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 LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES

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Roy
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MessageSujet: LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES   LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES EmptyMar 23 Oct 2007, 9:53 am

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LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES

Sous la jolie image d'un pays au-dessus de tout soupçon, la Confédération helvétique connaît aussi ses extrêmismes, comme l'ethnicisme linguistique des Alémaniques. Dressés contre la majorité francophone de Fribourg, ils sont les alliés objectifs de l'américanisation galopante des élites helvétiques... Une analyse du Pr Michel BUGNON-MORDANT, Docteur ès lettres, essayiste.

La Suisse officielle se plaît à véhiculer de la Confédération helvétique l’image flatteuse d’un pays plurilingue, modèle d’entente entre citoyens que leurs cultures respectives tendraient naturellement à séparer.

Aussi l’étranger aime-t-il à se représenter un territoire précieusement enchâssé entre de hautes montagnes, où des hommes et des femmes paisibles et lents vaquent avec conscience et sérieux à leurs occupations sans se soucier outre mesure des turbulences extérieures.

Le voyageur qui se déplace entre Zurich et Genève, entre Sion et Porrentruy conserve longtemps le souvenir de régions variées, dont les habitants, peu bavards, les ont plus ou moins aimablement accueillis. Il s’est construit l’image superficielle d’une Alémanie au langage incompréhensible mais pittoresque, juxtaposée à une Romandie francophone d’un seul tenant et, pour peu qu’il ait eu le loisir de pousser plus loin vers le sud, chantent encore à son oreille les syllabes musicales de la langue italienne. Il sait sans doute qu’à Berne siègent les autorités politiques de ce petit Etat d’opérette dont il se dit peut-être qu’elles ne doivent pas avoir grand chose à faire dans ce havre de paix et d’entente cordiale.

Loin de moi l’idée de brouiller à plaisir une telle image d’Epinal. Il serait néanmoins malhonnête de ma part, intellectuellement, d’en perpétuer les aspects les plus idylliques.

Non, la Suisse n’est pas un pays de cocagne, dans lequel se prélasseraient des citoyens heureux car sans histoires, alliant la tolérance à une diversité de langues et de cultures méritant de préfigurer une future Europe.

Lorsque les autorités fédérales prièrent, il y a quelques années, un grand parti politique de se pencher sur le problème de l’identité suisse et de la définir, ses membres conclurent leurs travaux par un aveu d’échec. Plusieurs semaines d’efforts ne permirent pas à ces citoyens de régions différentes, enracinés en terre helvétique depuis des générations, d’offrir aux parlementaires fédéraux une définition nette et tranchée de l’identité suisse. La déception éprouvée par la population n’est certes pas une surprise pour qui sait observer sans complaisance la réalité du pays. Elle l’est d’autant moins pour moi, qui suis un observateur à la fois proche et lointain. Proche car suisse par ma mère ; lointain puisque français par mon père et, je m’empresse de l’affirmer, résolument français de coeur, d’âme, d’émotions.
Enseignant en Suisse la semaine, mais habitant la région parisienne le week-end et pendant les vacances, je suis bien placé pour dessiner de la réalité suisse des contours précis et dénués de complaisance.

Plutôt que trois régions coexistant harmonieusement - alémanique, romande, tessinoise, - la Suisse comprend :

1) une vaste zone alémanophone dont le cœur est le triangle d’or que forment Zurich, Bâle et Argovie, centres industriels et financiers prospères et arrogants, dont les mœurs et la mentalité sont structurées par la mondialisation américanisée ;

2) une zone moyenne francophone peu concernée par l’affirmation de plus en plus manifeste d’une hégémonie alémanique sur l’ensemble du pays (Neuchâtel, Vaud, Genève, ces deux derniers cantons envisageant depuis quelques temps de n’en plus former qu’un seul), dont l’élément le plus rayonnant est le canton du Jura, auréolé de sa lutte victorieuse contre la tutelle bernoise, très lié à la France à qui il donna jadis des généraux ;

3) une zone pleine de charme mais minuscule, le Tessin, italophone et vivant en osmose avec l’Italie, mais dont les trois quarts des terres appartiennent à des Allemands ou à des Alémaniques ;

4) une zone frontière, véritable limes entre la zone francophone proprement dite et l’espace alémanique. C’est dans cette zone que se concentrent les orages marquant par ailleurs la trame helvétique globale : une entente de surface, cachant de plus en plus mal une parfaite et réciproque incompréhension.

