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 Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...

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Ti' Breton
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MessageSujet: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Mar 16 Juin 2009, 1:30 pm

J'avais promis sur un autre sujet il y a quelques mois de vous présenter, hors Wikipédia, une vie particulière autour de laquelle tourna plus ou moins directement la fabuleuse épopée de Saint-Hélène, à savoir celle de Franceschi CIPRIANI...
Grâce aux travaux de Rétif de La Bretonne et de Bruno Roy Henry, après de nombreuses lectures dans de tout aussi nombreuses bibliothèques, après une visite (en ce qui me concerne je dirai pélerinage) à Saint Hélène il y a quelques années, je livre ce qui suit à votre perspicacité...

Partons d'une hypothèse de départ qui à ce jour fait toujours débat dans certains cercles :
L'occupant réel du sarcophage des Invalides ne serait pas Napoléon, mais Cipriani...
"L'homme à l'argenterie" comme il se faisait appeller à Longwood, cellule impériale de Saint-Hélène, méritait-il tant d'importance ?
De nombreuses questions fleurissent cette vie, tant par ses relations curieuses que par son comportement, voire les conditions de sa tragique disparition...
Ainsi, commençons par nous demander pour quelles raisons son masque mortuaire fut-il pris, sans accord de l'empereur déchu, par qui et de quelle manière ?
Pourquoi ce rapprochement dans la mort entre Napoléon et son maître d'Hôtel ?
Pourquoi l'absence de tombe du dit Cipriani dans les deux cimetières Héléniens?
Pourquoi sur le porphyre des Invalides aucune mention de "Napoléon", ni même de croix ?...
Un signe d'intérêt sur ce sujet de votre part et je vous ferai entrer dans ce couloir du temps qui mériterait bien un film...
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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Mar 16 Juin 2009, 2:30 pm

@Ti' Breton a écrit:
J'avais promis sur un autre sujet il y a quelques mois de vous présenter, hors Wikipédia, une vie particulière autour de laquelle tourna plus ou moins directement la fabuleuse épopée de Saint-Hélène, à savoir celle de Franceschi CIPRIANI...
Grâce aux travaux de Rétif de La Bretonne et de Bruno Roy Henry, après de nombreuses lectures dans de tout aussi nombreuses bibliothèques, après une visite (en ce qui me concerne je dirai pélerinage) à Saint Hélène il y a quelques années, je livre ce qui suit à votre perspicacité...

Je me souviens fort bien de ta promesse et savais qu'il nous faudrait attendre quelque peu vu tes occupations.

Citation :
Partons d'une hypothèse de départ qui à ce jour fait toujours débat dans certains cercles : l'occupant réel du sarcophage des Invalides ne serait pas Napoléon, mais Cipriani...

Dans ce cas ma première question est "où est enterré Napoléon Ier et pourquoi CIPRIANI et pas quelqu'un d'autre" ?

Citation :
"L'homme à l'argenterie" comme il se faisait appeller à Longwood, cellule impériale de Saint-Hélène, méritait-il tant d'importance ?

Ceci recoupe ma précédente remarque mais je voudrais savoir QUAND est mort CIPRIANI ?

Citation :
De nombreuses questions fleurissent cette vie, tant par ses relations curieuses que par son comportement, voire les conditions de sa tragique disparition...
Ainsi, commençons par nous demander pour quelles raisons son masque mortuaire fut-il pris, sans accord de l'empereur déchu, par qui et de quelle manière ?

Si je te comprends bien, on aurait fait un masque mortuaire à CIPRIANI ? Et s'il aurait était dérobé alors que l'Empereur vivait encore c'est soit avec l'assentiment de l'Empereur soit par les Anglais (CIPRIANI ressemblait-il physiquement à l'Empereur ?

Citation :
Pourquoi ce rapprochement dans la mort entre Napoléon et son maître d'Hôtel ?

Je me répète : ressemblance physique et projet de faire disparaître l'Empereur dans la nature.

Citation :
Pourquoi l'absence de tombe du dit Cipriani dans les deux cimetières Héléniens?

Devait-il y être enterré ad vitam ?

Citation :
Pourquoi sur le porphyre des Invalides aucune mention de "Napoléon", ni même de croix ?...

