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 Chirac-Sarkozy, la guerre a commencé

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MessageSujet: Chirac-Sarkozy, la guerre a commencé   Sam 15 Juil 2006, 10:36 pm

Source : http://www.lepoint.fr/dossiers_france/document.html?did=148504

Chirac-Sarkozy, la guerre a commencé

Citation :
Défaite du parti chiraquien, présidence de l'UMP à conquérir, 2007 à l'horizon... Tout est bon pour relancer leur étrange duel. Jacques Chirac peut-il étouffer les appétits d'un Sarko au faîte de la popularité ? Les plans existent, en tout cas...

Catherine Pégard

Il a fallu faire tomber toutes les cloisons qui séparent les salons et les salles à manger, au septième étage du ministère de l'Economie, créer une enfilade pour accueillir les « parlementaires amis », conviés mardi par Nicolas Sarkozy, officiellement pour un point sur le changement de statut de l'EDF avant que ne s'engage ce débat à l'Assemblée nationale. Dimanche matin, 197 réponses positives étaient parvenues à Bercy. Bernard Pons, vétéran amer de la chiraquie, devenu depuis longtemps un fervent supporter de Nicolas Sarkozy, rentrait de Martinique pour être là. Lundi, des députés téléphonaient encore sous de faux prétextes pour demander s'ils pourraient eux aussi assister au déjeuner. Le résultat des élections européennes était passé par là : 16,63 % des suffrages pour l'UMP.


On avait beau les avoir préparés à ce « mauvais moment à passer », comme on disait pendant la campagne à l'UMP, moment aussitôt banalisé, comme prévu, par Jacques Chirac - « Jean-Pierre Raffarin doit continuer et continuera sa tâche », a dit le chef de l'Etat depuis Aix-la-Chapelle -, les élus, eux, depuis la déroute des régionales, ne cachent pas leur désarroi. Il n'y a pas trente villes de plus de 25 000 habitants où, dimanche soir, l'UMP devançait le PS. « Ils savent que la prochaine balle dans le barillet est pour eux, alors ils balisent », résume un proche du ministre de l'Economie. Alors, ils se pressent à Bercy.

Mardi, ils étaient finalement 237 auxquels Nicolas Sarkozy réservait les commentaires qu'ostensiblement il n'a pas voulu égrener dimanche soir, sur les plateaux de télévision : « L'échec est indéniable. » Il l'a martelé avec d'autant plus de force qu'en 1999 il assumait la cinglante défaite du RPR (12,80 %) à laquelle les dirigeants de l'UMP veulent comparer le revers d'aujourd'hui du parti du président, réduit à un « RPR bis ». « C'est commettre une grave erreur que de ne pas vouloir regarder la situation telle qu'elle est », disait-il en 1999. Il pourrait le répéter. La seule différence est que de premier responsable de la débâcle en 1999, Nicolas Sarkozy est devenu pour beaucoup, en 2004, le recours. A la fin du déjeuner, mardi, aucun de ses invités ne doutait qu'il serait candidat à la présidence de l'UMP.

Si l'horizon électoral est borné à l'an 2007, les grandes manoeuvres ont bien commencé, ce 16 juin, à droite. Les défaites électorales, la vacance de la présidence de l'UMP, alors qu'Alain Juppé a annoncé qu'il s'en retirerait mi-juillet, précipitent le combat. Jusqu'au 30 janvier dernier, date du procès d'Alain Juppé qui l'a condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité, tout semblait simple. Jacques Chirac avait un dauphin dont il se demandait parfois s'il aurait la volonté intime d'aller au bout de la conquête mais qui lui garantirait la plénitude de son quinquennat et, à la dernière heure de 2007, le libre choix de son destin. Depuis le 30 janvier, le président doit revoir tous ses plans. La présence quotidienne, envahissante, de Nicolas Sarkozy, qui, depuis novembre, ne fait plus mystère de sa « folle ambition », comme dit un conseiller de Chirac, ne garantit plus au chef de l'Etat, selon ses proches, la tranquillité de son mandat. Voire des années qui suivront, pour les plus inquiets qui craignent que les juges ne « le lâchent pas ».

