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 Nouvelle Caledonie et identité nationale

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Mulder
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MessageSujet: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Ven 27 Nov 2009, 3:09 am

En ce moment, avec mes yeux de métropolitain « expatrié », je vois que le grand débat sur l’identité nationale est lancé.
Je ne vais pas faire un énième sujet sur ce thème mais le mettre en relation avec ce qui se passe en Nouvelle-Calédonie où je vis.

Je tiens d’abord à préciser, au cas où, que la Caledo fait bien partie de la France en tant que territoire outre mer (TOM).

Donc, pour reprendre, quand je vois qu’en France Métropolitaine, on nous dit que l’ont fait des différences entre les ethnies, que c’est inadmissible, etc.

Je me dis que les gens devraient regarder un peu plus loin, car ici, en Nouvelle Calédonie donc je le répète en France, quand il y a le recensement, vous trouvez une ligne sur laquelle vous devez inscrire…si vous êtes blanc de métropole, caldoche (blanc de caledo), polynésien, wallisien, kanak,…et tout cela pour servir aux indépendantistes, pour leur permettre de dire qu’il y a trop de blancs…

Mais évidement ça ne choque personne car on parle de Français, le racisme choque uniquement quand on parle d’étrangers.

Voilà ma pensée, je vous laisse réagir…


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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Ven 27 Nov 2009, 9:22 am

Effectivement il est choquant de noter cette différence de traitement avec ces statistiques éthniques qu'on nous refuse en France métropolitaines.

Mais bon, le politiquement correct prône que le racisme c'est uniquement le fait des blancs contre tous les autres, si les stats vont à l'encontre de l'homme blanc occidental alors comme par hasard elles sont autorisée (ici pour favoriser les Kanaks)...

Pitoyable... et dire que la devise de la République parle... d'égalité...

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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Ven 27 Nov 2009, 9:49 am

@Mulder a écrit:
Je me dis que les gens devraient regarder un peu plus loin, car ici, en Nouvelle Calédonie donc je le répète en France, quand il y a le recensement, vous trouvez une ligne sur laquelle vous devez inscrire…si vous êtes blanc de métropole, caldoche (blanc de caledo), polynésien, wallisien, kanak,…et tout cela pour servir aux indépendantistes, pour leur permettre de dire qu’il y a trop de blancs…

Mais évidement ça ne choque personne car on parle de Français, le racisme choque uniquement quand on parle d’étrangers.

Rien de choquant. La Nouvelle Calédonie est un COM (Collectivités d'outre-mer, catégorie regroupant entre autre d'anciens TOM), et qui plus est avec un statut transitoire. La Nouvelle Calédonie est donc libre de définir bon nombre de ses règles de fonctionnement, et, en l'état actuel, elle est bien susceptible de devenir indépendante. Ils commettraient ainsi une erreur, à mon avis. Mais cela les regarde.

A ne pas confondre avec les DOM qui sont beaucoup plus intégrés, ne serait-ce qu'au niveau réglementaire, au territoire national.

Bref, relativisez un peu! Vous êtes en Nouvelles Calédonie, c'est à dire dans une 'marche' du territoire national. Bref, plus tout à fait en France.

J'ai une petite question pour vous: comment se passe votre intégration au sein de la population calédonienne? Avec qui est-ce le plus facile d'interagir? (Kanack, Caldoches, Métis, Polynésiens, Wallisien...? Aucune différence?)

Bien à vous
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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Ven 27 Nov 2009, 10:04 am

@Roy a écrit:
Effectivement il est choquant de noter cette différence de traitement avec ces statistiques éthniques qu'on nous refuse en France métropolitaines.

Mais bon, le politiquement correct prône que le racisme c'est uniquement le fait des blancs contre tous les autres, si les stats vont à l'encontre de l'homme blanc occidental alors comme par hasard elles sont autorisée (ici pour favoriser les Kanaks)...

Pitoyable... et dire que la devise de la République parle... d'égalité...

Introduire des statistiques ethniques au sein de la République? Ce serait bien dangereux. Je désapprouve!

Car on en arrivera peut-être à parler d'"ethnies" basques, bretonnes, corses, franciques, occitanes. Sans oublier les nouveaux venus qui pourront enfin s'affirmer identitairement, alors qu'actuellement, ils sont fortement contraints à devenir français.
Un processus de désintégration en quelque sorte.
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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Ven 27 Nov 2009, 11:10 am

Effectivement fde, dans mon cas les esprits malicieux s'évertueraient à préciser "c'est un Français certes mais d'origine belge" ! matête !

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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Ven 27 Nov 2009, 11:34 am

Cela me fait penser, Stans, à ce document sur l'intégration des communautés turcs en Allemagne, que, je crois, vous avez posté.

Je ne sais pas quelle est la pollitique d'intégration en Allemagne, mais je devine un certain libéralisme.
En ce qui me concerne, je suis pour une approche volontariste et stricte de l'intégration, et qui place l'identité républicaine au premier plan et l'origine des population en arrière plan. Je considère dangereuse toute approche du genre 'vous avez le droit de vivre à côté.'

Malheureusement, la France s'est-elle donnée les moyens de son modèle d'intégration?
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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Ven 27 Nov 2009, 10:54 pm

Citation :
La Nouvelle Calédonie est un COM
Plus qu'un COM, c'est un POM (Pays d'Outre Mer) avec donc son propre gouvernement.
MAis beaucoup (voir toutes) de subventions viennent de la France Metropolitaine.
Pour exemple, les professeurs sont payés par l'Education NAtionale Française...

Citation :
J'ai une petite question pour vous: comment se passe votre intégration au sein de la population calédonienne? Avec qui est-ce le plus facile d'interagir? (Kanack, Caldoches, Métis, Polynésiens, Wallisien...? Aucune différence?)
L'integration se passe plutot bien, il suffit de ne pas vouloir imposer nos habitudes metropolitaines et de ne pas se montrer hautain parce qu'on est metro (zoreil ici ^^). Et ce même avec les independentiste car ils sont un discours politique "anti-blanc" mais quand vous parlez avec eux vous remarquez que ce n'est qu'un discours et ils admettent volontier que les Zoreils font en grande partie fonctionner l'economie Caledonienne.

En tout cas je suis content que ce post vous fasse reagir...

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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Sam 28 Nov 2009, 3:41 am

@Mulder a écrit:
Citation :
La Nouvelle Calédonie est un COM
Plus qu'un COM, c'est un POM (Pays d'Outre Mer) avec donc son propre gouvernement.

Je connais cette dénomination de POM, mais elle ne semble pas apparaître explicitement dans les articles constitutionnels. La Nouvelle Calédonie est prise en compte par des articles spécifiques:

Constitution a écrit:
Titre XII - Des Collectivités Territoriales

Art. 72. - Les collectivités territoriales de la République sont les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d'outre-mer régies par l'article 74. Toute autre collectivité territoriale est créée par la loi, le cas échéant en lieu et place d'une ou de plusieurs collectivités mentionnées au présent alinéa.

