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 Le 23-1-2011 : la manif belgicaine

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MessageSujet: Le 23-1-2011 : la manif belgicaine   Jeu 20 Jan 2011, 4:31 pm



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MessageSujet: Neutre ou belgicaine la manifestation "Shame" ?   Dim 23 Jan 2011, 6:30 pm

Finalement la manifestation "Shame" semble avoir été un succès car elle a dépassé son objectif initial qui était de rassembler plus de 30.000 manifestants mais contrairement aux consignes de ses organisateurs (flamands pour la plupart) on a vu ressurgir pour la première fois depuis 2007 nombre de drapeaux tricolores ! Alors, manifestation neutre pour garantir aux Belges une stabilité sociale mise à mal par l'absence d'un gouvernement ne disposant pas des pleins pouvoirs près de 8 mois après les élections ou regain de belgicanisme ?

Citation :
http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/01/23/une-marche-de-la-honte-a-bruxelles-pour-denoncer-l-impasse-politique_1469539_3214.html

Une marche de la "honte" à Bruxelles pour dénoncer l'impasse politique

Le Monde.fr | 23.01.11 | 17h43




Entre de 30 000 et 40 000 Belges ont participé dimanche 23 janvier à Bruxelles à une marche de la "honte" inédite pour dénoncer la crise politique d'une durée record qui menace l'unité du pays. AFP/GEORGES GOBET

Bruxelles, correspondant - Quelque 40 000 personnes ont, selon les organisateurs, pris part à un défilé dans les rues de Bruxelles, dimanche 23 janvier. Cette manifestation visait à protester contre l'impasse politique dans laquelle se trouve toujours la Belgique. La police a chiffré à 34 000 le nombre de manifestants. C'est bien plus que ce qu'espérait le comité "Shame" (Honte), né sur Internet et qui regroupait, au départ, quelques étudiants soucieux qu'un gouvernement soit enfin mis en place, sept mois après les élections législatives.

Sans véritable slogan, le défilé rassemblait des néerlandophones et des francophones de tous âges. Seule une minorité des participants était habillée de blanc, comme l'avaient demandé les promoteurs du projet. En revanche, un bon nombre de drapeaux belges étaient arborés, alors que les organisateurs avaient pourtant invité les participants à écarter ce symbole d'une Belgique unitaire aujourd'hui dépassée dans les faits.



C'est la première fois depuis les législatives belges du 13 juin que des citoyens ordinaires expriment massivement leur exaspération face à l'impasse actuelle. AFP/GEORGES GOBET

Des pancartes reprenaient les formules les plus diverses : "Qui veut peut !", "Pour une politique responsable", ou – arboré par des jeunes socialistes francophones et flamands – "Tuer notre avenir est un crime". Plus drôles, on relevait aussi "C'est si bon de conclure !", "Champions du monde" - une allusion au fait que le pays battra, dans quelques semaines, le record irakien de la plus longue crise politique – ou "Martine sans gouvernement", une allusion à l'héroïne de livres pour enfants, dont le créateur, Marcel Marlier, est décédé il y a quelques jours.



"Qu'est qu'on veut ? Un gouvernement", scandaient les protestataires, jeunes souvent, et habillés pour certains de combinaisons blanches, au 224e jour de la crise politique qui prive le pays de gouvernement. AFP/GEORGES GOBET

Les organisateurs se sont réjouis de leur succès. Selon l'un d'eux, le défilé ne sera "qu'un début" et aura des conséquences politiques. De nombreux acteurs et observateurs attendaient une estimation du nombre de participants mais sont désormais convaincus que le défilé pèsera sur la négociation en cours.


Celle-ci se poursuit vaille que vaille, sous la conduite de Johan Vande Lanotte, le "conciliateur" remis en selle par le roi Albert II après sa démission, au début du mois de janvier. Le sénateur socialiste flamand poursuit des contacts séparés avec des partis des deux grandes communautés nationales pour tenter de trouver une issue à la crise institutionnelle. Une note de compromis qu'il avait élaborée a été rejetée par les deux principaux partis flamands.

