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 Jour J : tsunami séparatiste en vue ?

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MessageSujet: Jour J : tsunami séparatiste en vue ?   Dim 13 Juin 2010, 3:20 pm

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/pourquoi-le-nationaliste-flamand-bart-de-wever-est-si-populaire_898818.html?XTOR=EPR-181

Pourquoi le nationaliste flamand Bart De Wever est si populaire ?

Par Jean-Michel Demetz, publié le 13/06/2010 à 06:00


AFP

Citation :
Pour Bart De Wever, à la tête du mouvement NVA, la riche Flandre ne doit plus payer pour la Wallonie.

A l'heure des élections législatives anticipées en Belgique, l'ascension du nationaliste Bart De Wever témoigne de la frustration flamande à l'égard des francophones et annonce de nouveaux blocages institutionnels.

Au théâtre le Capitole de Gand, le clown Portios est à l'affiche. Mais, ce dimanche matin, à l'heure de la messe, c'est un spectacle plus sérieux qui attend le public. Bart De Wever, chef de la Nouvelle Alliance flamande (NVA), la formation nationaliste en pointe dans le nord de la Belgique, tient un meeting de campagne. Cet Anversois de 39 ans est le cauchemar des Belges francophones. Car il dit haut et fort que la riche Flandre ne veut plus payer pour la Wallonie, plus pauvre, et qu'il est temps que les deux parties du pays reprennent leur liberté. Mais parle-t-on du même homme? Est-ce bien ce gros garçon, à l'humeur pateline, prompt à enchaîner, sur scène, les petites blagues, qui fait trembler la classe politique belge et pourrait précipiter l'éclatement de la Belgique, au lendemain des élections législatives fédérales du 13 juin?


En Flandre, il est le champion des baromètres de popularité. Et son mouvement, à en croire les sondages, pourrait devenir le premier parti flamand. Pourtant, la NVA, héritière d'une vieille formation nationaliste, la Volksunie, était moribonde lorsque De Wever en reprend les rênes, en 2004, au point qu'il doit s'allier, un temps, au puissant parti chrétien-démocrate. Mais, en 2009, lorsque le leader de la NVA participe à un jeu télévisé sur une chaîne flamande, sa popularité s'emballe. Des jours durant, le public découvre avec ravissement un esprit futé, séducteur, drôle. Car cet agrégé, fin analyste politique, est aussi coutumier de provocations, souvent bonhommes. Et tant pis si chacune détricote un peu plus, l'air de rien, le manteau belge. A la naissance de son quatrième enfant, en 2007, ce conservateur bon teint qui peste contre les transferts financiers de la Flandre vers la Wallonie envoie ainsi un SMS au chef des chrétiens-démocrates: le bébé réclamerait, au premier biberon, la scission des allocations familiales... En janvier 2010, il pose avec Miss Belgique à la Une d'un magazine people, ciseaux à la main et regard coquin.
Ces pitreries ne font pas rire les francophones. Lesquels n'oublient pas que le nationaliste a qualifié de "gratuites" les excuses des autorités d'Anvers à la communauté juive pour la participation de la ville à la déportation sous l'Occupation. Ni qu'il ose comparer le gouvernement fédéral Leterme à celui de Vichy parce qu'il est minoritaire en Flandre... Pourtant, ce polyglotte cultivé affirme ne pas nourrir d'animosité contre les francophones. Tout juste trouve-t-il qu'ils parlent "avec beaucoup d'emphase" avant de "changer d'avis" sans que cela choque grand monde.

Son but : un Etat flamand indépendant

Si les urnes confirmaient la popularité de la NVA, le monde politique belge risquerait de se retrouver dans une double impasse, au lendemain du 13 juin. Comment gouverner avec une formation qui pense déjà l'après-Belgique? Et, inversement, comment écarter de la prochaine majorité fédérale et de sa tête le parti qui aurait gagné le scrutin dans la région la plus peuplée du pays, la Flandre?
Aux deux questions Bart De Wever a déjà répondu, non sans effronterie. Vouloir emménager au 16, rue de la Loi - l'adresse du Premier ministre - n'est guère un signe d'intelligence, assure-t-il: gouverner la Belgique revient de plus en plus à animer une "conférence diplomatique permanente". Très peu pour lui, merci! Mais il se dit prêt à faciliter l'arrivée d'un Premier ministre francophone, même un socialiste - ce serait une première depuis quarante ans - si c'est la condition nécessaire à un accord sur la réforme de l'Etat belge et la scission de l'arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde, dans la banlieue de la capitale.

