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 Pourquoi il ne faut pas voter Royal

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Frank
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MessageSujet: Pourquoi il ne faut pas voter Royal   Jeu 26 Avr 2007, 2:26 pm

En aucun cas, le vote Ségolène Royal n'est crédible sur le plan économique. Il faut savoir que ce catalogue de dépenses ne peut s'accomplir sans créer plus de chômage et d'endettement public. L'application de ce programme (profilé presque entièrement autour de dépenses nouvelles) plongerait la France dans une situation nettement dramatisée par rapport à son état économique et social actuel.
Rappelons les termes de ce "pacte présidentiel" . Bien entendu, nous utilisons mot pour mot les termes du programme, sans rien en changer :


1 / Création de nouveaux organismes d'Etat, annoncés et tous non financés. A noter que ces cellules engendreront une complexification administrative accrue, dans un dédale déjà pléthorique.

Agence Nationale de Réindustrialisation
Fonds régionaux de participation au capital des PME
Ateliers régionaux de création d'entreprise
Service public de la caution pour le logement
Sécurité Sociale professionnelle
Service public de la petite enfance
Ecoles de parents
Service public d'orientation universitaire
Service public d'aide au recouvrement des dommages et intérêts alloués aux victimes
Organe indépendant de contrôle des prisons
Organisation Mondiale de l'Environnement
Jurys citoyens
Haute autorité du pluralisme des médias

2 / Nouvelles taxes officiellement annoncées (en sus d'impôts globalement remis au niveau d'avant les baisses opérées par la droite depuis 5 ans, et d'un relèvement de la TVA)

Entre autres :
Prélèvement d'une taxe exceptionnelle sur les superprofits des compagnies pétrolières
Augmentation de l'IS sur les dividendes versés aux actionnaires
Taxation des recettes publicitaires des chaînes privées au profit de l'audiovisuel public
Création d'une Taxe Tobin Mondiale (???)

3 / Résolutions et engagements qui se traduisent tous par des dépenses supplémentaires, souvent d'un niveau très élevé.


Tirer vers le haut le niveau de vie et la protection sociale dans l'Union Européenne via l'adoption d'un «protocole social »
Plafonner le prix des services bancaires et créer un service bancaire universel
Créer une PAC mondiale (!)
Tendre vers zéro la TVA des éco industries.
Créer une agence de la réindustrialisation
Créer des fonds de participation régionaux aux PME
Augmenter le financement public de la recherche
Augmenter les aides au logement
Construire 120.000 logements sociaux par an
Créer 500.000 "emplois tremplin" dans le secteur public
Instaurer un prêt à taux zéro de 10.000 Euros pour chaque jeune
Instaurer un "revenu de sécurité active" (sic)
Créer une sécurité sociale professionnelle garantissant 90% du dernier revenu
pendant un an
Soutenir la création et l'emploi culturel
Créer des dispensaires en zone rurale
Assurance maladie gratuite pour les 16/25 ans.
Aller vers une pension de retraite minimale proche du SMIC
Soutenir massivement les énergies renouvelables, "ce qui permettra de créer
70.000 emplois"
Financement public du syndicalisme

Dans quel contexte se situe le "pacte présidentiel" ?
1 / Les pays participant à la monnaie unique sont soumis à une discipline budgétaire visant à limiter les déficits publics. Sont considérés comme excessifs les déficits cumulés des administrations publiques dépassant le seuil de 3% du PIB. Cette limite a été définie dans le cadre du traité de Maastricht (1992) et du pacte de stabilité et de croissance (Amsterdam, 1997, Bruxelles, 2005). L'obligation de ne pas dépasser les 3 % de déficit, ou en tout cas pas de manière trop voyante, interdit également d'engager des plans de dépenses publique non financés - par exemple en allant sur les marchés d'escompte.

2 / Le poids conjoint de la dette (20 % des dépenses budgétaires de la France) de la sécurité sociale (31 % ) et du fonctionnement courant de l’Etat est tel que 95 % du budget de l'état français est affecté de manière figée et incompressible d’une année sur l’autre. Seuls les 5% restants sont susceptibles d'être utilisé librement et sans contrainte, ce qui laisse une marge de manoeuvre politique très réduite aux gouvernements – par delà leur couleur politique.

3 / Tous les travaux de l'OCDE ou de l'Organisation des Nations unies ces dernières années montrent que les pays à fiscalité massive de la zone euro entraînent la croissance mondiale vers le bas : relever encore le niveau français des impositions est donc impossible sans avoir un effet négatif sur la croissance du PIB. Or c'est la pierre philosophale du programme de la gauche.

4 / La France est un pays actuellement en retard sur le plan industriel et technologique. Un exemple : en 2004 le nombre de robots opérationnels en France était de 28 400 (71 robots pour 10 000 employés). Comparons ce chiffre à l'Allemagne : 121 500 robots, ou au Japon 352 000 (322 robots pour 10 000 personnes). Notre pays doit donc en urgence s'équiper, et une fiscalité accrue sur les résultats des entreprises ou sur les salaires freinera encore le développement de son industrie, déjà en train de disparaître (72 % des activités en France relèvent du tertiaire, c’est-à-dire des services).

