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 Maximilien de ROBESPIERRE

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Stans
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MessageSujet: Maximilien de ROBESPIERRE   Mar 21 Oct 2008, 10:48 am

Citation :
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maximilien_de_Robespierre


Maximilien Marie Isidore de Robespierre[1], ou Maximilien Robespierre[2], né le 6 mai 1758 à Arras (Artois), mort guillotiné le 28 juillet 1794 à Paris, place de la Révolution, était un avocat et un homme politique français. Principale figure des Montagnards sous la Convention, il incarna la « tendance démocratique » de la Révolution française. Il demeure l'un des personnages les plus controversés de cette période, surnommé « l’Incorruptible » par ses partisans, « la chandelle d’Arras » par Rivarol[3], l'un de ses adversaires, et qualifié de « tyran » ou de « dictateur sanguinaire » par ses ennemis pendant la Terreur et après Thermidor.

Vie

Enfance et formation

Maître Maximilien-Barthélémy-François de Robespierre, avocat au Conseil supérieur d'Artois, et Mlle Jacqueline-Marguerite Carraut, se rencontrèrent en 1757 ; ils se marièrent le 2 janvier 1758. Conçu hors mariage, Robespierre naquit à Arras le 6 mai 1758[4]. Il était l’aîné d’une famille de vieille bourgeoisie. Par son père, il descendait d'une famille de gens de robe artésiens ; son grand-père maternel était un brasseur d'Arras. Le couple eut quatre autres enfants : Charlotte en 1760, Henriette-Eulalie-Françoise en 1761 et Augustin en 1763. Le 4 juillet 1764, un cinquième enfant vit le jour. Mais la mère mourut dix jours plus tard, à vingt-neuf ans, suivie de près par le nouveau né. Robespierre avait six ans. Se fondant sur les Mémoires de Charlotte, la plupart des historiens considèrent que François de Robespierre abandonna ses enfants peu après la mort de son épouse et qu'il mourut à Munich le 6 novembre 1777. En revanche, selon Gérard Walter, on trouve des traces de lui à Arras jusqu'en mars 1766, puis de nouveau en octobre 1768. Puis des documents nous confirment sa présence à Mannheim, en Allemagne en mai 1770 et en octobre 1771. L'année suivante, il était de retour à Arras, où il reprenait ses fonctions d'avocat. En mars 1778, à la mort de son beau-père, un ultime document prouve qu'il était absent d'Arras. Par la suite, on perd sa trace[5].
Après la mort de leur mère, les deux filles furent recueillies par leurs tantes paternelles, les garçons par leur grand-père maternel, Jacques Carraut. Maximilien entra, en 1765, au collège d'Arras (qui n'appartenait pas encore aux Oratoriens). Charlotte, dans ses Mémoires, affirme que Maximilien était devenu grave et sérieux. En 1769, grâce à l'intervention du chanoine Aymé auprès de l'évêque d'Arras, il obtint une bourse de 450 livres annuelles de l'abbaye de Saint-Vaast et entra au collège Louis-le-Grand, à Paris[6].
Malgré son extrême dénuement, il fit de brillantes études au collège Louis-le-Grand (1769-1781), où il eut pour condisciples Camille Desmoulins et Louis-Marie Stanislas Fréron. D'après l'abbé Proyart, c'était un élève studieux, se consacrant uniquement au travail, solitaire et rêveur, peu expansif. Très bien vu par ses maîtres, en 1775, il fut choisi pour prononcer le compliment en vers du nouveau roi Louis XVI[7]. Selon les Mémoires posthumes de Brissot, témoignage rejeté par Gérard Walter comme invraisemblable, il aurait été un temps clerc chez le procureur Nolleau fils, où le futur girondin l'aurait croisé[8]. Reçu bachelier en droit de la Faculté de Paris le 31 juillet 1780, il obtint son diplôme de licence le 15 mai 1781 et s'inscrivit sur le registre des avocats du Parlement de Paris deux semaines après. Le 19 juillet, sur rapport du principal du collège, une récompense de 600 livres lui fut octroyée. Par ailleurs, sa bourse à Louis-le-Grand passa à son frère cadet, Augustin.

Un jeune avocat de province

De retour à Arras, la situation de sa famille avait changé : sa grand-mère était morte en 1775, son grand-père maternel en 1778, sa sœur Henriette en 1780. Quant à ses deux tantes paternelles, elles s'étaient mariées l'une et l'autre à 41 ans, Eulalie le 2 janvier 1776 avec un ancien notaire devenu négociant, Henriette le 6 février 1777 avec le médecin Gabriel-François Du Rut. Jacques Carraut laissait 4 000 livres à ses petits-enfants. Installé dans une petite maison de la rue Saumon avec sa sœur Charlotte, Maximilien s'inscrivit le 8 novembre 1781 au Conseil provincial d'Artois, comme son père et son grand-père paternel, et commença à plaider le 16 janvier 1782[9]. Le 9 mars 1782, il fut nommé par l'évêque, Monseigneur de Conzié, juge au Tribunal épiscopal[10]. Après un passage chez les Du Rut, fin 1782, il s'installa avec sa sœur rue des Jésuites, fin 1783 ; c'est là qu'il vécut jusqu'à son départ pour Paris. Dans ses fonctions, il se distingua, notamment lors de l'affaire du paratonnerre de M. de Vissery, où il fit un plaidoyer devenu célèbre, en mai 1783, et de l'affaire Deteuf, qui l'opposa aux bénédictins d'Anchin[11].
Le 15 novembre 1783, Robespierre fut accueilli dans l'Académie d'Arras, patronné par son collègue Maître Antoine-Joseph Buissart, avec lequel il avait collaboré dans l'affaire du paratonnerre, et M. Dubois de Fosseux, qui fut son ami, ainsi que celui de Babeuf. Il participa à plusieurs concours académiques. En 1784, un de ses mémoires, envoyé à l'Académie de Metz, lui valut une médaille, ainsi qu'un prix de 400 livres. Publié, ce mémoire fit l'objet d'un article de Lacretelle dans le Mercure de France. De même, il rédigea un Éloge de Gresset pour le concours de l'Académie d'Amiens de 1785, qui ne fut pas primé, mais qu'il publia lui aussi. Le 4 février 1786, l'Académie royale des Belles-Lettres d'Arras l'élut comme directeur ; parmi ses collègues, on comptait Louise de Kéralio. De même, en décembre, il fut nommé parmi les trois commissaires chargés de l'examen des mémoires envoyés au concours. À la même époque, les Rosati d'Arras, petit cénacle poétique fondé en 1778, l'accueillirent dans leurs rangs[12].
Maximilien de Robespierre resta célibataire. Toutefois, à Arras, il cultiva les relations féminines : il eut une ébauche d'idylle avec Mlle Dehay, amie de sa sœur, une jeune Anglaise inconnue et une certaine Mlle Henriette, correspondit avec une « dame très haut placée », peut-être Mme Necker, selon Gérard Walter, fut reçu chez Mme Marchand, future directrice du Journal du Pas-de-Calais, etc. D'après sa sœur Charlotte, une Mlle Anaïs Deshorties aima Robespierre et fut aimée de lui ; en 1789, il la courtisait depuis deux ou trois ans. Elle se maria avec un autre, tandis qu'il était à Paris[13]. À Paris, il a été dit qu'il était fiancé avec la fille de son logeur, Éléonore Duplay[14].

