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 La parabole du Semeur

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MessageSujet: La parabole du Semeur   La parabole du Semeur EmptyDim 13 Juil 2008, 4:07 pm

Source : http://www.eelparis.org/articles/imprimer.php?categorie=Nouvelles&id_page=327

Citation :
Le semeur sortit pour semer – la parabole du semeur. Le 21-01-2007

Matthieu 13.3-23

La parabole du Semeur (Matthieu 13.3-23) – prédication 21/01/07

Introduction

Les prédications lors de nos cultes portent depuis quelques temps sur l’Evangile de Matthieu. Aujourd’hui nous lisons dans ch. 13. Mais par un petit accident de programmation, nous avons déjà considéré l’enseignement de l’ensemble du début de ce chapitre. Cela nous permet de revenir ce matin à la Parabole du Semeur tout simplement. C’est d’ailleurs une parabole bien connue que l’on trouve aussi dans les Evangiles de Marc et de Luc et qui a marqué la pensée chrétienne depuis toujours.

Lecture Matthieu 13.3-9, puis nous avons aussi, ce qui n’est pas toujours le cas, l’explication de la parabole que Jésus donne à ses disciples, Matthieu 13. 18-23.

Mais qu’est-ce qu’une parabole au juste ?

Dans le Nouveau Testament, le terme parabole est employé de façon assez générale pour désigner comparaisons, proverbes, énigmes ou jeux de mots. Nous avons tendance à appeler parabole les plus élaborés de ces outils littéraires ou techniques de communication – ceux qui sont de véritables histoires.

Je vous donne une définition assez classique :

Dans son état le plus simple, la parabole est une métaphore ou une comparaison tirée de la nature ou de la vie courante, qui frappe l’auditeur par son caractère vivant ou étrange, et dont l’application exacte sème dans l’esprit un doute suffisant pour inciter à une pensée personnelle.

Comme nous ne partageons pas la culture des premiers auditeurs, les paraboles du NT peuvent nous sembler plus compliquées qu’elles l’étaient au départ, mais notre problème est aussi que nous les lisons de façon assez plate, sans remarquer ce qui déstabilise et remet en question l’auditeur. Notre familiarité avec elles joue aussi. Nous n’apercevons pas les exclamations de surprise, les chuchotements à son voisin, les petites moqueries et puis les silences inattendus quand la petite histoire commence à déranger, comme quand Jésus les racontait à la foule.

Ceci dit, notre parabole de ce matin n’est pas très difficile à comprendre, même pour les citadins que nous sommes. Nous devons faire jouer plus notre imagination, privant l’agriculteur moderne de ses machines et ses champs immenses. Mais cette façon de cultiver la terre est toujours tellement répandue dans notre monde d’aujourd’hui que nous en avons vu des images ou des reportages. Nous arrivons à voir le semeur, un homme avec son panier, qui arpente son lopin de terre et qui, avec un geste régulier et habituel de la main, lance des grains à droite et à gauche, à droite et à gauche.

Le semeur est donc sorti pour semer ; ce doit être la bonne saison, le temps favorable et la terre est labourée. Quoi de plus naturel ? Il semble tout aussi naturel, avec cette technique assez rudimentaire de semer, que certains grains tombent à côté de la bonne terre, sans que le semeur en soit jugé négligent dans son travail. Qu’est ce qui peut donc troubler, ne serait-ce que légèrement, la foule qui écoutait Jésus raconter cette parabole ?

Ce n’est pas la scène rurale que décrit la parabole qui interpelle, me semble-t-il, mais sa structure littéraire. A la différence de certaines paraboles de Jésus, elle est construite de façon très élaborée. Il ne s’agit pas d’un seul point de comparaison entre la vie courante et la leçon spirituelle que Jésus veut communiquer, ce qui est vrai de certaines paraboles. D’ailleurs, les spécialistes modernes des paraboles nous déconseillent en général de chercher des correspondances spirituelles à tous les détails du récit. Mais en ce qui concerne la parabole du Semeur, cette structure assez lourde s’impose. Chacun des quatre petits scénarios autour du terrain dans lequel tombe ce que sème le semeur a une signification importante. L’explication qu’en donne Jésus à ses disciples le confirme. Il ne s’agit donc pas d’un contraste simple entre la bonne terre et la mauvaise terre, entre là où le travail du semeur est fructueux et là où il ne l’est pas.

