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 Lourdes, miracle de Delizia CIROLLI

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MessageSujet: Lourdes, miracle de Delizia CIROLLI   Dim 21 Juin 2009, 5:08 pm

Source : http://www.lexpress.fr/informations/miracles-le-nouveau-credo-de-l-eglise_596416.html

Miracles: le nouveau credo de l'Eglise

Au xixe siècle, le clergé était prompt à voir la main de Dieu derrière chaque guérison survenant à Lourdes Aujourd'hui, devant la pléthore de miraculés, les évêques sont plus prudents Ils préfèrent invoquer la foi.

Citation :
Candidat au titre de 66e miraculé de Lourdes, Jean Salaün, soudainement «guéri», en septembre dernier, d'une paralysie des membres consécutive à une sclérose en plaques, risque d'attendre longtemps son homologation. En effet, les autorités catholiques semblent, aujourd'hui, réitérer cet avertissement lancé, jadis, par le curé d'Ars: «Il ne faut pas tenter le bon Dieu ni lui demander des miracles.» Formulé en termes plus feutrés, l'actuel message ecclésiastique n'en est pas moins ferme. Il exprime, de la part de l'Eglise, la volonté, non dissimulée, d'enrayer la dérive de prodiges, exploitables à des fins idolâtres, ce qui nuirait gravement à son image, déjà malmenée par les excès des communautés charismatiques.
Pour comprendre cette nouvelle doctrine, relative aux guérisons miraculeuses, il faut effectuer - selon l'expression qui prend ici tout son sens - un retour aux sources. Historien à l'abbaye Notre-Dame de Tournay (Hautes-Pyrénées), dom Bernard Billet évoque la poussée de «miraculite aiguë» - une quinzaine de guérisons par an - qui a enflammé Lourdes à la fin du siècle dernier: frénésie de miracles fortement stimulée par les prêtres, qui sont alors persécutés par la vague anticléricale des radicaux du «Petit Père» Combes. En donnant le maximum d'éclat aux événements extraordinaires qui surviennent dans la grotte où Bernadette Soubirous a vu apparaître la Vierge, le clergé veut prouver que Dieu n'abandonne pas les chrétiens de France. Tous sont durement malmenés par un fort courant d'opinion qui, au nom du rationalisme laïc, attaque violemment la religion. En tête de ce mouvement, Emile Zola, qui, peu de temps après avoir publié «Germinal», enflamme un nouveau brûlot, intitulé «Lourdes», lequel vise à démythifier les prodiges dont témoignent les pèlerins: «Quand l'homme a touché le fond du malheur de vivre, écrit-il, il en revient à l'illusion divine.» Les évêques ripostent. Ils tentent de démontrer que les guérisons miraculeuses n'ont rien d'illusoire. A cette fin, ils créent, en 1883, le fameux Bureau des constatations médicales. Celui-ci a pour tâche de garantir, scientifiquement, la réalité des phénomènes qui ont sauvé des malades. Voilà cent dix ans qu'il fonctionne.
A ce jour, sur plus de 2,5 millions d'infirmes et de grabataires transportés à Lourdes, 3 500 guérisons ont été constatées par les médecins et 65 d'entre elles ont été reconnues comme miraculeuses par l'Eglise. Apparemment, c'est encore trop. Désormais, les évêques rechignent à admettre l'explication divine des faits observés. La procédure canonique est de plus en plus pointilleuse. Pour les trois derniers miracles officialisés, l'instruction des dossiers a exigé de huit à treize ans d'enquête. A entendre Mgr Jean Orchampt, évêque d'Angers, qui, en 1978, a homologué le cas de Serge Perrin, guéri d'une hémiplégie compliquée d'une cécité, il lui a fallu surmonter ses propres réticences avant d'admettre le prodige: «Je ne suis pas porté vers le merveilleux, confie-t-il, et je suis plutôt sceptique. Mais, bon! cette guérison était humainement inexplicable. Il faut donc croire que Dieu a fait un signe qui incite à une déclaration miraculeuse.»