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Dernière édition par Stans le Mar 21 Oct 2008, 10:54 am, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Maximilien de ROBESPIERRE   Mar 21 Oct 2008, 10:49 am

Citation :
Carrière politique


L'Assemblée constituante

Imprégné des idées idéalistes des philosophes du XVIIIe siècle, notamment de Rousseau, il participa à la vie politique dans sa province à la veille de la Révolution, faisant paraître un mémoire intitulé À la Nation artésienne, sur la nécessité de réformer les États d'Artois. Puis, appuyé par sa famille et ses amis, il se porta candidat à la représentation du Tiers-État aux États généraux ; la corporation des savetiers mineurs, la plus pauvre mais la plus nombreuse, lui confia la rédaction de leur cahier de doléances le 25 mars 1789.
Élu le 26 avril 1789 parmi les huit députés du Tiers état de l’Artois, il se rendit à Versailles, où il s'installa avec trois collègues, cultivateurs, à l'hôtellerie du Renard, rue Sainte-Elisabeth. Parmi ses premiers contacts, on compte Necker, qui le reçut à dîner chez lui en mai. Toutefois, le ministre, auquel il avait adressé de nombreuses louanges dans son mémoire, le déçut. Au contraire, il noua des relations avec Mirabeau, dont il fut quelque temps proche. Il se rapprocha également de Barère, qui publiait un journal très lu dans les milieux politiques. Par ailleurs, des liens amicaux le liaient au comte Charles de Lameth[15].
À l'Assemblée constituante, Robespierre avança avec assurance et sérénité, poursuivant, selon Gérard Walter, « la réalisation d'un plan mûrement réfléchi et soigneusement étudié ». Sa première intervention à la tribune parlementaire date du 18 mai 1789 ; il prit la parole environ soixante fois de mai à décembre 1789, une centaine de fois en 1790 et autant de janvier à la fin de septembre 1791. Son discours contre la loi martiale du 21 octobre 1789 en fit l'un des principaux animateurs de la Révolution et la cible d'attaques de plus en plus acharnées de ses adversaires, particulièrement de son ancien professeur, l'abbé Royou, et l'équipe de journalistes des Actes des Apôtres. Il fut l’un des rares défenseurs du suffrage universel et de l'égalité des droits, s'opposant au marc d'argent, le 25 janvier 1790[16] et défendant le droit de vote des comédiens et des juifs. Au second semestre, ses interventions à la tribune devinrent de plus en plus fréquentes : en une année, il avait vaincu l'indifférence et le scepticisme de ses collègues[17]. De novembre 1790 à septembre 1791, il joua un rôle de premier plan dans les débats sur l'organisation des gardes nationales[18]. Il participa à l’élaboration de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ainsi qu’à la première constitution française en 1791. Particulièrement, le 16 mai 1791, il fit voter le principe de la non-rééligibilité des députés de l'Assemblée constituante dans l'Assemblée suivante, qui visait principalement le triumvirat du parti patriote, Duport, Barnave et Lameth. Toujours contre le triumvirat, il défendit l'abolition de l'esclavage et le droit de vote des gens de couleur et défendit les Sociétés populaires. Par la suite, il prononça un discours pour l’abolition de la peine de mort, resté célèbre, le 30 mai 1791. Quatre jours après, il manqua de peu d'être élu à la présidence de l'Assemblée[19].