C’est alors la structure de la parabole en quatre parties qui pose question et nous incite à réfléchir avant même de regarder à l’intérieur de chaque scène. Car c’est bancal. En fin de compte, le travail du semeur ne porte du fruit qu’une fois sur quatre. Par trois fois, bien que les situations soient différenciées, il n’y a pas de fruit, contre une fois où la moisson est assurée. C’est là, dans cette accentuation de la situation négative et sans résultat que l’auditeur peut éprouver un doute sur l’efficacité du travail du semeur. Ce qui est assez naturel dans la réalité, que quelques grains lui échappent et tombent à côté de la bonne terre, devient insupportable dans la parabole où par trois fois nous suivons le parcours infructueux des grains semés qui n’arriveront pas à maturité et où nous sommes tentés de reprocher au semeur tant de gaspillage.

Ceci dit, nous reprenons confiance à la fin de la parabole. Les trois situations négatives sont compensées en quelque sorte par les trois rendements de ce qui a été semé dans la bonne terre – les grains qui y tombent finirent par donner du fruit, l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. Après la souffrance de l’auditeur d’entendre le sort des grains qui tombent sur le chemin, sur les pierres où parmi les épines, voici son réconfort : la moisson est là ! Chaque grain ne produit pas le même résultat (ce qui laisse de la place pour les moins productifs à côté de ceux qui mûrissent vite), mais dans la bonne terre, ils donnent bien du fruit ! Les spécialistes diffèrent sur la question de savoir si les rendements de cent, soixante et trente sont exceptionnels ou non pour l’époque. Il me semble plus important de noter tout simplement la numération par trois fois qui sert à équilibrer la parabole et, par la même occasion à renouveler la confiance de l’auditeur dans le travail du semeur !

Comment donc comprendre cette parabole ? Posons d’abord la question de qui l’écoute. La réponse n’est pas sans intérêt !

Tout d’abord la foule, Matthieu dit même « de grandes foules » tellement de monde que Jésus doit s’asseoir dans une barque sur la mer pour parler aux gens sur le rivage. Ensuite, les disciples, sans doute parmi les premiers rangs de la foule ou même dans le bateau, et qui en entendent aussi l’explication quand ils interrogent Jésus sur le sujet. Ensuite, les lecteurs de l’Evangile. Ils bénéficient aussi de l’explication de la parabole par Jésus. Et nous, ce matin, que ce soit pour la première fois ou la centième fois nous écoutons en ce moment même la parabole du Semeur que Jésus lui-même a racontée.

En pensant à la variété d’auditeurs, nous pouvons bien nous attendre à ce qu’il y ait des angles d’interprétation différents de la parabole, et il me semble qu’il y en a deux principaux, déjà indiqués par la façon dont les Évangiles la cadrent.

Elle est d’abord une invitation à réfléchir sur notre façon d’entendre et comprendre la Parole de Dieu. Jésus dit en conclusion à la parabole « que celui qui a des oreilles entendent ! ». C’est une invitation pressante à faire attention à ce que nous entendons, en l’occurrence à ce qu’il dit, parce qu’il parle à la foule qui l’écoute. Nous écoutons donc comme la foule. De ce point de vue, l’auditeur s’identifie à la terre qui reçoit la Parole. Nous sommes avertis de ne pas être durs comme un chemin pour ne pas laisser entrer la Parole, ni pierreux pour empêcher la Parole de prendre racine, ni un sol où poussent des épines qui étoufferont la Parole. Le point de comparaison est entre les divers terrains et notre cœur, siège, pour la pensée hébraïque, non seulement des sentiments mais aussi de la volonté et de l’intelligence. C’est donc très personnel, très intérieur. Jésus parle à la foule, mais en racontant cette parabole il engage la responsabilité de chacun. La foi n’est pas d’abord une affaire ou une expérience de groupe, même si elle ne se vit pas de façon individualiste. Chacun, quand il entend la parole de Dieu, que ce soit pour une première fois ou de façon régulière et recherchée, est invité à prendre garde à sa manière d’écouter et de recevoir cette parole, s’il veut comprendre et participer au royaume dont parle Jésus. Selon l’explication de la parabole par Jésus, ce n’est que la bonne terre qui représente celui qui entend et comprend la Parole du Règne. L’avertissement est bien là, comprend non pas celui qui entend avec joie à un moment donné sa Parole, mais celui qui, avec le temps, arrive à maturité et donne du fruit. Vous, comme moi, nous avons entendu ce qui risque d’empêcher le grain de produire du fruit : Que celui qui a des oreilles entende !

