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 Le nestorianisme

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Le nestorianisme Empty
MessageSujet: Le nestorianisme   Le nestorianisme EmptySam 13 Jan 2007, 7:08 pm

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nestorianisme

Nestorius (~ 381 - 451) fut élu patriarche de Constantinople en 428. Il ne tint que trois ans sur ce siège.

Citation :
L'enjeu du débat marial

Un débat a lieu à Constantinople sur le titre Theotokos (« mère de Dieu ») donné à Marie que d'autres préféreraient voir nommée Anthropotokos (« mère de l'homme »). Nestorius propose une solution de compromis avec Christotokos (« mère du Christ »). Elle a l'avantage d'être fondée sur les Écritures mais d'une part, sa solution touchait un point sensible de la religiosité populaire et d'autre part, les prédications de Nestorius arrivaient jusqu'en Égypte où Cyrille était patriarche d'Alexandrie et ressentait ces prédications comme une concurrence insupportable. Il ébruite donc le néologisme en se gardant bien de dire dans quel contexte il est apparu. Nestorius sollicite l'appui de l'évêque de Rome, Célestin Ier, (422-432), espérant créer un axe Rome-Constantinople contre Alexandrie.

La controverse avec Cyrille

Nestorius, patriarche de Constantinople considérait qu'une femme créée ne pouvait être la mère de Dieu, Être par excellence et donc sans cause.

429 Cyrille attaque d'abord dans des homélies, puis dans une Lettre aux moines, enfin dans une correspondance avec Nestorius (2e lettre de Cyrille à Nestorius),
430, il fait porter par le diacre Posidonius un dossier christologique traduit en latin avec la mission de faire passer Nestorius pour un adoptionniste, c'est-à-dire qui conçoit Jésus-Christ comme un homme que Dieu aurait adopté. Sur la foi de Jean Cassien, moine marseillais, bon connaisseur de l'Orient, un synode régional à Rome condamne Nestorius en août et exige une rétractation dans les 10 jours.
Cyrille a donc réussi à faire jouer un axe Alexandrie-Rome contre Constantinople.

Nestorius conseille à l'empereur Théodose II de réunir un concile œcuménique à Éphèse pour la pentecôte 431. La lettre de convocation date du 19 novembre 430 pour une réunion en juin 431. Durant ce même mois de novembre, Cyrille réunit un synode régional à Alexandrie qui condamne Nestorius et adresse au patriarche de Constantinople une 3e lettre avec 12 anathèmes inacceptables pour les orientaux. Ce texte deviendra le manifeste du monophysisme.

Le concile d'Ephèse

La lettre de convocation ne demandait que quelques évêques afin que le service n'en souffrit pas. Rome envoie deux évêques, Carthage un diacre, l'Illyrie, un évêque.

Cyrille va lui-même à Éphèse avec 40 évêques. Tout ce monde est présent le 7 juin, jour de Pentecôte. Les jeux sont faits, car la délégation de Palestine n'arrive que le 12 juin et la délégation conduite par Jean d'Antioche n'arrive que le 26 juin. Les délégués romains arrivent délibérément en juillet car, pour eux, la question est réglée depuis le synode régional romain de 430.

Le concile d'Éphèse ouvre le 22 juin sous la présidence de Cyrille, dont la délégation est la plus nombreuse et en l'absence de Nestorius qui a reçu des menaces de Memnon, evêque d'Éphèse, partisan de Cyrille. Candidien, le représentant de Théodose veut retarder l'ouverture mais il est mis à la porte par les partisans de Cyrille.

À l'arrivée des evêques palestiniens, Théodose tient compte de leur protestation contre le procédé et annule la séance du 22 juin qui condamne Nestorius. Les Cyrilliens n'en tiennent pas compte. À l'arrivée des Romains, le concile leur reconnaît des prérogatives en compensation de quoi, ils entérinent la séance du 22 juin.

Les 4 dernières sessions déposent Jean d'Antioche, Théodoret de Cyr et une trentaine d'autres evêques.

Les conséquences d'Éphèse

Théodose II enferme Memnon d'Ephèse, Cyrille d'Alexandrie et Nestorius de Constantinople en les sommant de se réconcilier, sans obtenir le moindre résultat. On peut donc se demander pourquoi l'empereur n'a pas été plus ferme alors que ses prédécesseurs savaient taper sur la table quand le besoin s'en faisait sentir.

C'est que la cour de Constantinople était divisée, car Cyrille, par des cadeaux somptueux s'était acquis le soutien des puissants. La situation évolue en coulisse en faveur de Cyrille, d'une part du fait du consensus obtenu par l'absence des contradicteurs et d'autre part par ses largesses.

En octobre 431, Maximien remplace Nestorius et celui-ci regagne son couvent d'Antioche avant d'être exilé à Pera. Dès qu'il est certain que Nestorius ne sera pas réhabilité, Cyrille lâche sur la doctrine et Théodose obtient le compromis de 433. Officiellement déchu, Cyrille regagne Alexandrie triomphalement en octobre 433.

Géopolitique

L'Égypte, grenier à blé de l'empire était indispensable à Théodose qui devait la garder en main. D'un autre côté, Rome sur le plan stratégique était nécessaire à la stabilité de l'empire. En revanche, Antioche était le point faible dans la défense de l'empire et sa situation géographique rendait impossible son développement pour la rendre efficace devant les Perses.