Le Club des Jacobins

Dès les premiers mois de l'Assemblée constituante, Robespierre avait participé aux réunions du Club breton, au café Amaury. Lors de l'installation de l'Assemblée à Paris, en octobre 1789, il rejoignit la Société des Amis de la Constitution, plus connue sous le nom de club des Jacobins, située près des Tuileries, dans le couvent des Jacobins rue Saint-Honoré. Lui même était installé dans un meublé, au troisième étage, du n°9 de la rue de Saintonge, dans un quartier éloigné des Tuileries ; en 1790, un certain Pierre Villiers (1760-1849), officier de dragons et auteur dramatique, partagea son appartement sept mois en qualité de secrétaire. De plus en plus éloigné de Mirabeau, qui avait dit de lui en 1789 : « Il ira loin, il croit tout ce qu’il dit », il rompit avec lui lors d'une séance particulièrement vive aux Jacobins, le 6 décembre 1790[20]. Il devint bientôt le principal animateur des Jacobins, nouant de précieuses relations avec les groupements patriotes de province.
Lors de la fuite du roi à Varennes, le 20 juin 1791, Robespierre était chez les Amis de la Constitution de Versailles. Nommé accusateur public de Paris, il venait de démissionner de sa charge de juge au tribunal de Versailles, qu'il occupait, théoriquement, depuis le 5 octobre 1790 et devait leur expliquer ses raisons. Apprenant la nouvelle le lendemain, il prononça un discours au club des Jacobins dans lequel il accusait l'Assemblée de trahir les intérêts de la nation. Quelques semaines après, le 14 juillet, dans son discours sur la fuite du roi, prononcé devant l'Assemblée, il ne réclama pas le jugement de Louis XVI, mais se prononça en faveur de sa déchéance[21].
Le lendemain, le club des Cordeliers lança l'idée d'une pétition réclamant la République, qui recueillit 6 000 signatures et fut déposée sur l'autel de la patrie, haut lieu de la Fête de la Fédération de 1790, sur le Champ-de-Mars. La loi martiale proclamée, Jean Sylvain Bailly, Maire de Paris, fit mitrailler la foule. Tandis que la répression s'abattait sur les Sociétés populaires, une campagne accusa Robespierre d'avoir été l'instigateur de la manifestation. La veille de la journée, la quasi totalité des députés - hormis Robespierre, Pétion, Antoine et Coroller - et les trois quarts des sociétaires parisiens (1 800 sur 2 400) avaient quitté les Jacobins pour fonder le club des Feuillants ; la grande majorité des sociétés affiliées de province restèrent fidèles au club de la rue Saint-Honoré[22].
Menacé après la fusillade du Champ-de-Mars, il accepta l'offre de Duplay, un entrepreneur de menuiserie, qui lui proposait de loger chez lui, rue Saint-Honoré. Il vécut dans cette maison jusqu'à sa mort.
Avec la clôture de la session parlementaire, Robespierre rentra dans la vie civile le 1er octobre 1791. Durant ce mois, de nombreuses adresses affluèrent rue Saint-Honoré, pour lui rendre hommage. Après la séance inaugurale de l'Assemblée législative, il fit un voyage vers l'Artois, où il fut accueilli avec enthousiasme par le peuple[23].
Rentré à Paris le 28 novembre, il dut s'imposer au sein des Jacobins, où l'assemblée du club lui offrit la Présidence ce même jour[24]. Pendant son absence, de nombreux députés de la nouvelle Assemblée s'étaient inscrit au Club, dont parmi eux les nouveaux députés de la future Gironde[25]. À cette période, la question des émigrés incitait les dirigeants révolutionnaires à prôner la guerre aux princes allemands qui les accueillaient; le plus ardent partisan de la guerre était Brissot, l'un des nouveaux députés de Paris. Dans un premier temps, Robespierre se prononça pour la guerre, puis, après Billaud-Varenne, il dénonça le caractère belliciste de la France contre l'Autriche à la tribune des Jacobins le 18 décembre 1791, ainsi que le 2 et le 11 janvier 1792. Il jugeait imprudente une telle décision qui, d'après lui, faisait le jeu de Louis XVI. À ses yeux, l'armée française n'était pas prête pour mener une guerre, qui pouvait en cas de victoire, renforcer un roi et des ministres hostiles à la Révolution; il estimait que la véritable menace n'était pas parmi les émigrés de Coblentz, mais en France même. De plus, la guerre étant ruineuse pour les finances de la France, il valait mieux favoriser les droits du peuple[26]. Robespierre mit surtout en avant la menace d'une dictature militaire, représentée par La Fayette, responsable de la répression des suisses de Châteauvieux par Bouillé en 1790 et de la fusillade du Champ-de-Mars du 17 juillet 1791[27]. Confronté à une attaque combinée de journalistes et de pamphlétaires (notamment Sylvain Maréchal), il commença l'édition de son propre journal Le Défenseur de la Constitution en mai 1792, afin de défendre ses idées[28]. À la même époque, il démissionna du poste d'accusateur public (14 avril 1792)[29]. Confronté à la question du régime politique, entre Brissot et ses amis, qui le disaient vendu à la Cour, et les journaux de droite, qui le considéraient comme le chef des « républicains », il refusa de se prononcer, affirmant : « J'aime mieux voir une assemblée représentative populaire et des citoyens libres et respectés avec un roi, qu'un peuple esclave et avili sous la verge d'un sénat aristocratique et d'un dictateur. Je n'aime pas plus Cromwell que Charles Ier[30]. » Jugeant l'Assemblée législative incapable de préserver le pays de l'invasion étrangère et d'une dictature militaire, il prit le parti d'une insurrection. Il reprochait notamment à l'Assemblée de n'avoir pas réagi quand, le 28 juin, La Fayette avait abandonné son armée pour dénoncer devant elle les Jacobins, se bornant à déclarer la patrie en danger. Il participa à la Commune insurrectionnelle de Paris, peu après la prise des Tuileries lors de la journée du 10 août[31].

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MessageSujet: Re: Maximilien de ROBESPIERRE   Mar 21 Oct 2008, 10:51 am