Vivant, Napoléon Ier se démarquait déjà de ses généraux et maréchaux par une certaine simplicité de ses uniformes. (Comme Hitler et Staline). Pour la croix je ne sais pas mais je sais que Napoléon Ier n'était pas un grand croyant.

Citation :
Un signe d'intérêt sur ce sujet de votre part et je vous ferai entrer dans ce couloir du temps qui mériterait bien un film...

Là tu devrais tenir ta promesse au lieu de nous faire languir Ti' Breton !

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MessageSujet: ni échapperont toujours aux navires anglais...   Mer 17 Juin 2009, 8:38 am

Franceschi Cipriani (de son vrai prénom Jean-Baptiste) serait né entre 1770 et 1780 à proximité d'Ajaccio, dans le village de Guagno.
Ce garçon est tombé dans la marmite du mystère dès son enfance avec une mère retouvée étranglée dans son lit...
La famille de Cipriani était extrêmement liée aux Bonaparte, Jean-Baptiste Cipriani jouant et participant aux travaux de la maison comme un frère supplémentaire. Il suivit le jeune Napoléon à Toulon avec son père présumé, Salicetti.
On le retrouve après Austerlitz, en 1806, où l'empereur le nomme près de Joseph Bonaparte, Roi de Naples. Il devient homme à tout faire de nouveau de Saliceti, son père -mentor de Napoléon pour l'élévation de sa carrière-.
L'intelligence de Cipriani est vite reconnue et on commence à lui confier des missions délicates d'espionnage (notamment lors de la prise de Capri aux Anglais...commandés alors par Hudson Lowe; autre adepte de l'espionnage...)
En 1809, alors qu'une carrière brillante dans la police napolitaire s'ouvrait à lui, patatras ! morts suspecte de son père présumé, Salicetti...
Il devient une sorte de corsaire en Méditerranée et amasse une coquette fortune qu'il place dans une compagnie maritime à Gênes.
Sans que l'in sache comment, les bateaux de Cipriani échapperont toujours aux navires anglais, parfois de manière incroyable...

En 1814, alors qu'il est riche et à la tête d'une entreprise prospère, il quitte tout pour suivre Napoléon à Elbe ! Suite au prochain épisode...
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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Mer 17 Juin 2009, 8:52 am

Et si s'était le demi-frère de sang de Napoléon ?

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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Jeu 18 Juin 2009, 1:49 pm

Pure hypothèse... Sans aucune preuve... Laetitia Bonaparte était une femme rude et fidèle, contrairement à son mari pour le moins volage.
Certains avancèrent même que Babeuf, le conventionnel, aurait pu être le père de Napoléon, mais là encore rien de concret...

Quoi qu'il en soit, Cipriani se retrouva à Elbe comme maître d'hôtel ; il reçut pas mal de petites missions de Napoléon qui sans doute favorisèrent la triste épopée des cent jours, durant laquelle il demeura en poste.

En 1815 il n'hésita pas un seul instant à solliciter de rester attaché à Napoléon, et, chose curieuse, malgré l'isolement des futurs compagnons d'exil, il fut le seul a obtenir le droit librement avant le départ pour Saint-Hélène de se rendre dans la rade de Torbay.
A bord du Northumberland, Cipriani eut droit à l'insigne honneur lui, maître d'hôtel, d'être croqué par Ibbetson, lequel évinça l'épouvantable Gourgaud, pénible par sa jalousie jusqu'à se fâcher avec le dessinateur lequel finit quand même, par lassiture, par inverser les deux noms sous les croquis (pure conjecture)

Durant les premiers mois de la captivité, Cipriani, de par sa charge entre autre chose de veiller au ravitaillement des Français, se rendit régulièrement et longuement à Jamestown (lieu de résidence du gouverneur). Il ouvrit étrangement parallèlement un compte bancaire à Gênes convenablement approvisionnéalors que les salaires octroyés par Napoléon à Longwood étaient pour le moins retreints. Cipriani suivait tout, écoutait tout, veillait sur tout...

