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 France : une offre politique irritante !

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François Barberis
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MessageSujet: France : une offre politique irritante !   Sam 12 Mar 2011, 5:37 pm

Bonjour à tous

L'offre politique en France est particulièrement irritante et les sondages ne font qu'accentuer cette impression. Cela ne fait aucun doute : jamais Marine Le Pen ne sera à la tête de l'état. mais en revanche il n'est pas impossible que dans une dizaine d'années un représentant du FN fasse partie du gouvernement. Mais cette évolution ne correspondra pas à une droitisation de l'électorat, mais à une gentryfication du FN qui aura oublié une partie de ses thèses.

Irritante aussi, car les appareils politiques et les centres de recherche qui leur sont attachés sont totalement déboussolés, au sens propre du terme. Essayons de résumer la situation au travers des quatre grandes familles de pensée.

1- La droite extrême du FN :
sa triple thèse de la sortie de l'€, de la préférence nationale et de la reconduite au frontière massive est tout simplement infaisable.
Je rappelle que la sortie de l'€ signifierait pour les détenteurs de l'épargne privée d'entreprise, mais aussi de particuliers, une immédiate moins-value de 500 milliards d'€ née de l'obligation de rembourser des dettes extérieures en devise forte (l'€, qui ne disparaitra pas) avec une monnaie fongible (le nouveau franc), outre la perte d'épargne publique de 850 milliards d'€ (l'état étant obligé de vendre son stock d'or de 2.400 tonnes pour honorer sa dette immédiatement exigible).
La sortie de l'€ c'est donc la paupérisation assurée du pays.
Hors de question alors de prendre en charge, en plus, la part de dette qui pèserait sur la Wallonie et BXL en cas de scission. La sortie de l'€, c'est l'éjection de la France hors de Wallonie et de BXL. C'est la Wallonie et BXL à l'abandon. Jamais les Français, constatant une moins value de leur épargne d'un tiers de sa valeur, n'accepteront de prendre en charge la dette publique wallone et bruxelloise. .

Même infaisabilité pour la préférence nationale : il ne faut jamais oublier que les grandes entreprises françaises réalisent à l'export un CA de 1.300 milliards d'€ par an (2/3 de la PIB), dont une partie est rapatriée et vient consolider la balance des paiements. Si une politique d'exclusion se mettait en place sur le territoire national, nul doute que ces rapatriements seraient menacés au travers des contrats plus difficiles encore à emporter.

Exit donc le FN quant à son offre politique, pour cause d'infaisabilité et de paupérisation assurée de son électorat et de la population, sans même qu'il soit nécessaire de dénoncer ici une nouvelle fois l'indignité de ses positions morales.

2- Le parti socialiste et la gauche démocratique:
Son incapacité à concevoir un programme de gouvernement à 14 mois des présidentielles illustre la profondeur des contradictions doctrinaires qui l'agitent et qu'il est dans l'impossibilité de surmonter. Contradictions insurmontables au demeurant car que dit le PS ? Qu'il faut améliorer les transferts, taxer les ''riches'' (Montebourg, Hollande, Ayrault), ''prendre l'argent là où il se trouve''.
Or, et j'en ai déjà dit un mot, le contrat social français, c'est-à-dire la somme des aides qui sont transférées, tant sous conditions de ressources (aide aux plus pauvres) que hors conditions de ressources (prestations liées à des cotisations) est le plus épais de l'OCDE, tant en valeur absolue (850 milliards d'€ par an) qu'en % de la PIB (env. 47%).
Le chiffre réel est vraisemblablement plus élevé encore, car il faudrait y ajouter les prestations non comptabilisées des sept cent mille associations caritatives, dont les actions et les dons par transfert accroissent considérablement le contrat social.

Les cadres dirigeants du PS savent très bien que tout accroissement de ces transferts d'état ne se ferait que par appel à l'endettement public supplémentaire, lequel a pour effet d'assécher directement les transferts, par la ponction qu'il créé sur les revenus en raison du paiement des intérêts aux détenteurs extérieurs de la dette négociable (2/3 de la dette).

Cette contradiction est tout à fait insoluble : le constat est sans appel. Il est tout simplement impossible d'accroître la base du contrat social français (les transferts sociaux) pour cause d'endettement public limite (de même qu'il est impossible de maintenir le contrat social belge pour endettement encore plus excessif : le contrat social belge est de la même eau que le contrat social français et fonctionne encore plus que son grand frère français sur la base de l'endettement public et de subventions que les Flandriens veulent précisément assécher et assècheront sans nul doute).