La Nouvelle alliance flamande (NVA, droite indépendantiste) s'oppose tout à la fois à des propositions qu'elle juge trop favorables aux francophones et au principe même de la négociation à sept partis (trois francophones, quatre néerlandophones) qui garde les faveurs de M. Vande Lanotte.

Samedi 22 janvier, Bart De Wever, le président de la NVA, a invité ceux qui souhaitent exclure son parti d'un éventuel gouvernement à le "faire savoir". Il visait les manifestants de dimanche mais aussi les politiques tentés, selon lui, d'"instrumentaliser" ce défilé. "Si la NVA ne veut pas, ou n'ose pas, entrer au gouvernement, qu'elle le dise elle-même", a répliqué Caroline Gennez, la présidente du Parti socialiste flamand (SpA).

M. De Wever a aussi tenté de retourner l'argument de ceux qui soulignent les risques financiers liés à une prolongation de l'incertitude politique en ciblant "ceux qui préfèreraient que ce pays souffre de graves problèmes financiers plutôt que de le rénover en profondeur". Il s'en est également pris au "vieil immobilisme rouillé" que privilégieraient ses adversaires. Affirmant qu'il voulait, lui aussi, "une solution le plus vite possible", le leader indépendantiste a toutefois confirmé qu'il réclamait toujours une réforme institutionnelle de grande ampleur, de profondes réformes socio-économiques et une politique plus sévère en matière d'immigration.

Dimanche, l'une des représentantes francophones participant aux négociations, Joëlle Milquet, présidente du Centre démocrate humaniste, a invité M. De Wever à "oser s'engager" dans une véritable négociation mais à considérer, également, que les partis francophones ne pouvaient accepter la totalité de ses revendications. "Car alors il n'y aurait plus de Belgique", a-t-elle souligné.

Jean-Pierre Stroobants





Politique belge


Les faits Crise belge : Kris Janssens, le visage de la mobilisation citoyenne


Les faits En Belgique, un début de mobilisation citoyenne face à la crise politique

Les faits Miss Belgique, flamande et contestée par des candidates wallonnes

Blog Benoît Poelvoorde appelle à ne plus se raser tant que la Belgique n'aura pas d'exécutif

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François Barberis
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MessageSujet: Re: Le 23-1-2011 : la manif belgicaine   Dim 23 Jan 2011, 10:13 pm

La manif a donc eu lieu.

On en connaît déjà certains paramètres. On peut donc commencer à en tirer certains enseignements politiques.

a) un succès relatif.
Si le nombre de 30 à 40 mille participants était confirmé, cela constituerait un succès relatif. Un tel nombre équivaudrait à un rassemblement de 180 à 240 mille personnes à Paris entre Bastille et Nation. C'est pas mal.

b) les mots d'ordre et le ton général :
Il faudrait voir plus en détail les pancartes et les manifestants, ce que ne permettent pas les diverses vidéos disponibles. Pas mal de drapeaux tricolores belges, aucun drapeau frappé du coq, de l'iris ou du lion des Flandres.
Il semblerait donc que plus qu'une manif apolitique, il s'est agit d'un remake de la manifestation de Mme Huart il y a 3 ans surtout si la prépondérance wallonne est confirmée au rapport de 9 Fr/1 Fl.

Nous serions donc bien dans une manif qui a réuni les partisans d'une Belgique unitaire ou fédérale, donc essentiellement des personnes du camp Fr., pour exprimer le désir de retour en arrière, mais avec en plus, cette fois-ci, la volonté d'exercer une pression directe sur les négociateurs francophones et plus particulièrement sur Elio Di Ruppo, qui apparaît à mon sens comme le grand perdant, pour qu'il aboutisse à un accord de gouvernement (lisez, pour qu'il cède face aux exigences flamandes)

A l'inverse le premier vainqueur incontestable de cette manifestation est donc la NVA et son leader qui vont pouvoir faire état de cette exigence de résultat exprimée par le camp francobelge pour obtenir toutes les concessions souhaitables et souhaitées.