En 1916, Lowe arrive à Saint-Hélène, et se retrouve face à l'un des brillants comploteurs qui lui avaient fait perdre la bataille de Capri...Quelle curiosité ! On ne sut jamais rien de l'entrevue des deux hommes mais les allées et venues reprirent de plus belle ! Et Sir Thomas Reade, âme damnée de Lowe, devint presque le confident de Cipriani...

Napoléon mit un temps fou à se rendre compte de l'évident double jeu de Cipriani, plus ou moins directement impliqué dans les départs des trois compagnos de l"'empereur, Santini et les deux Las Cases...Il constatait cependant l'immense liberté de son valet qui venait lui raconter quelques bribes sans saveur des britanniques, liberté d'autant plus flagrante opposée à la surveillance serrée de l'empereur et de ses autres compagnons !.
Les choses allèrent de mal en pis pour Cipriani, qui finit par être définitivement compromis et découvert en 1818 lors du départ de Gourgaud... Napoléon l'avisa qu'il se séparerait de lui rapidement après avoir avisé sa famille des raisons de son retour...Placé entre son départ et l'image de traître qu'il ne manquerait pas de traîner lors de son retour en Europe,deux jours plus tard Cipriani achetait de l'arsenic contre les légions de rats de Longwood ; le lendemain il était mort...Mais même en cet état, il n'avait pas fini de faire parler de lui...
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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Jeu 18 Juin 2009, 3:29 pm

@Ti' Breton a écrit:
Pure hypothèse... Sans aucune preuve... Laetitia Bonaparte était une femme rude et fidèle, contrairement à son mari pour le moins volage.
Certains avancèrent même que Babeuf, le conventionnel, aurait pu être le père de Napoléon, mais là encore rien de concret...

C'est au père de Napoléon que je pensais et non à sa mère. Pure hypothèse.

Citation :
Quoi qu'il en soit, Cipriani se retrouva à Elbe comme maître d'hôtel ; il reçut pas mal de petites missions de Napoléon qui sans doute favorisèrent la triste épopée des cent jours, durant laquelle il demeura en poste.

C'étaient peut-être des missions en vue de préparer une évasion ?

Citation :
En 1815 il n'hésita pas un seul instant à solliciter de rester attaché à Napoléon, et, chose curieuse, malgré l'isolement des futurs compagnons d'exil, il fut le seul a obtenir le droit librement avant le départ pour Saint-Hélène de se rendre dans la rade de Torbay.
A bord du Northumberland, Cipriani eut droit à l'insigne honneur lui, maître d'hôtel, d'être croqué par Ibbetson, lequel évinça l'épouvantable Gourgaud, pénible par sa jalousie jusqu'à se fâcher avec le dessinateur lequel finit quand même, par lassiture, par inverser les deux noms sous les croquis (pure conjecture)

Ceci me fait à nouveau penser à un attachement "familial".

Citation :
Durant les premiers mois de la captivité, Cipriani, de par sa charge entre autre chose de veiller au ravitaillement des Français, se rendit régulièrement et longuement à Jamestown (lieu de résidence du gouverneur). Il ouvrit étrangement parallèlement un compte bancaire à Gênes convenablement approvisionnéalors que les salaires octroyés par Napoléon à Longwood étaient pour le moins retreints. Cipriani suivait tout, écoutait tout, veillait sur tout...

Ne gèrait-il pas tout simplement par procuration un des nombreux comptes qu'avait Napoléon à l'étranger ?

Citation :
En 1816, Lowe arrive à Saint-Hélène, et se retrouve face à l'un des brillants comploteurs qui lui avaient fait perdre la bataille de Capri...Quelle curiosité ! On ne sut jamais rien de l'entrevue des deux hommes mais les allées et venues reprirent de plus belle ! Et Sir Thomas Reade, âme damnée de Lowe, devint presque le confident de Cipriani...

Et si CIPRIANI était tout bonnement trop confiant envers Sir Thomas READE ?

Citation :
Napoléon mit un temps fou à se rendre compte de l'évident double jeu de Cipriani, plus ou moins directement impliqué dans les départs des trois compagnos de l"'empereur, Santini et les deux Las Cases...Il constatait cependant l'immense liberté de son valet qui venait lui raconter quelques bribes sans saveur des britanniques, liberté d'autant plus flagrante opposée à la surveillance serrée de l'empereur et de ses autres compagnons !.