C'est pour cela que le PS est dans l'incapacité de proposer un programme de gouvernement à l'opinion publique : il est impossible d'accroître le contrat social en direction des plus défavorisés et en même temps faire reculer la dette. C'est l'un ou c'est l'autre, et c'est nécessairement l'autre (faire reculer la dette), ce qui est le meilleur programme pour échouer aux élections. car on n'a jamais été élu sur un programme disant qu'il faut se serrer la ceinture pour rembourser ses dettes.

Cela ne veut pas dire que le candidat qui se présentera dans 14 mois sous les couleurs du PS ne sera pas élu. Mais cela voudra dire qu'il sera un candidat masqué et qu'arrivé aux commandes il mènera la plus stricte politique de récession du contrat social, en contradiction avec le mandat reçu de ses électeurs et la philosophie même de ce qui fait le PS.
Ce n'est pas faire injure aux nombreux militants sincères du PS que de dire de celui-ci, que leur parti va mourir du fait de cette contradiction impossible à résoudre alors même si ses candidats semblent portés par les sondages. Le PS, vu son absence de programme de gouvernement, aborde la campagne électorale dans un état très préoccupant, même si les sondages semblent mettre son candidat en tête.

3-La famille centriste :
Cette famille a au moins le mérite de tout focaliser sur la nécessité de faire reculer l'endettement public. En ce sens elle pose bien la priorité. Mais elle est dans l'impossibilité de dire comment. Et elle le sera durablement tant qu'elle ne tirera pas les conséquences de sa position de principe : aller vers une hausse de la fiscalité et vers une diminution du contrat social. Car la hausse de la fiscalité ne sera pas suffisante. Pour que l'endettement commence à diminuer, il faut mettre en excédent primaire le budget. C'est-à-dire ramener le déficit bien en deçà des 3% du PIB, plutôt -1,5%. A ce moment-là, et seulement à ce moment-là, l'endettement commencera à diminuer.
La famille centriste est ainsi bloquée dans son élan par son rejet doctrinal du rôle de l'Etat dans l'économie, qui est en fait la seule voie pour parvenir -au travers d'un processus de réindustrialisation- à créer des ressources économiques et fiscales nouvelles.

4- La droite UMPiste enfin :
J'écris UMpiste car je ne sais pas la nommer autrement. C'est cette formation qui est la plus proche d'un programme de gouvernement approprié et praticable, car elle est l'héritière des thèses du Général de Gaulle qui avait bien compris que dans notre pays, par tradition, c'est l'État et l'État seul qui peut impulser la réindustrialisation du pays et contraindre les dirigeants du CAC 40 à consacrer une partie plus importante de leurs investissements productifs au territoire national (exemple : CAP GEMINI a créé l'année dernière 11.500 emplois, dont ... 255 seulement en France). Un pouvoir UMPiste, s'il était moins timoré, pourrait y parvenir et changer les flux d'investissements, de manière à recréer en France, d'abord des sous-traitants dédiés de ces grands groupes en leur garantissant des marchés, sous-traitants qui s'autonomiseront alors très rapidement, accroissant la production dans ce pays.
Cette démarche est dans la plus parfaite tradition gaulliste. Je pense qu'elle a toute chance d'être comprise par les groupes du CAC 40. A condition que le pouvoir ait une stratégie pour les convaincre plus que pour les contraindre. On peut donner à titre d'exemple l'action menée en faveur des chantiers navals et de la construction électro-mécanique. Il faut que ces exemples pour l'instant isolés redeviennent la généralité.

Mais que constate-t-on ? Alors que la formation UMP détient l'héritage gaulliste, elle est incapable de s'en servir et d'imaginer un plan cohérent de réindustrialisation du pays, qu'il faut démarrer à partir des secteurs industriels qui sont hors du champ de contrôle de l'administration bruxelloise : l'industrie de défense, la construction navale militaire, les biotechnologies et en partie la pharmacie.