Le second vainqueur est la presse francophone, surtout Le Soir, qui avait beaucoup misé sur le chiffre de la participation, et qui va donc rebondir pour augmenter la pression sur l'opinion publique formée par les partisans d'une Belgique unitaire et fantasmée.

Par ricochet, peuvent aussi être déclarés vainqueurs le MR et le FDF puisque ceux-ci n'étant pas partie prenantes aux négociations, les exigences de résultats ne les concernent pas. Il sera intéressant de voir comment Olivier Maingain utilisera ce succès relatif.

On peut donc dire, après cette manifestation, que l'espace politique qui est désormais laissé aux partisans d'une scission, à ceux d'une solution Wallo-Brux et à ceux d'un rattachement raisonné ou rigide à la France ne s'est donc pas accru depuis la manifestation Huart en 2007, et peut être même s'est-il réduit. Pouvait-on vraiment espérer qu'il en soit autrement ?

Cette dernière conclusion en entraîne une autre : les partisans d'une évolution constitutionnelle de l'état belge vont devoir, s'ils veulent continuer à exister -et rien n'indique qu'ils sont prêts à baisser les armes - raidir leurs positions politiques et passer d'une démarche de pure explication théorique à une démarche de véritable action politique (l'initiative du GEWIF va dans ce sens et on peut considérer qu'il s'agit de la première démarche visant à internationaliser le conflit. Il y en aura certainement d'autres.)

En conclusion, cette manifestation, succès pour les organisateurs, mais tout profit pour la NVA, va vraisemblablement entraîner un raidissement général des positions des diverses factions en présence : l
- la NVA qui voit se dérouler devant elle un tapis pour augmenter ses revendications;
- la presse belge francophone qui va enchaîner les tirages auprès de son lectorat belgicain, l'amenant à se raidir encore plus;
- les scissionnistes ou séparatistes, qui vont devoir durcir leur position pour continuer à exister, car ceux-ci n'ont pas d'autres choix.

Le royaume des bisounours risque de l'être de moins en moins dans les semaines qui suivent, avec les conséquences que l'on peut imaginer sur le marché de la dette publique.

Il faudra surveiller attentivement le taux sur l'OLO 10 ans du marché secondaire. Il était aux dernières cotations en continu, hier, à 4,22%, plus très loin désormais de l'obligation italienne de même maturité qui était à 4,70%.








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SydneyBristow
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MessageSujet: Re: Le 23-1-2011 : la manif belgicaine   Lun 24 Jan 2011, 12:21 pm

Merci François pour cette analyse, même si son contenu n'est guère réjouissant pour nous affraid

Sur facebook j'ai écrit ceci en réaction:
Shame on you ! A ces (+/-) 35.000 belgicains naïfs et/ou capitulards qui ont défilé dans tout Bruxelles pour un gouvernement rapidement à n'importe quel prix ! C'est une incitation aux négociateurs francophones à tout lâcher : la scission de BHV sans élargissement de Bruxelles, le transfert de compétences pour instaurer un régime d'apartheid avec une justice et une sécu différentiée (entre autres) ... manif "apolitique" organisée par 4 étudiants dont le fils du ministre CD&V De Clerck comme par hasard ! C'est de la soumission organisée ! J'espère que malgré cela, le MR-FDF restera droit et ferme sur nos droits et nos valeurs !
Le message circule bien, j'en suis même étonnée ! Very Happy

Aujourd'hui, on en sait un peu plus sur la répartition régionale des manifestants : 44% de Bruxelles - 21% de Flamands - 35% de Wallons.
Des galeries photos sur les sites des journaux permettent de voir un peu mieux les slogans et accoutrements des manifestants: beaucoup de drapeaux belges malgré la consigne de ne pas les sortir, des slogans belgicains et quelques autres soit en faveur de la NVA soit en faveur de la défense des Francophones (comme celle-ci que les organisateurs ont fait retirer http://portfolio.lesoir.be/main.php?g2_itemId=572669 ), mais surtout du poujadisme et de la bêtise.
Forcément qu'il y a plus de manifestants flamands puisque cette manipulation belgicaine vise à nous soumettre !!

