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 L'union transatlantique

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MessageSujet: L'union transatlantique   Mer 18 Avr 2012, 2:15 pm

L'union transatlantique n'est pas une idée nouvelle et a cessé d'être une abstraction depuis une bonne décennie. Ce projet est soutenu par des personnalités de premier plan (e.g. VGE, Balladur, ... ). L'atlantisme de Sarkozy parait même fort logique, quand on considère le positionnement de son ancien mentor:

http://www.marianne2.fr/Balladur-missionnaire-de-l-Union-occidentale_a91295.html a écrit:
Balladur, missionnaire de l'«Union occidentale»

Mercredi 17 Septembre 2008 – Roman Bernard

L'ancien Premier ministre vient de se rendre à Washington pour donner des conférences sur l'intérêt de la création d'une Union occidentale entre l'Europe et les États-Unis. Et rencontré la circonspection des Américains.



«Pour une Union occidentale entre l’Europe et les Etats-Unis» : c'est le thème d'une série de conférences données outre-Manche par Edouard Balladur, qui avait déjà exposé ses thèses dans un livre paru fin 2007 avec un succès très confidentiel. L'ancien Premier ministre de François Mitterrand n'a rien inventé : en 1993 déjà, au lendemain d’une Guerre froide qui avait divisé l’Est et l’Ouest sur des critères idéologiques, un certain Samuel P. Huntington, dans un article de la revue américaine Foreign Affairs appelé à un grand avenir, prophétisait le «choc» des civilisations : les conflits du XXIe siècle ne seraient plus idéologiques, ni même nationaux, mais bien culturels. L’arrivée d’une administration néo-conservatrice à la Maison Blanche en 2000, puis les attentats du 11 septembre l’année suivante, ont donné un écho supplémentaire aux prévisions huntingtoniennes.

En France, l’historien libéral Philippe Nemo, dans Qu’est-ce que l’Occident ? (2004), terminait son ouvrage sur un appel à une Union occidentale, estimant que l’Union européenne comme l’«Empire américain» constituaient des impasses, un an après le véritable schisme qu’avait provoqué l’intervention militaire en Irak de part et d’autre de l’Atlantique.

Fin 2007, dans un registre moins savant mais plus polémique, l’éditorialiste du Figaro Ivan Rioufol, qui se revendique comme un réactionnaire, concluait son essai La Fracture identitaire sur un même appel à une union entre les nations d’Europe et les Etats-Unis.

Pour autant, le livre de Balladur, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, n'est certainement pas étranger à la volonté présidentielle de renforcer les relations transatlantiques. Restait à en convaincre les milieux diplomatiques américains eux-mêmes. C'est ce que l'ancien Premier ministre a tenté de faire au cours d’un cycle de conférences données aux Etats-Unis la semaine dernière, avec une succès, là encore, mitigé.

Scepticisme américain
De fait, comme le rapportait Le Figaro dans son édition du 11 septembre, c’est avec circonspection que les Américains ont reçu le message d’Édouard Balladur. Les relations avec l’Europe n’occupent guère une place importante dans la campagne, que ce soit dans les discours de Barack Obama ou ceux de John McCain. Tout au plus le candidat républicain a-t-il proposé la création d’une «Union des démocraties», incluant naturellement l’Europe mais aussi des pays non-occidentaux comme le Japon. En somme, rien de bien nouveau par rapport à l’actuel G8, si ce n'est l'exclusion de la Russie.

Mais Balladur n'en démord pas : son Union occidentale est l’un des enjeux majeurs du siècle naissant. Le déclin relatif de l’Europe et des Etats-Unis dans le monde, notamment sur le plan économique, doit selon lui conduire les deux rives de l’Atlantique Nord à s’unir. Et de proposer la création d’un conseil exécutif paritaire, qui réunirait tous les trois mois le président des Etats-Unis et celui du Conseil européen, si le Traité de Lisbonne ne devient pas caduc. Pas de tutelle américaine, donc. De même, Balladur envisage la création d’un marché transatlantique, qui impliquerait une harmonisation monétaire, financière, et qui aurait des conséquences en matières écologique, énergétique, diplomatique, militaire…

Cette «ambition immense» permettrait, selon lui, de «lutter contre le choc des civilisations», et éviterait aussi le divorce qu’il redoute entre les Etats-Unis et l’Europe. C'est bien là le problème : comment concilier les intérêts des deux puissances au moment où ils semblent de plus en plus contradictoires?

Les blogueur du site http://www.theorie-du-tout.fr/ (encore eux!) ont produit une vidéo très intéressante sur la question:



Le wiki est un peu maigre, mais fournit des références intéressantes (dont celles mentionnées ci-dessus).



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MessageSujet: Re: L'union transatlantique   Mer 18 Avr 2012, 2:37 pm

Une activité des plus récentes:

http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/12/356&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en a écrit:
Commission européenne – Communiqué de presse

L'UE et les États-Unis adoptent un programme pour un climat d'investissement ouvert et stable

Bruxelles, le 10 avril 2012 – Karel De Gucht, commissaire européen chargé du commerce, et Michael Froman, conseiller adjoint du président des États-Unis, sont arrivés à un accord sur un ensemble ambitieux de principes d’investissement et invitent solennellement d'autres pays à leur emboîter le pas. Dans le cadre du Conseil économique transatlantique (CET), l'UE et les États-Unis ont mis au point un programme visant à créer et à maintenir des régimes d’investissement stables, prévisibles et transparents. Les principes adoptés contiennent des éléments que l’Union européenne et les États-Unis considèrent comme indispensables pour attirer des investissements à long terme et durables.

«Des marchés d’investissement ouverts stimulent la croissance et l’emploi – et ce climat d'investissement ouvert sera favorisé par nos principes d'investissement», a déclaré le commissaire européen chargé du commerce, Karel De Gucht. «C'est là un nouvel exemple de coopération entre l'UE et les États-Unis pour préserver les flux commerciaux et d'investissements dans le monde, qui prouve que cette coopération au sein du Conseil économique transatlantique produit des résultats.»

La déclaration sur des principes partagés en matière d'investissements internationaux invite instamment les gouvernements à préserver un climat d'investissement ouvert, transparent et non discriminatoire. En même temps, elle confirme que les gouvernements peuvent œuvrer en faveur d'un niveau élevé de protection des investissements tout en conservant le droit de réglementer afin de défendre des objectifs légitimes d'intérêt public. Selon l'UE, ces objectifs comprennent l'environnement, la santé, la sécurité, l'emploi et la diversité culturelle. La déclaration souligne également que les gouvernements ne devraient pas abaisser leurs normes, notamment celles relatives aux droits de l'homme et à la protection de l'environnement, dans le but d'attirer les investissements directs étrangers.

L’UE et les États-Unis ont mis en œuvre ces principes dans leurs régimes d'investissement respectifs et invitent les autres pays à en tenir compte dans l'optique d'un renforcement des marchés d'investissement internationaux.


Contexte

Ces 15 dernières années ont vu une augmentation spectaculaire des mouvements de capitaux, et notamment des investissements directs étrangers (IDE). Cause et conséquence de la mondialisation, les flux d'IDE ont atteint un niveau record de près de 1 500 milliards d’euros en 2008.

Après un recul marqué en 2009, les flux d'IDE regagnent lentement le terrain perdu. Les flux mondiaux d’IDE ont augmenté de 5 % pour atteindre 930 milliards d’euros en 2010, d'après la conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), et on estime qu'ils devraient retrouver progressivement leurs niveaux d'avant la crise.

L’UE est la principale origine et destination des IDE au niveau mondial. Selon le «Rapport sur l’investissement dans le monde 2011» publié par la CNUCED:
  • les investisseurs de l’UE ont investi 305 milliards d’euros en dehors de l’UE en 2010;
  • les investisseurs de l’UE contrôlent environ 6 700 milliards d'euros d'actifs d'IDE à l'étranger, ce qui correspond à environ 60 % du PIB de l’UE;
  • les investisseurs étrangers ont investi un total de 229 milliards d'euros dans l'UE en 2010 et contrôlent près de 5 250 milliards d'euros d'actifs.
Les relations commerciales transatlantiques sont de loin les plus importantes au niveau mondial, puisque les échanges commerciaux, les investissements et les ventes réalisés annuellement par les filiales étrangères de sociétés sur les marchés respectifs des États-Unis et de l’Union européenne dépassent les 3 220 milliards d'euros, ce qui représente plus de 50 % du PIB mondial et 30 % du commerce mondial. Les entreprises américaines ont investi plus de 750 milliards d’euros dans l’UE. Rien qu'en Irlande, le stock d'IDE américains a atteint un total de 124 milliards d'euros à la fin de l'année 2009, soit plus que le stock total des investissements américains en Chine, en Inde, en Russie et au Brésil réunis. Les investissements de l'UE aux États-Unis ont assuré 3,6 millions d'emplois en 2008. Les investissements de l’UE dans la seule Californie ont permis d'assurer 287 000 emplois, tandis qu'à New York, ils ont conduit à la création de 255 000 emplois.

Les flux d’investissements transatlantiques conduisent à une intégration économique poussée du fait des échanges internes aux entreprises. Par exemple, la moitié des filiales étrangères de sociétés américaines se trouvent en Europe et 60 % des actifs détenus par les filiales américaines à l'étranger se situent en Europe. Le chiffre correspondant pour les filiales de l’UE aux États-Unis est de 75 %. Selon les estimations, les échanges internes aux entreprises représentent plus du tiers des échanges commerciaux transatlantiques.

Comme le montrent les chiffres ci-dessous, l'Union européenne et les États-Unis sont les principales origines et destinations des investissements directs étrangers:
  • Flux d'investissements de l'UE vers les États-Unis en 2010: 20,9 milliards d'euros
  • Flux d'investissements des États-Unis vers l'UE en 2010: 44,9 milliards d'euros
  • Stocks d'investissements entrants en 2010: 1 200 milliards d'euros
  • Stocks d'investissements sortants en 2010: 1 200 milliards d'euros.

Pour de plus amples informations:

Déclaration de l'Union européenne et des États-Unis sur des principes partagés en matière d'investissements internationaux:
http://trade.ec.europa.eu/doclib/html/149331.htm

Investissements et économie de l’UE:
http://trade.ec.europa.eu/doclib/html/149332.htm

Politique d’investissement de l’UE:
http://ec.europa.eu/trade/creating-opportunities/trade-topics/investment/


Contacts:
John Clancy ( 32 2 295 37 73)
Helene Banner ( 32 2 295 24 07)
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MessageSujet: Re: L'union transatlantique   Mar 19 Juin 2012, 9:07 pm

http://www.challenges.fr/economie/20120611.CHA7352/europe-%75sa-la-zone-de-libre-echange-dont-reve-bruxelles.html
Citation :
Europe-U.S.A : la zone de libre-échange dont rêve Bruxelles

Créé le 11-06-2012 à 14h46 - Mis à jour le 13-06-2012 à 09h24


Par Jérôme Lefilliâtre

ENQUETE Vous croyiez que le temps du protectionnisme était venu? Pas au sein de la Commission européenne, qui travaille depuis plusieurs mois, en lien avec Washington, à la création d'un grand marché transatlantique.

Le représentant américain au Commerce Ron Kirk et le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht, à Davos le 28 janvier 2012 (Sipa)

La vague protectionniste n'a pas encore submergé Bruxelles. Alors que les tentations en ce sens semblent progresser sur le continent, la Commission européenne travaille à la création d'une vaste zone de libre-échange qui regrouperait l'UE et les Etats-Unis, voire l'Alena (Etats-Unis, Canada, Mexique). Le projet a plusieurs noms de code: "Accord de croissance économique transatlantique" (ACET) en français, ou "Transatlantic free trade agreement" en anglais. Mais dans les deux cas, l'objectif est le même: lever l'ensemble des dispositifs protectionnistes (barrières douanières, quotas, restrictions d'accès aux marchés publics, droits de propriété, indications géographiques...) qui entravent les relations économiques entre les deux blocs "occidentaux".

A Bruxelles, le dossier a été pris en main par le commissaire européen au Commerce, le Belge Karel de Gucht, nommé en 2009. Depuis plusieurs mois, il parsème ses discours de références à ce qui est devenu le grand projet de son mandat. Ainsi, le 30 mai dernier: "Je crois que l'Europe et les Etats-Unis doivent rebâtir leur relation économique par une initiative commerciale bilatérale globale. (...) Il doit aborder toutes les questions pertinentes, en particulier les points suivants: la suppression de tous les droits de douane, la libéralisation des services et l'accès aux marchés publics", déclare-t-il.

Côté américain, c'est le représentant au Commerce Ron Kirk, mandaté par le président Obama, qui suit les discussions. "Notre intention est de parvenir à un accord global", a glissé il y a quelques jours l'ancien maire de Dallas, venu en tournée en Europe à la fin du mois de mai pour défendre les positions américaines, qu'il résume en une expression: "la libéralisation totale de l'accès aux marchés", qu'il s'agisse de biens, de services ou d'investissements.

Une réalité dès 2014 ?

Pour afficher leur détermination, les deux hommes, qui assurent que "les choses avancent bien", ont arrêté un calendrier serré. Un rapport préliminaire de l'état des discussions doit être rendu public à la fin du mois de juin, avant que des recommandations précises soient présentées à la fin de l'année 2012. Karel de Gucht et Ron Kirk veulent ensuite aller vite. Ils espèrent que les négociations, ouvertes début 2013, seront bouclées en 18 mois. Donc que cette vaste zone de libre-échange devienne une réalité dès la mi-2014...

S'il aboutit, le projet donnera naissance à un gigantesque marché commun. D'après les chiffres fournis par Karel de Gucht, la valeur des biens et services échangés en 2010 entre l'Europe et les Etats-Unis atteignait 670 milliards d'euros. La relation bilatérale, qui représentait 40% du PIB mondial et un tiers des exportations et importations globales, employait alors 15 millions de personnes des deux côtés de l'Atlantique. Notons au passage que, cette année-là, la balance commerciale penchait nettement en faveur de l'Europe, de 73 milliards d'euros.

Une vieille idée qui n'a jamais été poussée aussi loin

L'idée n'est pas neuve. Elle remonte aux années 90. En témoigne cet article du New York Times, daté du 21 juin 1995, qui fait état de discussions informelles entre le secrétaire américain au Commerce de l'époque et plusieurs responsables politiques européens sur une éventuelle "Transatlantic free trade area". Mais le lancement, à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), du cycle de Doha en 2001 repousse le projet dans les armoires. Jusqu'à ce que les négociations de l'OMC s'enlisent. L'idée d'un marché transatlantique est déterrée le 30 avril 2007 par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le président américain George W. Bush et, au nom du Conseil européen, la chancelière allemande AngelaMerkel, qui déclara un jour trouver cette idée "fascinante".

Les trois dirigeants signent une déclaration appelant à une plus grande intégration entre les deux rives de l'Atlantique, qui "bénéficiera aux citoyens de nos pays et à la compétitivité de nos économies". Conscients de l'immensité de la tâche, ils créent à cette occasion un "Conseil économique transatlantique" chargé de préparer le terrain. Il est aujourd'hui coprésidé par Michael Froman, un conseiller de Barack Obama, et... Karel de Gucht.

Poussée par de multiples lobbys oeuvrant à Bruxelles et à Washington, comme le Centre for European strategy, le think tank New Direction (parrainé par Margaret Thatcher) ou le Center for transatlantic relations, l'idée de ce grand espace sans contrainte pourrait n'être encore qu'une vieille lune si Barack Obama en personne ne lui avait donné l'impulsion qui lui manquait. Le 28 novembre 2011, le président américain cosigne avec les dirigeants européens une déclaration par laquelle une étape est franchie, avec l'installation d'un nouvel organe appelé "High Level Working Group on Jobs and Growth". A sa tête sont désignés Ron Kirk et Karel de Gucht. C'est dans le cadre de ce mandat qu'ils doivent remettre leurs recommandations d'ici la fin de l'année.

"Un véritable élan"

De fait, c'est la persistance de la crise qui a conduit Européens et Américains à remettre l'idée au goût du jour. "L'économie mondiale est entrée dans une nouvelle phase de difficultés, explique le texte du 28 novembre 2011. Nous nous engageons à travailler ensemble pour retrouver la croissance, créer des emplois et assurer la stabilité financière. (...) Nous devons intensifier nos efforts (...) pour engendrer de nouvelles opportunités."

Dans les milieux économiques, surtout côté américain, les propos ne passent pas inaperçus. D'autant que Ron Kirk et Karel de Gucht affichent publiquement leur confiance sur le succès du projet. Le rêve d'un marché intérieur allant de Sofia à San Francisco est peut-être en train de se réaliser. "Il y a quelques mois, personne ne parlait de ce sujet. Mais il y a eu un véritable élan avec la constitution du 'High-Level Group' et l'établissement d'un calendrier avec des dates précises, s'enthousiasme la directrice de l'American Chamber of Commerce à Paris, Marina Niforos. Les entreprises se sont mobilisées. Elles nous sollicitent de plus en plus pour se renseigner et mesurer l'impact que le projet pourrait avoir."

Combattre la crise et... la Chine

L'argument en faveur du projet est simple: une alliance commerciale transatlantique est le meilleur remède à la crise. "Les conditions économiques sont telles, des deux côtés de l'Atlantique, qu'on a un vrai besoin de trouver des leviers de croissance, poursuit Marina Niforos. On n'a pas d'autre choix que d'approfondir nos relations économiques. D'après nos études, avec ce projet, on peut attendre un gain de PIB combiné de 180 milliards d'euros en cinq ans. C'est très important pour la France en particulier, qui est la première destination des IDE (investissements directs à l'étranger) américains."

A la justification économique s'ajoute, parfois dans des termes messianiques, un objectif diplomatique assumé: ne pas se laisser assaillir par les puissances que sont devenus la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie... "Ce n'est pas le moment de battre en retraite pour les amis du libre-échange - oserais-je dire, pour les amis de l'humanité. C'est l'heure de montrer au reste du monde combien la richesse peut provenir de l'approfondissement des relations économiques et commerciales entre les nations", s'enflamme l'économiste Pedro Schwartz, du think tank New Direction.

"C'est un projet qui peut changer la dynamique mondiale, renchérit Christian Déséglise, cadre dirigeant chez HSBC et spécialiste des Brics. Non seulement il créerait de l'emploi et améliorait la compétitivité des entreprises par la suppression des droits de douane, mais surtout il ferait bouger les rapports de force. Aujourd'hui, 15 millions de voitures sont fabriquées des deux côtés de l'Atlantique, contre 18 en Chine, qui a donc l'avantage. Si demain on réunit les Etats-Unis et l'Europe, ça fait 30 millions contre 18. Les règles et les standards commerciaux seront définis par la zone transatlantique."

Un agenda compliqué

Côté européen, c'est donc la Commission qui pousse pour que le grand oeuvre se réalise. "Ils font partie de ces gens qui pensent, en temps de crise, qu'il faut faire progresser le libre-échange pour retrouver de la croissance", observe le député européen (EELV) Yannick Jadot, vice-président de la commission du commerce international au Parlement européen.

L'ancien président de Greenpeace France ne croit pas pour autant que le projet se réalisera aussi vite que l'espèrent Karel de Gucht et Ron Kirk. "La Commission européenne vient nous présenter régulièrement l'état des discussions sur le dossier. Mais on n'en est pas encore au stade des négociations. L'agenda politique est compliqué, avec la crise et les élections américaines. On n'est pas près d'aboutir à quelque chose de concret."

D'autant que les sujets à aborder sont extrêmement sensibles vis-à-vis de l'opinion, des deux côtés de l'Atlantique. "Ce qu'espèrent les Etats-Unis de l'Europe, c'est plus d'ouverture sur le secteur agricole. Et les Européens attendent d'avoir davantage accès aux marchés publics américains", décode Marina Niforos. Autrement dit, que les Européens abandonnent leur PAC (Politique agricole commune) et les Américains leurs "Small Business Act" et "Buy American Act". Et Yannick Jadot de citer les cas des OGM, des appellations d'origine ou de la politique française d'aide au cinéma - autant de "barrières protectionnistes" qui devraient être abolies pour parvenir à un accord global. Bruxelles aura fort à faire pour convaincre les Etats européens, qui restent décisionnaires en la matière.

Un projet à rebours de l'histoire ?

Surtout, à l'heure où les élections en Europe montrent souvent un progrès du protectionnisme dans les opinions, la Commission ne va-t-elle pas à l'encontre du sens de l'histoire? Interrogé par Challenges, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg assure ne pas être opposé à cette idée "pourvu qu'il y ait réciprocité". "Je suis favorable à des accord équilibrés de continent à continent ou de continent à grand pays, comme la Chine", explique le chantre de la "démondialisation", qui dit préférer les accords bilatéraux aux grandes négociations de l'OMC.

Karel de Gucht le sait lui-même fort bien, la mode n'est pas au libre-échange. Dans un rapport rendu public le 6 juin, le commissaire européen déplore l'application de 123 nouvelles mesures protectionnistes de septembre 2011 à mai 2012 dans le monde, où l'on en compte désormais 523 selon ses calculs. "Malgré la progression de leur poids économique dans le monde, ce sont les pays émergents qui continuent de recourir le plus aux mesures protectionnistes, qui font souvent partie de leurs plans industriels", relève Karel de Gucht, qui se dit "très inquiet" de la situation. Autrement dit, tandis que les Brics optent pour des stratégies de défense, l'Europe et les Etats-Unis réfléchissent à ouvrir davantage leurs frontières. Qui sortira vainqueur de cette guerre autant idéologique que commerciale?
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