Le deuxième angle sous lequel nous pouvons recevoir cette parabole est celui qui ressort plutôt de l’explication que Jésus en donne à ses disciples. Malgré son exposé de la signification de chacune des quatre terres, le point de comparaison pour les disciples est le semeur. D’ailleurs Jésus invite les disciples à entendre la parabole du semeur ; il la nomme ainsi avec eux. Il ne dit pas quand vous entendez la parole, mais quand quelqu’un l’entend. Avec cette perspective, la parabole nous aide à comprendre le travail du semeur. Le lecteur de l’Evangile s’identifie alors avec les disciples. Ceux-ci se posaient des questions sur la méthode et l’efficacité du ministère de Jésus, comme nous le faisons peut-être nous aussi en ce qui concerne la stratégie missionnaire de l’Eglise.

Le semeur est d’abord Jésus. Matthieu établit le parallèle par un jeu de vocabulaire : Jésus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer, dit-il. Comme le semeur sortit pour semer. Mais les disciples sont plutôt impatients à cet égard. Si Jésus est bien le Messie que Dieu envoie pour établir son royaume, pourquoi passer du temps à enseigner à la foule ? Ne faudrait-il pas une stratégie plus ciblée et performante pour établir le royaume ? Jésus ne gaspille-t-il pas son temps, car beaucoup l’écoutent, mais peu le suivent ? Par sa structure bancale qui passe d’abord par les trois situations de déception, la parabole du semeur rejoint les doutes des disciples, pour les amener ensuite à la confiance. Semer la Parole pour établir le règne de Dieu peut sembler inefficace, et à court terme on remarquera plutôt les abondons et les défaites, mais ce qui est semé produira bien du fruit, la bonne terre recevra la Parole et comprendra ; à la bonne saison, le champ sera recouvert d’épis mûrs, le royaume de Dieu s’établira. C’est d’ailleurs la confiance du semeur qui sort pour semer avec son geste habituel, à droite et à gauche, à droite et à gauche. C’est dans l’ordre naturel des choses. Et les disciples vont devoir garder cette confiance de semeur, car ils vont semer eux aussi en sortant dans le monde pour prêcher le message du Christ mort et ressuscité. Comme aussi les lecteurs chrétiens des Evangiles, pasteurs, évangélistes bien sûr, mais aussi simples témoins et membres d’Eglise qui s’associent au ministère de la Parole. Par cette parabole, le Christ nous invite à ne pas nous décourager et à ne pas remettre en question la fécondité de la Parole quand certains ne l’écoutent pas, d’autres la renient, et encore d’autres l’évacuent petit à petit de leur vie, mais à continuer à la semer, à droite et à gauche, avec la confiance et la générosité du Semeur.

Cependant, si nous pouvons distinguer deux angles d’interprétation de la parabole du semeur, les deux nous concernent tous. Celui qui sème la parole par la prédication, l’enseignement ou le témoignage, doit impérativement la recevoir et la comprendre pour lui-même et celui qui se met à écouter la Parole a besoin de surmonter ses doutes en voyant que tous n’y croient pas. Car nous vivons dans une société qui privilégie la communication mais où la parole cède souvent la place à l’image et où on réclame des résultats rapides. Cela va peser sur notre confiance en l’efficacité de la Parole de Dieu de faire avancer le royaume du Christ et en sa vérité, quand tous et même la majorité des gens autour de nous ne l’écoutent pas. Dans ce contexte, la parabole du Semeur nous invite chacun, avec encore plus d’insistance, à surmonter notre impatience et à faire attention à notre manière d’écouter la Parole du Christ et à lui faire confiance malgré son apparente faiblesse. C’est par elle que Dieu établira son règne.
Amen.

Katie Badie
Al2sia le 21/01/07

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«Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cent protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir… » Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD
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