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MessageSujet: Lourdes, miracle de Delizia CIROLLI   Dim 21 Juin 2009, 5:08 pm

Citation :
STÉTHOSCOPE ET GOUPILLON

Paradoxalement, les médecins experts de Lourdes sont plus conciliants. Ils retiennent comme «exceptionnelles» cinquante fois plus de guérisons que l'Eglise n'admet de miracles! Et parfois leur langage semble plus imprégné de conviction religieuse que de doute scientifique. Ainsi, lorsque l'on s'interroge sur la possibilité de guérison miraculeuse concernant des mécréants, c'est le Dr Roger Pilon, président du bureau médical du sanctuaire, qui répond: «Il ne peut y avoir une telle guérison pour un incroyant, car comment jugerait-on sa foi?» Voilà qui n'est pas très «médical». De même, aux incrédules qui ironisent sur les prouesses miraculeuses qui ne vont pas jusqu'à faire repousser les membres amputés, le Dr Pilon rétorque: «Il y a des miracles interdits à Dieu. Car, en redonnant une jambe disparue, il nous obligerait à croire en lui, ce qui nous priverait de notre liberté.»
Etrange confusion entre le stéthoscope et le goupillon. De cette osmose de la médecine et de la théologie résulte une certaine ambiguïté des constats établis par les experts médicaux, qui, appartenant au bureau de Lourdes ou à l'Association médicale internationale (Amil), elle-même intimement liée à l'?uvre de la Grotte, ne se recrutent qu'en milieu catholique. Cela ne retire rien à leurs compétences de praticiens. Mais, confrontés à des cas exceptionnels, pour lesquels la médecine bute contre ses propres limites - celles de ses échecs et de ses erreurs - les médecins-conseils de l'Eglise peuvent être tentés de rechercher dans leur foi les explications que leur refuse la science. Aussi la plupart des guérisons inexpliquées justifieraient-elles des investigations techniques confiées à des spécialistes venant de divers horizons, et jouant plutôt le rôle d'avocats du diable, comme c'est le cas dans les procédures de canonisation.
Le colloque «Guérisons et miracles», qui s'est récemment tenu à Lourdes, a montré à quel point l'évolution des maladies miraculées était étroitement soumise au progrès médical. Les premiers cas «historiques» portent sur des pathologies infectieuses, en particulier des tuberculoses. S'y mêlent, par la suite, des maladies rhumatismales, bientôt suivies par des cancers, aujourd'hui encore très nombreux. Depuis les années 50, ce sont des affections neurologiques, tout spécialement des scléroses en plaques, qui motivent le pèlerinage. Autrement dit, les maux dont souffrent les malades illustrent fidèlement la marche des connaissances médicales. Or, actuellement, c'est à l'hôpital, et non dans la grotte miraculeuse, que certains d'entre eux seraient guéris.
Exemple: Jeanne Frétel, la doyenne des miraculés, maintenant âgée de 79 ans. En octobre 1948, quand on la transporte de Rennes à Lourdes, elle a 34 ans. Atteinte, dès 1940, d'une tuberculose généralisée qui a gagné le cerveau, elle est anéantie par une méningite qui la maintient dans le coma depuis plus de trois mois. Elle ne s'alimente évidemment plus. On la sustente avec des injections de sérum. Et, pour calmer ses douleurs, on lui fait de 6 à 8 piqûres de morphine par jour. S'attendant à ce que le voyage soit, pour elle, un aller sans retour, ses compagnons ont prudemment prévu de prendre un