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 Le PS remportera-t-il les présidentielles de 2012 ?

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MessageSujet: Le PS remportera-t-il les présidentielles de 2012 ?   Mer 08 Juin 2011, 12:27 pm

Source : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/2026;valls-candidat-a-la-primaire-du-ps-la-reelection-de-sarkozy-est-elle-certaine.html

Valls candidat à la Primaire du PS : la réélection de Sarkozy est-elle certaine ?

En dépit des sondages flatteurs, aucun candidat à la Primaire du PS ne présente les qualités que l'on attend d'un futur président. Un handicap insurmontable ?

Citation :
Était-ce la cinquième annonce ? La sixième ? Manuel Valls s'est tellement déclaré si souvent candidat à la Primaire socialiste que l'on ne savait plus très bien, hier, en le contemplant sur TF1, combien de fois on l'avait déjà entendu dire : « je suis candidat ». Le temps de la pré-pré-campagne DSK, Valls avait mis son ambition présidentielle de côté ; DSK empêché, il la reprend. Quoi de plus logique dans sa logique ?

Cette candidature est une mauvaise nouvelle pour le PS. Entendons par là, au-delà de la personne de Valls, qu'elle est l'un des multiples signes annonciateurs de la défaite probable du futur candidat socialiste à l'élection présidentielle 2012. « Pourquoi donc ? » diront les optimistes béats qui se délectent à la lecture des courbes de sondages de Nicolas Sarkozy et estiment que même un zombie baptisé « candidat du PS » sera inévitablement élu l'an prochain.

Pourquoi ? Parce que le simple fait que Valls soit de nouveau candidat à la Primaire démontre qu'il n'existe plus de candidat évident au PS, que cela implique une Primaire aux couteaux, que le vainqueur de la Primaire en sortira affaibli, et que de toutes façons, avant même la désignation finale, cela signifie que personne ne s'impose aujourd'hui comme un « présidentiable » incontestable, potentiellement vainqueur de Sarkozy (comme l'était DSK). En clair, et pour reprendre une expression populaire : au sein du PS, tel qu'il se présente aujourd'hui, personne ne « fait président ». Ni Hollande, ni Aubry, ni Montebourg, ni Royal, ni Valls, ni personne.



En novembre 2006, un sondage BVA pour l’Express, réalisé quelques semaines après la désignation de Ségolène Royal, m'avait éclairé sur le sort de la présidentielle à venir. Cette enquête, quelque peu contradictoire montrait que 42% des Français considéraient sur Ségolène Royal ferait un bien meilleur président de la République que Nicolas Sarkozy (36%). Avec le recul, le commentaire final du sondage est assez bidonnant : « Pourtant, le président de l’UMP est doté aux yeux des Français de nombreuses qualités d’un Président de la République : "le plus d’autorité" (71%), "le plus compétent" (48%), "le plus capable de faire face à une crise internationale" (58%) ou encore celui qui "représente le mieux la France à l’étranger" (46%). Ségolène Royal est considérée comme "la plus sympathique" (65%), "la plus moderne" (49%) et "la plus soucieuse de défendre les intérêts des Français" (48%). Tout se passe donc comme si on assistait à une évolution de l’importance des composantes de la fonction présidentielle pour l’opinion publique : les qualités traditionnellement valorisées, celles liées à la capacité à exercer la fonction (autorité, compétence, …), semblent démonétisées au profit de qualités d’image personnelle (sympathie, modernité…) ».

Amusant non ? Le commentateur avisé, le nez sur le guidon, tel un observateur politique à la Aphatie qui ne voit jamais au-delà de trois jours, n'avait pas vu que tôt ou tard les qualités « présidentielles » de Sarkozy, comparées à celle de Royal, lui permettraient de faire la différence, confondant comme souvent la dimension affective d'un sondage avec le déclencheur du vote au moment de vérité, dans l'isoloir. En fait, ce sondage montrait déjà que Royal ne pouvait pas gagner parce qu'elle « ne faisait pas présidente ». Il fallait être aveugle pour ne pas le voir.

Si l'on procédait à la même enquête aujourd'hui, qu'il s'agisse d'Hollande, de Montebourg, de Valls, de Moscovici, de Royal, et même d'Aubry, on obtiendrait sans doute un résultat similaire à celui de novembre 2006. On ne va pas détailler ici ce qui fait individuellement défaut aux uns et aux autres, faute de place. Mais on peut anticiper ce que serait le résultat : tout prétendant socialiste serait sans doute perçu comme « plus sympathique », « plus moderne » et « plus soucieux de défendre les intérêts des Français » que le président sortant... Mais pour ce qui serait de confier les clés du porte-avions Charles de Gaulle à Montebourg, refiler le code secret du nucléaire à Ségolène Royal, accorder la tribune de l'Organisation des Nations unies à Manuel Valls, imaginer Barack Obama accueillant François Hollande à Washington et contempler Moscovici face à Poutine au G8, les réponses seraient négatives. Évidemment. Logiquement. Naturellement. Tout cela pour la bonne et simple raison qu'aucun de ces candidats n'est doté des qualités qui amènent les électeurs à se dire qu'il « fait président » . Pour causer façon Sciences po, et dire les chose en plus chic, aucun ne semble doté de la capacité d'incarner les dimensions régaliennes de la fonction. C'est peut être injuste et insupportable, mais c'est ainsi. Et c'est un handicap lourd dans une campagne présidentielle.