Les collectivités territoriales ont vocation à prendre les décisions pour l'ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en oeuvre à leur échelon.
Dans les conditions prévues par la loi, ces collectivités s'administrent librement par des conseils élus et disposent d'un pouvoir réglementaire pour l'exercice de leurs compétences.
Dans les conditions prévues par la loi organique, et sauf lorsque sont en cause les conditions essentielles d'exercice d'une liberté publique ou d'un droit constitutionnellement garanti, les collectivités territoriales ou leurs groupements peuvent, lorsque, selon le cas, la loi ou le règlement l'a prévu, déroger, à titre expérimental et pour un objet et une durée limités, aux dispositions législatives ou réglementaires qui régissent l'exercice de leurs compétences.
Aucune collectivité territoriale ne peut exercer une tutelle sur une autre. Cependant, lorsque l'exercice d'une compétence nécessite le concours de plusieurs collectivités territoriales, la loi peut autoriser l'une d'entre elles ou un de leurs groupements à organiser les modalités de leur action commune.
Dans les collectivités territoriales de la République, le représentant de l'Etat, représentant de chacun des membres du Gouvernement, a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois.

Art. 72-1. - La loi fixe les conditions dans lesquelles les électeurs de chaque collectivité territoriale peuvent, par l'exercice du droit de pétition, demander l'inscription à l'ordre du jour de l'assemblée délibérante de cette collectivité d'une question relevant de sa compétence.
Dans les conditions prévues par la loi organique, les projets de délibération ou d'acte relevant de la compétence d'une collectivité territoriale peuvent, à son initiative, être soumis, par la voie du référendum, à la décision des électeurs de cette collectivité.
Lorsqu'il est envisagé de créer une collectivité territoriale dotée d'un statut particulier ou de modifier son organisation, il peut être décidé par la loi de consulter les électeurs inscrits dans les collectivités intéressées. La modification des limites des collectivités territoriales peut également donner lieu à la consultation des électeurs dans les conditions prévues par la loi.

Art. 72-2. - Les collectivités territoriales bénéficient de ressources dont elles peuvent disposer librement dans les conditions fixées par la loi.
Elles peuvent recevoir tout ou partie du produit des impositions de toutes natures. La loi peut les autoriser à en fixer l'assiette et le taux dans les limites qu'elle détermine.
Les recettes fiscales et les autres ressources propres des collectivités territoriales représentent, pour chaque catégorie de collectivités, une part déterminante de l'ensemble de leurs ressources. La loi organique fixe les conditions dans lesquelles cette règle est mise en oeuvre.
Tout transfert de compétences entre l'Etat et les collectivités territoriales s'accompagne de l'attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice. Toute création ou extension de compétences ayant pour conséquence d'augmenter les dépenses des collectivités territoriales est accompagnée de ressources déterminées par la loi.

La loi prévoit des dispositifs de péréquation destinés à favoriser l'égalité entre les collectivités territoriales.

Art. 72-3. - La République reconnaît, au sein du peuple français, les populations d'outre-mer, dans un idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité.

La Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion, Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, les îles Wallis et Futuna et la Polynésie française sont régis par l'article 73 pour les départements et les régions d'outre-mer et pour les collectivités territoriales créées en application du dernier alinéa de l'article 73, et par l'article 74 pour les autres collectivités.
Le statut de la Nouvelle-Calédonie est régi par le titre XIII.

La loi détermine le régime législatif et l'organisation particulière des Terres australes et antarctiques françaises et de Clipperton.

Art. 72-4. - Aucun changement, pour tout ou partie de l'une des collectivités mentionnées au deuxième alinéa de l'article 72-3, de l'un vers l'autre des régimes prévus par les articles 73 et 74, ne peut intervenir sans que le consentement des électeurs de la collectivité ou de la partie de collectivité intéressée ait été préalablement recueilli dans les conditions prévues à l'alinéa suivant. Ce changement de régime est décidé par une loi organique.

Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal officiel, peut décider de consulter les électeurs d'une collectivité territoriale située outre-mer sur une question relative à son organisation, à ses compétences ou à son régime législatif. Lorsque la consultation porte sur un changement prévu à l'alinéa précédent et est organisée sur proposition du Gouvernement, celui-ci fait, devant chaque assemblée, une déclaration qui est suivie d'un débat.

Art. 73. - Dans les départements et les régions d'outre-mer, les lois et règlements sont applicables de plein droit. Ils peuvent faire l'objet d'adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités.
Ces adaptations peuvent être décidées par ces collectivités dans les matières où s'exercent leurs compétences et si elles y ont été habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement.
Par dérogation au premier alinéa et pour tenir compte de leurs spécificités, les collectivités régies par le présent article peuvent être habilitées, selon le cas, par la loi ou par le règlement à fixer elles-mêmes les règles applicables sur leur territoire, dans un nombre limité de matières pouvant relever du domaine de la loi ou du règlement. [Entrée en vigueur dans les conditions fixées par les lois et lois organiques nécessaires à leur application (article 46-I de la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008)]

Ces règles ne peuvent porter sur la nationalité, les droits civiques, les garanties des libertés publiques, l'état et la capacité des personnes, l'organisation de la justice, le droit pénal, la procédure pénale, la politique étrangère, la défense, la sécurité et l'ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, ainsi que le droit électoral. Cette énumération pourra être précisée et complétée par une loi organique.
La disposition prévue aux deux précédents alinéas n'est pas applicable au département et à la région de La Réunion.
Les habilitations prévues aux deuxième et troisième alinéas sont décidées, à la demande de la collectivité concernée, dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique. Elles ne peuvent intervenir lorsque sont en cause les conditions essentielles d'exercice d'une liberté publique ou d'un droit constitutionnellement garanti.
La création par la loi d'une collectivité se substituant à un département et une région d'outre-mer ou l'institution d'une assemblée délibérante unique pour ces deux collectivités ne peut intervenir sans qu'ait été recueilli, selon les formes prévues au second alinéa de l'article 72-4, le consentement des électeurs inscrits dans le ressort de ces collectivités.

Art. 74. - Les collectivités d'outre-mer régies par le présent article ont un statut qui tient compte des intérêts propres de chacune d'elles au sein de la République.
Ce statut est défini par une loi organique, adoptée après avis de l'assemblée délibérante, qui fixe :
- les conditions dans lesquelles les lois et règlements y sont applicables ;
- les compétences de cette collectivité ; sous réserve de celles déjà exercées par elle, le transfert de compétences de l'Etat ne peut porter sur les matières énumérées au quatrième alinéa de l'article 73, précisées et complétées, le cas échéant, par la loi organique ;
- les règles d'organisation et de fonctionnement des institutions de la collectivité et le régime électoral de son assemblée délibérante ;
- les conditions dans lesquelles ses institutions sont consultées sur les projets et propositions de loi et les projets d'ordonnance ou de décret comportant des dispositions particulières à la collectivité, ainsi que sur la ratification ou l'approbation d'engagements internationaux conclus dans les matières relevant de sa compétence.

