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 L'anti-"Da Vinci Code" de Benoît XVI

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MessageSujet: L'anti-"Da Vinci Code" de Benoît XVI   L'anti-"Da Vinci Code" de Benoît XVI EmptyJeu 19 Avr 2007, 11:29 pm

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-896035,0.html?xtor=RSS-3208

L'anti-"Da Vinci Code" de Benoît XVI

LE MONDE | 14.04.07 | 13h44 • Mis à jour le 14.04.07 | 13h44

Citation :
Le pape Benoît XVI - qui aura 80 ans lundi 16 avril et fêtera, trois jours plus tard, le deuxième anniversaire de son élection - met en vente, d'abord en Italie, en Allemagne et en Pologne, un ouvrage de 450 pages, intitulé Jésus de Nazareth et signé "Joseph Ratzinger-Benoît XVI". On compte déjà une vingtaine de traductions et des contrats ont été signés jusqu'en Russie, en Corée du Sud, au Japon. Pour les pays francophones, Flammarion a acheté les droits, mais attend encore l'imprimatur du Vatican. Sans atteindre le paradis des 30 millions de lecteurs du Da Vinci Code de Dan Brown, les rêves de diffusion les plus fous agitent quelques esprits romains.



C'est une première à bien des égards. Jamais un pape régnant n'avait publié un ouvrage qu'il qualifie lui-même de "quête personnelle", c'est-à-dire ne revêtant pas l'autorité de son magistère. Dans sa préface, il prend même soin d'indiquer que "chacun sera libre de (le) contredire". C'est le fruit d'un "long chemin intérieur" qui, pour lui, "a débuté dans les années 1930 et 1940". Joseph Ratzinger a commencé la rédaction en août 2003 et l'a poursuivie après son élection d'avril 2005, employant "tout son temps libre" pour aboutir. Ce premier tome va du baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain à la Transfiguration.
Joseph Ratzinger-Benoît XVI plonge dans l'énigme "Jésus" qui passionne depuis longtemps croyants et non-croyants. Jusqu'à la Réforme du XVIe siècle, les chrétiens ont cru en Jésus les yeux fermés. Mais les Lumières, la science, la recherche historique et archéologique ont fait naître de nouvelles exigences quant à l'authenticité des Evangiles écrits, plusieurs décennies après Jésus, par des auteurs qui n'étaient pas des historiens, mais des militants de la nouvelle foi. Le chrétien ne peut plus croire, sans broncher, à la divinité du Christ, à la Résurrection, à la virginité de Marie.
L'exégèse "historico-critique" - dont émergent les noms d'Ernest Renan (1823-1892), Alfred Loisy (1857-1940) ou Rudolf Bultman (1884-1976) chez les protestants - a "démythologisé" les Ecritures. Elle a bouleversé le rapport du croyant à sa foi, à l'Eglise, à l'autorité de sa parole et de son dogme. Le "désenchantement du monde" était en marche. Il a fallu attendre le concile Vatican II (1962-1965) pour que l'Eglise reconnaisse le fruit de cette recherche "moderniste" qu'elle avait hier impitoyablement condamnée.
L'ouvrage de Benoît XVI puise dans sa nostalgie de jeune croyant lisant des auteurs (Daniel-Rops, Romano Guardini sont cités) qui ne séparaient pas encore le "Jésus de l'histoire" et le "Christ de la foi". Mais il n'entend pas revenir en arrière et ne règle pas de comptes avec l'"exégèse moderne". Il veut réconcilier l'histoire et la foi : "Le Jésus des Evangiles est une figure historiquement sensée et convaincante. Elle est plus logique et compréhensible que les reconstructions que nous avons dû affronter ces dernières années. La Crucifixion ne peut s'expliquer que parce qu'il s'est vraiment produit quelque chose d'extraordinaire, parce que la figure et les paroles de Jésus ont dépassé radicalement toutes les espérances et attentes de l'époque", écrit Benoît XVI.
Acte de foi dans le sérieux historique des Evangiles, ce livre est aussi un réquisitoire. Il riposte aux ouvrages de vulgarisation toujours plus nombreux qui - partant des Manuscrits de la mer Morte, d'un Evangile apocryphe de Judas ou d'une autre découverte - ne s'attachent qu'à l'humanité de Jésus et mettent en cause sa "divinité", qui aurait été une invention de l'Eglise naissante. Ce serait le symptôme d'une société postchrétienne qui, pour l'auteur, est le défi intellectuel de notre temps. A partir du moment où le Jésus "humanisé" est découplé du dogme divin, toutes les fictions deviennent possibles, toutes les croyances fluctuantes ou clignotantes. La voie est ouverte au scepticisme général, au "zapping" religieux, aux syncrétismes ou aux spiritualités désincarnées.
La guerre est donc déclarée aux interprétations fallacieuses ou fantaisistes de la vie de Jésus qu'un Dan Brown - dans le Da Vinci Code, qui n'est pas nommé - marie à Marie-Madeleine et transforme en père de famille. Comme à tous les "livres destructeurs de la figure de Jésus et de la foi, bourrés de résultats supposés de l'exégèse". A ceux qui font de Jésus non seulement un " amant secret", mais aussi un " révolutionnaire" ou un "mythe réformateur", comme expliquait, vendredi 13 avril à Rome devant la presse, le cardinal Schönborn de Vienne.
Car l'auteur récuse aussi des interprétations plus sérieuses, jamais citées mais également "erronées" : celle des "théologiens de la libération" accusés de "réduire" Jésus à sa dimension de militant politique (Jon Sobrino, jésuite espagnol travaillant au Salvador, vient d'être condamné par le Vatican) ; ou la lecture des théologiens psychanalystes, comme l'Allemand Eugen Drewermann, proposant des thérapies à partir des Evangiles ; ou des interprétations culturelles de théologiens asiatiques sanctionnés pour syncrétisme avec les traditions orientales. Pour la France, rappelons le succès du Jésus de Duquesne ou celui de l'émission Corpus Christi, sur Arte, de Prieur et Mordillat, sèchement accueillis par la hiérarchie catholique.
"Jésus n'est pas un mythe. C'est un homme de chair et de sang, une présence entièrement réelle dans l'histoire (...) Il est mort et ressuscité d'entre les morts." Bourré de citations de Marx, Nietzsche, Heidegger, Socrate, Confucius, Dante, ce livre de Benoît XVI se veut un avertissement à l'humanité : "Nous déclarons Dieu mort, ainsi sommes-nous aussi Dieu ! Et les hommes ne sont plus propriété d'un autre, mais les seuls patrons d'eux-mêmes et les propriétaires du monde." Mais "là où Dieu est considéré comme une quantité négligeable que l'on peut écarter au nom de choses plus importantes, alors ces choses prétendument plus importantes échouent, conclut-il. L'expérience négative du marxisme n'est pas la seule à nous le démontrer."
Henri Tincq

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