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 1870, la vérité !

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Alexis
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MessageSujet: 1870, la vérité !   Dim 09 Mar 2008, 1:17 am

1870, LA VERITE.

Lorsqu’éclate une catastrophe dans l’Etat comme dans la famille, le besoin se manifeste aussitôt d’en rechercher les causes et d’en établir les responsabilités. Ce sentiment n’est pas seulement instinctif, il est nécessaire et réparateur en ce sens que la mise en lumière des causes doit en écarter le retour dans l’avenir et peut-être même en atténuer les suites dans le présent. Toute fois, pour être efficace, cette recherche des responsabilités doit être effectuée avec une impartialité parfaite et scrupuleusement restreinte aux limites de la vérité.

Malheureusement, ce n’est pas ce qui eut lieu après nos désastres de 1870. Les faits, dénaturés avec passion, présentèrent les origines et les enchainements de nos revers sous un jour absolument faux, ce qui de nos jours encore, fait porter à Napoléon III le lourd fardeau de la défaite et la perte de nos régions de l’Est. Les responsabilités furent déplacées avec une hardiesse telle qu’on réussit à travestir la « victime » en bourreau. Et, quand l’histoire est aussi foncièrement altérée, il peut arriver que plusieurs générations vivent et meurent dans l’hypnotisme où les ont plongées l’artifice et l’erreur. C’est donc, à l’instar des spécialistes du Second Empire et de Napoléon III [1], remplir un devoir de conscience envers nos concitoyens mais aussi envers le pays que de s’employer à rétablir la vérité, en révélant le rôle de chacun tel qu’il fut en réalité.

La guerre de 1870, plus encore par les conséquences qu’on y attacha que par les suites réelles de la défaite, fut une catastrophe dont peut mourir une nation. 137 ans encore après les évènements de cette « année terrible », une quadruple tromperie égare encore une large partie de l’opinion :

· Que l’Empereur Napoléon III s’est livré à une fausse sécurité sur la puissance de nos forces militaires.
· Qu’il a désiré et favorisé l’explosion de la guerre pour affermir son pouvoir par la victoire.
· Qu’il a conduit par incapacité l’armée à Sedan et s’y est rendu par lâcheté.
· Qu’il reste responsable de la perte de l’Alsace Lorraine.

L’Empereur ne peut être accusé d’inertie en ce qui touche nos armements et préparatifs militaires.

En 1866, la victoire foudroyante de Sadowa, remportée sur l’Autriche par la Prusse, attira l’attention de toute l’Europe sur cette dernière nation. Napoléon III ne vit point d’un œil indifférent les progrès inattendus de la Prusse. Il fit étudier et étudia soigneusement lui-même les ressources militaires de cette nation. Pour égaler numériquement les forces de la France à celles de sa voisine, l’Empereur se mit immédiatement à élaborer un vaste projet de réorganisation de l’armée. Quelques mois s’étaient écoulés depuis Sadowa lorsque l’Empereur soumit au maréchal Randon, alors ministre de la guerre, un plan d’organisation militaire, d’après lequel pouvait être mis sur pied, en cas de mobilisation, un effectif de douze cent mille hommes. Les fortifications de toutes nos places de l’Est devaient être considérablement renforcées, le fusil Chassepot livré à toute l’armée et les mitrailleuses complètement achevées. Le maréchal Niel ayant succédé au maréchal Randon, présenta le projet de l’Empereur aux Chambres.

Si l’opposition eut été une opposition basée sur des conceptions politiques autres que celles de l’Empereur, si elle eut eu pour mobile loyal des vues particulières d’ordre général, cette opposition eut su faire taire ses griefs devant l’intérêt de l’entière sécurité du territoire. Mais le gouvernement impérial ne se trouvait point en face d’un parti politique désireux de modifier en un sens quelconque l’allure des affaires publiques. Cette opposition n’était qu’une cabale résolue à briser le trône qu’avait librement élevé la nation. Ceci posé, il est facile de comprendre pourquoi il fut fait échec au projet de loi militaire de l’Empereur. Les meneurs les plus en vue furent les Jules Favre, les Ernest Picard, les Garnier-Pagès, les Jules Simon, les Adolphe Thiers et autres recrues dignes d’eux. Leur acharnement fut tel que la majorité des députés s’e laissa influencer. Leur prétexte était l’allègement des dépenses militaires et, quand on fait luire aux yeux des masses le mot magique d’économie et de suppression des charges publiques, on possède un bien puissant argument.

Lorsque le maréchal Niel, parfaitement renseigné sur le chiffre des effectifs prussiens, les énonçait à la tribune, Adolphe Thiers s’écriait : -« Gardez-vous, messieurs, de croire à cette fantasmagorie de chiffres ! … Ce sont des fables … » De son coté, Jules Favre apostrophait le ministre de la guerre avec véhémence : -« Quoi donc ! Voulez-vous faire de la France une vaste caserne ? – Et vous, répliqua le maréchal Niel, prenez bien garde d’en faire un vaste cimetière ! …» Jules Simon quant à lui, prononça ces paroles –« Le Chef de l’Etat ose se prononcer pour le service universel et obligatoire ! Inutile au-dedans pour la justice, le soldat n’est même pas nécessaire à la frontière ! … »

Si nous insistons sur les grotesques objections de l’opposition contre le projet de l’Empereur, c’est que ce « criminel » débat fut la cause initiale de nos malheurs, si les futurs révolutionnaires de Septembre n’avaient eu pour but formel la perte de l’Empire, même au prix d’une invasion, ils n’eussent point placé Napoléon III dans l’impossibilité de constituer une armée assez puissante pour assurer la défense de la patrie.

En résumé, la loi militaire aboutit presque deux ans après son dépôt, à un ensemble tronqué où ne subsistait presque rien des conceptions de l’Empereur. Les crédits demandés furent accordés dans la proportion de quatre millions sur quinze. Et, lorsque deux ans après cette première « trahison », la guerre contre la Prusse déchaina sur notre pays un torrent de calamités, les conjurés de l’opposition embouchèrent la trompette pour clamer les fautes, les crimes de l’Empire !!

La deuxième accusation de l’opposition contre l’Empereur est qu’il favorisa la guerre par intérêt dynastique. Cette imputation n’est pas moins absurde que mensongère. Comment l’Empereur eut-il souhaité une guerre dont il avait lui-même jugé l’issue incertaine ? En 1867 et 1868, lors de la discussion de la loi militaire, le gouvernement impérial avait du consentir à dévoiler, sur plusieurs points, l’infériorité numérique et matérielle de notre organisation.

Et encore, pourquoi l’Empereur eut-il désiré cette guerre, même en ayant toute confiance en son issue ? Etait-ce, comme le dire ses ennemis, pour affermir son trône ? Mais ce trône n’était point ébranlé ! Malgré les manœuvres frénétiques de l’opposition, le plébiscite du 8 mai 1870 n’avait-il pas apporté à l’Empereur 7 488 408 suffrages contre 1 742 654 ? Ce résultat triomphal n’attestait-il pas, une fois de plus, la stabilité du pouvoir ? Est-ce alors pour donner au règne le prestige de la victoire ? Une autre campagne victorieuse n’eut rien rajouté à l’éclat des annales militaires !

Non seulement l’Empereur ne voulut point la guerre mais il le prouva par des actes non équivoques.

Au mois juin 1870, la Maison de Hohenzollern convoita pour un de ses membres le trône d’Espagne. Cette prétention causa un trouble profond dans toute l’Europe et surtout en France. Ce projet réalisé n’eut il pas enserré notre territoire à l’Ouest comme à l’Est, sous l’étreinte d’une même puissance de fait ?
L’opposition, en France, en interpella le gouvernement, l’obligeant ainsi à dévoiler publiquement ses intentions sur un sujet aussi grave. Le duc de Grammont, ministre des Affaires Etrangères, répondit sans provocation mais dans un langage ferme. Tous les journaux d’opposition s’emparèrent de ces paroles pour en outrer le sens et s’appliquèrent à exciter l’opinion pour la diriger vers la guerre et y contraindre le gouvernement.

