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 Marine LE PEN et les médias

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MessageSujet: Marine LE PEN et les médias   Mer 16 Mar 2011, 11:46 am

Source : http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/649138/les-medias-complice-dans-la-montee-de-m-le-pen.html

Les médias, complice dans la montée de Marine Le Pen ?

LLB

Mis en ligne le 16/03/2011

Citation :
En France, un récent sondage place Marine Le Pen devant Nicolas Sarkozy aux élections présidentielles de 2012. Les médias favorisent-ils cette montée en puissance du FN ?

Uli Windisch, Sociologue, professeur en communication, médias et journalisme à l'université de Genève

Les médias jouent-ils un rôle dans l’ascension de Marine Le Pen ?

C’est certain. Il existe un fossé entre la perception des problèmes par l’élite médiatico-politique et la réalité telle qu’elle est vécue par la population. Cet ethnocentrisme empêche de comprendre ce que les gens ressentent. Aux dernières élections fédérales, un député suisse a estimé devoir revenir au militantisme. Il lui aura fallu subir des échecs électoraux importants pour vouloir être présent sur le terrain, de manière sérieuse et personnelle. Politiques et médias continuent de prendre le citoyen ordinaire pour un imbécile manipulable, sujet aux émotions. Ne pas le prendre au sérieux et le juger sans comprendre ce qui l’a amené à choisir le Front national, cela alimente le cercle vicieux de lui-même. Si l’on abordait les vrais problèmes, l’on comprendrait alors que les solutions proposées par ces mouvements ne sont pas si simples dès lors que l’on envisage une mise en pratique au niveau régional, national.

Qu’est-ce que la présidente du Front national offre aux médias ?

Du spectacle. Et cela compte plus que les thèses défendues. On ne peut plus dire qu’elle est comme son père, elle se garde bien de ses excès. Pour les médias, c’est du pain bénit. Ils diront qu’ils sont obligés d’informer. En face, il faudrait des politiques capables d’affronter les sujets dont elle parle et proposer des solutions claires, nettes, différentes. Le PS français donne une image catastrophique à travers des luttes de personnes. L’UMP organise des coups médiatiques autour de l’identité, de l’islam. Pendant ce temps, Marine Le Pen prend les problèmes les uns après les autres et les médias la suivent jusque dans le sud de l’Italie. Elle a une longueur d’avance, elle joue. Et les journalistes accourent.

Comment sortir de ces liaisons dangereuses?

“La fin prochaine de l’Allemagne”, le livre du ministre allemand Tillo Sarrazin vendu a deux millions d’exemplaires, a suscité de vrais débats et permis de traiter les problématiques de société de façon constructive. En France, sans remettre en cause les personnalités politiques, il faudrait pouvoir dire l’urgence de certains problèmes tels qu'ils sont ressentis, au quotidien, et en débattre au niveau national. Aux Etats-Unis, on vient de constater que la presse écrite était lue par moins de 50 % de la population ! Le monde journalistique souffre d’une image pas très positive, selon une récente étude du “New York Times”. Et, à présent, les choses sont dites telles qu’elle sont ressenties à la base, sur les réseaux sociaux. L’heure est grave. Marine Le Pen va faire un tabac. Des élites, des économistes et des spécialistes de la communication la rejoignent. Et elle est coachée minute par minute. N’est bon en improvisation que celui qui est bien préparé ! Il est temps pour les journalistes de devenir beaucoup plus anthropologues que juges ou curés, en allant voir comment les problèmes se posent, sur le terrain.

Marc Lits, Directeur de l'observatoire du récit médiatique de l'UCL

Marine Le Pen est omniprésente, en ce moment, dans les médias français, cela peut-il avoir un impact dans les sondages?

C’est une question qui n’est pas nouvelle, qui remonte à une trentaine d’années quand son père, Jean-Marie Le Pen, avait été invité dans l’émission politique télévisée, diffusée en prime time, d’Henri-François de Virieu. C’était la première fois que Jean-Marie Le Pen arrivait à la télévision et cela avait fait scandale parce que certains déjà disaient que c’était une tribune qui allait faire monter son audience politique. De Virieu, qui était un journaliste extrêmement rigoureux et honnête disait: Le Pen fait un pourcentage important en termes de voix, on ne peut pas faire comme s’il n’existait pas. On doit pouvoir l’interroger.

Aujourd’hui, en Belgique francophone, il y a la règle du cordon sanitaire appliquée par la RTBF et qui consiste dans le fait que les élus des partis extrémistes ne peuvent pas intervenir en direct sur les ondes.

Ainsi, on peut contrôler tout dérapage qui interviendrait dans des discours extrémistes, qui seraient xénophobes ou autres. En France, c’est un peu différent. Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen ont tous les deux déjà été présents dans les journaux télévisés, dans les émissions de talk show ou dans les débats politiques. Donc, ils en jouent. Jean-Marie Le Pen, dans la provocation, Marine Le Pen, plus finement. Quand elle va à Lampedusa, c’est clair que l’on est dans un système de communication très maîtrisée, très contrôlée. L’idée, c’est d’être présent dans des lieux symboliques pour tenir des propos forts sur des thématiques sensibles en France. C’est vrai que cela met les journalistes en difficulté parce que, formellement, on ne peut pas l’accuser de ne pas respecter les règles démocratiques. Elle ne s’en prend pas explicitement à une population en fonction de son origine ethnique ou autre. On ne peut pas la taxer de racisme ou de xénophobie, elle flirte bien avec les limites tout en restant du bon côté. Et donc cela va être relayé par l’ensemble des médias. Une chose est de lui laisser un temps d’expression plus ou moins proportionnel à ce que représente son poids dans l’échiquier politique, une autre de la surreprésenter en pensant: cela fait un bon sujet, c’est polémique, cela fait discussion, donc on y va.

Que faire alors?

C’est très compliqué. Si on ne lui laisse pas la parole, elle va jouer la victime. Le FN a des élus au Parlement, c’est un parti politique qui a un certain poids (on dit qu’il a plus de 20 % d’intention de votes pour la prochaine présidentielle). Lui interdire la parole ou restreindre son intervention, cela poserait quand même un problème démocratique. Mais en même temps, ce que l’on pourrait peut-être davantage faire, c’est recadrer ses propos. Ce qui est de la responsabilité journalistique. Mettre en garde en disant : attention, il y a là toute une série de propos qu’elle tient qui sont contraires à ce que sont simplement les règles fixées par l’Union européenne, par exemple. Même chose pour la N-VA en Flandre qui tient des propos très durs sur le regroupement familial alors que des conventions européennes existent qui autorisent cela.

Sur le même sujet:

France 2012 : DSK face à Marine Le Pen au second tour, Sarkozy éliminé

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