En fait, les Suisses s’entendent parce que mutuellement ils s’ignorent.
Des deux cantons constitutifs du limes, le Valais et Fribourg, c’est principalement ce dernier qui fait l’objet d’une tentative de moins en moins déguisée d’alémanisation.

C’est donc là que la langue française est le plus évidemment menacée.

LE REVANCHISME AGRESSIF DES ALÉMANIQUES

Autrefois alémanique, le canton de Fribourg conserve une minorité non francophone qui rêve de reconquête.

Celle-ci a pris, depuis une dizaine d’années, une ampleur encore jamais atteinte. Par le biais d’un " bilinguisme " officiel, de facto irréalisable pour les francophones puisque l’allemand qu’ils apprennent à l’école n’est pratiqué nulle part dans le pays, la minorité alémanique s’est progressivement emparée des leviers de commande. Faisant faire à leurs enfants l’école primaire et le collège en allemand puis le lycée en français (langue qu’ils ont tout loisir d’exercer par ailleurs), mais communiquant entre eux dans leur dialecte maternel, les citoyens alémaniques de Fribourg ont accompli l’exploit de marginaliser la majorité francophone.

Dans un texte récent, la version officielle sur le " bilinguisme ", thèse promue par un gouvernement fribourgeois pour l’essentiel francophone donc renégat, s’est encore exprimée avec une rare violence.

Le texte débute par une manœuvre de culpabilisation des francophones, accusés d’être, par leur " méconnaissance " des Alémaniques et par leurs " préjugés ", les uniques responsables des tensions intercommunautaires. Si la Suisse est " citée comme exemple d’une cohabitation pacifique de différentes langues ", cela serait dû au " souci démocratique " des citoyens alémaniques.

Contrairement aux Romands, qui ont commis la faute de suivre la France révolutionnaire, laquelle favorisa la langue nationale au détriment des langues régionales, les Alémaniques se refusèrent sagement à faire de même vis-à-vis de l’Allemagne. C’est cette attitude " démocratique " qui justifie leur promptitude à s’ouvrir aux francophones, ceux-ci étant enclins, en revanche, à la fermeture et à privilégier une comparaison peu flatteuse entre les dialectes alémaniques et l’allemand standard " afin de pouvoir justifier l’incompréhension entre les deux " communautés.

Les francophones seraient non seulement obtus et malhonnêtes, mais aussi ignorants. Ils n’ont jamais compris que les Alémaniques sont " bilingues à l’intérieur de leur propre langue " et que les francophones, par leur attitude, leur dénient le droit à une langue qui a forgé leur identité.

C’est faire bon marché tant de la vérité scientifique que de la réalité helvétique. Il convient de souligner, en premier lieu, que la volonté politique ne suffit pas à transformer un dialecte en une langue.

Une langue est un parler supra-local propre à une aire linguistique spécifique, qui, ayant franchi le double stade de l’adoption d’une forme écrite (littérisation) et de l’utilisation effective de cette forme écrite dans l’expression scientifique et la création littéraire, accède au statut de langue de culture.

Lorsque le groupe ethnique qui la parle l’érige spontanément ou délibérément en langue commune conçue comme instrument politique et expression d’une culture
individualisée, il lui applique une normalisation académique qui privilégie certaines formes, lesquelles sont présentées comme des modèles de bon parler. Dans ce cas précis, la langue supra-locale est l’allemand.