Citation :
La Commune insurrectionnelle de Paris


Diverses versions existent, sur le rôle de Robespierre lors de l'insurrection du 10 août. Dans un discours, en mai 1793, Vergniaud prétend qu'il était caché dans sa cave[32]. Albert Mathiez, au contraire, affirme qu'il est le principal inspirateur de la journée[33]. Quant à Gérard Walter, il considère que Robespierre était plutôt partisan d'une solution légale et considérait l'insurrection avec scepticisme[34].
Le 28 mai 1792, le ministre de la guerre girondin Servan demanda devant l'Assemblée que « la nation se lève toute entière » pour défendre le pays. Puis, une semaine après, il appela chaque canton à envoyer cinq fédérés vêtus et équipés, soit 20 000 hommes, à Paris, afin de prêter un serment civique à Paris. Robespierre vit dans cette mesure une manœuvre pour réduire l'agitation démocrate de la capitale, sentiment que sembla confirmer l'intervention de La Fayette devant l'Assemblée, le 28 juin. Aussi proposa-t-il aux Jacobins, le 11 juillet, un projet d'Adresse aux Fédérés des 83 départements saluant fraternellement les fédérés et incitant les Parisiens à les accueillir avec amitié. Le lendemain des célébrations, le 15 juillet, il appela les fédérés à se méfier des « émissaires et complices de la Cour » et à défendre légalement la constitution[35]. Plutôt que de défendre l'insurrection, il demanda la rédaction de pétitions ; lui-même rédigea celle du 17 juillet qui, bien loin d'appeler à la déchéance du roi, réclamait le strict respect de la constitution et dénonçait ceux qui la trahissent, dont il demandait la destitution et la mise en accusation, laissant dans le flou le sort du pouvoir exécutif[36].
En réponse aux pétitions, l'Assemblée vota le 23 juillet, sur proposition de Brissot, la création d'une commission chargée d'examiner quels sont les actes pouvant entraîner une déchéance, ainsi que la rédaction d'une adresse au peuple le prévenant contre « les mesures inconstitutionnelles et impolitiques ». Hostile à l'Assemblée, dont il était persuadé de la trahison, Robespierre répliqua, dans un discours aux Jacobins, le 29 juillet, en demandant la tenue de nouvelles élections[37].
Le 10 août, dans l'après-midi, il se rendit à l'assemblée de sa section, la section de la place Vendôme, qui le nomma, le lendemain, son représentant à la Commune insurrectionnelle, puis aux Jacobins, où il esquissa, dans un discours, les mesures urgentes à prendre : le peuple ne devait pas se démobiliser, mais exiger la convocation d'une Convention nationale, La Fayette devait être déclaré traître à la patrie, la Commune devait envoyer des commissaires dans tous les départements pour leur expliquer la situation, les sections devaient abolir la distinction entre « citoyens actifs » et « citoyens passifs » et créer des sociétés populaires, afin de faire connaître la volonté du peuple à ses représentants. Pour Gérard Walter, « son souci primordial a été de discipliner le mouvement déclenché, de lui enlever son caractère chaotique et, au moyen d'une tactique ferme et intelligente, d'obtenir que le sacrifice fourni porte des fruits. » Par ailleurs, il note qu'aucune de ses recommandations ne fut négligée par la Commune[38].
Le 12 août, dans l'après-midi, Robespierre parut à la barre de Assemblée, où il obtint la reconnaissance de la Commune insurrectionnelle. Par ailleurs, devant la décision de l'Assemblée, le 11 août, de créer une cour martiale pour juger les Suisses capturés lors de l'assaut du château des Tuileries, il rédigea, au nom de la Commune, une adresse demandant le jugement de tous les « traîtres » et « conspirateurs », en premier lieu La Fayette, qu'il présenta le 15 août devant les députés, très rétifs devant un « tribunal inquisitorial » (selon Choudieu) et attentatoire aux libertés (selon Thuriot). Après une seconde délégation du Conseil général de la Commune, le 17 août, un tribunal criminel extraordinaire fut créé, dont Robespierre refusa la présidence. « Je ne pouvais être le juge de ceux dont j'ai été l'adversaire » devait-il expliquer par la suite[39]. Toutefois, les Girondins, autour de Brissot et de Roland, ministre de l'intérieur, sabotèrent cette extension de compétence. Pour de nombreux historiens (et d'abord Albert Mathiez et Gérard Walter), la mauvaise volonté du tribunal à juger les causes dont on le saisissait fut à l'origine des massacres de septembre.
Selon Pétion, alors maire de Paris, Robespierre avait pris « de l'ascendant dans le Conseil » et « entraînait sa majorité ». Si, entre le 23 et le 29 août, il participa surtout aux séances pré-électorales de sa section, constituée en assemblée primaire, le 30 août, le 1er et le 2 septembre, il joua un rôle directeur au Conseil général de la Commune, s'opposant au décret de la Législative qui sommait la Commune de se démettre, refusant la réouverture des barrières de la ville et dénonçant les Girondins[40].
Président de l'assemblée générale de la section de la place Vendôme, constituée en assemblée primaire le 27 août, Robespierre fut élu le lendemain premier électeur par sa section, puis premier député de Paris, au premier tour de scrutin, par l'Assemblée électorale (par 338 voix sur 525). Puis il contribua à l'élection de Marat, contre le savant Priestley, présenté par les Girondins, Panis et Robert, contre Tallien. De même, son frère cadet, Augustin, fut élu député de Paris[41].

