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 Vers la scission, à petits pas

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François Barberis
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MessageSujet: Vers la scission, à petits pas   Mar 23 Aoû 2011, 12:43 pm

Vers la scission, à petits pas.
C'est ce qui ressort, vu de l'extérieur, des diverses négociations en cours entre les 8 partis invités par Elio di Rupo, président du PS wallon, à discuter de sa note de formation.

L'organisation de ces discussions est déjà une scission en elle-même, puisque le parti majoritaire, la NVA, celui dont les thèses devaient nécessairement servir de référence, est écarté de ces discussions. Il ne fait aucun doute que, si un accord se dégageait, ce parti se ferait un malin plaisir de le rendre inapplicable, démontrant ainsi qu'il est incontournable et détruisant toute possibilité ultérieure de nouvel accommodement. C'est finement joué de la part de Bart de Wever qui apparaîtra alors comme encore plus puissant qu'avant.

Dans l'esprit des 100 à 150 mille francophones de la périphérie, l'idée de la scission semble aussi s'imposer comme une mesure inéluctable, même si leur représentant politique, Olivier Maingain, se refuse pour l'heure à prononcer ce mot. Mais on voit bien qu'il attend le moment pour proposer cette solution. La pétition qui circule actuellement, dont je trouve l'argumentation très pertinente et modérée, fait bien apparaître que seule la scission de BHV, non pas celle imaginée par la Flandre, mais bien celle qui relierait toutes les communes à majorité francophone à BXL, est considérée implicitement par les dits pétitionnaires comme la seule solution possible. On sait bien que cela ne se fera pas pour la partie HV, mais on sent bien qu'il faudra bien en passer par là, au moins pour les 6 communes à facilités de la périphérie de BXL.

On voit donc se dessiner de plus en plus nettement la solution politique transitoire :
- la formation d'un cadre confédéral à 3 entités, dont BXL étendue aux 6 communes à facilités,
- la cessation de la solidarité financière entre nord et sud, ce que permettra la dite confédération,
- un engagement flandrien à respecter les minorités francophones au nord d'une frontière linguistique devenue frontière d'état;
- le partage de la dette ex-fédérale entre les trois entités, ainsi que les divers actifs publics
- un statut mixte pour BXL dont les contours restent à négocier.
- le maintien provisoire de la représentation internationale de la Belgique comme ''état souverain'' pilotée par la Flandre

Ce schéma étant éminemment instable, il est bien évident que cette solution sera transitoire : 1 an ? 2 ans ?

Mais on sent bien que c'est vers cette solution que l'on se dirige, l'étape suivante étant très ouverte.



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Frans Rat
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MessageSujet: Re: Vers la scission, à petits pas   Mar 23 Aoû 2011, 2:00 pm

Scission à petits pas, peut-être, mais cocufiage des francophones à grands pas. Pilotage de l'Etat moribond par la Flandre et surtout transformation difficilement réversible en droit international de la frontière linguistique en frontière d'Etat au mépris des francophones de Bruxelles et de la périphérie. C'est Munich.
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François Barberis
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MessageSujet: Re: Vers la scission, à petits pas   Mar 23 Aoû 2011, 10:26 pm

Je ne pense pas qu'il y ait lieu de parler de mépris de la part des Flandriens à l'égard des Francobelges.

Il s'agit simplement du déroulement d'une stratégie de conquête d'autant plus aisée qu'en l’absence de fait national wallon et surtout bruxellois, le fait national flandrien peut s'exprimer sans retenue. Et c'est ce qu'il fera, sauf éveil de la conscience politique des Bruxellois et des Wallons.

Si les Bruxellois ou les Wallons étaient en mesure d'opposer au fait national flandrien une fait national de même intensité mais de sens contraire, la stratégie de ceux du Nord serait immédiatement stoppée. Mais ce n'est pas le cas.

C’est donc le simple effet d'un rapport de forces : au nord une nation en voie de finalisation, au sud et à BXL, des populations n'ayant qu'une conscience politique parcellaire. Ce n'est pas une insulte que de relever ce fait, car ces populations ont été soumises durant des décennies à un matraquage leur faisant croire qu’elles participaient de la nation belge, alors qu'il n'en était rien : elles étaient en fait en voie de subordination; et c'est bien ce qui apparaît aujourd'hui en pleine lumière avec la question de la dévolution complémentaire de compétences aux régions, entendez, le largage financier du sud par le nord.

Il est clair que les Flandriens vont tout mettre en œuvre pour tenter de faire en sorte que la scission des communautés reste un phénomène interne, et qu'ils feront tout pour que la fiction ''Belgique'' perdure.
Leur calcul -qui n'est pas si idiot, puisque le maintien de cette fiction est réclamée par ceux du Sud et par les Bruxellois, c'est de pouvoir retirer du maintien de cette fiction le maximum de profits diplomatiques,t financiers et commerciaux.
Profits diplomatiques, car le maintien de cette fiction les exonèrera d'une renégociation des trois principaux traités internationaux qui corsettent l'état belge : UE, Organisation du Traité de l\'Atlantique Nord et €;
Profits financiers, car il ne sera pas nécessaire de reprendre au seul compte de la Flandre les dettes déjà émises qui circulent sur le marché des capitaux. Cette dette restera commune, du moins un certain temps (voir ci-dessous).
Profits commerciaux, du moins tant que l'image de marque ''Made in Belgium'' permettra de faire vendre des produits fabriqués en Flandre.

