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 « Bruxelles n'est pas un obstacle mais la solution » ?

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Stans
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MessageSujet: « Bruxelles n'est pas un obstacle mais la solution » ?   « Bruxelles n'est pas un obstacle mais la solution » ? EmptyLun 17 Sep 2007, 8:12 pm

Source : http://www.lesoir.be/actualite/belgique/l-invite-du-lundi-rudy-2007-09-16-549829.shtml

lundi 17 septembre 2007 - dernière mise à jour le 17/09/2007 à 20h00 - Bruxelles

« Bruxelles n'est pas un obstacle mais la solution »

La capitale est la carte maîtresse d'une Flandre et d'une Wallonie qui l'ignorent. L'atout mal-aimé d'un pays qui perd les pédales.

LAMQUIN,VERONIQUE

lundi 10 septembre 2007, 08:43

Citation :
Nous sommes le seul pays au monde dont la capitale est descendue en flèche au lieu d'être valorisée. » Rudy Aernoudt avait déjà ramé à contre-courant avec son Flandre-Wallonie, je t'aime moi non plus, qui tordait le cou à une série de clichés Nord-Sud Son nouvel ouvrage, Bruxelles, l'enfant mal-aimé, qui sort cette semaine, surfe sur la même vague. L'actuel secrétaire général du département Économie, Sciences et Innovation au sein de l'administration flamande y livre un vibrant plaidoyer pour Bruxelles.
Bruxelles est, selon vous, la solution au problème belge. Vous faites de la capitale un atout que devraient exploiter Flamands et Wallons. Pourtant, pour l'instant, Bruxelles n'est pas à l'agenda politique.
Les Flamands considèrent Bruxelles comme l'enfant bâtard qui est l'obstacle au divorce d'avec les Wallons. Et donc, ils s'efforcent de nier l'importance de Bruxelles, c'est presque un refoulement freudien. Parce que refouler, c'est éliminer. Moi, je plaide pour un renversement total des idées. Ce qu'il faut, c'est dire que Bruxelles, ce n'est pas l'obstacle, c'est l'atout ; ce n'est pas le problème, c'est la solution. Mais c'est un changement radical, ça demande un déclic mental ! C'est la philosophie de mon livre, dans lequel j'essaie de démontrer, exemples et chiffres à l'appui, ce qu'il faut faire.
La Flandre, mais aussi la Wallonie, ne sont-elles pas à mille lieues de ce déclic mental ?
C'est vrai, pour l'instant, Bruxelles, c'est juste la première lettre de BHV. En Flandre et en Wallonie, on investit massivement dans les symboles régionaux. D'accord, ça peut avoir du sens en termes culturels. Mais cela n'a aucun sens à l'échelle internationale. Si l'on veut se vendre à l'étranger, on a une marque qui fonctionne très bien, c'est Bruxelles. Capitalisons là-dessus ! Mais, je le répète, ça suppose une révolution mentale. Pourtant, cela se fait ailleurs. Par exemple à Washington, qu'on prend souvent en modèle lorsqu'on évoque un nouveau statut pour Bruxelles. Là-bas, les États voisins, le Maryland et la Virginie, font leur promotion via Washington. Exactement comme si les Flamands, pour attirer les investisseurs à Anvers, disaient : « Investissez à Bruxelles. » Au lieu de ça, on relooke le lion flamand parce qu'une étude a montré que la première réaction qu'il suscite, c'est l'agressivité. L'étude suggérait de le laisser tomber. Les hommes politiques flamands ont fait juste l'inverse et on a maintenant un lion plus doux, plus coloré ! Un gourou des marques a estimé que la marque « Bruxelles » pèse 540 milliards de dollars. On peut discuter du montant mais cela confirme quand même qu'il y a de la valeur à Bruxelles !
Mais vous le dites vous-même en titre de votre livre : Flamands et Wallons n'aiment pas leur capitale.
On parle par clichés ! Après tout, 250.000 Flamands et 90.000 Wallons travaillent à Bruxelles. Cela fait donc 340.000 personnes qui ont un lien avec Bruxelles.
Ils n'ont peut-être pas une image très favorable de cette ville ?
Tout n'est pas parfait à Bruxelles. Il y a des problèmes de gestion interne. Quand on voit toutes ces communes, dans un mouchoir de poche, cela n'a aucun sens de leur faire gérer, chacune dans son coin, les problèmes de parking ou de sécurité. Ces matières-là, il faut les confier à la Région. En vertu du principe de subsidiarité : il faut déterminer le niveau où sont exercées les compétences en fonction du critère d'efficacité. C'est exactement le même raisonnement pour Bruxelles que pour le fédéral. Mais c'est précisément ce dont on ne parle pas à Val Duchesse ! Les deux sujets qui n'ont absolument pas été abordés, c'est l'importance de Bruxelles et la refédéralisation de compétences. Pourtant, le bon sens – et j'espère que certains hommes politiques ont du bon sens – commande de refédéraliser certaines matières. On ne peut pas débattre de régionalisation sans parler de refédéralisation. Si on refuse ça, c'est qu'on ne veut plus de Belgique. La réforme, pour moi, ce n'est pas un objectif mais un moyen. Dans cette logique, si on vise l'efficacité d'un Etat, il faut refédéraliser.
Bruxelles est donc, à vos yeux, une Région à part entière ? Ce n'est pas la thèse la plus répandue au nord du pays, où l'on revendique souvent le droit de cogérer, avec la Wallonie, cette capitale considérée comme mal gérée, désargentée et ne devant son salut qu'aux deniers flamands ?
Je pense que 90 % des Flamands ne remettent pas en cause la solidarité. Ni avec Bruxelles ni d'ailleurs avec la Wallonie. En termes de transferts, ce qu'il faut faire c'est démontrer que l'argent de la solidarité est bien utilisé, qu'il alimente de bonnes politiques. Si Bruxelles et la Wallonie démontrent ça, les Flamands n'auront plus aucun argument pour remettre en cause les transferts.

