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 Que la Flandre devienne indépendante !

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MessageSujet: Que la Flandre devienne indépendante !   Dim 07 Aoû 2011, 6:17 pm

Source : http://www.lesoir.be/actualite/belgique/elections_2010/2011-08-07/francois-perin-finissons-en-855343.php

François Perin : « Finissons-en ! »


DAVID COPPI



dimanche 07 août 2011, 14:39

Grand témoin et ancien acteur majeur de la scène politique belge, François Perin souhaite que la Flandre proclame son indépendance, que Bruxelles s’organise en ville internationale et que la Wallonie rejoigne la France. Pour lui, il faut en finir. Par David Coppi


© Le Soir – Pierre-Yves Thienpont



Citation :

Jeudi après-midi, café de l’Europe, la digue, Saint-Idesbald : « Je n’ai pas choisi mais ça tombe bien : c’est une station balnéaire essentiellement pour enfants, donc les mères sont jeunes… » Grisaille, pluie fine : mer, plage et ciel ne font qu’un paysage. À la table, François Perin n’enlève ni blouson ni chapeau, il attaque…


Les négociations doivent reprendre le 16 août. Cela vous inspire ? La Belgique continue ? Ou s’achève-t-elle ?


Sur les négociations, je n’ai pas grand-chose à dire. Demandez à Di Rupo. Interrogé à propos de la possibilité de former un gouvernement, le formateur a répondu : « Je n’en sais rien »… En ça, il était parfaitement sincère, et bien informé.


De Wever a réaffirmé, lors de la fête flamande, que la Flandre était une nation.


Et Kris Peeters, président du gouvernement flamand, demande, lui, à être reçu à l’étranger comme un chef d’Etat. Il prend de l’avance si vous voulez. Et il n’est pas N-VA, mais CVP, CD&V si vous voulez, héritier du grand et influent parti catholique flamand. Chef d’Etat…


Le problème, ce n’est donc pas tant les négociations du 16 août.


Le problème n’est pas celui, classique dans les régimes parlementaires, de la formation d’une coalition, mais de l’existence de la Belgique. On a évoqué la « nation » flamande. En face, les bons Belges, eux, qui sont surtout la masse de l’opinion publique francophone, et les hommes politiques élus par les francophones, sont accrochés à l’idée de Belgique. Le comble, c’est Francis Delpérée, qui envisage, si les Flamands devaient partir, une « Belgique résiduaire », avec tout : la Constitution, les institutions, la famille royale, le Roi… De la folie !


« Folie » ? Même la Belgique résiduaire, amputée de la Flandre, ne trouve pas grâce à vos yeux ?


Non. Il y a quelque chose que la presse et les médias ne rappellent jamais, c’est l’histoire, et c’est fondamental : en 1830, à cause de la défaite de Napoléon à Waterloo, les neuf départements du nord – par sanction – sont enlevés à l’Empire, et là, ce que l’on appellera le « congrès national belge », élu après la révolution de novembre, est le fruit du vote d’à peine 2 % de la population ! 2 % émanant de la grande bourgeoisie. C’est tout. Le suffrage universel viendra plus tard.


Vous voulez dire : il y a un vice originel.


Oui. Les gens – en particulier les bons Belges, je l’ai dit – ne se rendent pas compte. Ce n’est pas tout. La fameuse « révolution » de 1830, qu’en est-il ? Elle éclate sur une scène d’opéra, où l’on jouait La Muette de Portici. Avez-vous déjà vu la masse populaire se presser à l’opéra ? À cette époque en tout cas, seuls les bourgeois pouvaient aller à l’opéra. Ce sont eux qui se sont enflammés. La révolte, ensuite, sera celle d’une masse populaire de Bruxelles – d’une seule commune –, ce qui, d’ailleurs, fera peur à ladite bourgeoisie, qui créera alors un pouvoir qui perdurera, notamment une garde civique pour maintenir l’ordre. La voilà, notre Belgique.

Et j’ajoute : qui intervient à l’époque pour consolider tout cela ? L’Angleterre, vainqueur, avec Wellington, de Bonaparte. En effet, que se passe-t-il ? Le congrès national désigne un roi : un collatéral des Bourbons, un prince français. Les Anglais disent « non ». Ils récusent notre candidat. En désarroi, notre ministre des Affaires étrangères se rend à Londres : « Que faire ? ». Les Anglais lui disent : « Ah !, mais c’est simple… Nous avons un prince disponible… Un certain Léopold de Saxe-Cobourg ». Un personnage que personne ne connaissait chez nous. Qui avait refusé, avant cela, d’être propulsé roi des Grecs. Le congrès national obtempère.