En dérivent, en Allemagne, en Suisse, en Autriche, des versions particulières, locales, aux structures grammaticales et sémantiques moins étendues, simplifiées, à la prononciation totalement différente. Ces versions sont et demeurent des dialectes, et tous les artifices de la mauvaise foi n’y changeront rien.

A ce rappel scientifique sommaire, il convient d’ajouter en quoi consiste la réalité linguistique suisse. Si la majeure partie des Allemands est à même de passer sans difficulté du dialecte à la langue, il n’en va pas ainsi en Suisse.

Près de 90 % des Alémaniques n’usent presque jamais de la langue allemande, soit parce qu’ils en sont plus ou moins incapables, soit parce qu’ils s’y refusent. S’ils sont nombreux à pouvoir la comprendre en lisant le journal ou en regardant la télévision (allemande, car 80 % des programmes de la télévision alémanique sont en dialecte), ils sont fort peu à la parler.

A cette réalité gênante se mêle une profonde hypocrisie. On ne peut à la fois exiger que les francophones apprennent l’allemand (ce que beaucoup feraient volontiers car c’est une noble langue) et dresser devant cet apprentissage toutes sortes d’obstacles. Le premier est d’ordre sociologique : où aller, en Suisse, pour apprendre l’allemand puisqu’il n’est parlé naturellement nulle part (alors qu’il suffit aux Alémaniques de séjourner en Suisse romande pour pratiquer le français) ?

Le deuxième est d’ordre culturel : pour quelle raison les jeunes francophones apprendraient-ils une langue dont les Alémaniques ne cessent de dire " qu’elle leur est étrangère ", qu’ils " ne sont pas des Allemands ", qu’ils " détestent la parler ", etc. ?

Le troisième est d’ordre pratique : plus personne n’ignore que savoir l’allemand, en Suisse, ne suffit pas, que l’ascension professionnelle y est tributaire de la connaissance du dialecte. De plus en plus, d’ailleurs, les offres d’emplois précisent qu’il s’agit d’être bilingue, français-dialecte. Faute de s’y conformer, la quasi-totalité des francophones sont condamnés à n’être plus à l’avenir que des citoyens de deuxième ou de troisième zone. Le quatrième facteur, plus proprement politique, est bel et bien la volonté de prise de pouvoir par un noyau dur d’Alémaniques, clairement déterminés à précipiter l’alémanisation de Fribourg.

L’axe le plus inquiétant du texte reste celui des intimidations et des menaces. On appréciera à sa juste valeur l’opposition entre les Alémaniques " démocrates ", empreints du " souci de respecter le peuple ", imbus de leur " identité la plus intime basée sur une idée démocratique ", privilégiant leurs dialectes, expression d’une " vision démocratique véritable ", et les Romands, forcément non-démocratiques, coupables d’avoir, dès la fin du XVIIIe siècle, adopté la " langue ‘colonisatrice’ " de la France révolutionnaire ; Romands qui, en outre, ne dissimulent pas une propension " répressive ".

La nature outrageante de tels propos n’échappe à personne, surtout lorsqu’on se rappelle l’hystérie anti-francophone haineuse d’une bonne partie des Alémaniques lors de la récente campagne pour le référendum sur le bilinguisme, campagne qui s’est conclue par un sursaut salutaire des Romands puisqu’ils ont dit non à la poursuite de l’expérience bilingue à l’école. En bonne pratique " démocratique ", le gouvernement fribourgeois s’est depuis empressé de contourner le vote populaire.

L’ultime note du texte est entonnée par l’adjectif " diffamatoire ", proféré à l’encontre de quiconque ose mettre en question la version officielle. Le ton menaçant est ici à peine voilé et laisse augurer de pratiques " démocratiques " singulières de la part de la minorité alémanique de Fribourg dans un avenir proche. L’effet obtenu (recherché ?) pourrait être de radicaliser le refus mou, mais de plus en plus manifeste, de la part des francophones de subir des diktats et de les pousser à se battre pour préserver leur langue, leur identité, leurs racines, leur droit à une citoyenneté pleine et entière.