Comment réagira le FDF ? Olivier Maingain organise un congrès avec les voeux du parti le 30 où il nous promet "un message important en relation avec les négociations institutionnelles". Il y aura aussi un invité surprise qui réjouira tous les défenseurs des droits des Francophones sunny
A suivre très attentivement ...

Je crois aussi que les positions vont se radicaliser et qu'on va vivre de la violence : entre Flamands extrémistes et Francophones, entre belgicains capitulards et résistants francophones ... qui sait ?

L'agression du bourgmestre de Wezembeek à son domicile par le TAK n'est qu'un début. Damien Thiery qui jusque là ménageait la chèvre et le chou (en ordonnant l'expulsion des ces excités du conseil communal en dernier recours, quand ils deviennent violents et vocifèrent trop fort pour la bonne tenue du conseil), a décidé de les réprimer plus fermement. Ce qui risque d'aboutir à encore plus de violence, avec des descentes massives en car pour semer la terreur, mais malgré ça je suis d'accord avec lui: au point où nous en sommes nous devons nous défendre avec vigueur quoi qu'il arrive ensuite !
http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/637850/damien-thiery-pret-a-hausser-le-ton-face-au-tak.html

Daniel Bacquelaine a rebondi sur cette agression pour souligner l'importance de l'élargissement de Bruxelles, mais les autres partis francophones réagissent mollement ... et les partis flamands pas du tout !
http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/637839/bourgmestre-de-wezembeek-bacquelaine-reclame-des-suites-judiciaires.html

Je sens que je vais déprimer sérieusement si les choses continuent à évoluer dans ce sens : il est temps que le FDF organise à son tour un mouvement massif, mais pour la défense et l'affirmation des Francophones !!
Ma mère me supplie de rentrer à Liège si les Bruxellois veulent se soumettre à la Flandre, mais comment faire alors que tous les emplois y sont subsidiés PS ?! Crying or Very sad
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MessageSujet: Réactions flamandes à "Shame'   Lun 24 Jan 2011, 5:35 pm

Voici un résumé des réactions flamandes à cette manifestation "spontanée" ...

Citation :

Source : http://levif.rnews.be/fr/news/actualite/belgique/shame-la-manifestation-a-la-une-de-tous-les-journaux-flamands/article-1194930580864.htm?utm_source=Newsletter-24-01-2011&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-Site-LeVif-FR-fr


lundi 24 janvier 2011 à 08h58
Shame : la manifestation à la "une" de tous les journaux flamands


Le compte-rendu de la manifestation SHAME qui a traversé dimanche les rues de la capitale se trouvait lundi à la "une" de tous les journaux flamands également. Plusieurs éditorialistes flamands voient dans le défilé de dizaines de milliers de personnes mobilisées un signal fort, mais certains se demandent précisément de quel signal il s'agit.

"Maintenant aimons nous tous". © Belga


Plus d'infos




Dans Het Laatste Nieuws, Jan Segers estime que l'appel lancé à tous les négociateurs, les invitant à mettre un peu d'eau dans leur vin, l'a été à bon droit, mais "qui doit mettre combien d'eau dans son vin? ", interroge-t-il.

Et une fois qu'il sera mis sur pied, ce gouvernement tant attendu, que devra-t-il faire pour garantir la prospérité des prochaines générations, poursuit-il. A ce sujet, les gens qui ont défilé dimanche ont des idées parfois divergentes, voire carrément opposées, souligne l'éditorialiste.

Dans De Standaard, Guy Tegenbos parle de "signal fort" mais avec un contenu dual. Il estime que la véritable différence réside dans les visions opposées sur l'avenir de ce pays composé de deux communautés. Une ligne invisible séparait ainsi les manifestants, estime l'éditorialiste. Leur message était fort mais sa signification était double. Les choses doivent avancer, c'est certain, mais comment, interroge Guy Tegenbos.