Il ne s'agit pas de renationaliser la,production, certes. Il s'agit de promouvoir ce plan qui nous fait défaut depuis de si longues années. La réindustrialisation en France ne peut se faire sur le modèle allemand des grosses PME. Cela ne correspond pas à notre héritage culturel. En revanche il devrait être possible d'obtenir l'adhésion puis la participation des grands groupes industriels -qui sont une force de l'économie française- pour la filialisation et l'essaimage d'une partie de leurs activités, actuellement sous-traitées à l'étranger, et leur relocalisation en France.
C'est-là que se situe le point d'application d'un possible effet de levier : relocaliser en territoire national certaines activités qui sont sous-traitées à l'étranger. Ce sera plus immédiat que de développer une activité de RD qui prend des décennies pour assurer le relais. Cela exigera bien entendu une rediscussion du contenu syndical du contrat social. Ça sera difficile avec SUD mais cela peut être possible avec la CGT et avec les autres syndicats réformistes.
Rocard (que Mitterrand avait fait Ministre du Plan) avait raison, mais à moitié seulement. Il faut un plan, non un plan ex nihilo, mais un plan avec l'appui et la dynamique des grandes entreprises pour la relocalisation des activités sous-traitées. Il est peu probable que le PS, tant est grande son aversion pour les groupes industriels, y parvienne.

L'UMP est de fait la seule formation politique qui n'a pas de contradictions idéologiques majeures à résoudre pour produire un programme de gouvernement de relocalisation, de retour de l'État, qui soit acceptable pour les grands groupes, ne les fasse pas fuir davantage (ex. TOTAL, EADS) et qui puisse intéresser les électeurs.
A noter que ce programme serait particulièrement bien adapté aussi à la situation économique et conjoncturelle de Wallonie, qui connaît les mêmes impasses et difficultés que le tissus français. Il suffirait d'une relocalisation d'une centaine d'activités de sous-traitance en Wallonie (du chef d'EADS, EDF, GIAT, par exemple) pour définitivement sortir le territoire du marasme et redonner espoir et confiance aux populations.

Mais cela ne veut pas dire que l'UMP parviendra à produire ce programme et qu'elle arrivera à convaincre l'électeur français d'ici le démarrage de la campagne de 2012, dont je rappelle que les 3 dernières semaines -et uniquement celles-ci, sont décisives pour la fixation des intentions de vote.

Néanmoins je pense que la machine programmatique UMP va se mettre en marche prochainement; la discussion sur la réforme de l'ISF devrait constituer le départ de cette construction. La montée en puissance d'un homme comme Baroin doit être interprétée comme le signe de cet effort de réflexion programmatique.

Cela voudrait-il dire que Nicolas Sarkozy aurait toute chance d'être élu. Non, je pense que NS sera battu.

Mais c'est le NS actuel qui sera battu, car je pense tout aussi fortement que le NS du 2ème mandat n'aura rien à voir avec celui du premier mandat.
De toute façon, c'est un nouveau président et sa nouvelle équipe qui viendra aux commandes. Espérons qu'elle saura recueillir et faire fructifier l'héritage gaulliste, mieux que ne l'ont fait les prédécesseurs.
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MessageSujet: Re: France : une offre politique irritante !   Lun 14 Mar 2011, 11:49 am

Les déliquescences de l'UMP et du PS sont telles que le continuateur de la politique intérieure (et extérieure) de Nicolas SARKOZY serait à trouver au PS en la personne de Dominique STRAUSS KAHN qui fait plus figure d'un social démocrate allemand qu'un doctrinaire socialiste pur jus ! Faudra-t-il donc que le PS supplie le Directeur du FMI d'abandonner sa sinécure lucrative pour redorer le blason de la rue Solférino qui en a grand besoin et pour endiguer l'irrésistible montée de Marine LE PEN ? Un comble alors qu'en 2007 on reprochait à Nicolas SARKOZY, homme de droite, de rabotter les voix du FN ! Osera-t-on chanter l'Internationale au lendemain des présidentielles de 2012 ou aura-t-on la pudeur d'adopter un profil bas tant au PS qu'aux PG, PCF et autres groupuscules des gauches cocufiées ? L'UMP sera certes contraint de faire front contre le FN, démocratie oblige, mais la diabolisation de ce parti risque fort de le propulser vers les 35% lors des prochaines élections !

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MessageSujet: Re: France : une offre politique irritante !   Lun 14 Mar 2011, 1:31 pm

Tout sauf "la France métropolitaine et ultra-Marine" !

Ok je sors Arrow
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