La loi organique peut également déterminer, pour celles de ces collectivités qui sont dotées de l'autonomie, les conditions dans lesquelles :
- le Conseil d'Etat exerce un contrôle juridictionnel spécifique sur certaines catégories d'actes de l'assemblée délibérante intervenant au titre des compétences qu'elle exerce dans le domaine de la loi ;
- l'assemblée délibérante peut modifier une loi promulguée postérieurement à l'entrée en vigueur du statut de la collectivité, lorsque le Conseil constitutionnel, saisi notamment par les autorités de la collectivité, a constaté que la loi était intervenue dans le domaine de compétence de cette collectivité ;
- des mesures justifiées par les nécessités locales peuvent être prises par la collectivité en faveur de sa population, en matière d'accès à l'emploi, de droit d'établissement pour l'exercice d'une activité professionnelle ou de protection du patrimoine foncier ;
- la collectivité peut participer, sous le contrôle de l'Etat, à l'exercice des compétences qu'il conserve, dans le respect des garanties accordées sur l'ensemble du territoire national pour l'exercice des libertés publiques.
Les autres modalités de l'organisation particulière des collectivités relevant du présent article sont définies et modifiées par la loi après consultation de leur assemblée délibérante.

Art. 74-1. - Dans les collectivités d'outre-mer visées à l'article 74 et en Nouvelle-Calédonie, le Gouvernement peut, par ordonnances, dans les matières qui demeurent de la compétence de l'État, étendre, avec les adaptations nécessaires, les dispositions de nature législative en vigueur en métropole ou adapter les dispositions de nature législative en vigueur à l'organisation particulière de la collectivité concernée, sous réserve que la loi n'ait pas expressément exclu, pour les dispositions en cause, le recours à cette procédure.
Les ordonnances sont prises en conseil des ministres après avis des assemblées délibérantes intéressées et du Conseil d'Etat. Elles entrent en vigueur dès leur publication. Elles deviennent caduques en l'absence de ratification par le Parlement dans le délai de dix-huit mois suivant cette publication.

Art. 75. - Les citoyens de la République qui n'ont pas le statut civil de droit commun, seul visé à l'article 34, conservent leur statut personnel tant qu'ils n'y ont pas renoncé.

Art. 75-1. - Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.

Art. 76. - (abrogé)

Titre XIII - Dispositions transitoires relatives à la Nouvelle-Calédonie

Art. 76. - Les populations de la Nouvelle-Calédonie sont appelées à se prononcer avant le 31 décembre 1998 sur les dispositions de l'accord signé à Nouméa le 5 mai 1998 et publié le 27 mai 1998 au Journal officiel de la République française.

Sont admises à participer au scrutin les personnes remplissant les conditions fixées à l'article 2 de la loi n° 88-1028 du 9 novembre 1988.

Les mesures nécessaires à l'organisation du scrutin sont prises par décret en Conseil d'Etat délibéré en conseil des ministres.

Art. 77. - Après approbation de l'accord lors de la consultation prévue à l'article 76, la loi organique, prise après avis de l'assemblée délibérante de la Nouvelle-Calédonie, détermine, pour assurer l'évolution de la Nouvelle-Calédonie dans le respect des orientations définies par cet accord et selon les modalités nécessaires à sa mise en oeuvre :

- les compétences de l'Etat qui seront transférées, de façon définitive, aux institutions de la Nouvelle-Calédonie, l'échelonnement et les modalités de ces transferts, ainsi que la répartition des charges résultant de ceux-ci ;

- les règles d'organisation et de fonctionnement des institutions de la Nouvelle-Calédonie et notamment les conditions dans lesquelles certaines catégories d'actes de l'assemblée délibérante de la Nouvelle-Calédonie pourront être soumises avant publication au contrôle du Conseil constitutionnel ;

- les règles relatives à la citoyenneté, au régime électoral, à l'emploi et au statut civil coutumier ;

- les conditions et les délais dans lesquels les populations intéressées de la Nouvelle-Calédonie seront amenées à se prononcer sur l'accession à la pleine souveraineté.

Les autres mesures nécessaires à la mise en oeuvre de l'accord mentionné à l'article 76 sont définies par la loi.

Pour la définition du corps électoral appelé à élire les membres des assemblées délibérantes de la Nouvelle-Calédonie et des provinces, le tableau auquel se réfèrent l'accord mentionné à l'article 76 et les articles 188 et 189 de la loi organique no 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie est le tableau dressé à l'occasion du scrutin prévu audit article 76 et comprenant les personnes non admises à y participer.

http://www.legifrance.gouv.fr/html/constitution/constitution2.htm
(toujours intéressant à consulter!)


@Mulder a écrit:

MAis beaucoup (voir toutes) de subventions viennent de la France Metropolitaine.
Pour exemple, les professeurs sont payés par l'Education NAtionale Française...

Tout à fait. C'est une situation de transition un peu délicate. Je n'ai pas l'impression que l'île soit économiquement prête pour l'indépendance.
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MessageSujet: fi   Dim 29 Nov 2009, 3:40 pm

Le débat sur l'identité nationale en France tombe à pic pour ceux qui, comme moi, vivent l'effacement progressif de leur propre identité nationale. La Belgique en voie d'évaporation laisse la place à un précipité flamand de plus en plus dense. Mais du côté francophone, on s'interroge : est-on wallon, belge, francophone, français ? La réponse, souvent plus émotionnelle que réfléchie, jaillit d'abord "par opposition" : on se sentait "belge" face à un Français, ou wallon face à un Flamand etc. L'omniprésence du conflit Flamands-Francophones/Wallons nous fait sentir désormais que "l'opposant constitutif" est le Flamand. La réciprocité gagne la Wallonie : en effet, les Flamands se sont depuis longtemps construits contre les Francophones (surtout ceux qui habitaient la Flandre et dominaient la "peuple") puis, par amalgame les Wallons. Par contre ces derniers se sentaient souvent "Belges" contre les Français... Complexes fondateurs... Mais les choses évoluent...

Pour ma part, je me sens profondément "français" à la fois sur le plan affectif (ma langue maternelle, mes lectures scolaires et de loisir, mes "héros" culturels...) et sur le plan plus rationnel d'une adhésion à des valeurs essentielles pour ce 21è siècle : les valeurs républicaines de laïcité, de non-racisme, d'intérêt général et de solidarité.

Demain, la Belgique aura disparu. Mon espoir est de voir les 4 millions de "Belges francophones" devenir 4 millions de "Français wallons et bruxellois", dans une belle inversion du substantif et de l'adjectif. Une identité par adhésion doit peu à peu se substituer à une identité par opposition.

Une inquiétude cependant : la France ne s'interroge-t-elle pas précisément parce que cette puissance d'adhésion est mise à mal au sein d'une République immense et diverse (avec les DOM, POM, COM etc) ? De quoi la Nouvelle Calédonie est-elle un symptôme ? Ou bien est-ce en métropole même que l'identité française fait question ? Quelle régression si le ciment de la République n'était plus fait que d'intérêts économiques...
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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Lun 30 Nov 2009, 11:24 am

@Michel Gergeay a écrit:
Une inquiétude cependant : la France ne s'interroge-t-elle pas précisément parce que cette puissance d'adhésion est mise à mal au sein d'une République immense et diverse (avec les DOM, POM, COM etc) ? De quoi la Nouvelle Calédonie est-elle un symptôme ? Ou bien est-ce en métropole même que l'identité française fait question ? Quelle régression si le ciment de la République n'était plus fait que d'intérêts économiques...

Ne pas confondre. L'outre-mer est lointain pour la métropole. Son influence est limitée.

De plus, si problème il y a dans les COM ou DOM, il est principalement lié à un processus de décolonisation mal abouti, et non pas à la notion d'identité française. Il n'y a plus de système colonial au niveau national, mais un certains colonialisme a pu, ou peut, subsister localement.

La situation en Nouvelle Calédonie provient également d'une pression coloniale (locale) qui s'est relâchée avec les accords de Matignon (1988). La poussée indépendantiste en est le symptôme.

Soit dit en passant, la décolonisation ne signifie pas inéluctablement l'indépendance: les DOM ont fait le choix de la départementalisation pour vivre dans un état de droit (républicain) et tourner ainsi la page du système colonial.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_d%C3%A9partementalisation


L'indépendance de la Nouvelle Calédonie est certes probable mais pas inéluctable.

@Michel Gergeay a écrit:
Ou bien est-ce en métropole même que l'identité française fait question ?

En effet, l'identité française se définit majoritairement en métropole. Mais je suis plus optimiste que vous. Je crois que cette identité française se met en question pour évoluer et mieux exister.
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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Jeu 03 Déc 2009, 9:19 pm

@Stans a écrit:
Effectivement fde, dans mon cas les esprits malicieux s'évertueraient à préciser "c'est un Français certes mais d'origine belge" ! matête !

Et alors ?

Quelle honte y'a-t-il à avoir des origines Belges ou autres ?

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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Jeu 03 Déc 2009, 9:23 pm

@Roy a écrit:
@Stans a écrit:
Effectivement fde, dans mon cas les esprits malicieux s'évertueraient à préciser "c'est un Français certes mais d'origine belge" ! matête !

Et alors ?

Quelle honte y'a-t-il à avoir des origines belges ou autres ?

Personnellement je pourrai assumer mais quid des autres ?

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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Jeu 03 Déc 2009, 10:47 pm

@Roy a écrit:
@Stans a écrit:
Effectivement fde, dans mon cas les esprits malicieux s'évertueraient à préciser "c'est un Français certes mais d'origine belge" ! matête !

Et alors ?

Quelle honte y'a-t-il à avoir des origines Belges ou autres ?

Il n'y a pas de honte à être fier de ses origines - nul ne prétend le contraire. En revanche, je persiste à désapprouver l' "officialisation" des origines des personnes ou de leurs communautés.
Tout comme la religion est affaire privée, je considère les origines comme une affaire privée. Il s'agit en quelque sorte d'un principe de laïcité étendu, et que je crois très profitable aux sociétés qui l'appliquent.

J'ai déjà posté cette information sur un site que vous connaissez bien. Je la poste de nouveau ici, car il s'agit d'un exemple de dérive d'une politique d'officialisation des origines ethniques ou communautaires:

www.amnestymauritius.org a écrit:
Communalisme


La section mauricienne d’Amnesty International a lancé en 2008 une vaste campagne contre le communalisme Mais qu'est-ce que le communalisme ? Le communalisme désigne les sentiments de rivalité, de mépris et parfois de haine entre communautés ethniques et religieuses qui aboutissent à des discriminations, telles que la constitution de ghetto, la marginalisation sociale et économique et se traduisent également par de très violentes émeutes.
Amnesty International lutte activement contre le racisme, le communalisme ou toute discrimination raciale en s'appuyant sur la définition qui figure à l'article 1 de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale : « toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique, qui a pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice, dans des conditions d'égalité des droits de l'Homme et des libertés fondamentales dans les domaines politiques, économiques, sociaux et culturels ou dans tout autre domaine de la vie publique ».


Le communalisme à Maurice

Historique des communautés :


Date Classification utilisée
1735
Frenchmen
Indian
Madagascan
1766
White
Freeman
Slave
1846
White and coloured
Indian
1861
White and coloured
Indian
Chinese
1952
Indo-Mauritian
Sino-Mauritian
General Population
1962
Hindu
Muslim
Sino-Mauritian
General Population



La classification de 1962 est toujours en vigueur aujourd'hui et apparaît même dans la Constitution.
L'une des caractéristiques principales de la société mauricienne est son hétérogénéité, tant aux niveaux ethniques, culturel, religieux et social. La montée du communalisme et la communalisation de la politique dans le pays, malgré l'image reçue d'une population vivant en harmonie, est très préoccupante et ce, notamment parce que la Constitution mauricienne a été conçue en portant une attention particulière sur le maintien et la reconnaissance de la diversité culturelle et raciale de l'île et a été construite afin de rendre l'ethnicité un principe organisationnel central de l'État. Ainsi, la Constitution mauricienne définit quatre catégories de citoyens selon leur appartenance communale : Hindou, Musulman, Chinois et Population générale. La Constitution institutionnalise donc l'ethnicité, différencie les citoyens, stratifie la société mauricienne et facilite l'existence de communautés ethniques.

Best loser system
Le système du meilleur perdant (Best loser system) est une pratique légalisée du communalisme. Tout d'abord, elle entraîne l'État dans une classification religieuse et ethnique des candidats aux élections générales en ce sens que chacun de ces candidats, lorsqu'il remplit le formulaire de mise en candidature, doit cocher à l'endroit approprié son appartenance à l'un des groupes compris dans la Constitution. Puis, le système réserve huit sièges à des candidats non-élus qui font partie de groupes ethniques ou religieux sous-représentés par le vote électoral. Ce système, tout comme la Constitution, représente donc un obstacle à l'unité nationale puisqu'il rend difficile le développement d'un sentiment national d'appartenance à une nation, la nation mauricienne, et qu'il facilite la discrimination entre les groupes. Comment faire pour lutter contre le communalisme ?

AIMS est très conscientisée par cette problématique fort présente au pays. C'est pourquoi le communalisme sera l’un des thèmes principaux de la section pour les deux prochaines années. Afin de sensibiliser la population aux droits de toutes les communautés et pour instaurer des changements durables, la section a présenté en 2008 une pièce de théâtre intitulée Baraz. En 2009, cette sensibilisation se poursuit. Amnesty :
- Produira un CD musical sur le thème de la discrimination raciale avec la collaboration de plusieurs artistes locaux comme Alain Auriant, Eric Triton, Bruno Raya, Linzy Bacbotte, Nancy Desrougeres et le groupe Zotsa par exemple.
- Réalisera une série de concerts en septembre, octobre et novembre sur le thème du communalisme.
- Mènera des actions concrètes auprès des politiciens pour éliminer ce fléau.
Vous trouverez l'article original à l'adresse:
http://www.amnestymauritius.org/french/viewpage.php?page_id=1



Cet article d'Amnesty Maurice est peut-être un peu théorique. Je me permets de citer ce court extrait d'un article mauricien, intitulé Communalisme - Amnesty International dit non, qui s'avère bien plus parlant:

Citation :
«Je pense qu'on peut changer les choses. Le problème, c'est qu'on n'a pas l'encadrement nécessaire pour se protéger contre cette maladie qu'est le communalisme. A l'école, on vit avec tout le monde, indistinctement. C'est dans le monde des adultes que les réalités changent», soutient avec force S.G. [...]. «Il y a ainsi, des portes qui s'ouvrent ou se ferment parce qu'on est de telle ou telle communauté. On commence à catégoriser les gens. On joue sur leurs peurs de l'avenir. On les enferme de la sorte dans des ghettos culturels et ethniques. C'est ainsi qu'en grandissant, certains finissent par croire que seule leur communauté peut les protéger. C'est ça qu'il faut changer», poursuit cette jeune femme qui espère rejoindre les bancs de l'université de Maurice.

A noter que je n'ai pas manqué de faire un certain rapprochement, sans doute intempestif, entre cette situation mauricienne et les problèmes communautaires en Belgique.


Un dernier mot: Bravo aux cousins mauriciens pour leur lutte contre le communalisme!
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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Sam 23 Jan 2010, 6:21 pm

J'ai séjourné en Nouvelle-Calédonie pendant 4 ans de 2005 à 2008 et j'ai assisté à une montée progressive et insidieuse d'une certaine forme de racisme ou de xénophobie "franco - française" :
- de la part de de certains européens (non caldoches pour autant) installés depuis longtemps, à l'encontre des métropolitains de passage (zozos ou zoreilles)
- de la part de certains calédoniens kanak, assez "remontés" politiquement, à l'encontre des blancs en général, avec un bémol lorsque ce blanc est métro (zozo) car il est a priori non suspecté de "colonialisme".
L'autonomie locale très poussée (souveraineté législative dans un certain nombre de matière échappant donc totalement à la compétence de l'Etat) est considérée par les indépendantistes comme une étape vers l'indépendance devant être suivie de nouveaux transferts de compétences, tandis que les "loyalistes" (partisans du maintien de la Calédonie dans la République) considèrent que le statut actuel constitue le maximum d'autonomie acceptable. C'est le malentendu calédonien. Entre les deux, il y a ceux qui jouent sur les deux tableaux en demandant des transferts de compétences plus importants en vue d'une autonomie encore plus poussée qui donnerait les avantages de l'indépendance sans ses inconvénients. Le beurre et l'argent du beurre...
Pour schématiser, actuellement un résident métropolitain français, installé depuis mois de 15 ans n'a pas le droit de vote aux élections locales autres que municipales, et ne l'a pas non plus pour des élections départementales ou régionales en métropole s'il n'y a pas conservé une attache. Donc, dans l'intérêt de la paix civile en N-C et pour satisfaire à une revendication indépendantiste de limitation du corps électoral local, une partie des citoyens français se trouve légalement privée de son droit de vote, avec la bénédiction de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg.
Pour avoir une idée de l'état d'esprit local en N-C, on peut visiter le forum suivant : http://www.fondationdespionniers.com/forum/index.php?sid=d6f02cc0a4549c7d7cf24c379ed5570b.
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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Sam 23 Jan 2010, 10:20 pm

@guy a écrit:
Pour schématiser, actuellement un résident métropolitain français, installé depuis mois de 15 ans n'a pas le droit de vote aux élections locales autres que municipales, et ne l'a pas non plus pour des élections départementales ou régionales en métropole s'il n'y a pas conservé une attache. Donc, dans l'intérêt de la paix civile en N-C et pour satisfaire à une revendication indépendantiste de limitation du corps électoral local, une partie des citoyens français se trouve légalement privée de son droit de vote, avec la bénédiction de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg.
Pour avoir une idée de l'état d'esprit local en N-C, on peut visiter le forum suivant : [url=http://www.fondationdespionniers.com/forum/index.php?sid=d6f02cc0a4549c7d7cf24c379ed5570b.
http://www.fondationdespionniers.com/forum/index.php?sid=d6f02cc0a4549c7d7cf24c379ed5570b.[/quote[/url]]

Je trouve cette attitude purement discriminatoire à l'égard de citoyens français ! Il serait grand temps de mettre les points sur les "i" dans ce territoire français (?) : soit les Calédoniens veulent leur indépendance avec tout ce que cela implique, soit ils rentrent dans le rang comme la Réunion, Mayotte, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane qui ont clairement optés pour l'article 73 de la Constitution française. Mais on n'en serait pas là sans le laxisme d'une certaine politique de gauche des années '80-90 où on leur avait promis monts et merveilles de façon vague et inconsidérée.

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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Dim 24 Jan 2010, 2:14 am

@Stans a écrit:
Mais on n'en serait pas là sans le laxisme d'une certaine politique de gauche des années '80-90 où on leur avait promis monts et merveilles de façon vague et inconsidérée.
Peux-tu préciser? J'ai du mal à croire que la situation d'avant 80, très défavorable aux kanaks, aurait pu être maintenue. En NC, on assiste aux répercutions d'une décolonisation très mal faite. La NC ne restera pas française sans l'accord d'une proportion notable de Kanaks; ce qui, en définitive, est normal.