Eric Donckier estime dans Het Belang van Limburg qu'il n'existe pas d'alternative. "Ce n'est que lorsque tous les niveaux politiques seront placés face à leurs responsabilités et qu'ils devront supporter eux-mêmes les conséquences de leurs décisions que nous trouverons des solutions. Cela implique une réforme de l'Etat. Les politiciens responsables le savent. Ils pourraient néanmoins mettre les bouchées doubles", estime-t-il.

"Un signal oui, mais qu'en feront les partis? ", demande Dirk Castrel dans la Gazet van Antwerpen. Pour lui, les partis ont rapidement fait savoir qu'ils avaient capté le signal lancé par les manifestants. Ils ont tous montré de la compréhension pour la patience des citoyens mise à rude épreuve et ont tous affirmé vouloir à nouveau négocier. S'ils n'y arrivent pas cette semaine, qu'ils nous le fassent savoir, comme ça nous serons au moins sûrs d'une chose. Capter le signal, cela signifie aussi clarifier rapidement la situation, estime l'éditorialiste.

Dans Het Nieuwsblad, Liesbeth Van Impe établit une comparaison entre la situation politique et un duel de western. Le problème, selon elle, est que les acteurs principaux ne peuvent pas faire autre chose pour le moment que de rester parfaitement immobiles. Elle estime que la manifestation a néanmoins démontré que les gens ont compris la nécessité de céder un petit peu pour débloquer la situation.

Bart Eeckhout dans De Morgen voit dans la manifestation la confirmation d'un glissement dans notre vie sociale. "Les gens se lient, s'engagent et s'expriment toujours avec la même force qu'avant, mais ils le font moins via les canaux traditionnels. Politiciens, syndicats, associations ou mouvements d'étudiants, personne ne savait comment interpréter de cette manifestation. 40.000 personnes n'ont pas eu besoin d'eux pour descendre dans la rue, constate l'éditorialiste.




Le Vif.be, avec Belga

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MessageSujet: Re: Le 23-1-2011 : la manif belgicaine   Lun 24 Jan 2011, 6:14 pm

Les contradictions de cette manifestation, lancée sans mots d'ordre, apparaissent désormais amplement.

Le billet de Marcel Sel, toujours aussi virtuose dans le maniement de la plume, décrit très bien ces contradictions et la vacuité de la situation ainsi créee. Je crois qu'il parle de mouvement magmatique. On ne peut mieux dire !

La situation, loin de se décanter, apparaît encore plus embrouillée qu'avant.
La force d'inertie belgicaine ne semble pas s'être affaiblie depuis la manifestation de Mme Houard, mais apparaît toujours autant sans consistance politique réelle, sans direction programatique et prospective, autre que l'arrimage au passé fantasmé.
Or toute évolution de la situation dépend de l'évolution de cette partie de l'opinion publique, la plus acharnée à s'agripper à un passé définitivement révolu mais qu'elle tente de retenir.

Tout cela est assez pathétique, et laisse l'espace libre aux extrêmes des deux bords.

Sur le plan tactique, la balle est désormais dans le camp du MR-FDF, la seule formation du camp fr. qui n'est pas ''mouillée'' par l'échec réitéré des négociations.
Cette ouverture tombe mal pour le MR qui est en pleine élection interne. Reste Olivier Maingain. C'est pour lui une occasion historique de tenter d'émerger du magma et de poser des préalables politiques clairs. Saura-t-il saisir sa chance ?

Toute possibilité de médiation européenne vient d'être balayée par un Junker qui a déclaré que la situation belge ne présentait pas de risque pour Union européenne et la zone euro. Traduisez : Débrouillez-vous, on ne veut rien savoir !
C'est un silence encore plus total du côté de la Commission et du parlement. Ce silence a un sens politique et diplomatique concret, bien qu'implicite. Le silence du parlement et de la commission signifie que ces deux instances ont bien fait la séparation entre l'UE et la Belgique, simple état membre; et que le fait que le siège soit situé à BXL n'autorise pas une immixtion dans les affaires intérieures d'un membre. Ce serait la même chose si cela se passait à malte ou à Lisbonne.

On peut dire que nous vivons un de ces moments où l'histoire semble hésiter entre plusieurs voies. Qui osera forcer le destin ?