N'empêche : si Nicolas Sarkozy prenait la présidence de l'UMP, Chirac sortirait du cadre politique. Si Nicolas Sarkozy était nommé Premier ministre, l'Elysée deviendrait les Hespérides, telle est à peu près l'analyse de l'entourage du président. Or le ministre de l'Economie a depuis longtemps théorisé que l'Histoire était ingrate aux dauphins et que les héritiers devaient, sous la Ve République, forcer l'estime de leurs pères. Georges Pompidou a dû s'imposer à de Gaulle, Pompidou ne voulait pas de Chaban, François Mitterrand combattait Michel Rocard et n'a pas choisi Lionel Jospin... Références d'autant plus imparables que Nicolas Sarkozy est en position de force.

Matignon lui est certes fermé tant que Jacques Chirac n'en décidera pas autrement. Mais tous à l'UMP pensent que si aujourd'hui Nicolas Sarkozy décide d'en prendre la présidence, rien ni personne ne pourra l'en empêcher. « Pour l'instant, il est irrésistible », note-t-on dans l'état-major. « Tout le monde l'attend, tout le monde le souhaite. Il s'appuiera sur ceux qui ne sont pas spontanément avec lui », anticipe un député, après l'avoir écouté mardi. « La force est là. Rien ne sert de s'y opposer. Il faut créer des partenariats », confirme un ministre juppéiste. Alain Juppé, après avoir très mal pris cette analyse, l'a, paraît-il, lui-même admise.

Nicolas Sarkozy, lui, attend... le départ d'Alain Juppé. Ils (les chiraquiens) mettent « un tel acharnement » à ce qu'il renonce qu'il se trouve encouragé à se battre, laisse-t-il entendre. « Comment imaginer qu'il laisse le parti devenir une machine contre lui et s'évanouir un pactole de 33 millions par an, s'il veut être candidat à l'élection présidentielle ? » s'insurge un de ses proches, pendant que sa femme, Cécilia, sceptique, le met en garde contre l'enlisement dans un parti effondré alors qu'il s'est bâti une légitimité si forte au gouvernement.

« Je suis populaire auprès des militants, c'est ainsi. Est-ce raisonnable de ne rien me proposer ? » s'interroge doucettement le ministre, qui souligne qu'en campagne, il remplit les salles qui restent clairsemées avec les autres. « Ils ont été ravis que je n'aille pas au meeting du Palais des Sports à Paris, le 10 juin. Je suis plus applaudi qu'eux. C'est insupportable ! Je peux les comprendre. » Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy, au faîte de la popularité, se donne un air de victime : « S'ils étaient gentils avec moi, ils m'étoufferaient », a-t-il coutume d'affirmer. « Quoi ? Je serais le seul à n'avoir pas le droit d'être candidat ? » feint-il de s'indigner.

Jacques Chirac, pendant plusieurs semaines, n'a cessé de lui répéter que l'UMP n'était pas pour lui. Une constante, se souvient Sarkozy. En 1997, le président ne souhaitait pas qu'il soit le secrétaire général du RPR. En 1999, il le félicitait d'avoir résisté à la tentation de se porter candidat à la présidence du même RPR. Il s'était alors extrait, remarquait Chirac, du « combat politicien quotidien pour être libre ». « Pour moi, ce n'est jamais le bon moment ! » soupire Sarkozy. « On en est à "encore une minute, Monsieur le Bourreau !" » précise, crûment, un de ses collaborateurs. « Je suis déterminé à ce qu'on ne m'empêche pas d'être candidat à l'élection présidentielle », prévient seulement Nicolas Sarkozy. Il réfléchit tout haut à ses idées, qui auront besoin de tout le monde pour gagner. Personne n'imagine qu'il est un enfant de choeur mais, ces temps-ci, il ne veut voir que « l'exclusive de certains cénacles » coalisés contre lui.