Pourquoi rappelez-vous tout cela ?


Parce que notre opinion publique ne sait pas que la Belgique est un artifice, à l’origine une sorte de protectorat anglais. La voilà, notre histoire ; les voilà, nos origines. On connaît la suite : avec le suffrage universel, à partir de 1919, on assistera à l’affirmation du mouvement flamand. Qui, d’étape en étape, a gagné sur toute la ligne.


« Gagné » quoi ?


Il a gagné de devenir une « nation », avec un esprit collectif qui, de fil en aiguille, deviendra une « conscience nationale ». Bart De Wever est dans la ligne, et logiquement, il dit : « Nous voulons un Etat flamand indépendant ». Et vous aurez noté que pour expliquer ça, il va d’abord à Londres. Chez Cameron, il y a quelques mois. Il connaît l’histoire, De Wever. L’Angleterre – la France n’y verra pas d’inconvénient – sera le premier Etat à reconnaître l’indépendance de la Flandre quand celle-ci sera proclamée.


Car on en est là, selon vous ? C’est la prochaine étape pour le mouvement flamand ? Une déclaration unilatérale d’indépendance en Flandre ?


C’est, en tout cas, ce que souhaitent les principaux leaders flamands, à commencer par ceux de la N-VA, qui ont une grande influence sur les autres. Et moi, personnellement, je le souhaite aussi !


Vous souhaitez que la Flandre proclame son indépendance… Et nous, dans tout cela ? La « nation » wallonne n’existe pas, la bruxelloise moins encore…


La notion de Wallonie n’a été inventée qu’au milieu du XIXe siècle ; même si le mot « Wallon » remonte à la nuit des temps, de la racine « Wahl », germanique, qui veut dire « population romanisée » – on trouve la même racine en Suisse. Mais enfin : les Belges francophones, qui détestent le mouvement flamand ne le comprennent pas, ne connaissent pas ses origines, son fondement populaire, doivent sortir de leur aveuglement… Il n’y a pas de « drapeau belge », pas davantage, je l’ai dit, de nationalisme wallon. Il faut donc qu’ils cherchent une solution. Il n’y en a qu’une.


Laquelle ?


Il n’y a plus qu’une issue, à laquelle les politiques ne se résolvent pas : devenir une région de France, graduellement. Quel est l’intérêt de s’acharner à vouloir un gouvernement belge ? C’est que cela fournit un grand nombre d’emplois de ministres, et de cabinets ministériels. Alors, on tire sur la corde.


C’est un détail.


Pas un détail, une résistance.


Donc, Wallonie, région de France. Et Bruxelles ?


Problème. Les Flamands disent que c’est leur capitale. Ce qui est insensé démographiquement. Ils sont obsédés : à l’étranger, lors d’expositions internationales, ils présentent des cartes géographiques où Bruxelles figure en plein dans leur territoire. Mais Bruxelles est quand même en grande partie francophone et composée d’immigrés. Alors, quoi ? Les Flamands ne vont quand même pas faire donner la troupe ! Bruxelles est une ville internationale. Point. Les Bruxellois, d’ailleurs, sont francophones mais francophobes. Je souhaite donc le scénario suivant : la proclamation d’indépendance de la Flandre, une négociation pacifique de la séparation et du sort de Bruxelles, et la Wallonie en France. C’est mon opinion. On va hurler ! Mais enfin…


Pendant ce temps, Elio Di Rupo, en formateur, essaie de recomposer une coalition, de faire durer la Belgique…


C’est un Italien naturalisé, né en Belgique… Les Italiens ont un attachement spécial au pays qui les a accueillis, donné un emploi… Et puis, pour Di Rupo, comme socialiste, la Belgique, c’est la sécurité sociale, la raison d’être de la social-démocratie. On est sur un autre registre.


Admettons même qu’il réussisse à former un gouvernement. Le pays est-il sauvé pour autant ?


La N-VA ne va pas s’évanouir, le nationalisme flamand est bien ancré. Il est porté tantôt avec virulence, et haine, par certains, tantôt avec un louvoiement prudent par d’autres, mais il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais.


_________________
Bonapartiste et réunioniste

«Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cent protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir… » Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD
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