La Convention nationale

À l’origine de la Convention nationale, élue au suffrage universel, Robespierre était l'une des principales figures de la Montagne avec Danton et Marat.
D'emblée, les Girondins attaquèrent les députés de Paris, et en premier lieu Robespierre, accusés d'aspirer à la dictature. Après une première offensive, le 25 septembre, menée par les marseillais Rebecqui et Barbaroux, Robespierre se tint éloigné de la tribune, peut-être malade, et n'intervint que le 28 octobre, devant les Jacobins, pour témoigner de son pessimisme : « Ôtez le mot de République, je ne vois rien de changé. Je vois partout les mêmes vices, les mêmes calculs, les mêmes moyens, et surtout la même calomnie. » Le lendemain, Roland, chargé de présenter un tableau de la situation de Paris, fit lire une lettre qui laissait entendre que Robespierre aurait préparé une liste de proscription[42]. Monté à la tribune pour se défendre, l'Incorruptible fut interrompu par Louvet, qui profita de l'occasion pour prononcer le réquisitoire qu'il préparait depuis des semaines. Ayant obtenu un délai de huit jours, Robespierre répliqua, le 5 novembre, par un discours qui réduisit au silence ses adversaires[43].
Le lendemain, Valazé présenta son rapport sur « l'affaire Louis Capet », suivi les trois jours suivants par cinq autres orateurs, dont Saint-Just, l'abbé Grégoire et Robert. Robespierre, lui, demeura silencieux, peut-être malade, comme le laissent penser les Mémoires de sa sœur, selon Gérard Walter. Durant le mois de novembre, tandis que les débats sur le procès diminuaient, le peuple était confronté à une pénurie des subsistances, et des troubles éclatèrent dans de nombreux départements. Considérant que les Girondins cherchaient à sauver Louis XVI pour le rétablir sur le trône, il intervint lors de la séance du 30 novembre, afin de ramener en avant la question du procès. Puis, comme l'Assemblée menaçait de traîner en longueur sur des questions légales, il prononca un nouveau discours, le 3 décembre, dans lequel il expliqua qu'il n'y avait « pas de procès à faire », que la journée du 10 août avait déjà réglé la question et que Louis XVI devait être immédiatement déclaré traître à la nation française. La Convention rejeta cet avis, mais l'acquittement devenait invraisemblable[44].
En réaction, le girondin Salle proposa le 27 décembre de renvoyer le procès devant les assemblées primaires. Mais l'« appel au peuple » fut rejeté par la Convention par 424 voix contre 283, le 15 janvier 1793, et la peine capitale fut votée par 366 voix contre 355 le lendemain, puis, après des réclamations, par 361 voix contre 360[45].
Par la suite il contribua à l'éviction des Girondins (voir : Journée du 2 juin 1793) après la trahison de Charles-François Dumouriez (3 avril 1793).

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MessageSujet: Re: Maximilien de ROBESPIERRE   Mar 21 Oct 2008, 10:52 am