Mais pour l'instant, ils sont mal utilisés ?

En tout cas, on a, en Flandre, l'impression qu'une grande partie n'est pas bien utilisée. Vous savez, les Flamands n'entendent parler de la Wallonie que pour les scandales. Et alors ils se disent : « Ah c'est ça qu'ils font avec notre argent ! » C'est alors très facile pour les populistes de taper sur ce clou-là et d'ajouter qu'« à Bruxelles, c'est sans doute la même chose ». Il faut démontrer aux Flamands que ce n'est pas le cas ! Quand l'Europe octroie une aide à une région, elle conditionne son chèque au respect d'engagements et de conditions ; et elle vérifie, sur le terrain, que c'est bien le cas, et donc que l'argent est bien utilisé. C'est le principe de la solidarité lié à la responsabilité.
Vous voulez donner à la Flandre un droit de regard sur la Wallonie et Bruxelles ?
Ce n'est pas une question de droit mais un esprit de collaboration. Je ne dis pas que la Flandre doit mettre la Wallonie ou Bruxelles sous tutelle. Mais on pourrait imaginer quelque chose au comité de concertation. Du reste, pour moi, les transferts ne sont pas un sujet de discussion On peut discuter des heures sur des chiffres Mais on est dans une logique de solidarité, et donc de transferts. Simplement, ce qu'il faut faire, c'est y mettre de la responsabilité. Pour le reste Vous savez, si on réduit le chômage en Wallonie et à Bruxelles de manière drastique, on peut réduire de manière considérable les transferts.
Même en résorbant le chômage, Bruxelles restera quand même sous-financée. Ni la Flandre ni la Wallonie ne semblent disposées à participer aux charges qu'elle supporte, vu son statut de capitale.
Cela peut se résoudre très simplement, en appliquant le principe de Berlin, qui prévoit que l'on paie ses impôts partiellement là où on travaille. Si tous les navetteurs flamands et wallons payaient leurs impôts à Bruxelles, la capitale n'aurait plus de problème d'argent ! Certes, à l'heure actuelle, Bruxelles est sous-financée et il faut régler ce problème. Mais dès lors que Flamands et Wallons auront changé leur perception de Bruxelles, qu'ils en feront une opportunité et non un obstacle, ils seront disposés à faire tous les gestes qu'il faut ! Du reste, nous, en Flandre, on a de l'argent ; toutes les dettes sont restées fédérales, toutes les charges des pensions aussi. La Flandre a un excédent budgétaire, elle nage dans le fric. Les hommes politiques doivent pouvoir dire ça aux gens. On a besoin d'hommes d'État, pas de politiciens, on a besoin de gens qui savent ce qu'est l'intérêt général.
En termes de statut, il ne faut donc rien changer pour Bruxelles ?
Je suis contre l'élargissement ! Il faut arrêter de penser en termes de frontières ; les frontières, elles n'existent plus en Europe. Mais nous, on fait des débats sur l'élargissement à une commune ou pire, à un couloir, celui de Rhodes !