Les Anglais pensaient peut être que surveiller CIPRIANI n'était pas digne d'eux ?

Citation :
Les choses allèrent de mal en pis pour Cipriani, qui finit par être définitivement compromis et découvert en 1818 lors du départ de Gourgaud... Napoléon l'avisa qu'il se séparerait de lui rapidement après avoir avisé sa famille des raisons de son retour...Placé entre son départ et l'image de traître qu'il ne manquerait pas de traîner lors de son retour en Europe,deux jours plus tard Cipriani achetait de l'arsenic contre les légions de rats de Longwood ; le lendemain il était mort...Mais même en cet état, il n'avait pas fini de faire parler de lui...

Soit il était ourlé de remords et se suicida, soit on le suicidat ! Finalement j'ai difficile d'imaginer un complice d'enfance de l'Empereur adulé dans le monde entier jouer les rôles de traîtres à moins que je sois moi-même assez naïf.

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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Jeu 18 Juin 2009, 5:01 pm

Concernant le père de Napoléon, comme je l'ai écrit, il n'existe aucune preuve formelle ni d'un côté ni de l'autre.

Les missions de Cipriani à Elbe étaient effectivement des missions pour favoriser le retour de Napoléon. Néanmoins faut-il ne pas être naïf. L'épopée Napoléonienne fut celle de l'intrigue du complot, des trahisons et des jalousies...Rarement un tel souverain parvint-il à attirer à lui les roturiers ou aventuriers les pires qu'il fut donné de trouver.
C'était indirectement l'héritage de la révolution...Chacun avait sa chance. Regarde Talleyrand, Fouché, Murat (Beau-Frère et traître devant l'éternel !)
Cipriani était Corse certes, mais ce n'est pas une carte d'identité d'honnêteté. Je te rappellerai qu'en Corse Bonaparte était un fervent admirateur de Pascal Paoli, jusqu'à l'aduler, avant de lui tourner le dos et de le trahir purement et simplement.
Cipriani était avant tout un adepte du commerce, un Genois d'origine ce qui veut tout dire.
Elevé par accident chez les Bonaparte, il eut juste l'intelligence de suivre le "bon cheval", épisodiquement d'ailleurs.

Lors de la débâcle de Capri, Lowe eut à de nombreuses reprises l'occasion de rencontrer Cipriani et l'un de ses comparses qui jouaient déjà les espions de basse classe. Il fut manipulé, berné avec force, et c'est fort logiquement que, par le plus grand des hasards, il décida de s'approprier à Saint-Hélène l'aide précieuse du maître d'Hôtel lequel, richissime commerçant, n'avait aucune raison de tout abandonner pour Napoléon. D'ailleurs ceux qui partaient en exil durent justement abandonner leurs fortunes, sauf pour Cipriani...Curieux pour un Génois que Lowe appellait "Judas"

Le compte en banque de Gênes fut alimenté à partir de Saint-Hélène, il était établi au nom propre de Cipriani qui percevait comme ses collègues serviteurs un salaire de misère ; le compte était alimenté par le Gouverneur britannique de Gênes. Il est prouvé que Sir Thomas Reade, Général et responsable durant de nombreuses années des services secrets de sa majesté Georges III, avait chaque semaine un compte rendu détaillé des activités de Napoléon à Longwood. Pour donner le change, quelques renseignements de moindre importance lui étaient transmis pour Napoléon. A la mort de Napoléon les comptes de l'empereur, administrés par le banquier Laffite, furent bloqués et préservés (à la demande louable de Louis XVIII) pour successions.
Le compte de Cipriani bénéficia...A Cipriani, ou plutôt à ses descendants.
Chaque membre ayant accompagné Napoléon à Saint-Hélène avait été soigneusement choisi par le gouvernement britannique sur proposition hasardeuse de Napoléon, qui était sous le choc de sa déportation d'une part et qui, d'autre part, était certain de ne pas demeurer longtemps dans l'océan. Le seul a ne pas avoir été choisi par Napoléon fut Cipriani, désigné après une entrevue entre Lord Bathurst et lui lors de son passage en Angleterre.
Par la suite, les compagnons de Napoléon - Betsy Balcombe et son père (ami de Napoléon et négociant britannique d'importance) compris - ne cessèrent de faire remarquer à l'empereur les multiples témoignages de trahisons qu'il leur était donné de constater.
Une fois encore Santini, un serviteur corse modèle outré du comportement de Cipriani, Gourgaud et avant lui les deux Las Cases furent victimes de dénonciations du maître d'hôtel qui élimina peu à peu tous ceux qui avaient constaté de visu ses fourberies...

