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 L'improbable couple de la diplomatie américaine

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MessageSujet: L'improbable couple de la diplomatie américaine   L'improbable couple de la diplomatie américaine EmptyMer 17 Déc 2008, 10:05 am

Source : http://www.lesechos.fr/info/analyses/4809783.htm?xtor=RSS-2053

JACQUES HUBERT-RODIER

L'improbable couple de la diplomatie américaine

[ 17/12/08 ]

Citation :
Qui pilotera la politique étrangère des Etats-Unis à partir du 20 janvier : Barack Obama ou Hillary Clinton ? En désignant son ancienne rivale dans la course à la Maison-Blanche au poste de secrétaire d'Etat, le président élu a marqué sa volonté de refaire l'unité d'un parti divisé lors des primaires. Il évite aussi d'avoir Hillary Clinton à la tête d'une quelconque fronde contre sa présidence. Mais la désignation a ouvert un débat sur la viabilité d'un couple qui semblait improbable il y a quelques mois seulement.

La première interrogation porte sur le choc des personnalités. Samantha Power, ancienne conseillère d'Obama, avait dû démissionner en mars dernier de ses fonctions dans l'équipe du candidat pour avoir traité la sénatrice de l'Etat de New York de « monstre ». Mais elle se faisait l'écho de ce que pensait l'aile la plus radicale des partisans d'Obama. La deuxième interrogation est d'ordre politique : Obama a été élu parce qu'il incarne le changement et l'espoir. Or la désignation d'Hillary Clinton donne l'impression d'un retour au pouvoir de la vieille équipe des années Bill Clinton, « des anges et des démons des années 1990 », selon l'expression de « The Economist ».
La troisième porte sur le curriculum d'Hillary Clinton. Si elle est confirmée après le 20 janvier 2009, elle sera la troisième femme à diriger la diplomatie américaine. Mais, à la différence de Madeleine Albright, la secrétaire d'Etat de son mari lorsqu'il était président, et de Condoleezza Rice, celle du président Bush lors de son second mandat, elle n'a pas des années d'expertise de politique internationale. Mais l'ancienne avocate, formée à l'école de droit de Yale, a une autre carte à jouer que l'art pur de la diplomatie comme pouvait la pratiquer un Henry Kissinger. Elle a aux yeux du monde une immense notoriété comme ancienne première dame des Etats-Unis - et comme femme politique déterminée.
Car il y a l'autre message que Barack Obama a voulu donner en désignant l'ancienne juriste, celui de restaurer la crédibilité dans le monde du leadership américain, contesté par l'apparition de puissances émergentes et profondément blessé par la mésaventure en Irak. Il ne faut pas s'y tromper. Si l'ère de l'exportation de la démocratie à la force des baïonnettes s'est bien achevée, Obama est décidé, comme il l'écrivait en 2007 dans la revue « Foreign Affairs », à restaurer ce leadership : « L'Amérique ne peut faire face seule à tous les défis du siècle, mais le monde ne peut le faire sans l'Amérique. » Dans ce nouveau défi, la notoriété et la détermination d'Hillary Clinton constitueront un atout de plus pour un président qui peut déjà compter sur sa propre popularité mondiale.
Paradoxalement, en parvenant à conclure un accord avec le gouvernement de Bagdad sur un retrait progressif des troupes américaines d'Irak, George W. Bush a contribué à enlever l'un des principaux points d'achoppement entre Obama, qui s'est opposé à cette expédition, et Clinton, qui avait voté en 2003 au Sénat le projet de loi ouvrant la voie à l'opération militaire en Irak.
Barack Obama ne laisse pour autant pas les mains libres à sa secrétaire d'Etat. Il maintient comme secrétaire à la Défense le républicain Robert Gates, garant de la poursuite d'un retrait progressif après le relatif succès du « surge » (renforts en Irak). Ce qui fera de lui le deuxième « agent » de sa politique étrangère. Pour compléter le dispositif, il y en a un troisième : le général James L. Jones, désigné pour devenir le prochain conseiller à la Sécurité nationale à la Maison-Blanche. Le choix de ce général qui a commandé de 2003 à 2006 les forces alliées de l'Orgagisation du Traité de l'Atlantique Nord en Europe plaide dans le sens d'un certain conservatisme en politique internationale. Il y a même un quatrième pilier en la personne du vice-président. Joe Biden est en effet l'ancien président de la commission des Affaires étrangères du Sénat.
Avec une telle équipe, la présidence d'Obama reviendra sur la scène internationale à la posture traditionnelle des Etats-Unis : le pragmatisme. L'objectif est bien la liquidation de l'héritage des années Bush et de son objectif visant à instaurer, par la force si nécessaire, la vision américaine de la démocratie dans le monde. C'est le programme d'Obama, non celui d'Hillary Clinton. Dans ce couple improbable, c'est lui qui devra bien être l'instigateur de cette orientation. Car, si l'on peut changer de secrétaire d'Etat, l'Amérique ne peut pas changer facilement de président.

Jacques Hubert-Rodier est éditorialiste de politique internationale aux « Echos ».

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