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Dernière édition par le Sam 15 Juil 2006, 10:40 pm, édité 1 fois
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MessageSujet: Chirac - Sarkozy, la guerre a commencé   Sam 15 Juil 2006, 10:37 pm

Citation :
Plusieurs stratégies sont en effet à l'oeuvre pour tenter de le contenir.

- Il y a d'abord eu le pari de l'effacement obligé à Bercy. « On le verra moins aux 20 Heures, il aura un boulot énorme et peu gratifiant », avait plaidé un ami de Chirac. Raté ! En trois mois, Sarkozy a transformé l'emploi du temps classique d'un ministre des Finances en étant partout et surtout sur le terrain, à la porte des usines - Alstom ou EDF - et des grandes surfaces. Histoire d'équilibrer une image libérale dans laquelle ses détracteurs voudraient l'enfermer. « En août 2003, le président avait donné un mois à Francis Mer pour réactiver le dossier du statut d'EDF », se souvient son président, François Roussely. En huit jours, Sarkozy en avait fait plus que Mer en deux ans ! En se focalisant sur deux points : l'ouverture du capital et les retraites (lire page 68). De quoi obtenir une victoire sur une réforme symbolique avant de quitter le gouvernement si la rupture devait être consommée avec le président de la République.

Mais ce qui déstabilise le plus ceux qui enragent devant tant d'énergie, c'est qu'elle ne s'épuise pas selon ce vieux précepte sarkozien : « Un homme politique ne s'use que si l'on ne s'en sert pas ! » Le ministre de l'Economie érige le mélange des genres en méthode. Comme aucun de ses prédécesseurs. Une journée type : mardi dernier, il prend son petit déjeuner avec 150 militants de l'UMP pour leur parler, officiellement, de la Banque centrale européenne. C'est un tabac. Ensuite, il file à Bercy pour deux rendez-vous en tête-à-tête, avant de présider la conférence de politique économique : deux heures à discuter stratégie avec les directeurs de son administration. A 13 heures, il répond aux questions des anciens élèves d'HEC. Il mouille sa chemise au sens propre, dans un début de canicule. A l'Assemblée nationale, il répond à trois questions d'actualité avant de s'envoler pour Clermont-Ferrand. Une heure avec les syndicalistes agricoles du Puy-de-Dôme. Une manifestation des employés d'EDF, et enfin 2 000 personnes au meeting qu'il préside pour les européennes avec, entre-temps, un quart d'heure au journal télévisé de France 3. Le lendemain, la journée commence avec les cinq grands de l'industrie pharmaceutique... « Ce n'est que durablement, dans ce ministère où l'on ne peut tricher, qu'il montrera ses qualités », renchérit Jean-Pierre Raffarin, pendant qu'à Bercy on le juge « de facto Premier ministre ».

- Le second pari est celui du rééquilibrage, au moment du dernier remaniement du gouvernement. Sarkozy n'accaparerait plus seul la vedette : « Tous ceux qui ont du talent et des ambitions sont là », remarquait alors Jean-Pierre Raffarin. Il sait bien que le premier d'entre eux s'appelle Dominique de Villepin, son successeur, Place Beauvau, celui dont il disait en 2001, dans son livre « Libre », « le quotidien l'assomme, la médiocrité le déprime, l'adversité le requinque ». Sarkozy a beau s'exclamer en riant qu'il n'aurait pas aimé être son successeur, il sait que le ministre de l'Intérieur a été choisi comme une possible alternative. Sur lui, il nourrit les mêmes interrogations que Jean-Pierre Raffarin et les autres. Aller au-delà, le veut-il, le peut-il, lui qui ne fait pas l'effort de s'intéresser à la politique ? Sarkozy pense qu'à 49 ans, connaissant toutes les salles de France - « J'ai dû faire 25 meetings à Nice » -, il a trop d'avance sur les autres pour être rattrapé. « Depuis 1995, on veut me tuer, assure-t-il. J'ai eu contre moi tous les anti-Sarko, maintenant ils viennent me voir... »

- Le troisième pari, c'est la dissuasion. Nicolas Sarkozy a blêmi de rage en découvrant Le Figaro du 9 juin : « Les chiraquiens ont lancé la machine à dissuader Sarkozy. » Tout le but est de le convaincre, pour son bien, qu'il n'aurait vraiment aucun intérêt à prendre l'UMP. « A-t-il besoin de renoncer aux attributs du pouvoir qu'il aime tant, à reprendre un parti miné qui obtient 16 % des suffrages aux européennes ? » résume un ministre. « Ce n'est pas l'intérêt de Nicolas d'être une cible hors du gouvernement pendant trois ans », explique depuis des semaines Jean-Pierre Raffarin, qui le voit se « madeliniser » comme l'ancien ministre des Finances quand il démissionna du gouvernement Juppé en 1995. « Trois ans, c'est long, jusqu'à la présidentielle », renchérit-on à l'Elysée. Et tous évoquent l'année 1976, ce miroir dans lequel le président regarde Sarkozy en soulignant bien que Chirac lui-même, après avoir rompu avec Giscard, dut attendre dix-neuf ans avant d'être président de la République. « Il faudra d'abord expliquer aux Français qu'on vire le ministre le plus populaire du gouvernement », s'enflamme-t-on à Bercy. Ses amis rétorquent qu'il y a pis que d'être président de l'UMP et président du riche conseil général des Hauts-de-Seine ! Et que le piège serait peut-être d'être à la fois ministre et président de l'UMP, contraint alors à une vraie solidarité gouvernementale. Nicolas Sarkozy, à la tête de l'UMP, revendiquerait en effet de « faire de la politique » même s'il respecterait un « contrat de loyauté » avec le président et le Premier ministre. Toutes ces élucubrations sont, en fait, balayées d'une formule : « Le problème, c'est Sarkozy, ce n'est pas l'endroit où il est. » De la même façon qu'il a confié qu'il pourrait s'enthousiasmer pour les choux farcis, de la même façon Nicolas Sarkozy promet déjà qu'il ferait « autre chose de l'UMP, un parti en prise avec la société, un lieu de débats » avec l'idée qu'il ne faudra pas attendre le second semestre de 2006 pour préparer la prochaine échéance présidentielle. « Un nouveau programme, de nouvelles procédures de sélection des candidats doivent être travaillés très en amont », affirme- t-il. De quoi faire frémir Jacques Chirac, qui ne veut surtout pas que l'on force le temps, le temps qui lui reste. C'est ainsi que Nicolas Sarkozy a perçu comme de nouvelles manoeuvres l'idée d'organiser sans attendre une convention sur le projet pour ficeler au maximum la future direction du parti. Ou encore celle de doter le parti de courants avant l'automne, ce qui conduirait à encourager - et à financer - des tendances minoritaires pour, éventuellement, l'affaiblir. Ou même de fixer l'élection du président de l'UMP à mi-décembre, un mois après l'échéance normale pour, toujours, gagner du temps. Jean-Pierre Raffarin, lui, répète qu'un accord sera trouvé pour éviter l'« explosion » du parti...

- Enfin, la rumeur s'insinue, distillée, que de toute façon, Nicolas Sarkozy ne correspond pas au « casting » de l'époque. On se souvient du temps où Dominique de Villepin, secrétaire général de l'Elysée, démontrait avec brio qu'un jour « le voile se déchirerait » et que les Français comprendraient que Lionel Jospin n'était pas fait pour la magistrature suprême. Aujourd'hui, un procès semblable est discrètement instruit contre Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat aurait des doutes sur sa capacité à rassembler avec ses inflexions libérales, alors que lui-même estime que la réforme ne doit humilier personne, ses positions sur la discrimination positive, son atlantisme primaire, ses nuances sur le couple franco-allemand... Quelqu'un est même allé jusqu'à suggérer, lors de son dernier voyage aux Etats-Unis, que Nicolas Sarkozy, fils d'immigrés hongrois, était trop imprégné du système américain, « trop new-yorkais » pour correspondre à la France. Des divergences de fond auxquelles s'ajouteraient des interrogations sur son caractère. « Sarkozy ? C'est d'abord un tempérament, une énergie », estime un proche du président.

Trop rapide, trop impulsif, il lui resterait à démontrer ses capacités d'homme d'Etat. Sous-entendu en n'étant ni trop pressé ni trop brutal. « Qu'il laisse les autres venir à lui sans les forcer à se renier », confie un ministre qui se souvient d'avoir reçu un mot lui demandant de lui dire d'une croix si oui ou non il était son ami. La formule est devenue à la mode : « Le pire ennemi de Sarko, c'est Sarko » et elle le fait rire. « Si je n'avais pas fait d'erreurs, quelle carrière aurais-je faite ? réplique-t-il. Si je n'en avais pas fait trop, je n'en serais pas là. Quant à ceux qui me jugent piètre stratège, j'ai du mal à les voir dans mon rétroviseur. »

Si ses amis reconnaissent qu'il craint encore l'affrontement avec Chirac comme un jeune homme qui veut toujours épater celui à qui il ressemble tant, le ministre de l'Economie construit son indépendance sur l'idée qu'il devra toujours s'imposer au président. Sans doute pense-t-il parfois que le vieux lion pourrait convoquer le jeune et lui dire : « Puisque tu y tiens tellement, mesure-toi aux événements à Matignon ! » Le danger, il le sait, serait immense de se retrouver dans un système auquel les Français l'identifient de moins en moins. Alors, il se fait une carapace des préventions des autres : « Qu'est-ce que c'est que ce système finissant qui se mobilise contre celui qui pourrait incarner autre chose ? Plus ils m'attaquent, plus je grandis. » Sarkozy ne se contente pas de fanfaronner. Lui aussi recense ses différences avec Chirac, qui pense que la France est éternelle et déteste le changement, alors que lui croit que la civilisation française est mortelle et qu'elle attend, au contraire, le changement. Aux députés qu'il recevait mardi midi, il a décrit un parti moderne comme un lieu de confrontation qui ne redoute pas la concurrence, alors que Chirac estime qu'un parti ne vaut que par son unité : « Cela conduit, a-t-il dit, à privilégier le plus petit dénominateur commun. C'est le terme de "petit" que je n'aime pas. » Enfin, au lendemain des élections européennes, il expliquait qu'il n'y avait pas d'élection mineure et qu'il ne fallait pas laisser sans réponse forte la crise de la société.

C'est ainsi qu'il veut marquer, jour après jour, sa singularité. « Je suis perçu comme quelqu'un qui fait de la politique autrement. Je déçois dans la normalité de la quotidienneté », précise-t-il, en se vantant de prendre, dans les sondages, des voix à gauche. « Je ne suis pas chiraquien et j'ai les chiraquiens contre moi », ose-t-il avec aplomb.

Une grande partie de poker vient de commencer avec coups de bluff et sueurs froides. Si la politique était rationnelle, il ne pourrait y avoir de compétition entre deux héros qui ont presque un quart de siècle d'écart. Une récente étude - que Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont lue avec autant d'intérêt l'un que l'autre - montre que, pour les Français, Jacques Chirac reste la statue du Commandeur aimé, mais que Nicolas Sarkozy a cannibalisé tous les autres à droite... La politique n'est pas rationnelle. Ces temps-ci, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ne se disent rien.

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