Lorsque Napoléon, avertit de toutes parts, s'aperçut des mises en scènes de Cipriani et qu'enfin il le convoqua pour froidement l'aviser de son renvoi, celui-ci en fit part à Plantation House, lieu de résidence de Lowe. L'embarras était soudain double : d'une part pour Cipriani lui-même qui, démasqué, serait la proie des quolibets voire pire pour ses trahisons, d'autre part pour Lowe qui immédiatement serait désigné comme exécuteur de basses oeuvres...
La mort de Cipriani était dès lors la seule issue...Point de remords chez ce traître, mais la seule issue possible afin que sa famille ne subisse pas l'oprobre au retour...
A noter que dans son testament Napoléon ne prévoit rien pour la famille de Cipriani, alors qu'il va jusqu'à gratifier et se souvenir de ses repasseuses Valençoises lorsqu'il était jeune lieutenant !

S'il m'est donné d'émettre une opinion, c'est que cette cupidité de Cipriani permit à Lowe de prendre sa revanche sur Capri (c'était bien le genre du personnage) en faisant le vide à Longwood grâce à ce vilain visage comme disait Napoléon...Et comme Cipriani ressemblait plus ou moins au Bonaparte consul, un plan savant fut établi de A à Z pour utiliser le personnage au delà de son vivant...L'arroseur arrosé
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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Jeu 18 Juin 2009, 9:42 pm

Je pense personnellement que le microcosme de l'univers saint-hélènois devait être favorable aux ragôts et intrigues de bas-étage et que même l'Empereur pouvait se laisser berner par les racontards d'immigrés s'ennuyant ferme sur un caillou perdu au milieu de l'océan loin des ors de Paris. L'Empereur lui-même était trop grand que pour vivre sur une île, que ce fùt Saint-Hélène, Elbe voire la Corse. Même la France n'était pas assez grande pour un tel personnage ! Seules l'Europe ou l'Amérique étaient dignes de lui.

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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Lun 22 Juin 2009, 3:59 pm

...Et c'est pourquoi l'entourage fieleux à souhait fut choisi par les Anglais, rejetant dès l'Ile d'Aix notamment Savary, La Bedoyère, Lallemand, autant de généraux fidèles et honnêtes qui ne s'inscrivaient pas dans l'entreprise de démollition morale voulue par Wellington qui suivit de très près le dossier.

Mais revenons à notre ami Cipriani...
Etant resté lucide jusqu'à l'issue fatale, le médecin corse (faits avérés depuis lors ) se confia à Marchand et O'Meara afin que sa famille ne fut jamais avertie de la trajhison qu'il reconnut sur sa fin.
Pour apaiser sa consciance, ils consentirent à garder le secret, lequel réapparut par bribes dans les souvenirs de l'un puis de l'autre...
Le docteur irlandais, touché par ce remords tardif, décida de prendre l'empreinte du visage de Cipriani pour l'offrir plus tard à sa veuve, ainsi que celle de sa main - laquelle figure depuis lors aux Invalides alors que chacun sait qu'aucune empreinte de la main de Napoléon ne fut prise après sa mort ! -
L'entreprise fut rapide afin que l'empereur, toujours furieux de la traîtrise, ne s'aperçut de rien...On ne raseamême pas totalement le visage du défunt lequel conserva par delà la mort une barbe naissante...Laquelle réapparut sur le masque impérial dit d'Antommarchi alors que chacun s'accordait à dire que Napoléon était à sa mort totalement imberbe (se dont il se moquait lui-même et qui était l'un des signes d'empoisonnement par arsenic).
Dans l'urgence O'Meara ne plaça même pas la mentonnière pour figer le visage, le masque laissant donc apparaître une bouche entrouverte, image que l'on retrouva sur le masque d'Antommarchi alors que Napoléon, lui, avait bénéficié d'une mentonnière et ne pouvait avoir de bouche entrouverte...

