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 Georges FRÊCHE un cas !

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MessageSujet: Georges FRÊCHE un cas !   Mer 03 Fév 2010, 12:13 pm

Source : http://www.lexpress.fr/region/languedoc-roussillon/georges-freche-tyran-et-titan_844950.html

George Frêche, tyran et titan

Par Jacques Molénat, publié le 28/01/2010 à 08:51 - mis à jour le 03/02/2010 à 10:08

Citation :
L'actuel président de la Région Languedoc-Roussillon collectionne les polémiques. Dernière en date, à propos de Laurent Fabius: "il a une tronche pas catholique". Une phrase lâchée à L'Express, qui décrit Frêche comme grossier, autocrate, mais aussi fin stratège. Portrait.

Il est grossier, cynique, autocrate, démagogue... Mais il est aussi un intellectuel brillant, fin stratège, qui restera comme un grand maire de Montpellier. Le président sortant de la région, de nouveau en campagne, est un homme plus complexe qu'il n'y paraît.

Georges Frêche a le génie des scènes hallucinantes. Le 5 octobre 2009, alors que s'ouvre le conseil municipal de Montpellier, il avise le premier adjoint, Serge Fleurence: "Salut, traître. Je vais te couper les couilles et tu ne t'en rendras même pas compte." Il apostrophe un autre élu, le Pr Jacques Touchon, ancien doyen de la faculté de médecine: "Toi, je vais te saigner comme un poulet." Les interpellés? Deux proches d'Hélène Mandroux, la maire PS que Frêche a mise en place en 2004, mais qu'il ne supporte plus et qu'il a entrepris d'isoler.

Ainsi se donne à voir l'homme le plus puissant du Languedoc-Roussillon, patron (divers gauche) du conseil régional et de la communauté d'agglomération de Montpellier. Ce potentat fustigé pour avoir traité des harkis de "sous-hommes" et déploré le trop grand nombre de Blacks dans l'équipe de France de football, mis à la porte du Parti socialiste en janvier 2007, a pourtant de bonnes chances d'être réélu à la tête de la région, avec la bénédiction contrainte de Martine Aubry. Un sondage Sofres commandé par le PS et publié le 20 janvier dans Midi libre laisse présager sa victoire.

Intellectuel sanguin et retors, Frêche entend savourer, le soir du 21 mars, un moment d'extrême félicité: la confirmation par les électeurs qu'il reste ici le plus fort et le plus malin. Lui en est depuis toujours convaincu: sa maman institutrice a élevé ce fils unique comme un petit dieu, exigeant de lui qu'il soit toujours le premier de la classe. Etre partout le chef: cette ambition vient de loin.

"Fabius a une tronche pas catholique"

A 71 ans, Georges Frêche reste un insatiable du pouvoir. Son atout: une personnalité kaléidoscopique qui ne se limite pas à l'image du sale gosse prenant un vif plaisir à transgresser les codes de la bienséance, à faire sonner ses quatre vérités urbi et orbi, quitte à s'offusquer de l'effet boomerang de ses incartades: "Dans ce monde de faux-culs, se désole-t-il, on ne peut pas dire ce que l'on pense."

Pourtant, lui-même ne se freine guère. En 2007, quand les socialistes toulousains se cherchent un leader pour l'élection municipale, il lance, émule de Tartarin: "Je devrais me présenter. Dans cette ville, quand j'étais étudiant, j'ai baisé 40% des Toulousaines."

L'une de ses activités de prédilection est le jeu de massacre. Personne n'y échappe, surtout pas ses ex-camarades socialistes. François Hollande n'a "pas de colonne vertébrale". Ségolène Royal dit "beaucoup de bêtises" sur la Chine. Laurent Fabius qui s'est permis, sur Canal +, de dire qu'il ne serait pas sûr, s'il était électeur en Languedoc-Roussillon, de voter pour Frêche, a droit, lui, à un uppercut de style très lepéniste: "Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème: il a une tronche pas catholique."

S'il aime frapper fort et, à l'occasion, répandre la terreur, Frêche sait aussi faire taire le satrape qui est en lui pour se couler dans des personnages plus avenants. Par exemple, le tribun à l'ancienne, capable d'électriser une salle. Le séducteur trouvant les mots qui emballent des groupes éclectiques: pieds-noirs, juifs, francs-maçons, musulmans, socialistes, gays, protestants...

Le lettré troussant un récit captivant de la Longue Marche de Mao ou tirant de l'oubli un épisode méconnu de l'histoire du Parti communiste. L'historien apte à mener un dialogue de haute volée sur le gallicanisme avec le cardinal Jean-Marie Lustiger...

La stature intellectuelle de Frêche, son aptitude à décider, son sens de la stratégie et de la tactique, sa façon habile -parfois brutale- de se placer au centre du jeu, toujours en position dominante, impressionnent les élus locaux. Le confort, pour eux, est de lui faire allégeance.

D'autant que le chef, lorsqu'il distribue les délégations, ne lésine ni sur les indemnités ni sur les voyages. Depuis 2004, sans desserrer la forte emprise qu'il exerce sur les élus de l'agglomération et de la ville de Montpellier, Frêche a su faire de l'hôtel de région un lieu de vassalisation supplémentaire. Devenus grâce à lui conseillers régionaux, les premiers secrétaires des cinq fédérations socialistes sont désormais sous sa coupe.