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MessageSujet: Re: Le 23-1-2011 : la manif belgicaine   Mar 25 Jan 2011, 10:05 am

Bonjour François (et tous les autres ;-) )

Le nouveau président du MR sera connu vendredi ce qui pourrait débloquer les négociations institutionnelles. Un ami FDF a suggéré que la bande des 7 attendait peut-être de savoir qui sera président du MR-FDF avant d'avouer l'échec des négociations à 7 pour tenter une formule avec d'autres partenaires. C'est très possible.

Le dernier débat entre les candidats a eu lieu hier soir. D'après des échos de gens qui y étaient, Bacquelaine aurait été meilleur que le fils Michel qui aurait commis des maladresses, et le public convaincu par Bacquelaine. C'est de bon augure dans un public jeune qui aurait naturellement tendance à se sentir proche du fils Michel.

Quelques allusions au rattachisme aussi dans ce débat, avec une attaque malhonnête du fils Michel (il connaît certainement l'organisation politique actuelle de la France mais agite la légende du préfêt corse ou breton qui viendrait nous donner des ordres pour dégoûter les gens du rattachisme. Ce petit parvenu arrivé aux plus hautes fonctions grâce à son papa ne serait rien en France et il le sait)
http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2011-01-24/le-dernier-debat-entre-michel-et-bacquelaine-817251.php

Citation :
Le dernier débat entre Michel et Bacquelaine
MARTINE DUBUISSON

lundi 24 janvier 2011, 22:15


Charles Michel et Daniel Bacquelaine, candidats à la présidence du MR, ont débattu lundi soir à l'ULB à l'invitation des Jeunes MR. Les deux hommes se sont surtout accrochés sur l'idée du rattachisme. Difficile de dire à l'applaudimètre qui l'a emporté. Par Martine Dubuisson



Deux candidats, deux looks : Daniel Bacquelaine avec cravate, Charles Michel sans. Le dernier débat entre Charles Michel et Daniel Bacquelaine, candidats à la présidence du MR, a eu lieu ce lundi soir à l'ULB, à l'invitation des Jeunes MR.

Questions « Tout le monde veut prendre sa place »Parmi les questions « Tout le monde veut prendre sa place » :

Si tu es président du MR, qui choisis-tu comme vice-président exécutif ?

Michel choisit Bacquelaine, et Bacquelaine choisit Michel…

Et pas Richard Miller, ou Willy Borsus, ou Armand De Decker.

Si le MR est à la table des négociations, qui sera dans la délégation ?

Tous deux répondent : Didier Reynders et Olivier Maingain en plus du président.

Un plan B pour la Belgique ?

Daniel Bacquelaine choisit la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pas le rattachement à la France. Mais précise qu'il s'agit de son plan A.


Comment Charles Michel considère-t-il le MR ?

Comme un parti libéral (plutôt que de droite ou de centre-droit).

Sont-ils pour ou contre l'adhésion de la Turquie à l'Europe ?

Tous deux contre.

Ma. D.
La soirée a commencé sur le calque du jeu télé « Tout le monde veut prendre sa place ». Chaque candidat a dû répondre à trois séries de questions : pour la première, ils devaient répondre « cash », sans propositions ; pour la deuxième, ils pouvaient choisir dans un « carré » de propositions ; pour la troisième, ils devaient choisir dans un « duo » de réponses.

La deuxième partie de la soirée s'est déroulée sous la forme d'un vrai débat animé par le journaliste Thomas Gadisseux.

Première question : quelle idée du Memorandum des Jeunes, chaque candidat rejetterait ?

Daniel Bacquelaine : « La suppression des allocations de chômage dans le temps : je suis pour la dégressivité mais contre la suppression totale dans le temps ».

