyVen 08 Déc 2006, 4:10 pm

Tout ça pour parler de gens qui ne croient en rien ?

Et ben !

smileyouf

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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptyVen 08 Déc 2006, 4:14 pm

Citation :
L'athéisme passif

Lorsque l'athéisme n'est pas dicté par la raison, on parle d'athéisme passif ou d'athéisme faible. En fonction du niveau de conscience, cet athéisme peut être issu d'une simple sensation intuitive ou bien être aussi dogmatique qu'une doctrine religieuse. Ce type d'athéisme peut avoir des origines très diverses, souvent influencé par le milieu familial ou culturel. Si on admet que l'enfant embrasse souvent la religion de ses parents, on pourrait dire aussi sûrement qu'il embrasse souvent l'athéisme de ceux-ci.

L'athéisme passif peut avoir également comme origine l'indifférence face à la question de l'existence d'un dieu, ou encore la facilité à se conformer à une opinion largement admise et mise en valeur…

Pour les paresseux ! diable

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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptyVen 08 Déc 2006, 5:05 pm

Et le parresseux n'est pas passif : ses parents étant catholiques !

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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptyVen 08 Déc 2006, 5:27 pm

Hello!

Je ne me considère pas paresseuse... et pourtant je suis athée! Very Happy
Sauf si dieu s'appelle Big Bang.
J'ai été baptisée catholique par tradition mais je n'ai suivi ni cours de cathé et n'ai pas fait de communion, confirmation etc... cela va de soi.
Ma non croyance s'est imposée à moi au fil des ans.
Et au vu des connaissances que nous avons acquises en sciences et astronomie entre autres, je vois mal comment il me serait possible de croire en dieu. La nature est bien faite, mais s'est faite sans intervention divine d'après moi.

Mais comme je suis un peu comme St-Thomas (ben oui, c'est tout de même ma culure! Very Happy ), si je venais à croiser Dieu en personne, je réviserais mon jugement. Mais je doute fort que cela se produise. Malheureusement.
Je dis malheureusement car les croyants m'ont l'air plus heureux, ils ont des réponses à leurs questions, eux.
C'est pas de tout repos d'être athée... Pfffffffffff Very Happy

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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptySam 09 Déc 2006, 1:15 am

Citation :
C'est pas de tout repos d'être athée... Pfffffffffff
Je ne le vois pas spécialement ainsi. Surtout lorsque tu cites le mot malheureux. Car tu peux être athée et malheureuse et également être athée en étant bien dans ta peau, joyeuse ....
Par contre, les personnes croyantes (quelque soit la religion) c'est pareil: elles peuvent être croyantes et malheureuses mais aussi super heureuses dans leur vie tout en croyant en leur Dieu ou leurs Dieux .

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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptySam 09 Déc 2006, 2:06 pm

@Fortune a écrit:
... ils ont des réponses à leurs questions, eux.
C'est pas de tout repos d'être athée... Pfffffffffff Very Happy

Exactement ce que je pense : malheureusement on ne choisit pas d'être athée, c'est une évidence qui s'impose à nous !

Very Happy

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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptySam 09 Déc 2006, 3:44 pm

@Fortune a écrit:
Hello!

Je ne me considère pas paresseuse... et pourtant je suis athée! Very Happy
Sauf si dieu s'appelle Big Bang.
J'ai été baptisée catholique par tradition mais je n'ai suivi ni cours de cathé et n'ai pas fait de communion, confirmation etc... cela va de soi.
Ma non croyance s'est imposée à moi au fil des ans.
Et au vu des connaissances que nous avons acquises en sciences et astronomie entre autres, je vois mal comment il me serait possible de croire en dieu. La nature est bien faite, mais s'est faite sans intervention divine d'après moi.

Mais comme je suis un peu comme St-Thomas (ben oui, c'est tout de même ma culure! Very Happy ), si je venais à croiser Dieu en personne, je réviserais mon jugement. Mais je doute fort que cela se produise. Malheureusement.
Je dis malheureusement car les croyants m'ont l'air plus heureux, ils ont des réponses à leurs questions, eux.
C'est pas de tout repos d'être athée... Pfffffffffff Very Happy

Comment pourrais-tu croiser "Dieu en personne" ? Penses-tu avoir affaire à un noble vieillard avec une longue barbe blanche et en soutane de la même couleur ? Pourquoi c'est anthropomorphisme ?
Si Dieu est le Créateur de tout, il ne peut revêtir une seule forme pour nous faire plaisir à nous les humains alors qu'il doit mathématiquement avoir une infinité de mondes habités dans l'Univers avec des créatures plus ou moins évoluées que nous ! Dieu étant unique par essence, il ne peut donc prendre l'apparence d'une seule espèce qu'Il aurait créé en créant l'Univers (avec ou sans Big Bang puisqu'il n'est pas interdit de penser que l'*Univers a toujours existé). Par contre, Dieu peut se manifester par le biais d'êtres d'exception (nos prophètes ou Messies) ressemblant aux êtres à cibler pour diffuser Sa Parole.

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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptyJeu 30 Avr 2009, 10:01 am

@Roy a écrit:
Et le paresseux n'est pas passif : ses parents étant catholiques !

Rolling Eyes

Ce n'est pas parce que tes parents étaient catholiques que tu n'es pas paresseux mon bon Roitounet ! hamac

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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptyLun 28 Déc 2009, 8:30 pm

Je suis pour ma part Athée.
J'ai longtemps osciller entre athéisme déisme et agnosticisme, au cours de ce que l'on pourrait appeler des phases de doute, qui m'arrive encore parfois, bien que très rarement.

Comme vous pouvez le lire, je n'ai en tout cas jamais adhérer à une religion. Ce genre de chose m'a toujours horripiler et paru particulièrement absurde et négatif. Mais par respect des autres membres, je ne m' étendrais pas là dessus.

Je ne m'estime en tout cas pas paresseux. Bien au contraire, l'idée de me reposer entièrement sur l'idée qu'il existe un être omnipotent et omniscient à l'origine de toute chose et auquel je devrait attribuer tout les merveilles inexplicables de ce monde et considérer toutes les zones d'ombres comme provenant de lui; tout ça me paraîtrait justement le summum de la paresse.

J'ai mis bien longtemps à parcourir toutes les sources d'informations s'offrant à moi, et j'ai pu me constituer tout un inventaire de réponses et de réparties sur le sujet qui font que je me sent indéniablement aujourd'hui Athée.
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MessageSujet: Re: L'athéisme   L'athéisme EmptyLun 28 Déc 2009, 9:06 pm

Sache cher vended que personne sur ce forum ne cherchera à te convaincre de quoique ce soit : nous nous trouvons dans un des rare forum policé du Net. Moi je me considère comme un catholique "gnostique", c'est-à-dire que je suis en quête permanente de connaissance mais dans le cadre de ma religion et que je respecte l'athée spirituel c'est-à-dire celui qui est arrivé à ce stade par une réflexion personnelle et non par pure paresse intellectuelle tout comme je n'apprécie guère la bigotterie du côté de ceux qui se disent croyants. Je trouve stérile les longues "disputations" pour essayer de te convaincre que Dieu existe et vice-versa : à chacun sa liberté.

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