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 La Traviata de VERDI

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Alpaga
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MessageSujet: La Traviata de VERDI   Mer 21 Mar 2007, 4:17 pm

La Traviata




Représentations


La première représentation eut lieu au théâtre La Fenice à Venise, le 6 mars 1853. L'opéra devait initialement s'appeler "Amore e morte" (amour et mort) mais Verdi changea le titre pendant les répétitions (le mot "traviata" signifie, en italien, "la femme perdue ou "la dévoyée"). Contrairement au succès actuel, La Traviata connut un échec retentissant lors de sa création. Certains avancèrent la thèse des costumes des interprètes, jugés trop moderne, mais pour Verdi l'échec était imputable aux chanteurs (Verdi remania d'ailleurs la partition pour les autres représentations, et la seconde représentation fut nettement meilleure) et au fait que l'action avait été scéniquement transposée au XVIIe siècle (et non au XIXe siècle). Echec aussi dû en partie au choix du compositeur de prendre pour héroïne une femme et de surcroit, une courtisane. Fait nouveau pour l'époque, et la première fois dans l'histoire de l'opéra. Le choix de ce sujet pouvait heurter les sensibilités. Milieu du XIXème siècle, dans une italie profondément catholique. Le Times titra à l'époque : " œuvre pleine d'obscénités, horrible et sale". Lorsque l'opéra fut rejoué à Venise le 6 mai 1854 il remporta un succès total.
La Traviata est aujourd'hui un des opéras les plus populaires du répertoire lyrique.
La réouverture du même théâtre, le 12 novembre 2004 après son incendie a accueilli une nouvelle production de La Traviata (mise en scène : Robert Carsen, direction d'orchestre : Lorin Maazel.

« La Traviata » est une commande

Commande du directeur de la Fenice en 1852, mais le choix du sujet de la Dame aux camélias ne s'est pas imposé tout de suite, même si cette pièce donnée à Paris le 2 février de cette même année fut un immense succès. Verdi découvre la pièce mise en scène par Alexandre Dumas lors de sa première représentation à Paris, il est alors pour un court séjour dans la capitale française avec Giuseppina Strepponi. Il a alors trente neuf ans et déjà composé dix huit de ses opéras.
Avec la composition de la Traviata, Verdi délaisse les sujets historiques de ses précédents opéras pour se concentrer sur un sujet plus léger de drame de mœurs.

Opéra autobiographique?

Si la ressemblance avec le sujet de la Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils est incontestable, nous pouvons aussi voir dans cette œuvre les amours tumultueuses de [Verdi] avec la cantatrice Giuseppina Strepponi.
En effet, durant les années de composition de l'opéra, Verdi était dans une situation personnelle très compromettante et sa relation avec Giuseppina infuença considérablement son choix.
Le librettiste connaissait bien le couple Verdi et Strepponi ainsi que leur vie privée, c'est pourquoi nous pouvons voir, sous les traits de Violetta, la cantatrice et sa vie tumultueuse, la première est une courtisane, la seconde a abandonné ses deux enfants pour ne pas avoir a renoncer ni à sa carrière ni à Verdi.
C'est donc plus Giuseppina que nous retrouvons dans l'héroïne de Verdi que Marguerite Gauthier la demi mondaine de Dumas. Violetta aime profondément Alfredo pour se sacrifier tout comme Giuseppina aime Verdi pour accomplir, elle aussi des sacrifices. Le personnage de Dumas ne se sacrifie pas de la même manière.

Opéra Vériste

Cet opéra s'apparente au courant vérisme.Verdi fait dans l'opéra, le pendant de Zola. Le vérisme étant un courant qui valorise le vrai peuple. Il écrit en 1876 dans une lettre destinée à son amie Maffei " copier le vrai, ce peut être bien mais inventer le vrai c'est encore mieux".
Mais le véritable opéra vériste n'est certainement pas La Traviata, mais Falstaff, son dernier opéra comique.

