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 La messe serait-elle (presque) dite ?

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François Barberis
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MessageSujet: La messe serait-elle (presque) dite ?   Mer 14 Sep 2011, 1:38 pm

Un Premier en affaires ''courantes'' qui court vers son nouveau poste, un poste d'expert à l'OCDE bien loin des tracasseries de la vie politique belge, façon de se mettre à l'abri du besoin et de dire à ses petits copains : ''Dém... -vous sans moi, j'ai assez donné!''

Un Souverain, souverainement ennuyé, qui court sur la route de retour vers son royal palais pour constater les dégâts.

Un ex-futur Premier qui court de demi-tables de négociation en demi-tables de négociation espérant de deux demi-lunes en faire un astre capable de ré-illunimer son parcours politique; Mais à supposer qu'il y arrive, ce ne sera que l'astre de la nuit; certainement pas un soleil rayonnant.

Un Président d'un exécutif européen qui n'exécute rien, sauf la Marche funèbre, qui court de capitale en capitale pour tenter de faire croire que lui, il existe !, et que l'UE qu'il est censé représenter existe aussi !

Et au dessus de tout cela, les cloches des marchés qui sonnent le tocsin à toute volée, sous forme de spread grandissant entre taux de l'OLO 10 ans et du Bund 10 ans, spread qui n''a jamais été aussi béant, à l'image de la déchirure entre Flandre, Bruxelles et Wallonie : on comprend pourquoi Yves Leterme voulait en terminer avec ce rôle peu reluisant de ministre courant (aux divers sens du terme).

En terre de Belgique, oui vraiment! le sentiment que la messe est presque dite, que l'étape finale est enclenchée, cette image s'impose naturellement à tout observateur. Et c'est pourquoi il convient de la repousser, car il n'est pas certain que nous soyons aux dernières mesures de cette messe.

Il est, selon moi, encore trop tôt, pour éditer l'acte de décès de l'état formel qu'est la Belgique. Précisément parce que nous avons à faire à un état formel, c'est-à-dire à un ectoplasme sans consistance, et que rien n'est plus difficile de dire quand un état formel, n'ayant plus de substance interne et qui survit en sa seule forme et fonction de représentation, est vraiment décédé.

L’État belge, en sa forme constitutionnelle, telle que reconnue par les autres partenaires et instances internationales, ne sert plus à rien sauf aux Flandriens à assouvir leur désir d'hégémonie et aux Wallons à se rassurer sur la persistance ad nauseam de transferts de plus en plus improbables. Et c'est finalement ce vide substantiel (au sens premier du terme), cette béance d'état qui est la meilleure sauvegarde de cet état : pourquoi un état qui est un non-pays, pour reprendre le propos de Dame Béatrice Delvaux, devrait-il mourir, puisqu'il est déjà mort, du moins de mort cérébrale, sinon de mort officielle ?

Non, la messe n'est pas encore tout-à-fait dite. Elle peut durer encore quelques temps.
Il y a encore quelques versets à réciter, un dernier cantique à entonner comme une marche funèbre.
Il y a encore quelques dernières étapes à franchir avant de dresser le faire part -cette fois-ci définitif- de l'évaporation de l'ectoplasme belge; une dernière convocation des électeurs, un dernier round de formateurs-explorateurs; un dernier appel au secours des instances de l'UE (à supposer qu'elles soient encore en mesure de répondre); un dernier round de ''négociations''.

Tout à été dit ou presque sur ces négociations grotesques qui n'en finissent plus, sur l'abandon de toute dignité de la part de ces pseudos-négociateurs qui ne peuvent rien négocier car prisonniers de leurs opinions publiques, celles que précisément ils ont contribué à forger au cours de décennie de déclarations et d'analyses bidons. Nous savons tous comment cela se terminera : par l'abandon en rase campagne. Mais c'est encore trop tôt pour déclarer que la messe est dite et pour commencer la préparation des funérailles.
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Stans
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MessageSujet: Re: La messe serait-elle (presque) dite ?   Mer 14 Sep 2011, 1:57 pm

Cela ne sent-il pas un peu le coup monté mon cher François que cette mise à l'écart d'Yves LETERME vers ce poste hautement lucratif de directeur adjoint auprès de l'OCDE ? En cas de énième échec des négociations, SM Albert-II flanqué de son double cabinet laïquo-catholique pouvait toujours suggérer de prolonger le gouvernement en affaires coulantes courantes quitte à demander au parlement de renforcer ses compétences (on n'est plus à une entorse constitutionnelle près) ? Pourrait-on imaginer une sorte de "complot de l'ombre" au niveau européen pour faire (enfin) crever l'abcès belge ou est-ce que je serais en train de rêver tout haut ?