Leur Cheval de Troie pour cette stratégie s’appellera ''Confédération belge + élargissement de BXL Capitale aux 6 communes à facilités, contre scission de BHV et régionalisation accrue des compétences (entendre : fin de la solidarité Nord-Sud)''.

La création d'une confédération à 2 composantes + 1 zone de protectorat (BXL) leur permettra ainsi de maintenir la fiction ''Belgique'' au plan international, donc de bénéficier de tous les accès déjà existants aux tribunes et décisions de la communauté du même nom, au nom d'une ''nation'' de 10,5 millions d'habitants

Quant à la création d'une zone de protectorat sur l'actuelle Région Bruxelles Capitale augmentée des 6 communes à facilités, celle-ci leur permettra d'obtenir en contrepartie la scission de BHV et l'instauration d'une future frontière d'état est-ouest. On ne voit pas en effet comment les Francobelges de Wallonie et ceux des 6 communes à facilités pourront résister à cette proposition de regroupement avec la contrepartie de scission du HV, alors qu'il s 'agit d'un piège pour préparer la future assimilation de tous les Francobelges de BXL+ 6 communes dans la Flandre, y compris les autres de la périphérie , ce qu'a fort bien compris Olivier Maingain mais qu'il aura beaucoup de mal à empêcher.

Le piège tendu aux Francobelges est donc redoutable, surtout pour les Francobelges de BXL., car bien entendu le calcul flandrien est le suivant :
a) la cogestion de BXL sera en fait une gestion flandrienne unilatérale, compte tenu de la division des Francobelges et des positions déjà considérables occupées par la Flandre à BXL, où elle y a installé depuis longtemps ses organes centraux et gouvernementaux;
b) en proposant la réunion des 6 communes à facilités, les Flandriens mettent les Wallons et Bruxellois dans l'impossibilité de refuser la scission de BHV. et donc l’impossibilité de refuser la création de la confédération-piège

La calcul des Flandriens est donc simple et implacable : prendre au piège les Francobelges en raison de l'attachement de ces derniers à la ''Belgique'' , en leur imposant en contrepartie : la scission de BHV, la fin de la solidarité Nord-Sud (appelée pudiquement transfert de compétences), la main-mise sur la gestion de BXL théoriquement co-gérée, mais qui sera en fait sous domination flandrienne en attendant qu'un simple décret en fasse territoire flandrien, l'établissement d'une quasi-frontière internationale le long de l'actuelle séparation linguistique, frontière qui ne demandera plus qu'à devenir internationale le jour où les Flandriens le décideront, en fonction de leurs seuls intérêts.

Bien plus, et c'est là que le piège se refermera définitivement, lorsque la confédération sera créée, deux établissements bancaires émetteurs de dettes, l'une pour la Flandre+BXL+6 communes, l'autre pour la seule Wallonie seront créés. L'une aura son siège à BXL, l'autre aura son siège à Namur. Il deviendra alors possible à la Flandre de décréter a) la division de l’actuelle dette fédérale en dette bleue (sénior, garantie) et dette rouge (junior, non garantie avec probabilité de défaut); b) de dire qu'elle, la Flandre ''sérieuse'', prend en charge la dette bleue (ce qui lui permettra de continuer à se financer sur les marchés) alors que la dette rouge (avec probabilité de défaut) sera du ressort de la Wallonie. Celle-ci, qui n'aura pas les moyens de s'y opposer, fera alors défaut, et deviendra encore plus soumise aux diktats de la Flandre pour son financement courant. C'est du moins ce qu'escomptent les Flandriens.

Alors, comment Bruxellois et Wallons peuvent-ils sortir de ce piège ?
En quittant rapidement la fédération avant qu'elle ne devienne confédération.
Mais comme Bruxellois et Wallons ne constituent pas une nation et qu'ils ne disposeront pas des moyens d'y parvenir dans le court laps de temps, il leur sera nécessaire d'adhérer à un fait national ami.
Le seul qui existe actuellement sur le ''marché des nations'' et qui voudra bien les accueillir, c'est bien entendu le fait national français.

Ou alors, ce sera la politique d'assimilation forcée (pour BXL et les 6 communes) et l'impossibilité pour la Wallonie de se financer

La messe sera alors quasiment dite.