Le plus extraordinaire fut que ce masque et cette main furent remis, dès la décision du retour des cendres en 1840, par Bertrand à Rohan Chabot, représentant du Prince de Joinville...

On imagine sans mal la consternation des Bertrand, Gourgaud, Noverraz ou Ali lorsque ceux-ci, dans la vallée des géraniums au moment de l'ouverture des cercueils, s'aperçurent stupéfaits que le visage devant eux ressemblait....au faux masque...


Avant d'arrêter cette nouvelle étape, un point amusant : chacun sait que Saint-Hélène ne dispose d'aucune scépulture au nom de Cipriani...Les "historiens" précisent qu'il n'y a là rien d'etonnant puisque les pierres tombales y sont sommaires et les anciens cimetières (notamment celui où Cipriani a été enterré, à proximité de la résidence du gouverneur) mal ou pas entretenus, laissés à l'abandon...Soit...Pour les autochtones alors...Car d'une part j'ai personnellement vu des tombes antérieures à 1800 (!) conservées à peu près lisiblement et surtout, concernant Cipriani, n'est-il pas anodin de préciser que le tombeau fut payé sur la cassette de Napoléon qui déboursa (noté dans les cahiers de Montholon) plus de 1800,00 francs de l'époque pour le monument et le gravage...C'est une somme pour l'époque !!! Et il ne reste rien...La suite sera également assez sympathique.
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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Lun 22 Juin 2009, 4:18 pm

Pour la tombe je peux comprendre car les ravages causés par les climats tropicaux sont sévères. Mais le reste est des plus étrange !

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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Mar 23 Juin 2009, 2:13 pm

Mon cher Stans le problème de la tombe est incompréhensible compte tenu de la qualité de l'ouvrage. De plus, très étrangement, la mort de Cipriani n'est enregistrée sur aucun rdes egistres Héléniens qui sont précieusement conservés...
Mais revenons en à notre singulier personnage ;

Un mot avant cependant : dans le film Monsieur N, De Caunes a volontairement et brillamment superposé plusieurs hypothèses dont celle de l'échapée belle de Napoléon avec la belle Betsy...Je reviendrai sur ce point ultérieurement, ayant eu la chance de parler de vive voix avec la descendante, ou plutôt les descendants...
Dans son scénario qui privilégie la substitution des corps, le réalisateur a envisagé un "échange de vie" entre Cipriani et son maître, s'appuyant sur leur origine et passé communs... Il en a fait une amitié de complicité, expliquant la mort de l'un grâce à la thèse sur l'empoisonnement par Montholon du vin de Constance de l'autre. Si de nombreux témoignages ou preuves écrites peuvent aller dans le sens des hypothèses soulevées aujourd'hui par les "révisionnistes", rien ne vient - bien au contraire - évoquer une telle amitié entre Napoléon et Cipriani, loin s'en faut...

Pour en revenir à notre "héros" et à sa disparition, Gilbert puis Michel Martineau, consuls de France à Saint-Hélène, recherchèrent en vain toute trace de sa dépouille durant leur consulat... Rien. Quant à la famille, elle reçut plus de fortune que Cipriani n'avait pu en amasser, sans jamais chercher à récupérer l'illustre dépouille...

Dès 1840, le corps de "Napoléon" à peine parvenu aux Invalides, les dénégations et supputations se multiplièrent autour d'indices sur la non présence de l'Empereur en France.
Un bruit courut qui ne put jamais être totalement confirmé : En 1828, de retour de Ceylan vers Londres, Hudson Lowe fit une curieuse étape à Saint-Hélène sans raison apparente et, de surcroît, n'y débarqua que de nuit pour repartir au petit jour.
Plus tard, des grenadiers britanniques jurèrent dans des pubs avoir participé au chargement d'une "lourde caisse" à bord de leur navire. Ces témoignages - qui émanaient certes probablement d'ivrognes mais des quatre coins de l'angleterre - recoupaient bizzarement ceux consignés dans le journal de bord du capitaine du vaisseau concerné, sans autre explication que la négation - mensongère car prouvée - d'Hudson Lowe...