Citation :
Il serait grand temps de mettre les points sur les "i" dans ce territoire français (?)
Je pense que la France temporise un peu dans l'attente du référendum sur l'indépendance (à partir de 2014). Mais il est clair que cette situation ne peut pas durer éternellement! En attendant, ces indépendantistes me paraissent de plus en plus corrompus...
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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Dim 24 Jan 2010, 11:34 am

@ Stans et fde
Je comprends la réaction de Stans qui est logique si on voit le problème depuis l'Europe. Mais la réalité calédonienne ne permettait guère une autre voie. La politique suivie par le gouvernement Rocard et qui a débouché sur les accords de Nouméa qui ont fixé le statut actuel traduit dans une loi organique du 19 mars 1999, était la seule solution possible pour mettre fin à un début de guerre civile et éviter un bain de sang, tellement les esprits étaient échauffés. Il y a eu une volonté de tourner spectaculairement une page par rapport à une situation encore très "post-coloniale", il faut bien le dire, et qui ne pouvait pas durer. L'aggravation de la restriction du corps électoral local (nouvelle condition : avir résidé en NC depuis 1989) a été le fait d'une révision de la constitution française voulue par Jacques Chirac avant la fin de son mandat, et a causé un grand trouble au sein de l'antenne locale de sa formation politique.
Après les graves troubles que l'on sait, pour se "racheter de ses fautes", se faire pardonner les excès et les injustices de la période antérieure, la France a inversé totalement la vapeur : valorisation et reconnaissance officielle de la culture et de la coutume kanak, investissement importants pour l'amélioration des conditions de vie dans les zones tribales etc... Le résultat est une perte de complexe importante de la population kanak. Plus l'échéance semble se rapprocher, plus l'indépendance semble faire peur secrètement aux indépendantistes qui réalisent qu'après avoir beaucoup reçu sans trop se donner de mal, il va falloir compter sur soi, prendre ses responsabilités, et ne pas risquer de devenir un 2ème Vanuatu (ex condominium franco-anglais des Nouvelles-Hébrides situé à 500 km à l'est de la N-C, et dont certains habitants demandent parfois candidement "alors, ça finira quand l'indépendance ?).
Une chose est certaine : l'Australie surtout, et dans une moindre mesure la Nouvelle-Zélande essaient de séduire les indépendantistes en pensant qu'après l'indépendance, ils prendront sur le plan économique, commercial et culturel, le relais de la France. Cela a d'ailleurs déjà commencé. L'Etat français se désengage progressivement (vente de bâtiments etc...) pour transférer davantage de responsabilités au gouvernement local. Beaucoup de calédoniens de souche ont déjà planqué une bonne partie de leur fortune en Australie (propriétés foncières, placements bancaires).
Le référendum prévu donnera très probablement une majorité de "non" à l'indépendance, vu les résultats obtenus par les partis indépendantistes aux récentes élections nationales et locales. Dans ce cas, on peut craindre une indépendance arrachée à la suite de troubles graves. Le mot "indépendance" est toutefois moins prononcé par les indépendantistes eux-mêmes qui parlent plus souvent de "pleine souveraineté" (ce qui semble vouloir dire la même chose) ou de "souveraineté - association".
Je ne fais donc pas trop d'illusions sur l'avenir de cet ex TOM.
La ligne directrice de son statut actuel (compétences législatives locales souveraines échappant totalement à l'Etat) est assez comparable dans son principe, à la répartition des compétence en Belgique entre, d'une part l'Etat fédéral, et, d'autre part les Régions et communautés culturelles. C'est de ce système dont le projet de Jacques Lenain semble s'inspirer dans le cas d'une réunion de la Wallonie et de Bruxelles à la France, avant de parvenir plus tard à une intégration plus poussée.
Ce n'est qu'un ressenti personnel et toutes les opinions seront les bienvenues !

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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Dim 24 Jan 2010, 7:51 pm

@guy a écrit:
Mais la réalité calédonienne ne permettait guère une autre voie. La politique suivie par le gouvernement Rocard et qui a débouché sur les accords de Nouméa qui ont fixé le statut actuel traduit dans une loi organique du 19 mars 1999, était la seule solution possible pour mettre fin à un début de guerre civile et éviter un bain de sang, tellement les esprits étaient échauffés. Il y a eu une volonté de tourner spectaculairement une page par rapport à une situation encore très "post-coloniale", il faut bien le dire, et qui ne pouvait pas durer.
[...]
Je ne fais donc pas trop d'illusions sur l'avenir de cet ex TOM.
La ligne directrice de son statut actuel (compétences législatives locales souveraines échappant totalement à l'Etat) est assez comparable dans son principe, à la répartition des compétence en Belgique entre, d'une part l'Etat fédéral, et, d'autre part les Régions et communautés culturelles. C'est de ce système dont le projet de Jacques Lenain semble s'inspirer dans le cas d'une réunion de la Wallonie et de Bruxelles à la France, avant de parvenir plus tard à une intégration plus poussée.
Ce n'est qu'un ressenti personnel et toutes les opinions seront les bienvenues !
C'est aussi la perception que j'en ai par des connaissances sur place.
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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Dim 24 Jan 2010, 10:47 pm

@ Guy, tu devrais contacter Mulder via MP qui est sur place pour avoir son avis car cela fait quelques semaines qu'il ne poste plus. Il pourrait peut-être nous donner son impression en public ? Ceci dit je pense que la France a assez montré sa "repentance" vis-à-vis des Kanaks qui semblent pousser le bouchon un peu loin à mon avis (gisements de nickel oblige).

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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Lun 25 Jan 2010, 1:24 pm

http://www.australianconsulatenoumea.embassy.gov.au/nmeafrench/media190.html a écrit:
Texte de l’intervention préparée conjointement par Mme Anita Butler, consule générale d’Australie et M. Stephan Bohnen, consul général adjoint, et présentée par M. Bohnen, dans le cadre de la conférence sur la Nouvelle-Calédonie et son intégration dans l’ensemble mélanésien, organisée par la Maison de la Mélanésie les 4 et 5 septembre 2008.

La Mélanésie – une région importante pour l’Australie

Les îles de la Mélanésie font partie des îles les plus peuplées du Pacifique et font également partie des voisins les plus proches de l'Australie. D’un point de vue géographique, il est aisé d’expliquer pourquoi l’Australie est associée de longue date aux pays de la Mélanésie – des explorations partagées des siècles passés, aux chasseurs de baleines et marines marchandes, et pour le cas de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, une tutelle administrative et, jusque dans des temps plus récents, une forte relation dans le domaine de l’aide au développement.

Les relations bilatérales de l’Australie avec les pays de la Mélanésie n’ont pas toujours été de tout repos et continuent de connaître des hauts et des bas. Cela est attribuable en partie au fait que certains des plus sérieux problèmes de gouvernance et des tensions inter ethniques dans la région sont observés en Mélanésie. En ce qui concerne la Papouasie-Nouvelle-Guinée, notre relation est plus complexe, à cause notamment du rôle que nous y avons joué en administrant ce pays entre 1906 et 1975.

Nous entretenons actuellement une coopération particulièrement amicale avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon et le Vanuatu, mais les relations avec les îles Fidji sont bien évidemment plus difficiles. Toutefois, quelles qu’aient été les difficultés ayant pu surgir dans nos relations bilatérales, l’Australie n’a jamais considéré un seul instant ses relations avec les pays voisins de cette région comme n’ayant pas d’importance ou n’a pas maintenu une attention particulière à l’actualité de ses voisins mélanésiens.