Mais, sans se laisser influencer par cette bruyante poussée belliqueuse, Napoléon III s’efforçait de résoudre pacifiquement le conflit. Il pressentit d’abord le gouvernement Anglais ainsi que plusieurs autres cabinets Européens afin qu’ils interviennent diplomatiquement auprès de la Prusse. Puis par son action personnelle auprès du roi Charles de Roumanie, frère du prétendant au trône d’Espagne, Napoléon III obtint le retrait de la candidature de celui-ci.

Le 12 juillet 1870, le retrait fut annoncé. Le 13 juillet, notre ambassadeur avait à Ems une entrevue avec le roi Guillaume où celui-ci lui confirmait officiellement que satisfaction était donnée à la France, la guerre n’avait plus aucune raison d’être. Mais Bismarck falsifia, comme on le sait, la dépêche rédigée à Ems par son roi. L’altération introduite par le Chancelier dans ce document en rendait le texte injurieux pour la France.

Cette dépêche, arrivant à Paris, provoqua une formidable explosion dans la population. La foule houleuse se répandait sur les boulevards au cri mille fois répété –« A Berlin ! A Berlin ! …» C’est dans cette bouillante effervescence que le Corps Législatif vota la guerre. Dans l’écrasante majorité votant la guerre, l’on retrouve les noms de Jules Ferry, Dorian, Jules Simon, Gambetta, Magien, Wilson, Ernest Picard, Rampont et bien d’autres qui, deux ans auparavant, s’étaient opposés à l’organisation de la Défense Nationale !

Que pouvait faire l’Empereur ? N’avait il pas tout fait pour éviter cette guerre où l’entrainaient l’acharnement de l’opposition et le guet-apens de Bismarck ?
Assailli dans son âme par de sombres pressentiments et dans son corps par les atteintes d’un mal cruel, l’Empereur partit noblement à la frontière à la tête de l’armée, dont il avait pris le commandement. Les premières défaites fournirent à l’opposition le prétexte qu’elle attendait, dès le 9 août, Jules Favre déposa au Corps Législatif une proposition de déchéance de l’Empereur. La proposition n’eut pas de suite …

Ici tombe la troisième imposture formulée contre Napoléon III, accusé d’avoir inconsidérément entrainé l’armée à Sedan, alors qu’il était déjà dépossédé du commandement de l’armée, celui-ci étant confié au maréchal Bazaine.

Le maréchal de Mac-Mahon commandait le corps d’armée où se trouvait l’Empereur, c’est lui qui dirigea l’armée sur Sedan dans le but de tendre la main à l’armée de Bazaine. En vain l’Empereur lui signala-t-il en termes énergiques le danger de cette position, Mac-Mahon persista dans ce projet funeste …

Le 31 août, les forces ennemies se concentrèrent sur les hauteurs qui dominent la ville, déjà l’armée française se trouvait dans une situation fort critique. Les troupes firent preuve de courage et de vaillance, à l’image de la « Division Bleue » des Troupes de Marine qui s’illustrèrent à Bazeilles. Le 1er septembre, le maréchal Mac-Mahon fut blessé, il transmit son commandement au général Ducrot, qui partageant les vues de l’Empereur, résolut la retraite immédiate sur Mézières. Ce mouvement était en cours d’exécution quand le général Wimpfen, arrivant de Paris porteur d’une lettre du Ministre de la guerre, s’en prévalut pour exiger le commandement. Le général Wimpfen fit cesser le mouvement de retraite et fit réoccuper les positions déjà évacuées.

L’heure sonnait d’un nouveau Waterloo !