Dernière édition par François Barberis le Mer 24 Aoû 2011, 6:47 am, édité 2 fois
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Lison
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MessageSujet: Re: Vers la scission, à petits pas   Mar 23 Aoû 2011, 11:24 pm

« Oui mais » … les bruxellois et wallons ne sont pas prêts à prendre en mains leur destinée et si, comme il est probable, le piège se referme, que feront les « flandriens  » de la « tache d'huile » composée de 25 % des belges de « rôle linguistique francophone » qui seront intégrés à leur territoire, à part leur décerner généreusement la « nationalité » flamande ?

http://www.bruxelles-francophone.be/post40450.html?highlight=#40450

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François Barberis
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MessageSujet: Re: Vers la scission, à petits pas   Mer 24 Aoû 2011, 7:44 am

Bonjour Lison,

La réponse à votre question dépend de plusieurs facteurs internes et externes.

Facteurs internes :
- Quel type d'assimilation choisiront les Flandriens : forcée/rampante ?
- Quels seront la nature (active/passive) et le degré (fort/faible) de résistance que les Francobelges et Francophones offriront à cette tentative d'assimilation forcée/rampante? Considèreront-ils qu'il s'agit d'une situation interne, transitoire, et que leur intérêt est de faire le gros dos en attendant le retour à des jours meilleurs en misant sur la force de la francophonie, ou bien se tourneront-ils vers les institutions européennes ou lanceront-ils un appel à Paris ?

Facteurs externes :
- Quelle sera l'attitude de l'UE et singulièrement de Paris ?

Il est évident que les Flandriens vont tenter dans un premier temps de séparer, d'isoler définitivement les diverses poches de francophonie sur leur territoire pour mieux les ''traiter'', selon le bon vieux principe diviser pour mieux régner.
En situation de gestion quasi directe du protectorat bruxellois, situation que les Wallons ne leur contesteront pas car englués dans leurs propres problèmes de finances publiques, ils vont donc vraisemblablement tout faire pour couper les liens de BXl avec la Wallonie. D'abord sur le plan physique et géographique (limitation des accès routiers, limitation voire interdiction de certains flux), puis sur le plan politique et économique (limitation des navettes BXL - Wallonie). L'agrandissement du territoire bruxellois aux 6 communes à facilités ne sera pas un obstacle à cette stratégie dans la mesure où le calcul de la Flandre est d'être seule à bord du bateau BXL, la Wallonie n'ayant pas les moyens de s'opposer à cette ambition.

Lorsque le flux des navetteurs entre BXL et la Wallonie sera stabilisé puis réduit, il ne fait aucun doute que des décrets limitant l'accès des Francobelges de Wallonie aux emplois offerts par BXL, même les emplois les plus humbles, seront pris par l'organisme en charge de cette gestion, c'est-à-dire en fait par les représentants flandriens au protectorat bruxellois. Par exemple, un décret stipulant que lorsqu'un emploi occupé par un francophone se libèrera du fait de démission ou de départ à la retraite, il devra être nécessairement pourvu par un néerlandophone, sur le modèle de tous les décrets similaires de discrimination ethnique pris pour le logement ou l'affichage en langue flamande. Je pense que les Wallons de Wallonie, empêtrés dans leurs problèmes de finances publiques, interdit d'accès aux marchés financiers, vont laisser faire. Ainsi s’installera durablement la Flandre aux commandes de BXL. Ainsi s'accroîtra durablement la division mortifère des Francobelges de Belgique et de Wallonie.

Puis il s'agira de rendre la vie impossible à tout ce qui s'exprimera en français sur le territoire flandrien : refus administratifs, pressions, etc...

Quelle chance auront les Flandriens d'arriver au bout de cette assimilation ? aucune, ainsi que le prouvent de nombreux cas de tentative d'assimilation menées par travers le monde. mais cela pourrira suffisamment la vie des Francobelges ainsi pris au piège pour des générations. Que feront ces populations ? Vraisemblablement, elles supporteront stoïquement en se repliant sur elles-mêmes. Je ne crois pas à une révolte partant de l'intérieur. Les Flandriens -pour l'instant- jouent sur du velours.

Que fera l'UE ? rien, car elle est elle-même en voie d'ashtonisation . La Commission n'a qu'un objectif : préserver son statut, donc ignorer la question belge qui est la seule propre à la faire sauter.

Que fera Paris ? Rien, ou à peu près rien sauf à être appelée à l'aide par l'un ou l'autre mouvements francophone ayant quelque légitimité (rappelons-nous la déclaration de de Gaulle à Peyrefitte à ce sujet : elle est parfaitement d'actualité). Ou plutôt si, Paris continuera comme par le passé à accroître ses positions économiques et financières en Wallonie (mais sans prendre en charge les questions liées aux finances publiques wallonnes ou à la solidarité avec les Wallons). Ou encore, Paris s'opposera à tout transfert à BXL des instances encore présentes à Strasbourg, surtout dans une situation ou l'UE apparaîtra de plus en plus comme le ''Machin-bis'' déjà dénoncé par de Gaulle en ce qui concerne l'Organisation des Nations unies.