cercueil en guise de bagage accompagné. Le 8 octobre, Jeanne, gisant sur son brancard parmi 1 800 autres malades, est toujours inconsciente. Un dominicain passe entre les rangs, distribuant la communion. Ne pouvant obtenir aucun mot de la jeune femme, considérée comme mourante, il lui glisse un fragment d'hostie entre les lèvres. D'après les témoins, Jeanne commence à manifester quelques légers frémissements. Une demi-heure plus tard, elle reprend peu à peu conscience: «Comme à la sortie d'un rêve, confie-t-elle aujourd'hui à L'Express. Je n'ai même pas songé à remercier la Vierge. Je ne pensais qu'à manger. La matinée durant, j'ai avalé tout ce qu'on me présentait. A 13 h 30, on m'a habillée avec des vêtements d'emprunt, car je ne portais alors rien d'autre que la chemise de l'hôpital. Je me suis mise debout. On m'a photographiée. Et j'ai marché, sans que personne m'aide. Le lendemain, j'ai été conduite au bureau médical: un vrai tribunal correctionnel. On m'a examinée. Je n'avais plus aucun symptôme. Je ne souffrais plus d'aucune douleur. Depuis, je n'ai plus jamais été malade, à part quelques petites grippes.»
Deux ans plus tard, l'évêque de Rennes homologue le miracle dont a bénéficié Jeanne Frétel, spectaculairement débarrassée des microbes qui, pendant huit ans, avaient semblé la conduire à une mort précoce. Mais déjà, à la date où ce prodige s'accomplit, apparaît l'antibiotique spécifique du traitement de la tuberculose: la streptomycine, précédant de peu l'isoniazide. Grâce à ces deux médicaments «miraculeux», la maladie de Jeanne aurait pu être enrayée dès le premier stade de l'infection. Peut-être, alors, n'aurait-elle jamais connu Lourdes. Sans doute, aussi, n'aurait-elle pas eu à subir les terribles souffrances qu'elle a dû supporter avant son miracle. Selon le Pr André Trifaud, membre de l'Académie de chirurgie, d'autres énigmes sont désormais résolues par les progrès scientifiques. En particulier, la guérison spontanée de certains cancers, comme les neuroblastomes, dus à un gène anormal qui perturbe la division cellulaire. Ce phénomène, qui n'a été que récemment découvert, peut disparaître tout à fait naturellement.
La plus récente miraculée de Lourdes, Delizia Cirolli, guérie, à 12 ans, en 1976, souffrait d'un cancer des os, le sarcome d'Ewing. Quelques mois après son pèlerinage, la tumeur régresse sans aucun traitement. La jambe de la fillette est sauvée. Pour les médecins du bureau de Lourdes, il s'agit là d'un «dossier en or», propre à convaincre les plus incroyants. «Pourtant, admet le Pr Trifaud, face à ses confrères du Centre catholique des médecins français, je ne veux pas vous faire de peine, mais peut-être, un jour, la science nous donnera-t-elle une explication de ce phénomène.» Le Pr Marcel-Francis Kahn, chef du service de rhumatologie à l'hôpital Bichat, à Paris, est beaucoup plus catégorique. Selon cet éminent spécialiste, on peut avoir des doutes sur le diagnostic concernant Delizia: «A l'époque, explique-t-il, on ne disposait pas des marqueurs tumoraux. Grâce à ces méthodes, on aurait - comme le confirment les médecins qui ont examiné les lames histologiques de la tumeur - diagnostiqué un neuroblastome. Or il s'agit là de la seule forme maligne qui peut donner lieu à des guérisons spontanées. Affectant des cellules liées au système nerveux, il est possible que ces tumeurs soient plus sensibles aux orages psychiques qui caractérisent l'ambiance de Lourdes.»