Par delà sa nature parfaitement antidémocratique et anticonstitutionnelle, l’alémanisation de la Suisse par grignotage (après Fribourg viendra le tour du Valais, puis du nord du canton de Vaud et, pourquoi pas, une partie du canton de Neuchâtel) véhicule un autre danger. Elle constitue le vecteur le plus efficace de l’américanisation du pays.

L’allemand ne pouvant plus être une langue de communication et d’échanges entre francophones et Alémaniques, pas davantage que le français puisque la vaste zone alémanique du triangle d’or et de sa périphérie le dédaigne, c’est l’anglo-américain qui devient de plus
en plus le sabir véhiculaire helvétique.

L'AMÉRICANISATION DES CLASSES DIRIGEANTES

Comme en France, les grandes entreprises suisses, privées (Novartis, Nestlé, ABB) et publiques (CFF, Swisscom), les administrations, les responsables de la publicité, ceux de l’étiquetage dans les grandes surfaces commerciales utilisent l’anglais sans se préoccuper des problèmes de compréhension de la population. Dans l’enseignement, les documents et la littérature pédagogiques, d’inspiration américaine, ne sont plus traduits. La pratique judiciaire suit le même chemin.

Les autorités fédérales, traditionnellement suspendues aux désirs de Washington et simples exécutantes des milieux d’affaires, vivent, respirent, agissent " à l’américaine ". La plupart des membres de l’élite suisse, que ce soit dans les domaines industriel,
scientifique, juridique, militaire, économique ou universitaire, sont formés aux Etats-Unis et en reviennent parfaitement conditionnés. La néfast-food (selon l’heureux néologisme du professeur Jacques Barrat) remplace petit à petit la nourriture traditionnelle. Les cinémas projettent les films américains dans une proportion variant entre 80 et 90 %.

Si la palme de l’américanisation revient à la majorité alémanique (76 % de la population suisse), la raison n’est pas malaisée à découvrir. Ethnie sans langue, ne parlant que des dialectes inaccessibles aux non-initiés, arc-boutés contre l’Allemagne, les Alémaniques ne peuvent qu’être impressionnés et admiratifs face aux rodomontades américaines. La nature ayant horreur du vide et la Suisse alémanique souffrant d’un vide identitaire, elle le remplit par la consistance futile d’une Amérique que l’écrivain américain Herman Melville décrivait, au milieu du XIXe siècle déjà, comme un pays " intrépide, sans principes, impudent, prédateur, à l’ambition illimitée, civilisé pour la façade mais sauvage au fond du cœur ".

Malheur, dans tout cela, aux francophones helvétiques, fort timides dans leurs tentatives sporadiques de sauvegarder ce qui pourrait constituer leur force : la langue et la culture françaises.

Michel BUGNON-MORDANT

Docteur ès lettres
Professeur de langue et littérature anglaises
Essayiste (L’Amérique totalitaire : Les Etats-Unis et la maîtrise du monde, Favre, 1997 ;
Sauver l’Europe, L’Age d’Homme, 2000).

Source : http://www.voxlatina.com/vox_dsp2.php3?art=1440

Comme quoi le modéle Suisse tant vanté par les belgicains n'est pas le paradis tant décris ; un peu à l'image de la Belgique où de plus en plus les compatriotes Flamands et Wallons utilise une langue étrangère (l'anglais), la Suisse s'américanise (et donc pert sa culture), seuls les francophones résistent car ils s'appuient sur une langue relativement puissante et donc parviennent à conserver un minimum leur âme.

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MessageSujet: Re: LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES   LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES EmptyMar 23 Oct 2007, 9:33 pm

Et dire que la Suisse représente LE modèle des unitaristes belges !