Je vous accorde que toute cette prospective n'est guère réjouissante, mais le pire n'est jamais assuré.
D'où pourrait venir un scénario alternatif moins gris-noir ?
Un tel scénario devrait au moins affirmer comme objectif le refus de la confédération-piège, le refus de la cogestion-piège de BXL, en attendant l'affirmation de la scission nord/sud comme objectif à moyen terme (2 ans).
.
J'avais de bons espoirs que la Communauté française et la Région Wallonie fusionnent en une seule entité à l'occasion du changement de dénomination de celle-là, mais ce mouvement s'est arrêté assez rapidement. Les Francobelges semblent avoir été surpris par leur propre audace.
Il faudrait pour le moins que cette fusion entre les deux exécutifs francophones, Communauté et région Wallonie, s'exerce au plus tôt, avec éventuellement un transfert des instances à BXL.
Mais je n'en vois vraiment pas le début du commencement

La note di Rupo, si elle est transformée en accord de gouvernement, va accroître la position flandrienne dans la mesure où elle part de l'hypothèse du maintien de cette fédération avec laquelle la NVA va jouer au jeu du chat et de la souris.

je pense qu'un homme comme Olivier Maingain pourrait réussir à éveiller les consciences, mais il est bien seul et les autres formations politiques francophones, soit sont muettes (MR), soit n'hésitent pas à le diaboliser, ce qui est dramatique.




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François Barberis
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MessageSujet: Re: Vers la scission, à petits pas   Ven 26 Aoû 2011, 9:50 am


Il faut le dire et le répéter : ce qui intéresse les Flandriens, ce n'est pas tant l'indépendance de la Flandre, qui est en vérité un fait acquis à 90%, mais bien l'annexion de Bruxelles -et j'utilise ce terme très fort d'annexion à escient.

La Flandre fera tout pour y parvenir, la première étape étant la scission de BHV. Ensuite tout suivra (y compris le fait que la Flandre s'étranglera du chef de cette annexion si elle devait survenir, mais c'est pour beaucoup plus tard et les Bruxellois auront beaucoup souffert entre temps)

D'où je suis, je n’arrive pas à apprécier la résistance que les Francobelges sont prêts à livrer pour s'opposer à cette scission de BHV prélude à cette annexion : forte ? Modérée ? Nulle ?

Mais ce que je sais c'est que les Flandriens n'hésiteront pas à proposer l'élargissement de BXL aux 6 communes à facilités contre la scission du HV, pour rompre une éventuelle résistance des partis traditionnels francophones, avec bien entendu l'objectif de reprendre cette concession en mettant définitivement la main sur la gestion d'un territoire bruxellois agrandi aux 6 communes à facilités qui au passage aura été peut-être transformé en protectorat via la confédération envisagée. Cette reprise en mains est d'ailleurs largement engagée si l'on tien compte des lois linguistiques en vigueur à BXL.

C'est pourquoi tout débat sur l'indépendance de la Flandre est par avance un débat vain. La Flandre EST DEJA un état indépendant et souverain. Il ne lui manque que la reconnaissance internationale directe, mais le veut-elle vraiment ? Cela est rien moins que sûr, tant la situation actuelle lui est favorable, sachant très bien que si elle décide de faire ce dernier pas vers l'indépendance formelle, ni l'UE ni aucune instance internationale n'ont les moyens de s'y opposer, contrairement à ce que l'on peut lire par ailleurs. Mais ce dernier pas comporte -pour le moment- plus de conséquences négatives que positives. C'est pourquoi, très astucieusement la Flandre évite de le faire et maintien en survie artificielle l'état formel Belgique, ce qu'on appelle la coquille belge. Certes, ce pas qui manque à un coût en termes financiers : ce sont les fameux 7 milliards d'€ dont on dit qu'ils sont transférés chaque année du nord vers le sud. Mais ce chiffre n'a jamais été confirmé, et il se peut bien que ce soit une fiction partielle destinée à maintenir la pression sur la partie adverse en lui faisant comprendre tout ce qu'elle a à perdre dans une dénonciation du pacte fédéral, et en lui laissant espérer qu'elle pourrait conserver au moins une partie de cette (fausse ?) manne en acceptant scission et confédération. Je ne sais si ces montants sont exacts, mais ce dont je suis certain c'est que dans une phase comme celle que nous vivons actuellement, l'intox de l'adversaire -mais aussi l'intox, la propagande à l'endroit des électeurs- est une arme que personne n'hésitera à utiliser à son profit.

La stabilisation du plateau belge passe à l'évidence par une internationalisation limitée du conflit avec l'implication des trois acteurs français, néerlandais et allemand. On ne voit pas en effet comment une telle stabilisation pourrait intervenir entre les seuls protagonistes locaux, lorsque l'on entend l'un des principaux leaders flandriens dénoncer, toute honte bue, le taux d'invalidité des hommes et des femmes wallons, qui serait double de celui en Flandre : une telle déclaration doit s'entendre comme une pure provocation au rejet définitif de l'autre, considéré soit comme un coquin, soit comme un incapable. Une telle déclaration stigmatisant tout un peuple, est un acte grave, tant au plan moral qu'au plan géostratégique.

Mais là aussi, j'ai du mal à identifier les événements qui pourraient pousser à cette internationalisation, car je constate une complicité objective de tous les acteurs -sauf peut-être Olivier Maingain- à maintenir le statu quo actuel, pour des motifs tactiques opposés bien entendu : avec l'espoir de pouvoir continuer à resserrer le nœud autour de BXL, en ce qui concerne les partis flandriens, avec espoir de pouvoir continuer à maintenir une ''solidarité nord-sud'' même étriquée avec postes de responsabilités à la clef, pour les élites politiques du sud.

A la décharge de ces partis qui s'opposent à cette évolution, je dois bien reconnaître qu'il n'existe, chez les voisins français, néerlandais et allemand, aucune envie réelle de s'impliquer dans la résolution de ce conflit et que les trois chancelleries freinent des quatre fers : beaucoup de soucis immédiats en perspective pour les unes et les autres, contre des avantages certes réels, mais qui ne feront évoluer la position géostratégique des états concernés par la scission qu'à moyen terme. Parmi ces soucis, l'opposition de l'opinion publique locale à toute idée d'ingérence et la prise en charge de la dette ex-fédérale.

Donc, c'est le Wait&See général. Pas très courageux tout cela, et surtout très irritant. Mais c'est ainsi.
Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'une telle situation n'a pas vocation à s'éterniser et qu'après le Wait&See, intervient en général une phase d'intervention.

Dans l’immédiat, à lire les divers intervenants qui se sont exprimés sur le jeu politique et constitutionnel belge, mon pronostic est celui d'une nouvelle phase électorale d'ici la fin de l'année, car bien entendu tout accord trouvé dans les conditions actuelles ferait trop d'opposants et comme la vie politique belge est contrainte par le respect de la proportionnelle, c'est un schéma style IVème république en France qui va s'imposer : la ronde des gouvernements et l'instabilité chronique.
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MessageSujet: Re: Vers la scission, à petits pas   Ven 26 Aoû 2011, 12:39 pm

Cher François Barberis,
en grande partie d'accord avec vous, comme d'habitude, mais …

… Au niveau interne, je pense que « l'assimilation » se fera à l'usure car les belges d'expression française sont déjà majoritairement accoutumés à l'hégémonisme flamand.

Au niveau externe, les « grands groupes voisins » éviteront d'intervenir dans une crise incompréhensible pour leurs opinions publiques et jugée quasi « médiévale » en ces temps de crises mondiales.

Conclusion : sauf « accident », le processus engagé depuis longtemps perdurera jusqu'à son accomplissement qui fera de tous ceux qui habitent au Nord de la frontière linguistique, y compris « Bruxsel », des « citoyens flamands » !

Pour sauver les apparences, ceux-ci pourront éventuellement opter administrativement pour un statut linguistique particulier, provisoire et discrètement discriminatoire.

Le plus surprenant est que personne ne pourra en être surpris car tout est écrit et programmé ! … Sauf accident ?

Un « accident » comme, par exemple une « faute volontaire » de la part d'un groupe politique francophone qui se déclarerait en faveur de la scission pour éviter le confédéralisme à la sauce flamande ?

Je n'en vois pas les prémices … même au FDF, toujours plus « Fédéraliste » que jamais.

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MessageSujet: Re: Vers la scission, à petits pas   Jeu 01 Sep 2011, 9:27 am

Merci à François et a Lison pour leurs interventions.

La situation des Bruxellois francophones va devenir de plus en plus dramatique. Malheureusement les probabilités de voir ceux-ci se révolter contre l anschluss flamand sont minimes. D’abord le belge n’a pas vocation révolutionnaire. Champ de bataille favori des nations et asservi ou occupé par une petite moitiés des pays d’Europe, le belge ne s est pour ainsi dire jamais révolté (ne mentionnons pas la révolte populaire belge de 1830 qui serait née dans un théâtre – Depuis quand les révoltes populaires naissent donc dans les théâtres…). Tout au plus le belge s accommode facilement des occupations étrangères par la fraude et l hypocrisie. Dans quelques années, les Bruxellois frauderont encore en parlant le français en secret chez eux. Ils ne manqueront pas d’être dénoncé par leurs enfants embrigadés dans les écoles néerlandophones de la nouvelle grande Flandres.

En dehors du Baroud d Honneur d’Olivier Maingain, les politiciens qui défendent les belges francophones n’ont plus pour idée que de défendre la Belgique mourante car cette Belgique est leur gagne-pain. En cas de scission, ils disparaîtront dans les livres d histoire et devront abandonner leur sinécure parlementaire. De ce point de vue, les politiciens francophones actuellement en poste ne sont plus que les collaborateurs d un Etat flamand qui utilise la Belgique comme un bernard-l’hermite utilise sa coquille.