1,2 millions d'euros dans les caisses de Midi Libre en 2008 venus de ... Frêche

Il s'est mué, de facto, en patron régional du PS, position inexpugnable sur laquelle a glissé son exclusion du parti par les instances nationales. Les socialistes régionaux soumis, Frêche s'est ensuite attaché à neutraliser les maires UMP de Languedoc-Roussillon en subventionnant largement leurs projets. Du coup, aujourd'hui, c'est du bout des lèvres que ceux-ci soutiennent Raymond Couderc, sénateur maire (UMP) de Béziers et principal adversaire du président sortant.

La presse? Il l'envahit à double titre, rédactionnellement et commercialement. Pour les journalistes du cru, Frêche est le meilleur des clients: sa faconde, ses formules assassines, ses fulgurances géostratégiques, ses confidences off sont pain bénit.

En devenant le client publicitaire numéro un de la presse écrite locale, il est également la providence, pas totalement désintéressée, d'entreprises fragilisées par la crise. En 2008, d'insertions en partenariats, le conseil régional a fait tomber 1,2 million d'euros dans les caisses de Midi libre. Deux ans auparavant, au lendemain d'articles qu'il jugeait désagréables, le président de la région avait, dans un accès de fureur, stoppé net les "subventions" à Midi libre avant de les rétablir progressivement huit mois plus tard. Depuis ce coup de semonce, l'épée de Damoclès publicitaire est suspendue au-dessus des têtes des journalistes du quotidien. Ce n'est pas nécessairement un encouragement à l'audace.

Ambivalence

Avec Paris, Frêche, féodal jacobin, joue l'ambivalence. L'Etat à son service, ce serait l'idéal. Mais, le plus souvent, c'est la guerre. Il a naguère traité Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, de "grand mamamouchi à talons compensés" et pronostiqué sa défaite à la présidence de la République: "Les Français n'éliront jamais un cocu." Ce qui ne l'a pas empêché de se féliciter de son succès devant la communauté israélite de Montpellier -un "président juif !" - ni de s'assimiler aujourd'hui au chef de l'Etat vitupéré pour avoir jeté à un insolent, au Salon de l'agriculture, "Casse-toi pauvre con": "Avec Sarkozy, on se ressemble comme deux gouttes d'eau", s'est-il attendri.

"Les gens m'aiment !"s'enthousiasme Georges Frêche, faisant fi de ceux, nombreux, qu'il a horrifiés, humiliés, voire écrasés. Il feint d'oublier que, parmi ses fidèles les plus empressés, figurent beaucoup d'obligés qui lui sont redevables d'un mandat, d'un marché ou d'un emploi. Il n'empêche: Frêche a, dans tous les milieux, des admirateurs qui lui vouent une dévotion sans borne, parfois même déraisonnable: "Il m'assassinerait, je resterais frêchiste", reconnaît la conseillère régionale PS Anne-Yvonne Le Dain.

Le 10 décembre dernier, Radio France Hérault donne la parole à ses auditeurs. Ce matin-là s'élève un concert de louanges en l'honneur de Georges Frêche. Une opération de communication orchestrée en sous-main par des zélateurs? Vérification faite, pas du tout. Zora, d'origine algérienne, est employée à la blanchisserie du CHU: "J'arrivais à Montpellier. Frêche ne me connaissait pas et il m'a aidée à entrer à l'hôpital. C'est un homme de coeur." Nicole, retraitée d'Unilever et membre de la chorale de la cathédrale: "Je ne suis pas de son bord, c'est un homme grossier, mais il a fait de Montpellier une ville sensationnelle." André, directeur de projet, "plutôt UMP": "J'aime sa prestance intellectuelle."

La faveur populaire va à l'homme qui a "fabriqué" Montpellier, hissant sa ville au rang de métropole, même si la geste frêchienne en rajoute dans la "métamorphose" de la "cité assoupie": en 1977, quand Frêche s'est emparé de la mairie, Montpellier avait déjà amorcé son décollage - et il a su le poursuivre avec maestria. Appliquée depuis six ans à la région, la méthode montpelliéraine - volontarisme, organisation, médiatisation - n'a pas encore donné de résultats économiques probants.

Frêche avec Jaurès, Lénine et Mandela?

Mais l'acharnement reste intact. Gérard Maurice est le patron de Sogea Sud, une entreprise dont l'essor est lié à l'envol de Montpellier, également président du Conseil économique et social. Il a vu agir Frêche à Tanger en VRP du port de Sète, multipliant, quatre jours durant, échanges et négociations avec les autorités marocaines dans la perspective d'une nouvelle liaison maritime entre Tanger et Sète : "Il était fatigué, mais son énergie et sa pugnacité m'ont stupéfait."

Depuis deux ans, Frêche, diminué physiquement, ne se déplace qu'appuyé sur l'épaule d'un ami ou d'un collaborateur. Se reposer ? Pas question. Son tempérament le prédispose à ne lâcher aucune prérogative. Il laisse même entendre qu'en 2014 il se représentera à la présidence de la région. A l'évidence, seule la mort l'arrachera au pouvoir.

Son dernier rêve n'est pas formulé, mais il est transparent. A Montpellier, dans le nouveau quartier d'Odysseum, Frêche a programmé l'installation en 2011 de statues en bronze de dix grands hommes du XXe siècle: Jaurès, Lénine, Churchill, de Gaulle, Mao, Mandela... En modèle réduit, il les a déjà réunis sur son bureau. Et s'il était choisi pour compléter l'aréopage, puisque le "peuple de l'agglo" sera sur ce point consulté? Le titan du Languedoc-Roussillon accueilli dans le cercle des géants de l'Histoire... Ce n'est pas exclu, même si, de Paris, on y verra encore le triomphe provincial d'Ubu roi...

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Bonapartiste et réunioniste

«Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cent protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir… » Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD
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