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MessageSujet: Re: LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES   LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES EmptyMer 24 Oct 2007, 9:56 am

@Stans a écrit:
Et dire que la Suisse représente LE modèle des unitaristes belges !
Pas de bol, ce n'est pas le paradis au Royaume des Helvètes !

lol!

Tu noteras que seuls les francophones tentent de conserver leur culture, pourquoi ? parce que qu'il y a la France qui sert de phare culturel.

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MessageSujet: Re: LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES   LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES EmptyMer 24 Oct 2007, 9:06 pm

diable

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MessageSujet: Re: LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES   LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES EmptyJeu 15 Mai 2008, 12:16 pm

Je n'ai jamais cru que la Confédération helvétique fût un modèle linguistique. Il n'y a pas de miracles : les sensibilités y sont différentes, les langues y entrent en concurrence. L'exemple du combat jurassien suffit à détruire l'image d'une Suisse qui ne connaîtrait jamais de différends entre ses diverses composantes.

Je crois aussi que les Romands sont muselés, qu'ils n'osent pas s'exprimer, par crainte de représailles.

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MessageSujet: Romands et Wallons, même combat?   LE PROBLEME LINGUISTIQUE SUISSE : APPARENCES ET VERITES EmptyVen 27 Aoû 2010, 10:26 am

Grasse, Décadi 10 Fructidor, An CCXVIII.

Chers tous,

Mes excuses pour n'avoir pas remarqué cet ancien fil lorsque j'ai ouvert hier un nouveau sujet ( http://forum-francophone.bbactif.com/autres-pays-de-la-francophonie-f62/suisse-romande-marie-therese-porchet-les-bourbines-t5481.htm#36495 ) dont les messages auraient pu être postés ici.

Le document proposé par Roy développe en les étayant les raisons du malaise identitaire helvétique évoquées par l'humoriste Joseph Gorgoni - alias Marie-Thérèse Porchet - dans ses spectacles. Mais ce qui m'a le plus frappé, c'est la confirmation du parallèle réellement stupéfiant qui existe entre les situations respectives des Francophones de Suisse et de Belgique:

  • Même confrontation monde latin / monde germanique;
  • Même opposition d'univers mentaux, même incompatibilité de sensibilités;
  • Même existence d'une "frontière" linguistique relativement nette et même zone limitée d'interpénétration des deux idiomes
  • Même (courte) minorité numérique défavorable aux Francophones;
  • Même opposition entre une minorité utilisant le Français, langue internationale, et une majorité n'utilisant qu'une (des) variante(s) dialectale(s) d'une langue (inter)nationale;
  • Même réticence des Francophones à apprendre ce(s) dialecte(s) inutile(s) sur le plan international alors que le Français y jouit d'un prestige supérieur;
  • Même défiance de la majorité envers ces Francophones jugés linguistiquement méprisants;
  • Même mise en infériorité des Francophones devant le "devoir" d'utiliser sur le plan national de dialectes locaux ne correspondant qu'imparfaitement à la langue(inter)nationale qu'ils apprennent lors de leur scolarité et dont ces dialectes ne sont que des variantes régionales;
  • Même sur-représentation des locuteurs de ce dialectes dans les rouages du pouvoir, les institutions, etc;
  • Mêmes velléités de la majorité non-francophone de grignotage patient mais opiniâtre du territoire linguistique francophone;
  • Même incompréhension, même ignorance et indifférence vis-à-vis de l'autre communauté.


Certes, les composantes de la Confédération Helvétique se sont unies librement contrairement aux peuples wallon et flamand qui ont été réunis de manière arbitraire dans un état créé artificiellement, mais au-delà de cette différence fondamentale, de telles similarités m'amènent à me demander si une crise institutionnelle sur fond de querelles communautaires, identique à celle qui détruit la Belgique à petit feu, ne risque pas de se produire à plus ou moins long terme en Suisse tant il est reconnu que les causes produisent les mêmes effets.

Salut et Fraternité! france

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Viennent les jours heureux et le goût du bonheur ! (φ)
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