On voit donc que le contexte même de notre environnement économique oblige à se tenir à un cadre contraignant et strict. Voici pourquoi le programme du PS, dont chaque ligne induit une ligne de crédit nouvelle, est inadmissible sur le plan intellectuel :

A. Il implique un niveau de dépenses absolument incompatible avec les obligations comptables internationales souscrites par la France. Ceci, en clair, signifie que pour mettre en oeuvre ces propositions de dépenses accrues, ne fût-ce que partiellement, il faut à la fois un nouvel impôt direct (et il figure dans le programme : rubrique "impôt citoyen") et à la fois un relèvement significatif des rentrées fiscales, par exemple sur les droits de succession, solution préconisée il y a peu par Strauss Kahn dans son programme lors des primaires. Alors que tous les pays européens, même nordiques, vont dans le sens le contraire, après avoir constaté les dégâts sociaux causés par la surfiscalité, retourner vers la dépense est un acte grave. Le fait que l’impôt nouveau proposé par les socialistes pour financer ses largesses (et prudemment non chiffré afin de ne pas effrayer le chaland) soit « citoyen » ne lui ôtera pas son effet récessif sur la croissance. La question du poids de la dette n'est d'ailleurs même pas évoquée dans le programme PS, alors qu'elle est un enjeu central : soit les dirigeants socialistes chargés du projet ignorent la question et sont incompétents, soit ils évitent a dessein de l'évoquer.


B. Les conséquences de prélèvements publics en augmentation sur la croissance sont inévitables, or la croissance étant la condition sine qua non de la réussite hypothétique de ce programme PS, ce dernier s'avère dans les faits ontologiquement malhonnête. La question de la croissance est la clé de voûte d'une politique keynésienne de déficit, qui est grosso modo l’éternelle solution miracle préconisée par le PS depuis 1981. Et en réalité, la seule mesure fiscale qui ait jamais marché pour relancer la croissance intérieure, c’est l’abaissement de la TVA sur la consommation, solution impossible à mettre en œuvre dans le contexte financier et comptable de la France, ce que savent les experts de tous bords, PS, UMP, etc.
On croit percevoir que l'augmentation du pouvoir d'achat (Smic autoritairement porté à 1500 euros) permettra d'entretenir par magie la fameuse croissance ; ceci est très largement erroné, comme l'ont démontré d'une part les travaux de l'OCDE sur les effets quasi-nuls sur la croissance du relèvement des bas salaires par l'Etat, et d'autre part toutes les expérimentations tentées dans ce sens, par exemple en Amérique Latine.
La croissance est vitale quand un pays a versé dans le surendettement. Pour illustrer les effets de la croissance sur les comptes publics, souvenons nous de l'évolution de l'équilibre budgétaire de l'Assurance maladie et du régime général de Sécurité sociale. Les seules et rares années où l'équilibre a pu être assuré ont été les années (2000 et 2001) où la France a connu une croissance supérieure à 3 points. Dès que la croissance a reflué, ces déficits sont repartis aussitôt à la hausse, malgré de nouvelles mesures prises par la droite.

Ce programme de dépenses publiques est indigne des enjeux qui se pose à la France, dans un contexte mondialisé très agressif sur le plan industriel, et avec une dette qui doit être stabilisée en priorité.
Les électeurs doivent sanctionner la prometteuse et son pari à l'aveugle non financé.
Pour preuve : la Commission européenne a abaissé à 2,2% sa prévision de croissance pour la France en 2007, contre 2,3% précédemment, à cause des mauvaises performances de son commerce extérieur. La France est le seul pays dans ce cas de figure, puisque la Commission a au contraire relevé ses prévisions de croissance pour les six autres grandes économies de l'Union Européenne. La France a enregistré en 2006 un déficit commercial record de 29 milliards d'euros, la troisième année consécutive de déficit. Ce déficit commercial a eu, selon Bruxelles, un impact négatif de 0,5 point sur la croissance en 2006, estimée par la Commission à 1,9% et par l'Insee à 2,0%. Quant au taux de chômage français, il est un des pires de toute l'Europe : la france occupe le 23ème rang sur 25... Rappelons les statistiques d'Eurostat (Février 2007) : Danemark : 3,4% Pays-Bas : 3,5% Irlande : 4,4% Chypre : 4,5% Autriche : 4,5% Slovénie : 4,7% Estonie : 4,9% Luxembourg : 5,0 % UK : 5,4% Lithuanie : 5,7% Lettonie : 5,8% Rép. tchèque : 6,4% Italie : 6,5% Malte : 6,7% Suède : 6,7% Finlande : 7,0% Allemagne : 7,1% Roumanie : 7,3% Portugal : 7,5% Belgique : 7,7% Hongrie : 7,9% Bulgarie : 8,2% Grèce : 8,6% Espagne : 8,6% France : 8,8% Slovakie : 11% Pologne : 11,8%

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La connaissance s\\\'acquiert par l\\\'expérience, tout le reste n\\\'est que de l\\\'information( Albert Einstein(1879-1955)
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MessageSujet: Re: Pourquoi il ne faut pas voter Royal   Jeu 26 Avr 2007, 3:08 pm

Et lorsqu'on lui demande qui paiera, elle affirmera que ce ne seront pas les contribuables au niveau de l'état mais bien au niveau des régions ! Cela s'appelle "creuser un trou pour en combler un autre" !

_________________
Bonapartiste et réunioniste

«Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cent protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir… » Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD
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