Citation :
La Terreur


Entré au Comité de salut public le 27 juillet 1793, son influence y est très contestable et très contestée[46]. Toutefois il a été présenté par les membres des anciens comités (Barère, Collot d'Herbois, Billaud-Varenne, Vadier et Amar), et par les anciens représentants en mission qu'il avait voulu dénoncer (Fouché, Tallien, Rovère, Louchet, etc.) comme l’âme de la « dictature jacobine », imposant un régime de terreur. Si les mesures d’exception étaient jugées indispensables pour sauver la République gravement menacée à l’intérieur (insurrection en Vendée, insurrections fédéralistes, notamment soulèvement de Lyon) comme à l’extérieur (guerre contre les monarchies européennes coalisées), on n'a jamais prouvé la responsabilité de Robespierre dans les dérives et excès de la répression en Vendée, à Lyon, dans le Midi, dans le Nord et à Paris. Il est néanmoins vrai de dire que Robespierre participa à l'instauration d'un gouvernement révolutionnaire fondé à la fois sur les principes de vertu et de terreur, selon ses propres termes.
Certains députés comme Laurent Lecointre ont relativisé dès l'an III la responsabilité de Maximilien Robespierre dans la Terreur. De même, sous le Directoire, Reubell a confié à Carnot : « Je n'ai jamais eu qu'un reproche à faire à Robespierre, c'est d'avoir été trop doux[47]. » Par la suite, tout danger écarté, d'autres témoins supérieurement informés, comme l'était sans doute Napoléon Bonaparte, ont critiqué la thèse thermidorienne selon laquelle Robespierre était l'inspirateur de la Terreur puisque le phénomène avait cessé avec sa mort : « Robespierre, disait Napoléon en présence de Gourgaud et de Mme de Montholon, a été culbuté parce qu'il voulait devenir modérateur et arrêter la Révolution. Cambacérès m'a raconté que, la veille de sa mort, il avait prononcé un magnifique discours qui n'avait jamais été imprimé. Billaud et d'autres terroristes, voyant qu'il faiblissait et qu'il ferait infailliblement tomber leurs têtes, se liguèrent contre lui et excitèrent les honnêtes gens soi-disant, à renverser le "tyran", mais en réalité pour prendre sa place et faire régner la terreur de plus belle »[48]. De même, selon Las Cases, il le pensait « le vrai bouc émissaire de la révolution, immolé dès qu'il avait voulu entreprendre de l'arrêter dans sa course (...). Ils [les terroristes] ont tout jeté sur Robespierre; mais celui-ci leur répondait, avant de périr, qu'il était étranger aux dernières exécutions; que, depuis six semaines, il n'avait pas paru aux comités. Napoléon confessait qu'à l'armée de Nice, il avait vu de longues lettres de lui à son frère, blâmant les horreurs des commissaires conventionnels qui perdaient, disait-il, la révolution par leur tyrannie et leurs atrocités, etc., etc. Cambacérès, qui doit être une autorité sur cette époque, observait l'Empereur, avait répondu à l'interpellation qu'il lui adressait un jour sur la condamnation de Robespierre, par ces paroles remarquables : "Sire, cela a été un procès jugé, mais non plaidé." Ajoutant que Robespierre avait plus de suite et de conception qu'on ne pensait; qu'après avoir renversé les factions effrénées qu'il avait eues à combattre, son intention avait été le retour à l'ordre et à la modération[49]. » Il n'empêche, Robespierre est entré dans la légende noire car cette thèse commode et infondée historiquement a trouvé une utilité auprès de quelques grands dictateurs des temps modernes qui se sont réclamé, et de Robespierre et de la terreur comme une nécessité (les « sévérités nécessaires » pour assurer le « salut public »).
En fait, Robespierre n'avait ni les moyens ni le tempérament d'un dictateur et, selon des témoignages rarement mis en avant, il s'est opposé à un grand nombre de mesures de terreur - ou « terroristes » selon la terminologie du temps - que Barère, Collot d'Herbois et Billaud-Varenne, membres comme lui du Comité de salut public, cherchaient, pour des raisons diverses, à faire prévaloir. Il était hostile à l'autonomie grandissante, en l'an II, du Comité de sûreté générale qui, par le passé, s'était déjà discrédité[50]. Or, le Comité de sûreté générale, entièrement sous l'influence de Barère, de Collot d'Herbois et de Billaud-Varenne, en liaison étroite avec le Tribunal révolutionnaire, notamment ses juges et son accusateur public, fut le principal instrument de la Terreur puisque, plus que toute autre autorité, il a lancé la très grande majorité des mandats d'arrêt[51].
Le conventionnel Rouzet, englobé dans la proscription des députés emprisonnés comme complices des Girondins, explique comment il a survécu grâce à Robespierre : « Ce fut lui, écrit-il, qui le 3 octobre 1793, empêcha que les soixante-treize (députés girondins) mis en arrestation fussent aussi accusés, malgré la demande, entre autres par Nicolas Osselin (...) Ce fut Robespierre qui repoussa les sanguinaires aboiements d'Hébert dans sa feuille du père Duchêne, et les hurlements, entre autres, de Dufourny à la tribune des Jacobins, tous également impatients de faire de ces (73) prévenus une hécatombe »[52]. Le même député rappelle aussi que « Robespierre condamna l'absurde brutalité que déployait Hébert dans la procédure contre Marie-Antoinette. Il s'exaspéra tellement à ce sujet que, dans la violence de ses gestes, il brisa son assiette »[53].
Parmi les « soixante-treize », d'ailleurs, plusieurs ont écrit à Robespierre pour le remercier de les avoir sauvé, comme les députés Hecquet, Queinec, Ruault, Saint-Prix, Delamarre, Blad et Vincent le 29 nivôse (18 janvier 1794)[54], ou pour lui demander de proposer une amnistie générale, comme Faure, député de Seine-Inférieure, le 19 prairial (7 juin 1794), veille de la fête de l'Être suprême[55] et Girault, député des Côtes-du-Nord, enfermé à la prison de la Force, le 26 prairial (14 juin 1794)[56].
De la même façon, le 20 messidor (8 juillet 1794), un ancien constituant qui a assisté aux mitraillades de Lyon et a été victime de la répression, écrit à Robespierre, pour lui exprimer la joie qu'il a éprouvé en apprenant, par un ami sûr de retour de Paris, qu'il a blâmé la conduite de Collot d'Herbois dans cette ville[57].
Le 30 frimaire an II (3 décembre 1793), Robespierre proposa devant la Convention l'institution d'un comité de justice chargé de rechercher et d'élargir les patriotes injustement détenus. Toutefois, cette proposition fut rejetée le 6 nivôse (26 décembre), après un débat confus, devant l'opposition du Comité de sûreté générale, jaloux de ses prérogatives, et de Billaud-Varenne[58]. Aux Jacobins, lors de la séance du 29 ventôse (19 mars 1794), il s'opposa à la discussion sur les signataires des pétitions royalistes dites des 8 000 et des 20 000[59]. De même, il tenta en vain de sauver Madame Élisabeth, s'opposant ainsi à Hébert le 1er frimaire (21 novembre 1793) qui demandait notamment aux Jacobins « qu'on poursuive l'extinction de la race de Capet »[60], et, d'après le témoignage du libraire Maret, rapporté par le royaliste Beaulieu[61], affirma, après son exécution : « Je vous garantis, mon cher Maret, que, loin d'être l'auteur de la mort de Madame Élisabeth, j'ai voulu la sauver. C'est ce scélérat de Collot d'Herbois qui me l'a arrachée[62]. »
Dans une brochure publiée au début de la Restauration, Ève-Demaillot[63], un agent du Comité de salut public, nommé en mai 1794 commissaire dans le Loiret, affirme y avoir été envoyé par Robespierre afin d'élargir les suspects arrêtés sur l'ordre de Léonard Bourdon, qui furent presque tous délivrés, et parmi eux « l'abbé Le Duc[64], fils naturel de Louis XV, prêt à aller à l'échafaud, [qui] dut la vie à Robespierre »[65].
Enfin, le 9-Thermidor, Billaud-Varenne reproche à Robespierre son indulgence, expliquant : « La première fois que je dénonçai Danton au Comité, Robespierre se leva comme un furieux, en disant qu'il voyait mes intentions, que je voulais perdre les meilleurs patriotes[66]. »
Or, pour le publicite royaliste Beaulieu, « il reste pour constant que les plus grandes violences depuis le commencement de l'année 1794, ont été provoquées par ceux-là mêmes qui ont écrasé Robespierre. Uniquement occupés, dans nos prisons, à rechercher dans les discours qu'on prononçait, soit aux Jacobins soit à la Convention, quels étaient les hommes qui nous laissaient quelque espoir, nous y voyions que tout ce qu'on disait était désolant, mais que Robespierre paraissait encore le moins outré[67]. »
Après l’élimination des ultras (Hébertistes et Enragés, 24 mars 1794), jugés « démagogiques », puis des Indulgents (groupés autour de Georges Danton, 5 avril 1794)[68], Robespierre tenta d’imposer son idéal de république démocratique et vertueuse, constituée de petits propriétaires « libres et égaux en droits », lui donnant un couronnement spirituel avec l’institution du Culte de l'Être suprême (qui se veut être une sorte de restauration de la religion civique des républicains romains).