La politique australienne au regard de la Nouvelle-Calédonie

Il en est de même pour la Nouvelle-Calédonie qui fait partie de la Mélanésie en raison de sa situation géographique et de sa population indigène. La plupart des raisons pour lesquelles les autres pays de la Mélanésie sont importants pour l’Australie s’appliquent également à la Nouvelle-Calédonie, bien qu’il faille lui distinguer d’importantes spécificités dues à son statut de collectivité d’outre-mer de la France et à son niveau de développement avancé. Située à 2 heures et demie de Sydney par avion, elle est sans conteste le voisin le plus proche de la région la plus peuplée d’Australie. Il est important pour nous d’entretenir des relations fortes, productives et amicales avec la Nouvelle-Calédonie. Il est également important que ce pays voisin soit stable et prospère et participe pleinement aux affaires de la région.

Et ceci a toujours été le cas. L’intérêt que porte l’Australie à ses relations avec la Nouvelle-Calédonie, à son développement et à sa stabilité politique a été au cœur de la politique australienne vis-à-vis de la Nouvelle-Calédonie pendant au moins les trente dernières années. Toutefois, compte tenu de l'évolution du contexte régional et international, cet intérêt ne s’est pas toujours manifesté de la même manière. L’exemple le plus évident de l’évolution de la position australienne réside dans son rapport à la question de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

Afin de comprendre cette évolution de la politique actuelle de l’Australie vis-à-vis de la Nouvelle-Calédonie, ainsi que notre position par rapport au sujet de cette conférence (c’est-à-dire « La Nouvelle-Calédonie pour l’intégration Mélanésienne »), nous devons revenir au début des années (19)80 et nous rappeler comment la région, et l’environnement politique international se sont modifiés depuis.

Point de vue historique – le début des années 1980

Ce n’est un secret pour personne que la position de l’Australie en faveur de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, il y a trente ans de cela, a heurté une majorité de Calédoniens et bien entendu le gouvernement français.

Le contexte dans lequel l’Australie a pris cette position était celui d’un environnement régional où beaucoup d’autres pays insulaires du Pacifique, de Mélanésie ainsi que de Polynésie, avaient obtenu leur indépendance depuis très peu de temps. Leur avenir semblait toujours prometteur et ils n’avaient pas encore fait l’expérience des difficultés propres à l’indépendance des micro-états qui sont devenues aujourd’hui une préoccupation régionale. L’Australie, qui sortait depuis à peine cinq ans de son rôle de pays administrateur de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, essayait de montrer son soutien envers une nouvelle indépendance régionale en pensant sincèrement à ses chances de succès. Pour nous, dans ce contexte précis, la situation de la Nouvelle-Calédonie – c’est-à-dire dépendant grandement de l’aide et sous le pouvoir de la France – apparaissait comme une anomalie.

Cela nous semblait également être un frein à une participation pleine et entière de la Nouvelle-Calédonie aux affaires de la région. De nouveau et afin de se rappeler le contexte de cette période, il faut savoir que le Forum du Pacifique Sud (l’appellation du Forum des Iles du Pacifique à l’époque) n’avait en 1981 qu’une dizaine d’années d’existence et avait accueilli tous les nouveaux états indépendants. Il était devenu l’assemblée prépondérante lors de discussions politiques et sociales concernant les affaires de la région, et la relation que la Nouvelle-Calédonie avait avec la France l’empêchait d’en faire partie. L’indépendance représentait une condition préalable à la participation au Forum et ainsi au dialogue sur le futur commun de la région ainsi que dans le processus de solidarité régionale qui prenait vie alors sur la scène internationale. Ainsi, encore une fois, l’absence de la Nouvelle-Calédonie de ces discussions et de ce processus évolutif régional apparaissait comme une anomalie ou, au mieux, comme une situation de transition.

Pour en revenir au sujet de notre conférence, nous pouvons dire – dans une certaine mesure – que le souhait de voir la Nouvelle-Calédonie participer aux affaires de la région, d’y être intégrée, contribuait pour partie à la volonté de l’Australie, à cette époque, de soutenir l’indépendance Kanak. Le Pacifique était, à l’époque, une région qui voyait l’indépendance comme une priorité passant avant toute autre chose. L’Australie a donc pris un parti, qui – avec notre position vis-à-vis des essais nucléaires français dans le Pacifique – nous a éloigné de la France, et de la Nouvelle-Calédonie et ce, pendant plusieurs années.

Mais les temps changent ainsi que les priorités et les contextes. Trente années représentent une longue période pour un pays aussi jeune que l’Australie, dont la première colonie européenne a été établie il n’y a que 220 ans, et qui a été fédéré en un seul pays il y a tout juste 107 ans.

Les Accords de Matignon et de Nouméa

Il y a vingt ans, au moment de la signature des accords de Matignon, la position australienne avait déjà considérablement changé par rapport au début des années (19)80. Tout comme les Evènements ont véritablement poussé les habitants de la Nouvelle-Calédonie vers une poignée de mains, l’Australie a bien compris que la chose la plus importante pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie était de rétablir la paix civile.

C’était surtout avec cet intérêt en tête que l’Australie a pleinement soutenu la démarche de Michel Rocard en vue de la signature des accords de Matignon en 1988. Avec la Nouvelle-Zélande nous y avons apporté notre soutien officiel, et nous l’avons rappelé depuis dans toutes les assemblées et réunions internationales auxquelles nous prenons part. Au moment de la signature de l’Accord de Nouméa, en 1998, nous avons montré notre soutien en envoyant le Président de notre Parlement National Monsieur Ian Sinclair (troisième autorité du pays) assister à cette signature.

Pour simplifier, notre politique était devenue et demeure aujourd’hui celle du soutien au processus démocratique mis en place par l’Etat français pour donner une autonomie croissante à la Nouvelle-Calédonie et permettre aux habitants du pays de décider de la structure politique qui étayera leur avenir.

Le présent

Le contexte régional dans lequel le débat se déroule actuellement est tout à fait différent de celui qui prévalait au début des années 1980. La stabilité et la prospérité sont maintenant les objectifs majeurs de la grande majorité des états indépendants du Pacifique, tandis que la structure politique apparait de moindre importance. Et dans le reste du monde, ainsi que Michel Rocard le soulignait dans la conférence qu’il a tenue fin mai à Nouméa, les pays sont amenés tous les jours à céder des éléments de souveraineté en réponse aux exigences de la mondialisation.

Dans ce contexte, ce n’est plus nécessaire de connaître le futur statut politique de la Nouvelle-Calédonie pour savoir qu’elle a un rôle à jouer au plan régional. Qu’elle dispose d’une large autonomie tout en faisant partie intégrante de la France ou qu’elle assume des pouvoirs régaliens ne changera pas le fait que la Nouvelle-Calédonie fait partie géographiquement de la région Pacifique.