Et l'idée d'un district européen ?

Je suis contre aussi. Ça veut dire quoi, en plus ? Que la Flandre et la Wallonie vont gérer ensemble Bruxelles ? Qu'on me démontre que la gestion dans ces deux Régions est meilleure qu'à Bruxelles. Qu'on me démontre aussi que le clientélisme ou la politisation sont moins répandus en Flandre qu'en Wallonie !

C'est un fonctionnaire flamand qui le dit

La Wallonie est en train de nettoyer, c'est très bien. En Flandre, pour ne donner qu'un seul exemple, il y a deux mois, on a créé une structure publique dont personne n'avait besoin, simplement parce que quelqu'un devait devenir président de cette structure. Qu'est-ce que la Flandre va reprocher à la Wallonie ? Elle ne fait pas mieux. Et Flamands et Wallons n'ont aucune légitimité pour cogérer Bruxelles.

Bruxelles peut donc voir l'avenir en rose ?

Oui Mais Bruxelles a grand besoin d'hommes politiques charismatiques, pas des mandataires qui ne pensent qu'à leur petit village. Or, aujourd'hui, on manque d'élus bruxellois qui tiennent des discours positifs. Moi, si j'ai écrit ce livre, c'est par devoir moral. Ce serait bien que les Bruxellois haussent le ton, qu'ils plaident la cause de Bruxelles, mais de manière positive !
Vous êtes optimiste pour la Belgique fédérale ?
Il faut réagir. On est en train de se ridiculiser à l'étranger. Certains hommes politiques devraient avoir honte d'être payés par nos impôts. En plus, il ne faut pas oublier que nous sommes sur la scène fédérale. Or la seule chose qu'on entend aujourd'hui, c'est : « Que veulent les Flamands ? » La question n'est pas là. La question, c'est : « Que veulent les Belges ». Je rappelle que la N-VA et le Vlaams Belang n'ont que 27 sièges sur 150 ! Un sur sept ! C'est donc une minorité qui, en Flandre, veut la séparation. Il y a un clivage énorme entre les politiciens et les citoyens. Leterme pense qu'il doit ses 800.000 voix à son discours communautaire. C'est faux ! Dans ce pays, on a perdu les pédales. Et on a un gros problème de méconnaissance. On habite à côté l'un de l'autre mais on ne se connaît plus. Or, quand on se connaît, il n'y a pas de problème. « LE » Wallon n'existe pas, je ne l'ai jamais rencontré. Mais dès qu'on peut mettre des visages, on retrouve des relations humaines. Comme dit Levinas, l'important, c'est le visage. Et le visage, c'est la responsabilité. Pour moi, la première chose à faire en Belgique, c'est de réapprendre à se connaître.

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MessageSujet: Re: « Bruxelles n'est pas un obstacle mais la solution » ?   « Bruxelles n'est pas un obstacle mais la solution » ? EmptyJeu 20 Sep 2007, 12:19 pm

Après avoir tenu ces propos, Rudy Aernoudts a été remercié par la Région flamande, qui l'a jugé trop belgicain... Exclamation

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MessageSujet: Re: « Bruxelles n'est pas un obstacle mais la solution » ?   « Bruxelles n'est pas un obstacle mais la solution » ? EmptyJeu 20 Sep 2007, 1:12 pm

@VINCENT a écrit:
Après avoir tenu ces propos, Rudy Aernoudts a été remercié par la Région flamande, qui l'a jugé trop belgicain... Exclamation

On lui a aussi reproché de divulguer des magouilles venant du Nord alors que les éditorialistes du Nieuwsblad et du Laaste Nieuws se complaisent à dénoncer celles de Charleroi et de Francorchamps (elles existent certes mais il faut aussi apprendre à balayer devant sa porte !).

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