Intrigue

L'action se passe à Paris au XIXe siècle (c'est le seul opéra de Verdi dont l'action se situe à l'époque de la création).
Alfredo Germont, jeune homme de bonne famille tombe éperdument amoureux d’une courtisane Violetta lors d’un dîner chez des amis communs. Par amour, Violetta délaisse totalement ses nombreux amants pour vivre une folle passion avec Alfredo, mais c’est sans compter sur le père moralisateur d’Alfredo qui la persuade au nom de la conception bourgeoise de la moralité d'abandonner son fils. Violetta écrit alors une lettre de rupture à Alfredo sans expliquer les réelles raisons de leur séparartion,rendant Alfredo fou furieux. La maladie dont elle était atteinte réapparaît et c'est seule en compagnie de sa fidèle camériste que Violetta se meurt. Par une lettre de son père, Alfredo apprend qu’elle n’a jamais cessé de l’aimer et que le responsable de leur séparation n’est autre que son père. Furieux et repentant, il accourt auprès de Violetta, mais trop tard : rongée par la phtisie, Violetta meurt dans ses bras.
Violetta était déjà malade avant de tomber amoureuse d’Alfredo, mais ce n’est pas seulement sa maladie qui la fait souffrir. Elle est victime de la société bourgeoise et des principes qui la régissent. Elle va mourir, certes mais heureuse comme elle ne l’a jamais été avant, heureuse d’un amour retrouvé et enfin reconnue. C’est un des premiers livrets écrits jusqu’à présent où l’héroïne meurt à la fin. Par cet opéra Verdi ouvre la porte aux futurs opéras de Puccini.
Ce qui est au cœur de l'œuvre, c'est le sacrifice de Violetta, sacrifice qu'elle accomplit pour satisfaire aux règles de la société bourgeoise de l'époque.
Le thème choisi ici est totalement en dehors des conventions habituelles de l'opéra romantique dans lequel l'héroïne est conduite à la folie, au suicide ou bien encore à finir ses jours dans un couvent : ici, elle meurt de tuberculose.

Acte I

Pour oublier sa maladie, Violetta Valery, une demi-mondaine, donne une fête. Tous ses amis sont réunis autour d'elle, y compris son amant en titre, le baron Douphol. Au cours de cette fête, Gaston lui présente un de ses amis, Alfredo Germont. Celui-ci déclare sa flamme à Violetta, qui lors d'un duo entre les deux protagoniste, se laisse prendre au jeu de l'amour après y avoir renoncé...

Acte II

Tous deux vont s'installer à la campagne et partagent un bonheur parfait lorsque Alfredo apprend par Annina, la femme de chambre, que Violetta dilapide ses propres biens pour l'entretien du ménage. Il part alors à Paris honorer les dettes de Violetta.
Restée seule, Violetta reçoit la visite du père d'Alfredo, Giorgio Germont. Celui-ci lui reproche cette union qui déshonore sa famille. Il lui reproche de dilapider les biens d'Alfredo, elle lui tend une lettre lui prouvant le contraire. Il évoque alors sa fille, fiancée à un homme dont la famille refuse de consentir au mariage tant qu'Alfredo vivra avec Violetta. Il joue ainsi sur la corde sensible de Violetta, ajoutant que sa liaison avec Alfredo n'aura qu'un temps puisqu'elle ne pourra être bénie par le mariage. Il lui demande donc de renoncer à cette liaison. Cédant à ses supplications, Violetta écrit une lettre de rupture à Alfredo et part à la fête de Flora, son amie, à Paris.
Lors d'une réception donnée par Flora, Alfredo arrive seul; Violetta, quant à elle, arrive au bras du Baron Douphol. Après une partie de jeu où il gagne, Alfredo appelle les invités et déclare qu'il veut, devant témoin, rembourser à Violetta l'argent qu'elle a dépensé pour lui. Il jette ses gains de jeu aux pieds de Violetta; les invités sont scandalisés par son attitude, tout comme son père qui vient d'arriver et le lui fait savoir devant toute l'assistance.