Les Bruxellois francophones sont donc maintenant sans défense et avant qu’il ne soit trop tard, il y aurait place pour un mouvement de désobéissance civile . Le philosophe américain John Rawls définissait la désobéissance civile comme des actes publics, non violents, décidés en conscience, mais politique, contraire à la loi, et accomplis pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement.
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MessageSujet: Re: Vers la scission, à petits pas   Dim 11 Sep 2011, 6:09 pm

Nous avons assisté à un spectacle immonde, en cette fin de semaine : De Decker et Destexhe, les caciques du MR, ont persiflé Olivier Maingain, et tenté de flétrir sa belle résistance. Il est dit que le belgicanisme salira tout, et nous fera boire le calice jusqu'à la lie. Les revendications de Maingain sont pourtant raisonnables et légitimes ; pourquoi faudrait-il que les Flamands aient du zèle, et que les Bruxellois, menacés d'annexion pure et simple, n'en aient pas ? Mais l'on sait que les nantis du Système belge n'admettent pas que d'aucuns, en nos rangs, résistent aux volontés hégémoniques de la Flandre. Ils ne rêvent que d'asservissement, afin d'assouvir leur soif de pouvoir.

Nous n'avons rien à attendre d'Armand De Decker, qui n'est qu'un courtisan servile. En revanche, j'espérais que Destexhe ferait preuve d'un peu plus d'esprit civique : c'était oublier qu'il n'est qu'un apparatchik, doublé d'un monomaniaque de la loyauté fédérale.

Heureusement, Guy Spitaels vient de secouer ce microcosme de l'abaissement et de la médiocrité. Comme c'est un sage, et un homme bien informé, nous pouvons afficher un optimisme raisonnable : la valetaille belgitudinesque court à sa perte.

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MessageSujet: Re: Vers la scission, à petits pas   Lun 12 Sep 2011, 9:04 pm

Gauvain, tout à fait d'accord avec vous, la classe politique est lamentable à l'exception d'Olivier Maingain !

L'interview complète d'Olivier Maingain à La Libre du samedi 10/09 nous démontre que la seule résistance efficace se trouve au FDF :

Citation :
Olivier Maingain : "Les Flamands sont une nouvelle fois en train de tricher"

Martin Buxant et Francis Van de Woestyne

Mis en ligne le 10/09/2011

Le président du FDF veut une concertation francophone pour “relever la barre des exigences” face aux demandes flamandes. Maingain se dit déterminé.

Le président du FDF, Olivier Maingain, livre son analyse de la situation politique.

Etes-vous prêt à accepter une nomination des trois bourgmestres de la périphérie contre une scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ?

Certainement pas. Je vois bien que certains à la table de négociation sont tentés par cette logique. J’ai toujours considéré que rétablir le respect de la démocratie dans les trois communes était un préalable. Nous n’avons pas à payer pour que la démocratie soit respectée. J’entendais Philippe Moureaux dans une des outrances dont il est coutumier dire qu’il était antidémocratique qu’il n’y ait pas encore un gouvernement de plein exercice et faire une comparaison avec la Côte d’Ivoire, décidément, il est comme Monsieur Roland Dumas, il a des faiblesses pour la Côte d’Ivoire Il n’était par contre pas très ému que trois communes du Royaume soient sans bourgmestre L’Europe exige la nomination de ces trois bourgmestres.

On doit donc trouver une solution pour passer outre le refus du gouvernement flamand…

La meilleure des formules, c’est le rattachement à Bruxelles des six communes à facilités.

Ce n’est pas sur la table…

Il y a beaucoup de formules possibles. Mais la prise de fonction d’un mandataire local ne doit pas dépendre d’une autorité supérieure, c’est la loi internationale.

D’autres francophones font valoir que le formateur a introduit des compensations pour les francophones en contrepartie de la scission de BHV – le fait que les francophones pourront encore être jugés en français, la fin des tracasseries administratives, le refinancement de Bruxelles, etc.

Prenons cette liste de fabuleuses compensations exceptionnelles. Primo : cela ne répond pas au problème fondamental de l’enfermement de Bruxelles en Flandre. J’ai retrouvé l’interview que Joëlle Milquet a donnée le 2 juin 2010 - c’était à la veille des élections - à "La Libre". "Il faut un lien territorial entre Bruxelles et la Wallonie, c’est une question d’équité", martelait-elle. Moi, je reste fidèle à cela. C’est un enjeu considérable. Si Milquet l’a dit à la veille des élections, j’ose croire qu’elle a pris un engagement essentiel. Quand donc les francophones comprendront-ils que les Flamands préparent déjà l’étape suivante alors que les francophones veulent péniblement limiter la casse ? On n’est même pas dans une négociation. On vient nous dire que la scission de BHV est banale ! Moureaux nous dit que c’est un sujet mineur, de la symbolique mal placée. Il est à côté de la plaque : cela concerne les Wallons au premier chef. Si la Flandre continue à s’approprier Bruxelles, c’est la première cause d’appauvrissement de la Wallonie. Si M. Di Rupo ne veut pas comprendre cela, alors c’est dramatique.