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François Barberis
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MessageSujet: Re: La messe serait-elle (presque) dite ?   Mer 14 Sep 2011, 7:35 pm

Je ne crois pas à un complot de l'ombre européen.

Je crois bien plus à la lassitude, au cynisme des ''élites''. Car ils 'agit bien d'un message cynique qu'Yves Leterme envoie à l'ensemble de ses administrés : ''Vous êtes nuls, incapables de préserver ce système qui vous a servi et vous a enrichi; je vous laisse pendant qu'il est encore temps..." Cynisme bien banal au demeurant. Certains diront qu'il s'agit d'une trahison. Même pas. Une trahisons suppose une pensée politique qui voit au delà de l'immédiat et qui espère, en rejoignant l’adversaire ou l'ennemi, en un retournement profitable de la situation. Le traitre est avant tout un animal politique qui risque sa vie et sa carrière pour atteindre le pouvoir. Si son calcul est faux, il sera toujours stigmatisé, jugé et exécuté (Pétain). Si son calcul va dans le sens de l'histoire, il sera fait héros (de Gaulle). Rien de tel pour Yves terme : ce n'est pas une trahison. C'est un largage dérisoire.

Car n'est pas traitre qui veut. Trahir, c'est agir pour tenter d'instaurer un ordre nouveau, essayer de retourner le cours de l'histoire. C'est Ganelon qui veut la fin de Charlemagne et de son empire et imagine l'attaque de Roncevaux. C'est le colonel Von Stauffenberg qui essaie d'arrêter le cours du nazismes en tentant d’abattre Hitler. Il y a toujours quelque chose de sombre, de dramatique, de religieux dans la trahison. Mais ici, rien de cela. Ils 'agit simplement d'assurer un avenir financier alors que le bateau coule. Je pense que l'histoire sera sans pitié pour Yves Leterme.

Alors la question est la suivante : quel était le calcul réel de l'OCDE en proposant cette sinécure à un homme politique décadent ? Ne serait-ce pas tenter de démontrer la décadence du système lui-même puisque qu'Yves Leterme représentait parfaitement ce système de compromis, et par là-même démontrer l'inexistence de la belgitude, y compris chez son Premier ministre ?

Car c'est un peu cela, la leçon que l'on peut retirer de ce non-événement. Puisque le Premier belge, flamand de surcroît, ne croit pas lui-même à la belgitude au point de larguer les amarres et de s'installer à ... Paris, c'est que la belgitude est un concept vide, sans avenir. Or si la belgitude est un concept vide, que dire alors de l'idée d'Union Européenne dont la Belgique se voulait de modèle réduit et la belgitude -c'est-à-dire l'art du compromis même alambiqué- le mode opératoire ?

D'où ma conclusion : il n'est pas impossible que l'OCDE -qui est un concurrent de l'UE, ne l'oublions pas- a peut-être voulu envoyer un missile à cette UE en débauchant le Premier ministre de l'un de ses membres, le membre au cœur du système, démontrant ainsi le peu d'attachement. que les ''élites'' ont pour ce même système. Tentative réussie.

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Frans Rat
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MessageSujet: Re: La messe serait-elle (presque) dite ?   Mer 14 Sep 2011, 9:03 pm

C'est d'autant plus vrai que Leterme est inconnu à l'OCDE. On essaie de nous faire croire que c'est un génie que le monde nous envie, mais la réalité est ici : http://blog.lesoir.be/parisbysoir/2011/09/14/a-locde-yves-leterme-jamais-entendu-ce-nom-la/
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