Il est évidemment tentant de rechercher l'explication des guérisons miraculeuses dans les bouleversements psychologiques subis par les malades. «De fait, observe le sociologue Daniel Friedmann, lors du pèlerinage, le patient n'est pas seul, il est plongé dans une atmosphère de foi collective succédant aux épreuves du voyage. Il s'agit là d'une situation hors du commun, rompant avec l'espace et le temps. Cela peut jouer un rôle important, comme c'est le cas pour les guérisons chamaniques des Indiens d'Amérique ou les thérapies collectives des sociétés traditionnelles appliquant des rituels plus ou moins magiques.» On est aussi en droit de s'interroger sur l'intervention possible de l'effet placebo. Le Dr Jean-Jacques Aulas l'analyse très clairement dans son ouvrage «Les Médecines douces» (Odile Jacob): des travaux rigoureux ont démontré l'incontestable efficacité du placebo; une substance inactive (eau distillée ou mie de pain), administrée, en guise de médicament, à l'insu des patients souffrant d'ulcères de l'estomac, de rhumatismes, d'hypertension, d'eczéma... et dont les maux s'effacent, comme par enchantement. «Cela ne permet pas d'expliquer la disparition subite de tumeurs cancéreuses, que cette guérison soit imputée à un miracle ou qu'elle soit constatée dans la pratique médicale courante. Mais je ne crois pas que la puissance divine ait grand-chose à voir avec ça», confie à L'Express le Dr Aulas.
En revanche, il n'est pas exclu que ces phénomènes mystérieux soient, effectivement, d'origine psychique. Un jésuite, le père Xavier Thévenot, s'appuyant sur les travaux les plus récents en ce domaine, note que les maladies psychosomatiques résultent du déphasage qui, parfois, survient entre un individu et ses conditions de vie, provoquant, au sein de la personnalité, des blocages générateurs de troubles organiques. «Or l'influence de réalités chrétiennes, comme la liturgie, la lecture de la Bible, la communion, peut déclencher, chez le malade, la reprise du mouvement évolutif qui le guérira», affirme le père Thévenot. Selon lui, ce processus s'apparente à l'exorcisme, chassant la maladie comme il le ferait d'un démon. «Ainsi, dit-il, une vie chrétienne bien assumée peut avoir un effet thérapeutique.» Bref, c'est la prière qui guérit.
Voilà qui éclaire très nettement la nouvelle position de l'Eglise. Après avoir choisi la voie scientiste qui visait à affermir la preuve objective de la guérison, le clergé revient à une approche plus religieuse du prodige. Du même coup, les théologiens prennent à nouveau le pas sur les médecins. Ce qui ne favorise guère les affaires du bureau médical de Lourdes. Dès novembre 1988, le pape Jean-Paul II avait donné le signal de ce retour aux conceptions premières du miracle comme révélateur de l'intervention divine. S'adressant aux membres de l'Amil, il avait alors très clairement précisé les limites de l'expertise médicale: «Au fur et à mesure des progrès de la science, on comprend mieux certains faits. Mais il reste que de nombreuses guérisons constituent une réalité qui n'a d'explication que dans l'ordre de la foi.» Et voilà comment les médecins furent, si l'on peut dire, priés de limiter leur rôle à l'ordre de la chair. Les choses sérieuses, celles de l'âme, relevant exclusivement des prêtres.