Charles Michel : « Je ne refuse pas le cumul entre parlementaire et mandat communal. Il faut plutôt réglementer les conflits d'intérêts. »

L'élection interne est-elle regrettable ou était-elle nécessaire ?
Daniel Bacquelaine : « Personnellement, je ne voulais pas prendre la place de Didier Reynders. Soyons très clairs. (applaudissements). Je voulais donc que Didier Reynders aille au bout de son mandat. »

Charles Michel : « Il était nécessaire de rendre la parole aux militants. La question touchait au cumul des mandats de président et de ministre. Ce cumul, surtout après 2007, devenait difficile et ne permettait plus de dynamiser le parti sur le plan interne. » (Applaudissements)

Question suivante : Dans cette campagne interne, y a-t-il des manipulations en coulisses – appels collectifs à soutenir un candidat et bulletins de vote arrivés à des non-membres MR ?

Michel : « Certainement pas. Il a des problèmes de fichiers. Et il ne faut pas confondre consignes de vote et soutiens. » (applaudissements)

Bacquelaine : « Le soutien de tout membre du MR est légitime, mais des consignes collectives peuvent apparaître comme des signes de pression. »

Michel : « C'est curieux de considérer que les militants sont influencés par des pressions. Ce vocabulaire est excessif. »

Les deux candidats jugent qu'une négociation entre les quatre plus grands partis (PS, MR, N-VA, CD&V) est une « possibilité », mais qu'elle ne dispose pas de la majorité des deux tiers à la Chambre.

Sur le communautaire :

Daniel Bacquelaine défend la fédération Wallonie-Bruxelles : « Les Wallons n'ont pas envie de se retrouver tous seuls avec une sorte de république socialiste pendant 30 ans. »

Charles Michel défend aussi la fédération Wallonie-Bruxelles, mais ajoute : « Je ressens chez Daniel, et je le dis en toute amitié et avec respect, un sentiment romantique pour un rattachement à la France. En aucun cas je n'envisage la Wallonie dirigée par un préfet corse ou breton. » Applaudissements et huées…

Bacquelaine réfute : « Je défends l'intégration de Bruxelles et de la Wallonie dans la francophonie, en Europe. Mais la seule solution pour nous en sortir, c'est la Belgique fédérale. Qu'on arrête de pinailler sur ça, tu as de meilleurs arguments, Charles. »

Michel : « Je me réjouis de cette position claire. Mais quand dans des réunions internes, entre députés, on exprime ce point de vue (rattachiste), il faut pouvoir l'assumer. Mais je prends acte avec grand plaisir de ta réponse. »


Bacquelaine. « Merci. »

Quelle doit être la place du FDF à l'avenir, et a-t-il une place trop importante aujourd'hui ?

Bacquelaine : « On est le premier parti à Bruxelles grâce aux libéraux et au FDF. C'est la richesse du MR de bénéficier de cette diversité pour autant que l'action politique soit cohérente. (…) Pour les élections communales, il faut des listes unies, et que nous nous retrouvions tous sur une liste unique. »

Michel : « Le FDF est une valeur ajoutée pour le MR, comme le mouvement libéral l'est à Bruxelles aussi. Il faut plus de dialogue pour qu'on s'exprime d'une seule voix après avoir débattu entre nous. Et cultiver entre nous le plaisir de travailler ensemble. C'est la clef du succès futur et cette élection interne le permettra plus à l'avenir. »

Dans quel état d'esprit êtes-vous après deux années tendues au MR ? Il faut oublier, pardonner ?

Michel : « Il ne s'agit pas d'oublier et il n'y a pas de fautes si graves qui aient été commises qu'il faille un pardon. A l'avenir, il faut mener le débat à l'intérieur du MR. Cette campagne doit être le point de départ pour un nouvel élan. Concentrons notre énergie pour convaincre les gens de nous rejoindre. »

Bacquelaine : « On a connu une période difficile. J'ai toujours conçu mon action politique dans la loyauté et la recherche de l'unité. Le respect du aux militants, c'est aussi le respect de la structure qu'ils ont choisie. Il faut se mettre en état de marche. Nous sommes capables d'unité. Tout le monde sait au MR que, si on veut gagner demain, il n'y a pas d'autre formule. »

Le débat s'est terminé peu avant 22h. Difficile de dire, à l'applaudimètre, qui a gagné…
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