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 À Dieu vat !

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Stans
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MessageSujet: À Dieu vat !   À Dieu vat ! EmptyDim 14 Juin 2009, 5:19 pm

Source : http://monsu.desiderio.free.fr/curiosites/aller3.html

Citation :
À Dieu vat !

Selon Grevisse, il s'agirait d'une déformation populaire (du langage maritime en fait) qui conduisait à rajouter un t prononcé après va. La forme serait selon lui un impératif À Dieu va ! (le Bon Usage, § 765,
R. 2). Ce qui peut s'entrendre comme « toi (marin, ou navire) va à Dieu » lorsque le navire se trouve au milieu d'une tempête. Il existe des grammairiens pour exiger le -t à la fin de l'expression, sans doute par souci d'un archaïsme. Toutefois, la déformation populaire d'un impératif me semble hautement improbable en finale absolue. Admettons des phonèmes parasites dans des expressions où le verbe n'est pas en finale (vas-y par analogie, va-t'en par conservatisme), mais vat en finale de phrase et alors que les circonstances recommandent d'aller vite ? L'impératif est aussi inanalysable pour le sens (tu dois donc aller à Dieu est une reformulation moderne), il ne s'agit pas en fait d'un ordre, mais d'une prière formulée à la troisième personne. Pourquoi des marins au milieu d'un péril auraient-ils rajouté le t des liaisons alors que le verbe est en finales et l'auraient-ils ensuite transmis à l'écrit et à l'oral à des terriens ? Ces derniers tenant d'ailleurs bec et ongles à la prononciation du t dans la locution. Tout cela ne tient pas. Il n'y a pas plus de -t ajouté que de beurre en broche, le t est d'origine.

Le -t existait en ancien français à la troisième personne :
— indicatif présent : va, vat, vait, vet, les deux dernières formes étant moins fréquentes ;
— subjonctif présent : voise, voiset, voist. Le subjonctif actuel est une réfection à partir d'un autre radical (vadere) qui avait aussi donné ses propres au subjonctif, du latin populaire alare (venant de ambulare par contraction). L'ancien français connaissait trois systèmes de subjonctifs différents, celui en voise est un de ceux qui ont été pratiqués jusqu'au dix-septième siècle.

On part de vadere en latin vulgaire pour les formes fortes et le -t est la désinence attendue à partir de vadit ou pour la forme refaite du subjonctif sur vois du présent de l'indicatif. La fréquence d'emploi et surtout le rôle de semi-auxiliaire d'aller ont conduit à la chute du -t comme pour le verbe avoir, les deux verbes ayant une évolution relativement comparable aux présents. Mais cette chute de la finale n'a pas forcément eu lieu partout. L'effacement du -t en finale commence à se produire au XIIIe s., mais il ne devient vraiment répandu à Paris qu'au XVIIe s. Ce -t a parfaitement pu se maintenir en finale de verbes fréquents hors Paris ! On a un certain nombre d'impératifs issus de subjonctifs : aie, sois, sache, veuille, puisse. Cette forme de subjonctif pour ne serait pas du tout anormale pour un verbe aussi fréquent et déformé ! D'ailleurs, le subjonctif sert de base pour la formation des impératifs de verbes très fréquents. La confusion entre l'emploi du subjonctif au sens du souhait et la forme de l'impératif (sans aucun sens dans ce cas) a pu se produire.

J'analyse l'expression comme un subjonctif exprimant le souhait plus ou moins similaire à se Deus m'ait, si m'ait Dex (que Dieu me vienne en aide, à la grâce de Dieu, et en fait de sens assertif au contraire de la précédente, mais à base optative au départ : aussi vrai que Dieu m'aide, donc certes, par ma foi, assurément, en toute vérité). C'est donc qu'il aille dans les mains de Dieu, je m'en remets à Dieu. Tout le contraire de va à Dieu qui est une impossibilité sémantique puisque ce serait dire que Dieu représenterait la mort, mais c'est d'abord le salut dans cette logique et donc on ne peut opter que pour l'optatif ou le subjonctif. La préposition à indiquant la destination se retrouve d'ailleurs dans d'autres expressions figées comme à Dieu ne plaise ! aussi au subjonctif et elle permet de se passer d'une conjonction ou d'un adverbe.

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