L’Empereur se rendit sur le champ de bataille, sur le plateau de la Moncelle, au milieu des balles et des éclats de mitraille. Chercha t-il ostensiblement la mort pour échapper au désastre et à la défaite ? Mais à Sedan comme à Waterloo, il fallait que Napoléon survive au désastre qu’il n’avait pu conjurer.

L’armée fit preuve de prodiges de valeur et d’abnégation, les généraux Ducrot, Lartigue, Liébert, de Gallifet, de Vassoignes, en de sublimes audaces avaient fait « hacher » leurs troupes. Comme pu le dire le maréchal Mac-Mahon, dans un des procès militaires qui suivirent la paix, -« Je déclare hautement et de toutes mes forces que la capitulation de Sedan peut être appelée désastreuse mais non pas honteuse. »-. Revenant, mais trop tard, à la réalité de la situation Wimpfen tenta une sortie qui venant trop tard fut vouée à l’échec.

Devant l’étendue du désastre et la situation désespérée, le général Ducrot était venu conférer avec l’Empereur, avec une émouvant simplicité, Napoléon III lui dit :-« Je connais l’étendue du désastre … l’armée s’est assez sacrifiée, c’est à mon tour de m’immoler ! »- Il fit écrire au roi Guillaume pour lui rendre son épée et se constituer prisonnier. En faisant ce geste, Napoléon n’ignorait pas comment ses ennemis, de l’intérieur, dénatureraient ce sacrifice indicible qu’il faisait de son trône, de sa personne, de son fils même, et pourtant son stoïcisme ne voulut envisager que la France dans ces instants d’horreur …Par cette acceptation des conséquences des fautes d’autrui, l’Empereur arrêtait la stérile effusion d’un sang précieux et rendait possible la conclusion d’une paix honorable, car il n’était nullement question alors de la cession de l’Alsace-Lorraine dont on cherche à le rendre responsable.

Cette quatrième accusation est non moins fausse que les précédentes. L’Autriche et la Russie firent aussitôt porter l’assurance à Napoléon de leur intervention pour la conclusion de la paix sans morcellement de territoire. Mais, sur les entrefaites, éclata la « révolution du Quatre Septembre », immédiatement, les puissances amies rompirent les pourparlers. Si ce fait ne suffit pas pour dégager l’Empereur de toute responsabilité dans la perte ultérieure de l’Alsace-Lorraine, il est facile d’en trouver d’autres preuves.

Quelques jours plus tard, la Prusse offrait directement la paix, moyennant une indemnité de deux milliards et le « seul » démantèlement de Strasbourg. Les « Républicains », Jules Favre et Gambetta en tête, refusèrent ces conditions inespérées. Fin octobre, de nouvelles propositions leur furent faites, stipulant trois milliards de rançon et environ moitié des territoires perdus ensuite, mais les « Républicains » continuèrent la guerre qu’ils dirigeaient en Chambre, affirmant qu’ils ne cèderaient « ni un pouce de notre territoire, ni une pierre de nos forteresses. » Malgré leur criminelle « démence », il leur avait été loisible de conclure deux fois la paix à des conditions relativement avantageuses …

Maintenant, quels sont ceux qui, en toute justice, doivent porter le poids du traité de Francfort démembrant notre pays ? Qu’y a-t-il de commun entre l’Empire et la cession de l’Alsace-Lorraine ???

Dégagée de toute passion, inaccessible à toute influence, l’Histoire, éclairée par le temps, a prononcé son verdict !

Les bonapartistes (sans esprit partisan ni aveuglement, car nous savons reconnaitre les fautes des Napoléon) mais aussi les historiens doivent présenter ce verdict à travers la France entière et permettre de disculper Napoléon III de l’un des « crimes » dont on l’accuse depuis sa chute.

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"Mais leur patrie à eux [les républicains], qu'est-ce que c'est ? Vous le comprenez, vous ?… Ils l'ont dans le cerveau; nous l'avons sous les pieds" disait Charette à ses officiers.
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