Acte III

Violetta est gravement malade, et ses jours sont comptés...Elle est dans son appartement parisien, soignée par Aninna. elle lit et relit la Lettre de Giorgio Germont, espoir de l'amour retrouvé. Germont avoue dans cette lettre qu'il a raconté toute la vérité à Alfredo et que ce dernier va venir la voir. Sept scènes où l'on assite à l'agonie de Violetta. Visite du docteur Granville(scène II), la fête dans les rues de Paris (scène III), la lettre de Giorgio et d'Alfredo, seule lueur d'espoir (scène IV), l'annonce de la venue d'Alfredo (scène V), l'amour retrouvé ( scène VI), puis Violetta annonce elle même la fin à Alfredo : " Si tu ne m'as pas sauvée par ton retour, nul au monde n'en aura le pouvoir".

Personnages

Violetta Valéry, soprano
Flora Bervoix, mezzo-soprano
Annina, mezzo-soprano
Alfredo Germont, ténor
Giorgio Germont, son père, baryton
Gastone, vicomte de Letorières, ténor
Baron Douphol, baryton
Marquiq d'Obigny, basse
Docteur Grenvil, basse
Giuseppe, serviteur de Violetta, ténor
Un domestique de Flora, basse
Un commissionnaire, basse
Amis de Violetta et Flora, matadors, picadors, tsiganes, masques et serviteurs, choeurs
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MessageSujet: Verdi Traviata Choeur Bohemiens   Mer 21 Mar 2007, 4:26 pm


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MessageSujet: Re: La Traviata de VERDI   Sam 07 Nov 2009, 1:20 pm

Grasse, Septidi 17 Brumaire, An CCXVIII.

Chère alpaga,

deux ou trois choses concernant La Traviata de Verdi:
  • les raisons de l'échec de la Première sont assez connues: ce ne sont pas que les costumes qui étaient trop modernes, mais le sujet traité et son inhabituelle transposition à l'époque contemporaine des spectateurs: l'opéra, véritable miroir de la société du XIX° siècle, devait certainement renvoyer à la bonne bourgeoisie une image trop fidèle pour ne pas être dérangeante! De plus, les chanteurs de la première distribution étaient effectivement en cause dans ce fiasco: le baryton Varesi ne trouvait pas l'œuvre à son goût et mettait de la mauvaise volonté à interpréter son rôle, Graziani, le ténor n'était pas en voix car souffrant et le soprano Salvini n'avait pas la voix idéale dont Verdi rêvait pour sa Violetta. De plus, la Salvini était en très bonne santé - pour ne pas dire: "bien en chair" - alors que Violetta est sensée mourir de phtisie au troisième acte!

  • Verdi est connu pour avoir en effet remanié nombres de ses opéras (comme Macbeth, Don Carlo(s), La Force du Destin ou Simon Boccanegra) mais je n'ai jamais lu qu'il l'avait fait pour Traviata! D'où provient cette information?

  • Dire que La Traviata est le premier opéra vériste comme je l'ai souvent lu est un abus de langage: l'argument du livret de Piave est certes éminemment réaliste, mais le langage musical de verdi est résolument romantique! Puccini, Leoncavallo, Mascagni seront, eux, de véritables compositeurs véristes! Je ne comprends pas davantage comment on peut qualifier Falstaff d'opéra vériste: quoi de plus traditionaliste en musique que la fugue conclusive de Falstaff, à mille lieues du réalisme imitatif revendiqué par le vérisme? Falstaff réussit le tour de force d'être d'une modernité incroyable (on pense souvent à la "conversation musicale" des opéras de Richard Strauss) en utilisant des tournures et des procédés musicaux traditionnels voire conservateurs! (...les trilles de Falstaff, sorti de la Tamise et buvant son vin chaud à l'Hôtellerie de la Jarrettière!)


Mais fi de toutes ces remarques! Une seule chose compte vraiment: VIVA VERDI!


Salut et Fraternité! france

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Viennent les jours heureux et le goût du bonheur ! (φ)
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