GARE AUX ÉVIDENCES!

Dès lors, l'aspect médical de la guérison, si inexplicable soit-il, perd de son importance. Ce n'est plus le phénomène matériel qui intéresse la haute hiérarchie catholique, mais sa signification mystique. «L'Eglise, confirme Mgr Jean Sahuquet, évêque de Tarbes et Lourdes, se méfie des évidences qui, finalement, altèrent le vrai sens de la foi, laquelle ne relève que de la conviction... S'il y a moins de guérisons miraculeuses et si, un jour, elles ne sont plus reconnues comme telles, cela est sans importance.» Comment expliquer ce paradoxal aggiornamento qui, à première vue, apparaît comme un retour à la tradition? On peut d'abord penser que, dans leur grande sagesse, les autorités ecclésiastiques, persuadées que, à plus ou moins long terme, les scientifiques finiront par démythifier les guérisons extraordinaires, décident de précéder le progrès, plutôt que de se faire distancer par lui. Sacrifiant l'aspect médical du miracle, elles sont plus que jamais déterminées à privilégier les autres signes de la présence divine.
Brillant théologien, le père André Dupleix, recteur de l'Institut catholique de Toulouse, donne la clef de cette nouvelle stratégie: «Gare aux inflations de miracles! prévient-il. Il est risqué d'accorder au merveilleux une fonction théophanique [manifestant la présence divine]. Car, si la guérison devient preuve de l'existence de Dieu, cela signifie-t-il que la non-guérison soit le signe de son absence? Evidemment non. Ce serait monstrueux!» En d'autres termes, il ne faut surtout pas provoquer la détresse de l'immense majorité des malades qui se sont rendus à Lourdes dans l'espoir de guérir et qui, n'y ayant bénéficié d'aucun miracle, pourraient se croire abandonnés de Dieu. C'est ce risque qui inspire à l'Eglise une nouvelle stratégie défensive. Il ne s'agit plus, aujourd'hui, de réagir aux attaques anticléricales, mais d'enrayer l'influence des communautés charismatiques. Celles-ci se livrent, sur les miracles, à une étonnante surenchère, multipliant les manifestations physiques de la grâce - en se souciant d'autant moins de vérification médicale que ces guérisons sont surtout interprétées comme un retour à la santé spirituelle et utilisées comme moyen de propagande et de recrutement. D'où les craintes à peine dissimulées par l'Eglise officielle. Soucieuse de resserrer les rangs de ses ouailles, elle n'entend pas abandonner aux charismatiques le champ des révélations prodigieuses. Du coup, on comprend mieux l'avertissement lancé par le père Dupleix: «Prenez garde aux pseudo-mystiques et aux syncrétismes réducteurs!»
Telles sont les motivations profondes de l'agitation qui a soudainement relancé le débat sur les guérisons miraculeuses. L'affaire a des répercussions plus importantes qu'il n'y paraît à première vue. En effet, en redéfinissant la notion de miracle, l'Eglise catholique rapproche sa doctrine de celle des autres religions monothéistes. Pour les musulmans, explique le Dr Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, «le Coran est le seul vrai miracle. La maladie, comme la guérison - que cette dernière s'effectue ou non par l'intermédiaire d'un médecin - ne peuvent résulter que de la volonté de Dieu inscrite dans la destinée de l'individu. Les bienfaits obtenus par les malades qui boivent l'eau du puits de Zamzam, à La Mecque, ou dans d'autres lieux, ne sont rien comparés à l'épanouissement de la foi». Cette conception de la guérison n'est pas très éloignée de celle qu'évoque la tradition juive. «Pour nous, observe le Dr Charles Sulman, vice-président du Consistoire central de France, le miracle, c'est la création du monde et sa perpétuation. Et toute guérison est l'expression de la providence divine. Le médecin a seulement mission de soigner. Et le résultat de ses soins ne dépend que de la volonté de Dieu.» «Si bien, poursuit-il, non sans humour, que, lorsqu'un traitement médical est efficace, à nos yeux, c'est déjà un miracle. De même, certains malades peuvent guérir sans savoir qu'ils étaient souffrants. C'est aussi un miracle!»
Quant aux protestants, ils n'ont aucune position officielle à l'égard des guérisons miraculeuses. A titre personnel, le pasteur François Rochat, président de la commission Eglise et santé à la Fédération protestante de France, estime que «tout rétablissement d'une personne malade est un signe de Dieu, même si c'est le médecin qui a pu agir». Mais là s'arrête l'analogie avec les théories des musulmans et des juifs. «L'explication ne me paraît pas importante, poursuit le pasteur Rochat. Quand bien même il y aurait quelque chose d'inexpliqué dans une guérison, ce ne serait pas, pour moi, une preuve de l'intervention divine. Ce qui m'intéresse, c'est ce que cet événement va provoquer dans la vie de la personne concernée, dans son rapport avec Dieu. Pour nous, aucune Eglise n'a le pouvoir de régir cela.» Ce discours n'est assurément pas celui des autorités catholiques, pour lesquelles l'expérience individuelle de la guérison, à Lourdes ou ailleurs, est vécue sous l'emprise du dogme. Selon des règles qui peuvent varier en fonction des intérêts historiques de la communauté. «Quand nous parlons de miracle, résume Mgr Jean-Paul Jaeger, évêque de Nancy, il y a une intention de notre part: aider à la vie et à la construction de l'Eglise.» Dans d'autres sphères, on parlerait d'opportunisme.
PHOTOS: Jean Salaün (au centre), prétendant au titre de 66e miraculé de Lourdes.
Delizia Cirolli, dernière «homologuée», guérie en 1976.
Jeanne Frétel (79 ans), doyenne des miraculés, guérie en 1918.
Le Pr Marcel Francis Kahn. Jean Paul II à Lourdes en 1983.

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MessageSujet: Delizia CIROLLI   Dim 21 Juin 2009, 5:10 pm

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