FORUM FRANCOPHONE ©

FORUM FRANCOPHONE ©

Forum généraliste et politique francophone
 
AccueilAccueil  PortailPortail  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 France et gaz mortels ...

Aller en bas 
AuteurMessage
Stans
Fondateur
Fondateur


Masculin
Nombre de messages : 16069
Age : 65
Localisation : Bruxelles - Département de la Dyle
Langue : français
Emploi/loisirs : histoire, politique
Date d'inscription : 10/03/2006

MessageSujet: France et gaz mortels ...   Mer 13 Jan 2010, 8:51 am

Source : http://www.amnistia.net/news/enquetes/zyklon/zyklon1.htm


Quand la France fournissait le gaz mortel aux nazis

Par Didier Daeninckx
Cette enquête exclusive publiée en 1999, toujours d'actualité, est aujourd'hui disponible en libre accès
Pourvoirles documents, cliquez sur leur icone et sur l'hypertexte, ou rendez-vous àla documentation
Première partieDeuxième partieTexte seul
14 décembre 1999
Hervé Joly tente de démontrer que les quantités de produits livrées aux Allemands ne concernaient pas des ventes volontaires, mais résultaient de réquisitions. Un argument qui ne tient pas dès lors qu'il est établi que la société productrice, Durferrit-Sofumi, ne travaillait pas pour les Allemands comme il l'affirme, mais était une société leur appartenant pour moitié. Réquisitionne-t-on ce qui vous appartient? En fait, il s'appuie exclusivement sur un mémoire en défense écrit à postériori pour justifier les pratiques de l'entreprise pendant l'occupation, et néglige les documents comptables du Trésor qui assurait les règlements aux industriels fournisseurs du Reich.
Un peu plus loin, Hervé Joly prétend que: "L'utilisation de zyklon B français dans des camps d'extermination tous situés sur l'actuel territoire de la Pologne est, de toute façon, peu vraisemblable: l'acide cyanhydrique est un gaz peu stable, qui se transporte difficilement, et les commandes de la SS pour les camps provenaient, d'après l'historien Raul Hilberg (l'Extermination des Juifs d'Europe), de l'usine de Dessau, en Allemagne orientale".
Une telle affirmation dénote une totale méconnaissance du produit. Il se présente dans des boîtes métalliques rigoureusement étanches, de différentes contenances, renfermant un support poreux inerte (bois, carton...) qui a absorbé l'acide cyanhydrique liquide. Le transport ne pose pas de problèmes particuliers aux nazis. L'acide se vaporise, se sublime en gaz, à l'ouverture de la boîte et à une température assez élevée (plus de 25°C), ce qui explique pourquoi les chambres à gaz étaient munies de système de chauffage. L'usine allemande de Dessau, près de Halle, était d'ailleurs située à plusieurs centaines de kilomètres d'Auschwitz et le transfert du produit aurait eut les mêmes inconvénients que depuis Villers-Saint-Sépulcre. Ces propos hasardeux furent pourtant avalisés dans Libération, le 17 avril 1997, par Jean-Claude Hazera et Renaud de Rochebrune (auteurs de "Patrons sous l'Occupation", Odile Jacob 1995), parlant du travail d'Annie Lacroix-Riz en ces termes : "hypothèse, pourtant assez peu étayée, puisqu'elle ne repose que sur des déductions à partir d'indices supposés troublants mais peu convaincants (cf l'historien Hervé Joly dans Libération du 18 mars)".
Pour en terminer avec ce qui s'apparente à une tentative d'étouffement, la revue L'Histoire donne la parole, dans sa livraison de mai 1997 au lyonnais Joly qui réitère sa bourde d'un gaz peu stable et difficilement transportable, et qui utilise un curieux conditionnel (l'essentiel de la production aurait, en revanche, été réquisitionnée (...) par l'armée allemande) là où quelque temps plus tôt l'affirmatif s'imposait à sa plume. La journaliste signataire de l'article de trois pages, Cécile Duret, peut alors conclure: "Les assertions d'Annie Lacroix-Riz sur la participation de la France à la fabrication de Zyklon B apparaissent donc bien hypothétiques"!
Fermez le ban.

Toutes ces approximations eurent pour conséquence de réveiller des mémoires endormies. Celles de ces figurants qui, souvent font l'Histoire. Un ancien ouvrier de Villers-Saint-Sépulcre écrivit à l'historienne qu'on lui avait montré des photos d'ouvriers oeuvrant, en 1942, sur la chaîne de fabrication du Zyklon B. Un chef d'atelier lui fit parvenir l'organigramme du siège administratif, rue du Général Foy à Paris, et celui de l'usine, précisant qu'on ne faisait pas mystère, lors de son embauche en 1948, de la destination allemande des insecticides produits pendant la guerre. Enfin, elle eut accès aux documents qui établissaient définitivement son hypothèse : une série de négatifs-photos sur plaques de verre représentant la fabrication et le conditionnement du Zyklon B, ainsi que l'original d'une étiquette en langue française entourant une boîte et mentionnant aussi bien l'origine industrielle (Ugine), que géographique (Villers-Saint-Sépulcre, Oise). Ce matériel avait été sauvegardé par un ingénieur chimiste, François Copie, qui travaillait là depuis 1939 et s'était interrogé sur le soudain développement de la production d'insecticide. Il avait caché photos et emballages avant de prendre le maquis, en novembre 1942, sans savoir qu'au cours des mois précédents d'énormes quantités de Zyklon B durent être acheminées en urgence à Auschwitz. François Copie tenta, après la guerre, de divulguer ses archives mais personne ne s'y intéressa vraiment. Il fallut l'acharnement d'une historienne pour qu'elles refassent surface. Aujourd'hui, ceux qui mettaient en doute la fabrication du gaz mortel ergotent et affirment que le produit français, livré à l'armée allemande, n'a été utilisé que dans la lutte contre les parasites, animaux et insectes.
Quelques dizaines d'années plus tard, le nuage radioactif venu de Tchernobyl aura les mêmes égards pour le territoire national et suspendra son vol à l'approche de nos frontières. La terre et la flore disent le contraire, pour des centaines d'années. Il suffit d'y aller voir. Comme dans les archives...
Les originaux des divers documents sauvés par François Copie ont été déposés au Centre de Documentation Juive Contemporaine (CDJC), et certains figurent en annexe du livre de Annie Lacroix-Riz, Industriels et banquiers sous l'Occupation, paru chez Armand Colin.
Mention CDJC-Fonds Lacroix-Riz obligatoire

_________________
Bonapartiste et réunioniste

«Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cent protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir… » Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD
Revenir en haut Aller en bas
http://forum-francophone.bbactif.com
 
France et gaz mortels ...
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» les 10 animaux les plus mortels et vénéneux du monde
» Virus mortel à Londres

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
FORUM FRANCOPHONE © :: Culture :: Histoire : de la préhistoire à nos jours :: L'époque contemporaine-
Sauter vers: