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 Présidentielles : renversement de tendance ?

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MessageSujet: Présidentielles : renversement de tendance ?   Mar 13 Mar 2012, 11:39 am

Source : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/13/patrick-buisson-hollande-rassemblera-moins-de-voix-que-royal_1666631_1471069.html#ens_id=1588921

Patrick Buisson : "Hollande rassemblera moins de voix que Royal"

| 13.03.12 | 11h16



Patrick Buisson, en septembre 2008.Didier GOUPY/SIGNATURES

Patrick Buisson, 62 ans, spécialiste des études d'opinion, est conseiller de Nicolas Sarkozy. Cet ancien journaliste fait partie de l'équipe resserrée que le candidat réunit chaque soir à l'Elysée.

Issu de la droite maurassienne, M. Buisson fut responsable dans les années 1980 de l'hebdomadaire d'extrême droite Minute.
Il a conquis M. Sarkozy en lui prédisant la victoire du non au référendum européen de 2005. Il orchestra en 2007 le virage à droite de M. Sarkozy, sur le thème de l'identité nationale. Il dirige la chaîne Histoire, filiale de TF1, et la société de conseil Publifact. Il a été mis en cause par la Cour des comptes pour ses services facturés à l'Elysée sans appel d'offres.


Nicolas Sarkozy a-t-il perdu l'élection ?

Les médias racontent l'histoire à laquelle ils ont envie de croire. Ce serait mieux s'ils s'intéressaient à celle qui est en train de s'écrire.
Le rapport de forces du second tour tel qu'il ressort actuellement des enquêtes d'opinion repose sur l'hypothèse, jamais vérifiée à ce jour
dans un scrutin présidentiel, d'une abstention sensiblement plus importante au second tour qu'au premier.

Que nous disent aujourd'hui les sondages ?

Qu'entre 40 % et 50 % de l'électorat de Marine Le Pen se refuse à faire un choix pour le second tour dans le cas d'un duel Sarkozy-Hollande, et qu'environ un tiers de l'électorat de François Bayrou est dans ce cas. L'avantage du candidat socialiste est donc construit
sur un scénario qui verrait 4 à 5 millions d'électeurs du premier tour ne pas aller voter au second. Autrement dit, sur du sable.

Depuis 1965, il n'y a pas eu un scrutin présidentiel où la participation au second tour n'a pas été supérieure à celle du premier. La plupart de ceux qui disent ne pas vouloir choisir iront voter le 6 mai. Et les réserves sont ici plutôt du côté de Nicolas Sarkozy que de François Hollande. Les sondages ne sont que des instantanés qui donnent l'illusion du réel. En peinture, cela s'appelle un trompe-l'œil.

Vous annoncez depuis des semaines l'effondrement de François Hollande. Où est-il ?

Au lendemain de la primaire socialiste, François Hollande recueillait, selon les instituts, entre 35 % (IFOP et Ipsos) et 39 % (BVA) des intentions de vote. La dernière enquête réalisée le lundi 12 mars – celle de l'IFOP – le situe à 27 %. Libre à chacun d'interpréter ces chiffres comme bon lui semble mais n'importe quel politologue vous dira que ce qui compte dans une campagne, ce ne sont pas les niveaux
mais les tendances. En d'autres termes, c'est le film qui raconte l'histoire, non les instantanés. Or, depuis novembre, la courbe des intentions de vote en faveur de Hollande est orientée à la baisse.

La tendance en faveur de Nicolas Sarkozy, depuis son entrée en campagne, est non moins incontestablement haussière. Les plus audacieux
ajouteront qu'il suffit de prolonger les courbes pour connaître le résultat final.

Pourtant, M. Hollande reste très haut…

Il est à peu près au niveau de premier tour où les instituts situaient Ségolène Royal en 2007 à pareille époque et tout indique qu'il rassemblera le 22 avril moins de suffrages que celle-ci. Il n'y a aucune dynamique en faveur du candidat PS.

A la différence de la campagne de Mme Royal, celle de François Hollande ne suscite ni élan ni adhésion. On arrive même à une situation tout à fait paradoxale et inédite : c'est la première fois qu'un candidat recueille dans certaines enquêtes moins de souhaits de victoire que d'intentions de vote au premier tour. Les motivations du vote Hollande sont pour les deux tiers de battre le candidat sortant.

Toute la stratégie du candidat socialiste a été bâtie sur l'idée que l'élection serait un référendum anti-Sarkozy et qu'il n'y avait pas besoin d'un moteur de secours. Rien n'a été prévu au cas où le moteur aurait des ratés et où le pseudo-référendum tournerait au duel. Avec le
croisement des courbes du premier tour, François Hollande ne peut plus se comporter en gestionnaire pusillanime d'une rente virtuelle. Il va devoir prendre des risques. Ce n'est peut-être pas l'exercice où il est le meilleur.

M. Hollande a-t-il réalisé un coup décisif, en proposant de taxer à 75 % les revenus supérieurs à un million d'euros ? Est-ce le pendant à gauche de ce qu'avait fait M. Sarkozy avec l'identité nationale en 2007 ?

Si vous voulez dire qu'il s'agit d'un marqueur transgressif, cela ne fait aucun doute. Si on considère l'objectif, c'est plus hasardeux. Avec l'identité nationale, le candidat Sarkozy était parvenu à attirer, dès le premier tour, un tiers des voix frontistes, tandis que, s'il faut en croire les enquêtes, la transgression des 75 % n'a rien pour l'instant d'un "coup décisif". Ce n'est pas Hollande qui a élargi sa base vers la
gauche radicale – il a perdu 2 points en une semaine – mais Jean-Luc Mélenchon qui est en progression. Le candidat de la gauche populiste sera toujours plus crédible qu'une pâle copie sociale-démocrate dans le registre de la lutte des classes qui réclame une certaine tonicité.

Comment justifiez-vous la droitisation de Sarkozy ?

Ce concept de "droitisation" est le plus sûr indice de la confusion mentale qui s'est emparée de certains esprits. Si la "droitisation" consiste à prendre en compte la souffrance sociale des Français les plus exposés et les plus vulnérables, c'est que les anciennes catégories politiques n'ont plus guère de sens… et que le PS est devenu – ce qui me paraît une évidence – l'expression des nouvelles classes dominantes.

La spécificité historique du vote Sarkozy en 2007, c'est d'être parvenu à amalgamer, comme de Gaulle en 1958, un vote populaire avec un vote de droite traditionnel. Transgression idéologique, désenclavement sociologique et victoire électorale ont fait système.

Est-ce Nicolas Sarkozy qui se "droitise" en plaçant la maîtrise des flux migratoires au cœur de la question sociale ou la gauche qui se renie en substituant à la question sociale le combat sociétal en faveur d'un communautarisme multiculturel ?

L'impensé du candidat socialiste sur l'immigration est tout sauf accidentel: il témoigne d'une contradiction à ce jour non résolue. L'idéologie du "transfrontiérisme" n'est pas celle des Français. Près de deux Français sur trois et près d'un sympathisant de gauche sur deux approuvent la proposition de Nicolas Sarkozy de réduire de moitié l'immigration légale.

Vous avez dit que Marine Le Pen ne faisait pas une bonne campagne et la voilà qui refait parler d'elle sur la viande halal…

Marine Le Pen s'est aventurée sur des thèmes où sa crédibilité était faible tout en cessant d'actionner les ressorts du vote frontiste. Son retour précipité aux fondamentaux de son parti a surtout mis en évidence une impasse stratégique. Sans perspectives d'alliance ni de présence au second tour, elle n'offre pas plus d'issue politique que n'en offrait son père en 2007. Dans ces conditions, le vote en faveur de la candidate du FN ne serait plus un vote de protestation mais un vote d'immolation. En votant pour Marine Le Pen, les catégories populaires qui exprimeraient ainsi leur souffrance seraient assurées du résultat contraire de celui qu'elles recherchent. Elles augmenteraient les chances de François Hollande et donc les risques liés à une politique de non-maîtrise des flux migratoires et à l'émergence d'un vote communautaire avec l'attribution du droit de vote aux étrangers.

Comment récupérer ces électeurs FN ?

Le projet que porte Nicolas Sarkozy s'adresse à tout l'électorat populaire. Il est clairement le candidat d'une Europe des frontières. C'est en cela qu'il est le candidat du peuple qui souffre de l'absence de frontières et de ses conséquences en chaîne : libre-échangisme sans limites, concurrence déloyale, dumping social, délocalisation de l'emploi, déferlante migratoire. Les frontières, c'est la préoccupation des Français les plus vulnérables. Les frontières, c'est ce qui protège les plus pauvres. Les privilégiés, eux, ne comptent pas sur l'Etat pour construire des frontières. Ils n'ont eu besoin de personne pour se les acheter. Frontières spatiales et sécuritaires: ils habitent les beaux quartiers.
Frontières scolaires: leurs enfants fréquentent les meilleurs établissements. Frontières sociales: leur position les met à l'abri de tous les désordres de la mondialisation et en situation d'en recueillir tous les bénéfices.

J'entends dire çà et là que la stratégie qui consiste, non pas à se "droitiser", mais à prendre en compte les préoccupations populaires serait un échec. Un échec pour qui ? Il y a un an, les sondages donnaient Nicolas Sarkozy au coude-à-coude avec Marine Le Pen sans certitude de qualification pour le second tour. A la fin de janvier 2012, il ne la devançait que de 3 points en moyenne. Aujourd'hui, l'écart se situe entre 10 et 12 points.

Propos recueillis par Arnaud Leparmentier et Vanessa Schneider

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MessageSujet: Re: Présidentielles : renversement de tendance ?   Mer 04 Avr 2012, 3:16 pm

Je pense que rien n'est joué. Les courbes sont en train de s'inverser. Sarkozy dépasse désormais Hollande au premier tour. Mélenchon grimpe et, par un effet de vases communicants, cela se fera forcément au détriment de Hollande. Si l'écart entre les deux favoris s'accroit au premier tour, Sarkozy peut l'emporter au 2ème tour. En tout cas, pour le moment, la dynamique lui est plutôt favorable.

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MessageSujet: Re: Présidentielles : renversement de tendance ?   Mer 04 Avr 2012, 3:25 pm

Je suis surtout, quant à moi, sidéré par la vacuité du programme électoral de HOLLANDE si on le compare à celui de MÉLENCHON, qu'on aime ou pas ! C'est dire le nombre de gages que le candidat du PS devra concéder à MÉLENCHON s'il veut avoir une chance d'être élu président le soir du 6 mai or MÉLENCHON n'est pas homme à se laisser rouler dans la farine comme Eva JOLY !

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MessageSujet: Re: Présidentielles : renversement de tendance ?   Mer 04 Avr 2012, 3:32 pm

C'est effectivement un défi que Fr. Hollande devra affronter s'il ne veut pas mécontenter un camp ou l'autre au 2ème tour. Il devra faire le grand écart entre les centristes et les "gauchistes" de Mélenchon. Ce grand écart ne sera pas simple et, m'est avis que N. Sarkozy sera dans une posture argumentaire plus confortable tant vis-à-vis du centre droit que vis-à-vis de la droite (et de l'extrême droite). Rien n'est donc joué.

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MessageSujet: Re: Présidentielles : renversement de tendance ?   Jeu 05 Avr 2012, 11:58 am

Après avoir beaucoup hésité, renâclé, tergiversé, mon vote sera donc pour NS, vote par défaut, sans joie, sans enthousiasme, vote en catimini. Mais puisqu'il n'y a pas de vrai candidat gaulliste (Ah, que j'aurais aimé voter pour le flamboyant Villepin de février 2003...) donc, comme dit le proverbe, à défaut de grives, ...
Ce que j'espère c'est que la dimension gaullienne finira par habiter NS, alors que cet espoir est tout simplement interdit avec Hollande qui est un homme de la 4ème république, même si ses qualités humaines sont réelles. Mais beaucoup d'électeurs voteront à l'émotion sociale. Donc ils voteront Hollande, voire Mélenchon. Bof, tout cela est bien mesquin. Mais c'est ainsi, c'est ainsi.

Le raisonnement chez ces personnes qui sont le peuple (et le peuple finalement a toujours raison, même lorsqu'il se trompe) est simple : "Nous, le peuple, on n'est pas foncièrement de gauche, on est plutôt gaulliste bonapartiste, on se moque de la taxation des hauts revenus, mais on veut la protection de notre travail et la protection de notre identité. NS nous avait promis la protection de notre travail. Il n'a pas réussi. Il nous a roulé dans la farine. Donc on va le sanctionner. Et comme notre travail n'est toujours pas protégé, on exigera en contrepartie davantage de transferts sociaux, ce que FH et a fortiori Mélenchon nous promettent. Certes, on n'est pas dupe, nous n'y croyons pas un seul instant, au discours de Mélenchon ou au discours de Hollande; on sait très bien qu'ils ne feront pas mieux, mais ça ne fait rien : on en a marre et on va le faire savoir. Après, on verra bien, mais au moins on sera soulagé".
Comme ce discours ne peut être tenu ouvertement (il est égoïste, mais c'est le vrai discours, c'est le discours qui part des tripes) alors une certaine bourgeoisie, la nouvelle gentry de gauche, les bobos, l'habille d'un faux semblant de moralité politique et sociale, de considérations sur le style de gouvernement de NS, présenté comme un cynique, comparé au bon François Hollande". Mais ceci c'est du pipeau, bien entendu. Et FH le sait bien qui ne pourra pas plus protéger le travail de ceux qui vont voter pour lui que n'a su le faire NS. C'est la force et la vitalité d'une économie qui protège les emplois, ou alors la sortie de la mondialisation. Ce n'est pas le choc fiscal. Sortir de Schengen ou alors réduire l'UE à la manière dont Lady Ashton a réussi à réduire la politique étrangère de l'UE, à une douce rigolade, se réapproprier un certain nombre de fonctions régaliennes, ce serait déjà un début. Mais pas le choc fiscal.

Les masses populaires sont si fragiles qu'elles ne peuvent supporter la mise en balance de leur position sociale, donc de leur emploi qui est au centre de leur vie. Ou alors, il faut des transferts sociaux, les amortisseurs sociaux comme ont dit. Là où le bât blesse, c'est qu'avec une économie défaillante qui a accepté sa propre désindustrialisation et donc qui s'est vidée du lieu où se créait la vraie valeur ajoutée mais aussi celui où naissait le processus que l'on appelait alors "l'ascenseur social", ces amortisseurs sociaux sont désormais financés par l'endettement collectif, mais ce discours ne passe pas auprès du plus grand nombre. : on ne se fait pas élire sur le remboursement de la dette publique ! C'est pour cela que le discours de Bayrou n'accroche pas.

C'est pourquoi finalement il est possible que FH soit élu.

Bien entendu, rien de ce qu'il prévoit (la libre disposition des 50 milliards de recettes fiscales en plus) ne se passera comme il l'entend. Une partie de ces 50 milliards seront immédiatement utilisés pour payer le supplément de taux qu'appliqueront les prêteurs internationaux aux besoins à financer que la France leur présentera (185 milliards d'€ de besoin à financer en 2012),et tout reviendra comme avant. 100 points de base sur les taux, ça représente une ponction de 18 à 20 milliards sur les recettes du budget (1% x 185 Mds € = 18,5 Mds €). Et comme il n'est pas prévu d’efforts sur la réduction de la dépense publique, je ne donne pas à FH, s'il est élu, 12 mois pour conduire une politique de matraquage des classes moyennes, les seules qui peuvent payer l'impôt finalement.

Mais une victoire de FH n'aura pas que des inconvénients : on se trouvera dans une situation inédite dans laquelle tous les pouvoirs politiques seront aux mains d'une seule formation politique minoritaire dans le pays : Élysée, Matignon, Palais Bourbon, Sénat, 23 régions, les plus grandes villes... Ceci n'est pas une situation stable, car les masses populaires, ainsi que je viens de les faire parler, ne sont pas de gauche; elles ne sont pas socialistes. Elles sont pour qu'on leur assure, non pas des subsides, mais la protection de leur emploi et la défense de leur identité. Donc elles sont pour le fait national. Or PS et Front de Gauche rejettent la Nation comme horizon possible de leur action politique. Si FH gagne, il y aura donc création d'une immense distorsion entre les fondamentaux du parti bobo qu'est devenu le PS et les masses populaires. Cela veut dire qu'aux prochaines élections régionales le balancier va basculer dans l'autre sens et d'une manière brutale. Peut-être alors viendra l'heure du changement dans les collectivités territoriales. Il n'est que grand temps, car c'est dans ce secteur que résident les gisements d'économie. Et on connâit déjà les perdants à cette grande bascule : ce sont les 80.000 militants du PS qui occupent des positions d'élu local qui seront renvoyés à leur propre base électorale : finies les voitures de fonction et les indemnités d'élu, avec à la clef une perte de revenus considérable pour le PS (ce qui explique que Dame Aubry ne soit pas pas aussi enthousiaste à la perspective de voir FH conquérir l’Élysée...)

Concernant l'impact sur la Belgique, je pense que l'élection présidentielle n'en aura aucun si c'est NS qui est élu. Si c'est FH qui est élu, il pourrait y en avoir un, mais pas celui qu'escomptent les Belgicains. Je suis désormais convaincu que Paris ne changera pas son positionnement, que ce soit NS ou FH le vainqueur. Paris joue la Flandre et le pourrissement de la situation; et le pourrissement devrait s'accélérer si FH est élu. Pourquoi ?

Parce que, si les taux sur la dette française prennent 100 points de base pour atteindre 3,9% (contre 2,9% aujourd’hui), ce qui est fort probable si FH est élu, il est bien évident que les taux sur la dette belge vont passer à 5%. A ce niveau, il devient impossible de refinancer le fédéral et la pression sur la Flandre sera telle qu'elle n'aura qu'une seule issue : couper les vivres aux Wallons et resserrer encore plus le nœud coulant qui vient d'être posé sur le cou des Bruxellois depuis les accords de gouvernement mettant fin à BHV.

La survie des Francobelges est plus que jamais liée au sort de l'espace français. mais cette évidence est toujours rejetée par les Belgicains qui vivent sur une autre planète alors que les Français n'en ont cure. Donc, on va vers le blocage belge. Blocage qui sera d'autant plus rapide et plus fort que la France risque, dès cet été, de se trouver face à une attaque en règle des marchés. Alors, ce jour-là, la Belgique y passera aussi, avec armes et bagages.

A mon avis, si FH est élu, l'été sera chaud, très chaud. En France, et en Belgique, mais aussi Italie et Espagne. Croisons les doigts.
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Serge
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MessageSujet: Re: Présidentielles : renversement de tendance ?   Ven 06 Avr 2012, 10:38 am

Je trouve la campagne présidentielle fort décevante. Les enjeux européens des cinq années à venir ne sont pas vraiment abordés, ils sont éludés. Fr. Hollande vend de la poudre aux yeux, il fait croire à l'existence de recettes magiques (taxation des plus riches...) dont on sait qu'elles ne rapporteront quasiment rien à l'Etat. La nécessité d'une cure d'austérité (comme dans tous les pays européens) est éludée, on dirait qu'on a peur d'en parler. Finalement, N. Sarkozy reste le moins mauvais, mais aussi le plus antipathique. L'Express annonce plus de 30 % d'abstentions au 1er tour...

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MessageSujet: Re: Présidentielles : renversement de tendance ?   Ven 06 Avr 2012, 11:16 am

Bonjour Serge,

Je ne trouve pas la campagne aussi décevante que cela.
On connaît tous le fond du problème : c'est le même depuis 1974, année du choc pétrolier.
Cette année-là, la ponction sur la richesse nationale opérée par les producteurs de pétrole a été d'environ 20%.
Depuis 1974 et singulièrement depuis 1978 (2ème choc) pour y faire face selon des termes "raisonnables" au plan économique, il aurait fallu, au choix, soit prélever dans l'épargne des ménages, soit réduire la consommation, soit accroître la fiscalité d'autant pour réduire le pouvoir d'achat (ce qui est équivalent).

Or collectivement, et ce, indépendamment de la couleur politique ds gouvernements et des régimes qui se sont succédé depuis 1974, on constate que la population française a refusé de faire ce choix et a demandé -de manière implicite bien sûr- à l’État de maintenir le niveau de revenus distribués, ce que l’État a fait en empruntant sur les marchés financiers. D'où une progression de la dette de 63 points de PIB entre 1974 et 2011 (il y a d'autres facteurs bien sûr, mais celui-ci est le principal).

Depuis 30 ans, l'opinion publique française est dans le déni de réalité (les autres opinions publiques aussi, d'ailleurs), comme si on pouvait effacer par un simple vote intérieur un pétole toujours plus indispensable à notre vie quotidienne alors que le prix a été multiplié par 25, à plus de 100 $ le baril
Pourquoi un tel déni ? parce que la population française ne veut pas entendre parler de stagnation de niveau de vie, et encore moins d'austérité et parce que la vie politique est faite de telle sorte qu'aucun candidat ne peut se faire élire sur un programme d'austérité ou de remboursement de la dette.

Alors, pourquoi voulez-vous qu'on parle aujourd'hui de ce dont on refuse de parler depuis 1974 ?

Je trouve au contraire que la campagne actuelle est intéressante, car le retour du réel commence à s’amorcer, face aux contraintes imposées par l'environnement extérieur.

certes on en parle de ces contraintes, mais en mode mineur, en disant qu'on va les surmonter facilement, qu'il suffit de relancer la machine (de faire du Keynes, alors que l'on sait que cette politique ne marche plus) et on ne parle que d'une partie du problème, la dette extérieure, en oubliant le fond du problème : notre attitude collective face au choix de consommation couplé avec un phénomène de désindustrialisation rapide du pays.

Mais on commence à en parler, à preuve la tentative réitérée de François Bayrou, le seul qui a véritablement un langage de vérité. Mais on le sait très bien les masses populaires se fichent de la vérité. Ce qu'elles veulent c'est la stabilité de leur travail, de leur revenus et la sécurisation de leur identité; et cela peut facilement se comprendre, même si on peut le regretter. Car bien entendu, sauvegarde de l'emploi, des revenus et de l'identité de chacun, cela ne peut être conçu que comme des éléments d'une politique d'ensemble, et non comme le résultat d'un catalogue de mesures. Par exemple, il est impossible d'agir directement sur l'emploi. En revanche il est possible de créer les conditions pour que les entreprises embauchent (mais sans être certain qu'elles le fassent réellement, c'est là toute la difficulté)...


Tous ces sujets : la dette extérieure, la nécessité de puiser sur l’épargne si l'on veut maintenir le niveau de vie, l'impérieuse nécessité de la réindustrialisation, la préservation des emplois et donc la question des frontières physiques, vont s'imposer peu à peu dans le débat public dans les prochains mois. C'est bien la première fois qu'un homme politique (Bayrou) ose faire sa campagne sur le thème de la dette : il a raison, mais il a raison trop tôt. Donc il va perdre, mais je suis persuadé qu'aux prochains tests électoraux ce débat va venir en force, car nécessité fera loi.

Non, Non, la campagne est peut-être ennuyeuse pour ceux qui n'ont en vue que le court terme et la nécessité de maintenir leurs acquis, faibles ou confortables, mais je la trouve au contraire grosse des débats bien plus fondamentaux qui vont nous arriver, et ce, dès l'été 2012.

je pense de plus en plus que l'été 2012 sera une période de retour de la crise de la dette, et alors, on cessera tous de rigoler, et FH et son gouvernement au premier chef, si c'est lui qui devait avoir en charge les affaires du pays.
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MessageSujet: Re: Présidentielles : renversement de tendance ?   Dim 15 Avr 2012, 5:41 am

Il me semble que le vote FH ne fera élire qu'un président. Car, bizarement, aucun président n'est astreint à respecter un programme. Alors nous retrouverions un président VRP et une république parlementaire.

Mais, à y réfléchir, n'est ce pas ce qu'il faut à la France ? Je ne vois pas l'intérêt de promouvoir des entreprises d'économie intérieur (TF1, Bouygues...) alors que nous avons quelques fleurons (Technicolor, airbus...).
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MessageSujet: Re: Présidentielles : renversement de tendance ?   Dim 15 Avr 2012, 8:48 am

@François Barberis a écrit:
Bonjour Serge,

Je ne trouve pas la campagne aussi décevante que cela.
On connaît tous le fond du problème : c'est le même depuis 1974, année du choc pétrolier.
Cette année-là, la ponction sur la richesse nationale opérée par les producteurs de pétrole a été d'environ 20%.
Depuis 1974 et singulièrement depuis 1978 (2ème choc) pour y faire face selon des termes "raisonnables" au plan économique, il aurait fallu, au choix, soit prélever dans l'épargne des ménages, soit réduire la consommation, soit accroître la fiscalité d'autant pour réduire le pouvoir d'achat (ce qui est équivalent).

Or collectivement, et ce, indépendamment de la couleur politique ds gouvernements et des régimes qui se sont succédé depuis 1974, on constate que la population française a refusé de faire ce choix et a demandé -de manière implicite bien sûr- à l’État de maintenir le niveau de revenus distribués, ce que l’État a fait en empruntant sur les marchés financiers. D'où une progression de la dette de 63 points de PIB entre 1974 et 2011 (il y a d'autres facteurs bien sûr, mais celui-ci est le principal).

Depuis 30 ans, l'opinion publique française est dans le déni de réalité (les autres opinions publiques aussi, d'ailleurs), comme si on pouvait effacer par un simple vote intérieur un pétole toujours plus indispensable à notre vie quotidienne alors que le prix a été multiplié par 25, à plus de 100 $ le baril
Pourquoi un tel déni ? parce que la population française ne veut pas entendre parler de stagnation de niveau de vie, et encore moins d'austérité et parce que la vie politique est faite de telle sorte qu'aucun candidat ne peut se faire élire sur un programme d'austérité ou de remboursement de la dette.

Alors, pourquoi voulez-vous qu'on parle aujourd'hui de ce dont on refuse de parler depuis 1974 ?

Je trouve au contraire que la campagne actuelle est intéressante, car le retour du réel commence à s’amorcer, face aux contraintes imposées par l'environnement extérieur.

certes on en parle de ces contraintes, mais en mode mineur, en disant qu'on va les surmonter facilement, qu'il suffit de relancer la machine (de faire du Keynes, alors que l'on sait que cette politique ne marche plus) et on ne parle que d'une partie du problème, la dette extérieure, en oubliant le fond du problème : notre attitude collective face au choix de consommation couplé avec un phénomène de désindustrialisation rapide du pays.

Mais on commence à en parler, à preuve la tentative réitérée de François Bayrou, le seul qui a véritablement un langage de vérité. Mais on le sait très bien les masses populaires se fichent de la vérité. Ce qu'elles veulent c'est la stabilité de leur travail, de leur revenus et la sécurisation de leur identité; et cela peut facilement se comprendre, même si on peut le regretter. Car bien entendu, sauvegarde de l'emploi, des revenus et de l'identité de chacun, cela ne peut être conçu que comme des éléments d'une politique d'ensemble, et non comme le résultat d'un catalogue de mesures. Par exemple, il est impossible d'agir directement sur l'emploi. En revanche il est possible de créer les conditions pour que les entreprises embauchent (mais sans être certain qu'elles le fassent réellement, c'est là toute la difficulté)...


Tous ces sujets : la dette extérieure, la nécessité de puiser sur l’épargne si l'on veut maintenir le niveau de vie, l'impérieuse nécessité de la réindustrialisation, la préservation des emplois et donc la question des frontières physiques, vont s'imposer peu à peu dans le débat public dans les prochains mois. C'est bien la première fois qu'un homme politique (Bayrou) ose faire sa campagne sur le thème de la dette : il a raison, mais il a raison trop tôt. Donc il va perdre, mais je suis persuadé qu'aux prochains tests électoraux ce débat va venir en force, car nécessité fera loi.

Non, Non, la campagne est peut-être ennuyeuse pour ceux qui n'ont en vue que le court terme et la nécessité de maintenir leurs acquis, faibles ou confortables, mais je la trouve au contraire grosse des débats bien plus fondamentaux qui vont nous arriver, et ce, dès l'été 2012.

je pense de plus en plus que l'été 2012 sera une période de retour de la crise de la dette, et alors, on cessera tous de rigoler, et FH et son gouvernement au premier chef, si c'est lui qui devait avoir en charge les affaires du pays.

Vous avez raison, la crise de la dette va revenir en force.

Mais cela n'empêche qu'on élude - partout, et pas seulement en France - la question fondamentale d'une construction européenne qui, jusqu'à ce jour, n'a pas englobé les aspects fiscaux et sociaux. On subit donc de plein fouet les effets pervers d'un libéralisme qui n'est pas en soi mauvais, mais qui devient mauvais à partir du moment où il crée des effets de dumping social ou fiscal. Tant que l'on n'aura pas harmonisé les taux de tva, l'impôts des sociétés, l'impôt des personnes physiques, les charges (et même graduellement les prestations) sociales entre les divers Etats de l'UE, on favorisera le dumping fiscal et social et la délocalisations d'entreprises vers les pays moins "coûteux" pour les employeurs. Or, cette question n'est pas abordée, ni dans la campagne présidentielle française, ni nulle part en Europe. Sottement, la gauche française a maintenant l'air de dire qu'il faut renoncer à la croissance et mieux répartir les richesses. Mais les "richesses" ne sont pas un puits sans fond. Les plus grandes entreprises françaises peuvent très bien se délocaliser demain dans le cadre des accords européens vers la Roumanie, la Grèce ou d'autres pays moins chers que la France sans que la République française n'ait d'autres moyens que les syndicats et la grèvve pour protester... Ce n'est donc pas renoncer au libéralisme qu'il faut faire, c'est créer une véritable Europe fiscale et sociale (à côté de l'Europe économique) de manière à éviter la concurrence (dumping) dans les domaines fiscaux et sociaux où elle n'a théoriquement pas lieu d'être...

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