Qui plus est, histoire de se compliquer la tache, les socialistes refusent toujours de se plier à la règle du jeu imposée par l'alchimie de l'élection présidentielle à la française. L'autre jour, Henri Emmanuelli a même déclaré qu'il fallait en finir avec « L'élection présidentielle, rencontre du peuple avec un homme ». Cet état d'esprit, majoritairement partagé au PS, suffit à éclairer l'avenir. On ne peut pas gagner une élection en refusant les règles qu'elle impose. Dans une convention du PS, il est toujours sympa de sauter sur sa chaise pliante comme un cabri en criant "le projet ! le projet ! le projet !", mais le fait que s'il n'y a pas de bon candidat pour le porter, ce projet n'a politiquement aucune valeur, aucune portée, aucun sens.

Reste le cas Aubry. Tout repose aujourd'hui sur ces épaules. A-t-elle envie de répondre au défi Sarkozy? Veut-elle vraiment être candidate ? Saura-t-elle combler le handicap d'être une femme dans un pays qui n'a connu qu'un seul Premier ministre de sexe féminin (et pas une seul Présidente) depuis 1870 ? Se résoudra-t-elle à jouer le jeu de la Ve que Mitterrand joua ? Veut-elle vraiment être élue ? Saura-t-elle prendre la distance nécessaire avec l'aile gauche néo-robespierriste du PS, incarnée par Benoît Hamon, et qui pourrait effrayer les électeurs du centre-gauche et du centre ? Peut-elle empêcher un nouveau 21 avril ?

Si vous répondez « oui » à TOUTES les questions précédentes, qui sont autant de conditions nécessaires à toute victoire d'Aubry à une élection présidentielle (un seul « non » est éliminatoire), la gauche peut encore gagner en 2012. Mais convenons ensemble que cela fait beaucoup de conditions à remplir. Beaucoup. Beaucoup trop ?

Auteur parrainé par Benoît Raphaël

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MessageSujet: Re: Le PS remportera-t-il les présidentielles de 2012 ?   Mer 08 Juin 2011, 6:41 pm

Ce n'est pas ainsi que je formulerais la question.

je dirais plutôt : le PS résistera-t-il à la présidentielle ?
car qu'il perde ou qu'il gagne, l'avenir pour ce parti très sclérosé empêtré dans les stratégies de leadership est bien compromis. Et je ne m'en réjouis pas, loin de là, car j'ai voté PS pendant 30 ans, avant de quitter ce rivage, définitivement persuadé qu'il ne pouvait rien en sortir.

Je m'explique.
S'il perd les élections, c'est-à-dire si un bonapartiste est élu, que ce soit NS après avoir effectué sa mue en ce sens, ou Villepin, ou tout autre membre de la droite dirigiste, le PS va se retrouver confronter avec une lui-même, face à ses échecs récurrents à u scrutin majeur. Il va donc se replier sur ses bastions locaux qu'il va verrouiller encore plus.

S'il gagne les élections, comprenons nous bien, si un candidat aux couleurs du PS est élu mais présentant toutes les dispositions d'un homme de droite orléaniste, comme l'était DSK, cela va rapidement être la double crise au sein du PS. Crise au sommet de l'état entre le parti et le gvt de droite orléaniste qu'il aura élu; mais aussi crise dans ses bastions locaux, car pour l'électorat il n'est pas pensable de remettre tous les pouvoirs entre les mains d'une même formation. Dans le cas où l'un de ses candidats serait élu, le PS doit donc s'attendre à une perte substantielle de ses bastions locaux, les grandes villes en particulier comme Paris, Lyon, Montpellier, peut-être même Lille, devraient basculer à droite.

Il ne faut jamais oublier que la France n'est pas de droite. L'opinion publique française est en général partagée entre deux droites alternatives, la droite bonapartiste (Clemenceau, De Gaulle, Pompidou) et la droite orléaniste (Thiers, Briand, Blum;, Mitterrand, Giscard). Un homme comme Sarkozy a été élu sur des positions de droite orléaniste (libérale et orléaniste) et est en train de virer bonapartiste. Lorsque des candidats ont été élu avec l'étiquette du PS, c'était en général des candidats de la droite orléaniste libérale qui avançaient masqués et qui, une fois au pouvoir, ont oublié leur électorat pour appliquer les principes économiques libéraux (voir par ex. Mitterrand et les dénationalisations). DSK n'aurait pas fait autre chose, en contradiction profonde avec son électorat.

Donc, selon moi, les prochaines élections connaissent déjà leur vaincu : ce sera le PS, soit pour emporter le scrutin mais sur des bases falsifiées, avec la certitude d'un retour de balancier deux ans plus tard dans les scrutins locaux; soit pour perdre le scrutin présidentiel et se trouver confronté avec une crise interne majeure de leadership.


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