En 1841 le photographe Montmireil, alors que le corps de Napoléon allait être déplacé dans la chapelle Saint Jérôme, proposa de faire des clichés de l'illustre dépouille avant son transfert, et ce compte tenu en 1840 des pannes subites des deux Daguerotypes. La réponse négative fusa sans la moindre explication.
En 1861, après des années de silence, le porphyre du tombeau permit l'inhumation définitive du corps, en toute intimité, alors même que la majorité du peuple aurait applaudi à pareille manifestation venant d'un nouvel empereur qui avait utilisé l'image impériale pour obtenir l'appui populaire ! Mais tout se fit en un murmure...Le roi Jérôme refusa de particper à la cérémonie, ainsi que les derniers grands officiers de l'Empire...Napoléon III interdit à l'architecte Visconti de placer le moindre titre sur le tombeau de même que le nom de son aïeul. Il interdit la pose de la croix, pourtant rendue obligatoire par le protocole d'inhumation des souverains, d'autant plus que Napoléon l'avait précisé dans l'un des condicyles du testament !
La clé du premier des six cercueils placés sous le porphyre fut remise à Napoléon III qui l'emmena jusqu'à sa dernière demeure, où elle disparut, pour être remplacée depuis lors par une copie...Une de plus servie au grand public...


Une dernière anecdote...savoureuse...

En 1968 Rétif de la Bretonne, journaliste, historien et photographe de talent, eut l'occasion de rencontrer Terence Young sur un tournage d'un James Bond...
Quelle ne fut pas sa surprise, alors que son livre venait de paraître, de voir le réalisateur s'approcher de lui pour lui raconter avec gravité et embarras cette anecdote qu'il reprit dans ses propres mémoires:
Petit, sa grand-mère lui avait fait visiter la cathédrale de Wesminster ; parvenue aux portes d'une crypte, la vieille dame murmura à l'enfant que là, sous ces dalles, reposait le corps de Napoléon Ier...
Discussion gâteuse ? Invention d'un brillant réalisateur britannique pour faire "énerver" les Français ? Telles furent les premières déclarations des personnes officiellement détentrices de l'Histoire de France...
Jusqu'à ce que, quelques années plus tard, la veuve de Terence Young rappelle Rétif pour lui confier un autre secret méconnu de tous : son défunt mari était l'arrière petit fils du sergent John Young, qui avait durant de nombreuses années monté la garde dans la vallée des géraniums de Saint-Hélène, avant que la dite garde ne fut levée définitivement après une visite nocturne de l'ancien gouverneur de l'Ile, en 1828...
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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Mar 23 Juin 2009, 2:36 pm

Mon cher Ti' Breton. Suite à tes conseils, j'ai visionné avec beaucoup de plaisir le film Monsieur N. de De Caunes. On y montre là un Napoléon en pleine forme et très calculateur au point de rouler LOWE dans la farine. Normal pour un grand stratège dont le champ de bataille s'était réduit à la taille d'un îlot rocheux. Normal aussi pour un Corse que de chercher une fois de plus à prendre le maquis. Quant à CIPRIANI, s'il n'était pas un traître comme tu l'avais décrit, il se peut qu'il ait été empoisonné par erreur à la place de Napoléon ou alors il faudrait conclure que c'est Napoléon en personne qui l'aurait fait empoisonner pour se servir plus tard de sa dépouille après avoir passé un contrat juteux avec LOWE. Si je comprends bien l'esprit du film, tous les proches de Napoléon - sauf Ali - s'étaient évaporés dans la nature en 1818, année de la mort (présumée ?) de CIPRIANI ! Mais si on a enterré CIPRIANI, le cercueil était-il rempli de pierres ou du cadavre de CIPRIANI ? Si CIPRIANI était empoisonné il aurait agoni 3 ans avant de prendre la place de Napoléon ? Mais dans cette hypothèse, comment le véritable Napoléon put-il fuir après son faux enterrement ? Aurait-il acheté avec sa colossale fortune la complicité d'un Anglais ? Et ceux qui restèrent jusqu'au bout (1821) à Sainte-Hélène, étaient-ils tous de mèche ? Et qui était censé remplacer le cuisinier prétendûment mort de Napoléon ?
Je sais que je pose beaucoup de question mais c'est parce que l'idée me semble plausible malgré quelques zones d'ombres que nous allons tenter de lever si tu le veux bien.