Diffusion du Nestorianisme

Le Nestorianisme devient une variante du christianisme après la condamnation de Nestorius. A fortiori, les nestoriens ignorent les dogmes promulgués ultérieurement dont la trinité.

Ibas, évêque de Nisibe de 435 à 457, tout en renouvelant l'anathème jeté sur Nestorius, favorisa indirectement la diffusion de sa doctrine en fondant à Édesse une école dans laquelle étaient enseignés les œuvres de Théodore de Mopsueste, Diodore de Tarse, Théodoret, et Nestorius y était lu et étudié. Même avant la destruction de cette école en 489, des étudiants se dispersèrent dans la Perse voisine.

Dans ce pays les communautés chrétiennes avaient rompu tout lien avec Antioche et les évêques occidentaux lors d'un concile tenu à Séleucie en 410. Il leur était en effet important de pouvoir ne pas être considérées comme des suppôts de l'Empire Romain, principal adversaire de l'Empire Perse sassanide. Leur supérieur hiérarchique était l'évêque de Ctésiphon, qui avait pris le titre de Catholicos.

Au moment de l'arrivée des enseignants nestoriens venus d'Édesse, celui-ci était Babaeus ou Babowai (457-484) qui semble les avoir reçus à bras ouverts. Mais Barsauma, devenu évêque de Nisibe, la grande ville la plus proche d'Édesse, rompit avec le faible Catholicos qu'il fit déposer lors d'un synode tenu en avril 484. La même année, Babowai fut accusé devant le roi de conspiration avec Constantinople et mis à mort, pour un motif politique. L'évêque de Nisibe était en grande faveur auprès du roi Péroz Ier et il le persuada de l'intérêt qu'il n'y eût en Perse que des chrétiens d'obédience différente de celles de l'Empire romain.

Peroz mourut peu de temps après la mort de Babowai, et l'évêque de Nisibe eut beaucoup moins d'influence auprès de son successeur, Balash. Bien que Barsauma s'opposât tout d'abord au Catholicos Acacius en août 485, il le rencontra et finit par se soumettre, reconnnaissant la nécessité de la primauté de Ctésiphon. Il ouvrit une école à Nisibe qui devint encore plus fameuse que celle d'Édesse. Son recteur était Narsès le lépreux, écrivain très prolifique dont peu d'œuvres ont survécu. Ses règles sont encore conservées, et elle attira jusqu'à 800 étudiants. La renommée de cet établissement théologique était telle que le pape Agapet Ier et Cassiodore voulurent fonder l'équivalent en Italie. Ceci ne put se réaliser du fait des troubles politiques de l'époque, mais le monastère fondé par Cassiodore à Vivarium s'inspira de l'exemple de Nisibe. Barsauma mourut entre 492 et 495, puis Acacius en 496 ou 497. Narsès est sans doute mort plus tard.

Les missions de leurs étudiants s'étendirent plus loin en Asie. Le Nestorianisme fut la première forme sous laquelle le christianisme s'introduisit en Chine, en 635, et à peu près à la même période en Mongolie. Il reste des vestiges de ces premiers établissements dans des villes chinoises telles que Xi'an. Une stèle de pierre érigée en 782 à Chou-Chih, à quelques 80 km au sud-ouest de Sai-an Fu (Xi'an), alors capitale de la Chine, décrit l'introduction du christianisme en Chine à partir de la Perse pendant le règne de Tang Tai Zong. Cependant en 845, Tang Wu Zong décida d'éradiquer les religions professant la vie contemplative, et donc notamment le bouddhisme. Les nestoriens, inclus dans ce mouvement nationaliste contre les religions étrangères (dans un retour à un confucianisme comme lien national, ces religions sont déconsidérées, entre autre par leurs systèmes de couvent et de vie contemplative décrits alors comme hors de l'idéal confucéen de participation à la vie sociale), disparurent définitivement.

La religion nestorienne connut encore de beaux jours sous l'Empire mongol autour du XIIIe siècle ; elle était pratiquée par plusieurs princesses de la famille de Gengis Khan, comme sa belle-fille Sorgaqtani, épouse de Tolui, et la belle-fille de ceux-ci, Doqouz Khatoun, épouse de Hülegü.

Les nestoriens sous la domination musulmane

Avec l’avènement en 750 de la dynastie abbasside dans les territoires sous domination arabo-musulmane, l’Eglise nestorienne retrouve le statut qui était auparavant le sien dans l’empire perse des Sassanides. Les nestoriens gravitent autour du pouvoir califal tant dans l’administration territoriale que dans la culture avec de nombreux savants, médecins et traducteurs. Le règne du calife Al-Mahdî (775-785), troisième calife abbasside, vient confirmer cette prééminence nestorienne dans la société de l’époque et en particulier sur les communautés chrétiennes monophysites et melkites qui commencent à affluer en Mésopotamie. Musulmans et nestoriens se côtoient depuis les premiers temps de la conquête arabo-musulmane.

Le nestorianisme est représenté aujourd'hui au Moyen-Orient dans les églises des deux conciles.

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«Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cent protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir… » Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD
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