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MessageSujet: Re: Maximilien de ROBESPIERRE   Mar 21 Oct 2008, 10:53 am

Citation :
La chute


Deux faux-attentats furent perpétrés contre Robespierre. Le premier est dû au royaliste Henri Admirat qui, le 22 mai 1794, aurait suivi Maximilien de Robespierre et, par suite de hasards, ne réussissant pas à le rencontrer avait déchargé en vain, un ou deux coups de pistolets - les versions divergent - sur Jean-Marie Collot d'Herbois. Il fut arrêté, mis au secret et exécuté sans jamais pouvoir s'expliquer publiquement en compagnie d’un groupe de personnes qu’il ne connaissait pas, mais que l’on accusa d’avoir comploté avec lui.
L'autre, controversé car susceptible d'avoir été l'œuvre du Comité de sûreté générale, fut celui prêté à Cécile Renault, jeune fille ordinaire et nullement politisée dans laquelle on a voulu voir une seconde Charlotte Corday, et qui semble avoir été « instrumentée » à son corps défendant[69] . Le 23 mai 1794, la jeune fille avait quitté son domicile de l'île de la Cité avec des garnitures destinées à la robe que sa couturière, demeurant rue des Deux-Ponts, lui confectionnait. C'est rue des Deux-Ponts, dans l'île Saint-Louis (loin de chez Robespierre), que Cécile Renault disparut assez mystérieusement pour réapparaître quatre heures plus tard dans les locaux de la police politique, qui a cherché à prouver qu'elle désirait assassiner Robespierre. Selon des procès-verbaux d'interrogatoire signés d'une croix, Cécile Renault aurait avoué s'être rendue chez Robespierre, rue Saint-Honoré. Contrairement à ce qu'indiquent plusieurs auteurs, comme Gérard Walter, il n'existe aucune source selon laquelle Eléonore Duplay, la jugeant suspecte, l’aurait empêchée d’entrer et aurait appelé la garde. Emmenée au Comité de sûreté générale, où elle fut interrogée, Cécile Renault ne s'expliqua ni sur ses motivations ni sur l'acte lui-même qui reposait uniquement sur la déclaration d'agents du Comité de sûreté générale et du Tribunal révolutionnaire[70]. Elle fut néanmoins condamnée à mort sans avoir pu s'expliquer publiquement, en même temps que sa famille, qui avait été arrêtée et placée au secret immédiatement après son arrestation.
Au printemps, Robespierre fut la cible de collègues de la Convention, anciens dantonistes comme Bourdon de l'Oise ou envoyés en mission rappelés à Paris comme Fouché et Barras, animés par la crainte ou un esprit de revanche, mais aussi du Comité de sûreté générale, qui lui reprochaient la création du Bureau de police générale - habilité à prononcer des relaxes et destiné à diminuer l'influence du Comité de sûreté générale - et le culte de l'Être suprême.
Enfin, des conflits opposèrent les membres du Comité de salut public. Mis en minorité, du fait de l'absence de plusieurs membres en mission, et ne pouvant compter que sur la fidélité du seul Couthon, Robespierre ne parut plus aux réunions du Comité de salut public après le 23 prairial (11 juin)[71]. En revanche, il continua d'assister aux séances de la Convention et surtout des jacobins, où il avait de vrais amis et de solides soutiens. Vadier tenta ainsi, le 15 juin, de le compromettre dans l'affaire Catherine Théot, montée de toutes pièces par le Comité de sûreté générale. Or, pour Claude François Beaulieu, à travers cette « conspiration imaginaire », son but était non seulement de déconsidérer Robespierre et le culte de l'Être suprême, mais surtout « l'extermination générale des prêtres, sous la dénomination de fanatiques »[72], et Robespierre défendit « les ecclésiastiques » en s'opposant à lui[73].
Après un long silence et une tentative de conciliation orchestrée par Saint-Just et Barère le 5 thermidor (23 juillet), Robespierre se rendit finalement devant la Convention, où il mit au jour les attaques dont il était victime et proposa de modifier la composition des comités de salut public et de sûreté générale, et de subordonner le second au premier, le 8 thermidor (26 juillet).
D'abord applaudi, ce discours suscita finalement l'inquiétude parmi la Convention, travaillée par les adversaires de Robespierre, qui finirent par obtenir le soutien du Marais, peu soucieux, après la victoire de Fleurus, le 26 juin 1794, de maintenir le gouvernement révolutionnaire et le dirigisme économique.
Le 9-Thermidor an II (27 juillet 1794), Robespierre fut empêché de s’exprimer à la Convention et invectivé de toutes parts quand un des représentants « à mauvaise conscience » Louchet, qui était proche de Fouché, demanda le décret d’accusation contre lui. La proposition fut votée à main levée et Robespierre arrêté en compagnie de Saint-Just et de Couthon. Augustin Robespierre et Le Bas se joignent volontairement à eux et le groupe fut emmené par les gendarmes. Toutefois, aucune prison n'accepta d'enfermer les prisonniers, qui se retrouvèrent libres à l'Hôtel de Ville de Paris. La Commune de Paris avait fait sonner le tocsin et s'apprêtait à l'insurrection, mais Robespierre tergiversa à donner l'ordre du soulèvement. Affolés, les députés votèrent la mise hors-la-loi de celui-ci, ce qui équivalait à une mort sans procès. La nuit avançant et l'ordre d'insurrection ne venant pas, les rangs de la Commune finirent par se clairsemer et, vers deux heures du matin, une troupe dirigée par Barras fit irruption dans l'Hôtel de Ville sans rencontrer beaucoup de résistance.
Lors de cette arrestation mouvementée, Le Bas se suicida et Augustin de Robespierre sauta par la fenêtre et se brisa la jambe. Maximilien, lui, fut gravement blessé à la mâchoire sans que l'on sache précisément si c'était le gendarme Merda qui lui avait tiré dessus ou s'il s'agissait d'une tentative de suicide.

