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 Prochain départ du Primat de Belgique

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MessageSujet: Prochain départ du Primat de Belgique   Ven 25 Déc 2009, 3:43 pm

Source : http://reflets-mag.blogspot.com/2009/12/le-cardinal-danneels-sinquiete-de-la.html


Le cardinal Danneels s'inquiète de la perte de sens moral




Au terme de trente années à la tête de l'Eglise de Belgique, le cardinal Godfried Danneels va bientôt s'effacer. Il aura connu les bouleversements éthiques intervenus dans notre pays durant cette période. Lucide, il évoque ces évolutions au micro de Matin Première.

Citation :
L'état du monde est-il réjouissant ? "Il ne faut pas perdre l'espérance en un monde meilleur " dit cet homme de foi qui quittera bientôt ses fonctions. "Après les fêtes", pense-t-il. Le cardinal Godfried Danneels a en effet atteint, l'an passé, l'âge limite de 75 ans qui lui impose de présenter sa démission au pape, ouvrant la voie à sa succession.

Il y a, à cet égard, une procédure déterminée par le droit canonique. Et si cela fut long, c'est sans doute parce que l'on attendait du cardinal qu'il pilote l'action de l'Eglise belge au cours d'une année particulièrement chargée. "Le pape a probablement su qu'il y avait trois choses importantes au cours de cette année : l'assemblée de Taizé, le 450èmeanniversaire de l'archidiosèce, et la canonisation du Père Damien..."

Mais qui est capable de remplacer Godfried Danneels à la tête de l'Eglise de Belgique ? Herman Van Rompuy, dans la préface de l'ouvrage "Confidences d'un cardinal" dit de lui qu'il pourrait s'avérer "irremplaçable". Ce n'est pas le sentiment du cardinal lui-même : "Personne n'est irremplaçable. On a probablement dit la même chose du cardinal Suenens, qui avait joué un rôle tellement important dans le concile Vatican II. Quand on reste soi-même et qu'on demeure un homme de Dieu, on est bon". Il ne veut d'ailleurs pas d'une "lignée" : "Je ne demanderai jamais à mon successeur de m'imiter".

La venue du pape en 1985 : le meilleur souvenir
A l'évocation du nom de Mutien-Marie Léonard, l'évêque de Namur, qui revient souvent parmi les favoris, le cardinal Danneels se contente de répondre que "tout est possible, mais en général je ne donne pas de points à mes collègues évêques". Familier de l'institution ecclésiastique, il sait ce que vaut encore aujourd'hui le dogme de l'infaillibilité papale : "Celui que le pape choisira sera mon candidat".

Parmi tous les moments qui auront jalonnés l'épiscopat de Godfried Danneels, il retient plus particulièrement la visite de Jean-Paul II en Belgique en 1985, lorsque plus d'un million de personnes s'étaient déplacées pour venir à la rencontre du pape polonais. "Mais cette dernière année est tout de même une année faste !", souligne le cardinal. "Damien est un saint de mon archidiosèce, le deuxième en quatre siècles", dit-il non sans fierté.

Le moment le plus difficile, par contre, aura sans aucun doute été sa comparution devant un tribunal en tant que chef hiérarchique d'un prêtre qui s'était rendu coupable de faits de pédophilie. Il ne cache pas que, même si en Belgique "pour le moment c'est assez calme", ces scandales marquent fortement l'image de l'Eglise dans le monde. "Quand un prêtre se rend coupable de ce genre de choses, non seulement cela marque, mais c'est aussi plus grave parce qu'il a une responsabilité spirituelle dont il n'a pas le droit de se servir à cette fin. Je comprends que les gens ne comprennent pas du tout ça ; et je crois qu'il ne faut jamais dire que c'est humain. Je trouve que c'est tout à fait inacceptable".

La loi n'est pas la même chose que la morale
Sur les évolutions éthiques, très importantes en Belgique, le cardinal garde une position réservée. "Mais c'est un fait. Il faut accepter que cela soit voté mais on a toujours sa propre conception éthique et cela ne change pas". Il ne voit cependant pas de retour en arrière, "mais la loi, ce n'est pas la morale ; ce n'est pas la même chose", précise-t-il. L'euthanasie et l'avortement sont devenus des comportements acceptés par tout le monde, observe le cardinal avec lucidité. "On ne voit plus d'objection, morale dans le chef de la grande masse des gens, et cela je trouve que c'est quand même une diminution du sens éthique. C'est la conséquence la plus difficile à accepter pour moi : le sens moral qui s'estompe".

Face à l'émergence de nouvelles religiosités et à la montée en puissance d'autres cultes comme l'Islam et certains cultes protestants, l'Eglise catholique apparaît bien en retrait . "La culture et la façon de vivre des gens ont changé. On choisit entre différentes activités et on n'a plus ce rythme hebdomadaire traditionnel. Même si je le regrette, il faut accepter que les gens qui travaillent tous les deux la semaine n'aillent plus à la messe le dimanche..." Mais le cardinal ne craint nullement une disparition de l'Eglise catholique : "On en a vu d'autres au cours des siècles, vous savez !"

Interrogé par Bertrand Henne sur la signification d'une phrase de son ouvrage : "On a rendu le christianisme soft, comme bien d'autre choses, trop soft sans doute", Godfried Daneels répond que pour lui, le christianisme et l'Evangile constituent un choix profondément radical, qu'il ne faut pas leur retirer. "Soft, ça veut dire 'chacun sa vérité' , tout est relatif". Une "relativité" qui indispose d'ailleurs le cadrinal, "surtout dans le domaine de la morale". "relativiser tout, sauf soi-même, c'est une position un peu difficile à accepter".

A ce même micro, mardi 1er décembre, Olivier Roy avançait que les religions qui se sont ouvertes à la modernité sont en recul tandis que les religions plus fondamentalistes sont en croissance. Un constat que le cardinal rejoint même si, pour lui, le fondamentalisme est limité à une minorité. "Je n'aime pas les fondamentalismes, même catholiques. Le fondamentalisme est beaucoup plus centré sur le 'moi' et le 'moi j'ai raison' que sur les vérités objectives".

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