Expliquez…

Plus la Flandre s’approprie Bruxelles, plus les investisseurs penseront, quand on investit à Zaventem, qu’on investit à Bruxelles. Si on n’a pas de continuité territoriale avec la Wallonie, on n’équilibre pas la perception que Bruxelles n’est pas la Flandre. Bruxelles est au service de tout le pays. Ce qui me frappe beaucoup - c’est un exemple parmi tant d’autres - c’est que depuis cet été les taxis bruxellois sont aux couleurs de la Flandre. Cela peut paraître anodin : Brigitte Grouwels est parvenue à imposer cela au gouvernement de Charles Picqué. Elle a tiré les ficelles. Le résultat, c’est que d’ici peu, dans la propagande de la Flandre à l’étranger, on identifiera les couleurs des taxis bruxellois aux couleurs de la Flandre C’est loin d’être anodin. C’est comme cela que petit à petit la Flandre s’approprie Bruxelles. Quand donc va-t-on arrêter ce massacre ? Le projet d’étouffement de Bruxelles est en marche ! Mais c’est cela la scission de BHV : l’accaparement par la Flandre de Bruxelles. Il faut desserrer l’étau territorial qui enferme Bruxelles sinon à terme la Flandre va faire croire au monde entier que Bruxelles est effectivement en Flandre.

Ce qui se trouve sur la table est-il donc insuffisant ?

Mais on va nous revendre pour une xième fois le régime des facilités. Qu’est-ce que c’est que cela ? On nous l’a bétonné en 1988 ! Ce que propose aujourd’hui Di Rupo est tout à fait insuffisant : ce n’est même pas un régime qui confirme les facilités. Les facilités doivent être un régime permanent. Les Flamands sont une nouvelle fois en train de tricher. Les droits judiciaires ? Mais c’est une situation acquise, ce n’est pas une compensation à la scission de BHV.

Et le refinancement de Bruxelles ?

Je mets en garde contre l’illusion du refinancement de Bruxelles. Merci M. Moureaux, qui en 1989 nous expliquait que tout allait pour le mieux. Depuis lors, les francophones rament pour le financement de Bruxelles. J’aime bien les leçons de M. Moureaux qui nous explique que lui sait ce que c’est que de négocier. M. Moureaux a plus souvent mené les francophones à des impasses qu’à des solutions. On nous annonce une manne de 461 millions d’euros, mais il reste des inconnues énormes. Ces montants sont préaffectés, il ne faut pas croire que la Région va pouvoir mener les politiques qu’elle veut avec ces fonds. Ensuite, on ne m’a toujours pas expliqué si les compétences qui vont être transférées aux Régions seront financées. Un exemple : on transfère les allocations familiales. Donc, on dépiaute bien la sécurité sociale. Ceux qui viennent dire qu’on ne touche pas à la sécurité socialement ! On sait que la charge de la démographie est à Bruxelles. Si Bruxelles doit financer les allocations familiales via son IPP, c’est mortel. Bruxelles n’aura pas les moyens de maintenir les mêmes allocations familiales qu’en Wallonie et en Flandre ! J’ajoute que Di Rupo envisage pour le volet de l’autonomie fiscale de porter même atteinte à la progressivité de l’impôt. Cela veut dire que les classes moyennes risquent de quitter Bruxelles pour la Flandre car on y paiera moins d’impôt ! On va appauvrir encore Bruxelles. Le seul vrai financement de Bruxelles, c’est deux paramètres. Un : l’élargissement. On fait entrer des populations qui vont contribuer. Deux : percevoir une part de l’IPP sur le lieu de travail. Ça, c’est le vrai refinancement de Bruxelles.

Le CD&V n’est pas prêt à accepter cela …
Il y aura une capacité de faire bouger les choses si tous les francophones se montrent unis.

Et ce n’est pas le cas ?
Je dis simplement que si Mme Milquet pense qu’il faut un lien territorial et que M. Javaux fait de même, vous verrez, les partis flamands commenceront à comprendre qu’il faut parler des limites de Bruxelles : je demande simplement que les francophones aient le plus haut degré d’exigence. On ne doit pas limiter la casse ! Les Flamands nous demandent de préparer la prospérité future de la Flandre, qui va nous mettre en difficulté, d’enfermer Bruxelles en Flandre, et nous n’avons pas la volonté de leur faire payer un prix à la juste hauteur de ce qu’ils nous demandent.

Donc, les francophones n’ont rien à gagner à cette négociation ?
Si, s’ils demandent des contreparties à la hauteur de ce qu’on exige d’eux.