Bart De Wever ne cache pas son dessein : voir émerger un Etat flamand indépendant, mais "tranquillement, sans drame ni grand soir". Sans effaroucher, surtout, ses concitoyens flamands, peu portés à l'aventurisme. "Il est non pas un révolutionnaire mais un pragmatique", confirme son ancien professeur Eric Defoort, un des pontes du mouvement flamand. Le fédéralisme belge a fait la preuve de son échec, assure De Wever. Depuis 2007, le pays est en crise politique quasi permanente. Après les dernières élections, il a fallu neuf mois pour voir naître un nouveau gouvernement. En trois ans, cinq cabinets se sont succédé. Cette dégradation du climat fait le jeu du nationaliste. "Malgré la crise économique, la question communautaire reste en tête de l'agenda depuis trois ans, explique Yves Dejaeghere, au centre d'études politiques de la KU de Leuven. La NVA apparaît à l'opinion flamande comme le seul parti capable d'offrir une réponse rationnelle à l'attitude défensive des francophones, opposés à une réforme de l'Etat. Et il donne le la aux autres partis de Flandre.

De fait, "la Belgique est bloquée et ne peut plus rien décider sur des sujets aussi importants que les finances, la justice, l'immigration, argumente De Wever. Les citoyens ne l'acceptent plus. Aussi faut-il poursuivre l'évolution, engagée depuis un siècle, vers deux Etats-nations". Le leader nationaliste propose ainsi d'"inverser la logique" en se faisant l'apôtre d'un "confédéralisme": "Aujourd'hui, quand le Nord et le Sud sont en désaccord sur un dossier, rien ne se passe, c'est le blocage. Demain, s'il y a désaccord, chacun sera libre d'agir à sa guise." A terme, on le devine, les divergences l'emporteront et alors, adieu, la Belgique ! Car, pour cet historien de formation, il est clair qu'"un jour viendra où le niveau intermédiaire entre les régions - Flandre et Wallonie - et l'Union européenne n'aura plus de raison d'être". Ex-ministre des Relations extérieures du gouvernement flamand et fondateur de la NVA, Geert Bourgeois, qui se sent "flamand, européen, citoyen du monde, mais pas belge", renchérit: "Notre but final, c'est deux Etats qui peuvent être amenés à travailler ensemble, en bons voisins." La NVA n'oublie pas de régler son sort à Bruxelles : il suffit que les deux communautés l'administrent conjointement.

"Il préfère l'échec au compromis"

Pour les partis francophones, cette vision de l'Histoire est inacceptable. Officiellement, aucun d'entre eux n'est prêt à engager le pays sur une voie confédérale. "Le confédéralisme, c'est le fédéralisme des cons", a crânement résumé le centriste Francis Delpérée, un éminent constitutionnaliste. Nouvelle crise en vue ? "Si on n'épouse pas sa logique, De Wever préfère l'échec au compromis, témoigne Olivier Maingain, chef des fédéralistes démocrates francophones. On l'a vu lors de la tentative de négociation de 2007. Cela conforte son discours sur la défense des intérêts de la Flandre." Face à ce blocage annoncé, De Wever se fait plus direct: "Nous ne formerons pas de gouvernement tant que nous n'aurons pas obtenu d'accord sur la réforme de l'Etat. Si les francophones s'entêtent dans leur refus, ils risquent de perdre tout. Cela deviendrait dangereux. La sagesse doit les conduire à accepter les changements nécessaires." A défaut, refuser de donner plus d'indépendance à la Flandre pousserait la Flandre à réclamer l'indépendance.

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Bonapartiste et réunioniste

«Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cent protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir… » Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD
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