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MessageSujet: Re: Cipriani, vie et destin d'un agent trouble...   Mar 23 Juin 2009, 3:53 pm

Le vrai problème, comme tu viens de le souligner, réside dans le temps séparant la mort de Cipriani de celle de Napoléon, si tant est que l'on accepte le principe de la substitution des corps.
S'il est vrai qu'à partir de 1819 il ne fut quasiment plus possible de voir Napoléon pour les Anglais à Longwood, il semble peu probable qu'un bonimenteur de l'envergure de Montholon, surnommé "The Lyier" par les anglais, ait pu garder par devers lui le secret d'une hypothétique évasion à laquelle peu d'entre nous croient, sauf De Caunes pour les besoins de son film !

Néanmoins n'est-il pas inintéressant de préciser que ce furent les anglais qui s'occupèrent personnellement des obsèques et de la toilette mortuaire de Cipriani, Napoléon étant devenu réfractaire à toute vision de mort ou de maladie (sans doute un trop plein serait-on tenté d'écrire)
Rien n'interdit de penser (cette pratique était courante à l'époque), que si les Anglais avaient empoisonné Cipriani ils aient pensé à embaumer le corps pour mieux le récupérer par la suite.

En effet la thèse d'un Montholon empoisonneur étant presque quasiment reconnue aujourd'hui, même par ses descendants, et connaissant la cupidité du personnage qui était attendu à Paris par une armée de créanciers,si l'on y superpose le don de sa femme à Napoléon et les promesses d'héritage à venir, une possible collusion d'intérêt avec Lowe devient interessante.

Elle expliquerait à la fois les départs de tous ceux qui entouraient l'empereur, le double jeu d'O'Meara, revenu lui aussi en 1827 à Saint-Hélène pour y régler des affaires (on se demande bien lesquelles !), le suicide de Cipriani menacé par Lowe d'être dénoncé à sa famille en Europe, et l'utilisation du corps demeuré dans l'ile.
Là, tout se tient, le masque, le plâtre de la main, le suicide, la disparition de toute trace de tombe du maître d'hôtel et l'incroyable ouverture du caveau en 1840 avec toutes les constatations incroyables qui en découlent...
Notons parmi celles-ci trois points majeurs :

1/ En 1840 les assistants furent stupéfaits (Gourgaud et Bertrand) par la ressemblance entre le masque mortuaire - le faux qu'ils connaissaient bien entendu - et le visage découvert devant eux, auquel ils ne s'attendaient pas...Ils découvraient en effet que la ressemblance était évidente, et pour cause ! Ils étaient alors liés - depuis leur long voyage sur la Belle Poule et de fulgurantes promotions avant leur départ -, par un devoir éternel de réserve

2/ Le visage du mort était d'un aspect dit d'hypocire, mat de peau, comme mommifié... Seul l'embaumement et les effets de l'arsenic pouvaient donner ce résultat, d'autant plus qu'on se souvient de l'état de décomposition avancé de Napoléon lors de sa mise en cercueil en 1821.

3/ Les différences de costumes et de décorations (les vases avaient bougé de place, les décorations n'étaient plus les mêmes, le ruban de la Légion d'honneur était passé sur l'uniforme alors qu'il avait été mis dessous en 1821 etc etc...

Rappellons nous du voyage d'O'Meara et de Lowe en 1827 et 1828, l'un venant de Ceylan et l'autre d'Angleterre...
Rappellons nous que Wellington en 1815, au soir de la sinistre Waterloo, avait mis la main sur une tenue complète de Napoléon en fuite et qu'il l'avait offert à "Prinny", futur souverain d'Angleterre sous le nom de Georges IV, admirateur jaloux maladif de la gloire de Napoléon...L'amalgame est vite fait...
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