Considérez-vous que la négociation est plus facile depuis que la NVA a quitté la table ?
Non. Elle est plus hypocrite. Au moment où je m’en suis pris violemment à la NVA pour ses idées populistes, on m’a dit que j’empêchais le conclusion d’un accord avec ce parti. Ceux qui me traitaient d’irresponsable disent aujourd’hui : précipitons-nous puisque la NVA n’est plus là. Sauf que le CD&V n’est pas très loin des objectifs de la NVA. Le CD&V est séparatiste à son avantage … Le CD&V veut les avantages du séparatisme sans les inconvénients. Certes le CD&V ne veut pas d’une république flamande contrairement à Bart De Wever. Le CD&V voudrait par exemple rompre la solidarité avec le Sud du pays.
Le CD&V voudrait faire en sorte que la Flandre n’ait pas de compte à rendre, garder les avantages, avoir la mainmise sur Bruxelles, avoir la façade Belgique pour permettre à Herman Van Rompuy d’être président du Conseil européen. Je relève aussi que Van Rompuy a été pédaler dans cette manifestation outrancière et contraire à l’idéal européen qu’est le Gordel et qu’à part cela, il est président du Conseil européen. C’est le confédéralisme du CD&V : les avantages mais pas les inconvénients. Tenter de se faire passer pour un sage européen alors qu’il est avec les plus fanatiques des flamingants du Gordel …

Vous déplorez le manque de concertation entre francophones …
Oui. Il n’y a pas de concertation francophone pour le moment, pas la moindre ! Les partis flamands ont la partie aisée : pourquoi voudriez-vous que le CD&V ouvre le jeu sur BHV quand ils savent qu’il n’y a pas d’entente entre les francophones sur le sujet. C’est cela la vérité. Cela prendra peut-être beaucoup de temps mais d’abord, remontons la barre des exigences francophones à la table des négociations.

Pourquoi n’y a-t-il pas de point de vue concerté entre francophones ?
Parce que, fondamentalement, le MR a été tenu à l’écart de toutes les négociations pendant 1 an. Sur des dossiers comme BHV, la négociation s’est faite entre le PS et la NVA puis entre le PS et le CD&V. Je vois malheureusement que, par dépendance, les autres formations politiques francophones ont suivi cette tendance-là … Le retour du MR à la table des négociations devrait plutôt amener les francophones à se ressouder.

Armand De Decker n’affiche pas la même fermeté que vous pour défendre les francophones de la périphérie …
Ah, Armand, Armand. Dire qu’il s’est battu au côté de Georges Clerfayt au Conseil de l’Europe pour obtenir le respect de la convention-cadre pour la protection des minorités … C’est la logique de dire : cédons encore un petit peu et cela passera … Si certains pensent qu’on va arrêter l’appétit du nationalisme flamand en renonçant à des droits fondamentaux, ils se trompent lourdement.

Revendiquez-vous une place à la table des négociations ?
Je sais que Charles Michel relaye nos arguments. Je lui fais confiance. Je demande seulement que l’ensemble des francophones puissent se concerter.

Quand vous parlez d’élargissement, que voulez-vous dire précisément ?
Il y a l’élargissement territorial de la Région bruxelloise et il y a l’extension territoriale de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce sont les deux seules manières solides d’élargir Bruxelles. Je suis au regret de dire que la Communauté urbaine, c’est une tranche de lasagne supplémentaire et c’est absolument sans intérêt. C’est même un début de mise sous tutelle de la Région bruxelloise. C’est l’équivalent d’une intercommunale. Cela n’a rien à voir avec le problème de l’enfermement de Bruxelles dans son carcan.

Et un couloir entre la Wallonie et Bruxelles ?
C’est vrai que c’est là que le curseur de la négociation doit se placer. Voilà où est la marge de manœuvre. Mais j’ai le sentiment qu’on est dans une logique où on se contente de limiter la casse.

Vous êtes pessimiste …
Je suis déterminé. Je pense que si l’accord est déséquilibré, nous allons précipiter la fin du pays. Ceux qui pensent qu’on va stabiliser ce pays avec un accord très déséquilibré se trompent et trompent l’opinion publique. Il faut aussi à un moment donné arrêter de nous dire que la prospérité d’un pays dépend de la scission d’un arrondissement. Personne ne réclame cela au niveau européen. C’est honteux. C’est un chantage. Les francophones subissent un sondage : vous serez responsables de la situation économique si vous n’acceptez pas la scission de BHV. C’est un chantage immonde !

Si la négociation échoue, que faut-il faire ?
Permettre au gouvernement actuel d’amplifier son action socio-économique. Ensuite, il y aura un nouveau processus de négociation institutionnelle – peut-être avec la NVA. Et ceci va permettre aux francophones de poser les vraies questions. Et à un moment donné, moi je n’exclus pas qu’il faille recourir à un véritable arbitrage international pour surmonter les divergences profondes entre sud et nord du pays. Il ne faut pas avoir honte de dire que l’on va vérifier certains paramètres avec des experts internationaux dont c’est le métier.

En suivant le lien suivant, vous pourrez aussi télécharger l'intégrale des discours de Didier Gosuin et d'Olivier Maingain à la rentrée du FDF du 11 septembre (!) à Ottignies (21 minutes qui s'écoutent toutes seules !): http://dl.free.fr/getfile.pl?file=%2FyhboMrCP
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