Il n’y a pas de doute non plus que la Nouvelle-Calédonie, telle qu’elle est aujourd’hui, partage de nombreux intérêts avec les autres pays de la zone, même si elle a des préoccupations qui lui sont propres. Elle ne partage pas de la même manière les problèmes de gouvernance et fonctionnement de ses institutions; et le décalage de niveau de vie entre la Nouvelle-Calédonie et les pays du Forum constitue une difficulté en matière d’engagement bilatéral et multilatéral. Mais la stabilité de la région entière, sa capacité à faire face au défi du changement climatique, les problèmes liés aux distances – tel que l’accès au transport aérien et maritime, la communication, le besoin en énergies renouvelables – toutes ces préoccupations sont bien communes à tous les pays de la zone. Tout ce qui se passe autour de la Nouvelle-Calédonie la concerne, une partie de sa population entretient des liens culturels forts avec des pays alentours et elle est en mesure de contribuer utilement aux discussions régionales.

Le soutien de l’Australie à l’intégration régionale de la Nouvelle-Calédonie

En conséquence de quoi, l’Australie considère comme fondamentaux pour le futur de la Nouvelle-Calédonie la volonté qui transparaît dans l’Accord de Nouméa et l’assurance de la part de l’Etat français de soutenir l’engagement de la Nouvelle-Calédonie dans la région, assurance dont nous espérons la pérennité, même si les intérêts de la France dans la région ne sont plus ce qu’ils étaient.

L’Australie a fait de son mieux pour soutenir, par des paroles mais aussi par des actes, cette démarche. C’est ainsi qu’en 1989, nous avons mis en place, en supplément de notre modeste programme d'assistance au développement, un programme de bourses d’études. Ce programme permet chaque année aux étudiants calédoniens de poursuivre des études supérieures en Australie, d’améliorer leur connaissance d’une langue véhiculaire qui facilitera leur engagement avec les pays voisins et de mieux connaître l’Australie.

De plus en plus, notre contribution s’exprime également à travers l’invitation de fonctionnaires et d’experts calédoniens à participer aux séminaires et ateliers régionaux, permettant ainsi aux cadres de ce pays d’être partie prenante dans tout ce qui se passe au niveau régional dans leur domaine de compétence et de renforcer les liens avec leurs homologues des différents pays voisins. Notre démarche s’effectue bien naturellement en pleine connaissance de cause du décalage qui existe entre la Nouvelle-Calédonie, pays développé, et les pays insulaires qui l’entourent. L’échange se veut véritablement multilatéral.

Le cas particulier de la Mélanésie

Notre soutien dans ce domaine est axé essentiellement en direction de l’engagement régional, mais bien sûr, tous les arguments en faveur d’un engagement régional plus large sont encore plus pertinents quand il s’agit de l’engagement de la Calédonie avec la Mélanésie. Il est tout à fait naturel que l’activité régionale de la Nouvelle-Calédonie soit déjà plus développée dans sa proximité géographique et culturelle immédiate, notamment en regard de sa population indigène.

Les autres pays de la Mélanésie reconnaissent cet état de fait depuis un certain temps déjà avec l’acceptation de la présence du FLNKS au sein du groupe Fer de lance (même si à l’origine les motivations étaient essentiellement politiques dans le contexte du combat en faveur de l’indépendance). Les liens culturels entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu, tant parmi la communauté européenne que mélanésienne, sont indéniables.

Les efforts conjoints du gouvernement calédonien et de l’Etat français dans le cadre de programmes de soutien au développement pour Vanuatu constituent d’excellents exemples de la façon dont les caractéristiques particulières de la Nouvelle-Calédonie, terre francophone régionale, peuvent être bénéfiques à ses voisins. Dans ce domaine, l’Australie est heureuse d’être en mesure de coopérer avec la France et la Nouvelle-Calédonie à Vanuatu en matière de santé publique, par exemple.

Le rôle de la Nouvelle-Calédonie

Il n’y a pas de doute que la Nouvelle-Calédonie a beaucoup à offrir. Et le moment est idéal pour la montée en puissance de son engagement régional.

Depuis quelques années, la discussion relative à l’intégration régionale a gagné du terrain dans la région. La plupart des pays insulaires du Pacifique ont eu 25 ou 30 ans pour se rendre compte de la difficulté à faire face seul aux problèmes sérieux auxquels la région est confrontée. C’est ainsi qu’on parle de plus en plus, au sein du Forum et surtout dans le cadre du Plan Pacifique, de la mise en commun des ressources régionales, de la nécessité de mieux coopérer ensemble, et naturellement de l’intégration régionale.

Dans ce contexte, le souhait de l’Australie, qui semble être également celui de l’Etat français, est de plus en plus partagé par les pays insulaires indépendants de la région. Nous avons tous compris qu’il y a un pays voisin qui a quelque chose à offrir dans le cadre du débat régional, et surtout un pays qui peut apporter une autre perspective face aux défis sérieux que la région doit relever. Cette nouvelle attitude est reflétée par la volonté du Forum d’accepter la Nouvelle-Calédonie comme membre associé, ce qui est chose faite depuis octobre 2006.

Nous souhaitons tous voir la Nouvelle-Calédonie jouer pleinement son rôle dans le futur de la région. Nous souhaitons qu’elle participe à l’effort général de stabilité et de développement économique, afin d’améliorer les conditions de vie des populations insulaires et permettre à tous les pays qui l’entourent d’envisager un développement économique harmonieux et durable.
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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Lun 25 Jan 2010, 2:01 pm

Dommage que la France ne s'intéresse pas de la même manière que l'Australie aux affaires de la Wallonie et de Bruxelles. diable Il suffirait en effet de remplacer les mots Australie par France, Kanaks par Francophones de Wallonie et de Bruxelles, Mélanésie par Francophonie, Belgique par Calédonie-France et le tour serait joué ! france (Le tout sans avoir l'air d'y toucher bien sûr).

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MessageSujet: Re: Nouvelle Caledonie et identité nationale   Lun 25 Jan 2010, 3:48 pm

Pour en revenir aux intentions de collaboration régionale affirmées par l'Australie, il me semble que c'est plutôt une bonne chose, à conditions bien sûr que cela s'accompagne d'une normalisation de la situation calédonienne vis à vis de la France. Et là, on peut être pessimiste...

Plus généralement, le développement de collaborations régionales au niveau des ROM/COM permettraient un meilleur développement de ceux-ci, ainsi que d'accroître les partenariats de la France dans ces régions.

Antilles, Guyanne -> Brésil, Amérique du Sud
[comme nous sommes des quasi-vassaux des États-Unis, il me semblait délicat de les inclure dans une telle liste]

Réunion, Mayotte -> îles de l'Océan Indien, Afrique du Sud

COM du Pacifique -> Australie, îles du Pacifique...

Le risque est peut-être une autonomie politique croissante de certaines de ces terres d'outre-mer.
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