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MessageSujet: Re: Maximilien de ROBESPIERRE   Mar 21 Oct 2008, 10:54 am

Citation :
L'exécution


Le lendemain après-midi, les prisonniers furent conduits au Tribunal révolutionnaire où Fouquier-Tinville fit constater l’identité des accusés qui, mis hors-la-loi, ne bénéficiaient pas de défense.
Ainsi Robespierre fut condamné sans procès et guillotiné l'après-midi même du 10 thermidor, sous les acclamations de la foule, en compagnie de vingt et un de ses amis politiques, dont Saint-Just et Couthon ainsi que son frère, Augustin Robespierre. Les vingt-deux têtes furent placées dans un coffre en bois, et les troncs rassemblés sur une charrette. On jeta le tout dans une fosse commune du cimetière des Errancis et l’on répandit de la chaux, afin que le corps du « tyran » Robespierre ne laisse aucune trace. Le lendemain, 80 partisans de Robespierre furent également guillotinés. En 1840, des partisans de Robespierre fouillèrent le sol du cimetière des Errancis, alors fermé depuis une trentaine d’années, sans découvrir aucun corps.
Sa chute mit fin à la Terreur et brisa l’élan démocratique de la République : ceux qui avaient organisé la Terreur et en avaient largement profité en mettant la main sur les biens des nobles et des banquiers exécutés chargèrent Robespierre de tous leurs méfaits, n'hésitant pas à falsifier les documents historiques.
Dès sa chute, tous les Duplay furent emprisonnés, parfois pour des années. Eléonore Duplay ne se maria jamais et vécut le reste de sa vie dans le regret de son grand homme.

Citations

« On vous a dit sur les Juifs des choses infiniment exagérées et souvent contraires à l'histoire. Comment peut-on leur opposer les persécutions dont ils ont été les victimes chez différents peuples ? Ce sont au contraire des crimes nationaux que nous devons expier, en leur rendant les droits imprescriptibles de l'homme dont aucune puissance humaine ne pouvait les dépouiller. On leur impute encore des vices, des préjugés, l'esprit de secte et d'intérêt les exagèrent. Mais à qui pouvons-nous les imputer si ce n'est à nos propres injustices ? Après les avoir exclus de tous les honneurs, même des droits à l'estime publique, nous ne leur avons laissé que les objets de spéculation lucrative. Rendons-les au bonheur, à la patrie, à la vertu, en leur rendant la dignité d'hommes et de citoyens ; songeons qu'il ne peut jamais être politique, quoiqu'on puisse dire, de condamner à l'avilissement et à l'oppression, une multitude d'hommes qui vivent au milieu de nous. »
— Intervention à l'Assemblée constituante sur le droit de vote des Juifs le 23 décembre 1789
« La loi est-elle l'expression de la volonté générale lorsque le plus grand nombre de ceux pour qui elle est faite ne peuvent concourir, en aucune manière, à sa formation ? Non. »
— Discours à l'Assemblée constituante sur le marc d’argent le 25 janvier 1790
« C'est un grand intérêt que la conservation de vos colonies ; mais cet intérêt même est relatif à votre Constitution ; et l'intérêt suprême de la nation et des colonies elles-mêmes est que vous conserviez votre liberté et que vous ne renversiez pas de vos propres mains les bases de cette liberté. Eh ! périssent vos colonies, si vous les conservez à ce prix. Oui, s'il fallait ou perdre vos colonies, ou leur sacrifier votre bonheur, votre gloire, votre liberté, je le répète : périssent vos colonies ! »
— Intervention à l'Assemblée constituante sur le droit de vote des gens de couleur le 13 mai 1791
« La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d'un politique est de croire qu'il suffise à un peuple d'entrer à main armée chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n'aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c'est de les repousser comme des ennemis. »
— Premier discours au club des jacobins sur la guerre, le 2 janvier 1792
« Je ne suis point le défenseur du peuple ; jamais je n'ai prétendu à ce titre fastueux ; je suis du peuple, je n'ai jamais été que cela, je ne veux être que cela ; je méprise quiconque a la prétention d'être quelque chose de plus. »
— Premier discours au club des jacobins sur la guerre, le 2 janvier 1792
« La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m'est suspecte. »
— Réponse à Jean-Baptiste Louvet à la Convention nationale le 5 novembre 1792
« Citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution ? »
— Réponse à Jean-Baptiste Louvet à la Convention nationale le 5 novembre 1792
« La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là ; la propriété n’a été instituée ou garantie que pour la cimenter ; c’est pour vivre d’abord que l’on a des propriétés. Il n’est pas vrai que la propriété puisse jamais être en opposition avec la subsistance des hommes. »
— Discours à la Convention nationale sur les subsistances le 2 décembre 1792
« Je suis inflexible avec les oppresseurs parce ce que je suis compatissant pour les opprimés; je ne connais point l'humanité qui égorge les peuples, et qui pardonne aux despotes. »
— Vote motivé à la Convention nationale sur la peine encourue par Louis XVI à l'occasion de son procès le 15 janvier 1793.
« La fonction du gouvernement est de diriger les forces morales et physiques de la nation vers le but de son institution. Le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République ; celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder. La Révolution est la guerre de la liberté contre ses ennemis ; la Constitution est le régime de la liberté victorieuse et paisible. »
— Rapport à la Convention nationale sur les principes du Gouvernement révolutionnaire le 25 décembre 1793
« Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c’est-à-dire, toutes les vertus et tous les miracles de la République, à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie. »
— Discours à la Convention nationale sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l'administration intérieure de la République le 5 février 1794
« Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur : la vertu, sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n'est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier, qu'une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins de la patrie. »
— Discours à la Convention nationale sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l'administration intérieure de la République le 5 février 1794
« Mais elle existe, je vous en atteste, âmes sensibles et pures ; elle existe, cette passion tendre, impérieuse, irrésistible, tourment et délices des cœurs magnanimes, cette horreur profonde de la tyrannie, ce zèle compatissant pour les opprimés, cet amour sacré de la patrie, cet amour plus sublime et plus saint de l'humanité, sans lequel une grande révolution n'est qu'un crime éclatant qui détruit un autre crime. Elle existe, cette ambition généreuse de fonder sur la terre la première République du monde ; cet égoïsme des hommes non dégradés, qui trouve une volupté céleste dans le calme d'une conscience pure et dans le spectacle ravissant du bonheur public.Vous le sentez, en ce moment, qui brûle dans vos âmes ; je le sens dans la mienne. »
— Dernier discours à la Convention nationale du 26 juillet 1794 (8 thermidor an II)

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