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 Josy EISENBERG vs feu le Cardinal LUSTIGER

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MessageSujet: Josy EISENBERG vs feu le Cardinal LUSTIGER   Josy EISENBERG vs feu le Cardinal LUSTIGER EmptyLun 29 Oct 2007, 8:42 pm

Source : http://www.france-catholique.fr/Lustiger,927.html

Citation :
Il y a cinq ans, vous avez défendu sur vos pages le livre de Lustiger "La promesse" contre l’attaque du Rabbin Eisenberg. Aujourd’hui, je me trouve dans l’obligation de défendre la mémoire du Cardinal contre les attaques du même Monsieur. Il s’agit de son article publié le 9 septembre dans le journal Figaro. Et voici ma réponse : Lustiger, Juif qui fut un grand prince de l’Église

Lettre ouverte à M. Josy Eisenberg, à l’occasion de la parution de son article dans Le Figaro, édition des 8 et 9 septembre 2007.
Monsieur Eisenberg, c’est avec la plus grande joie que j’ai trouvé dans votre article cette belle définition : « Jean-Marie Lustiger fut un grand prince de l’Église ». On ne saurait mieux dire pour cet homme récemment décédé.
Cependant, ce n’est pas pour cela qu’il m’a fallut attendre presque un mois pour compléter votre intervention par le témoignage du sentiment que j’ai éprouvé après la disparition du Cardinal.
Chose étonnante : la mort du Cardinal Lustiger a été célébrée en France dans l’ambiance générale d’une fête, avec beaucoup de charme et de curiosité, sans aucune trace ou presque de deuil ni même de tristesse
fait presque unique dans l’histoire moderne française quand il s’agit de la mort d’un homme d’une telle envergure publique. Et si nous parlons de fête, ce fut évidemment la fête de la foi catholique, mais aussi - permettez moi d’expliciter cette formule, probablement sacrilège, voire blasphématoire d’après certains critères rabbiniques, - de la foi judéo-chrétienne.
On peut se demander - pourquoi cette transformation, si rare et si précieuse, de deuil en joie, et plus précisément en joie toute chrétienne : Mort, où est ta victoire ? La réponse, je pense, est triple.
D’abord, il ne subsiste aucun doute que Jean-Marie Cardinal Lustiger l’ait voulu ainsi, - malgré les souffrances de sa maladie mortelle, les inévitables souffrances physiques mais aussi certainement les souffrances psychologiques, morales et spirituelles. On devine facilement, en se souvenant des apparitions publiques du Cardinal pendant les derniers jours, semaines, mois de sa vie, qu’il a conçu le projet de sa mort comme le dernier acte pastoral de sa vie mortelle de prêtre et de directeur spirituel des âmes : je dis sa vie mortelle et sûrement pas sa vie tout court car elle n’a pas de fin, et rien ne nous empêche d’espérer que l’âme du Cardinal, comme les âmes de tous les saints trépassés, veillera sur nous, les vivants, depuis ses ultimes demeures auprès de notre Père qui est au Cieux, - et Lustiger fut le premier de témoigner de cet espoir : vous connaissez bien ses charmantes paroles adressées à ses collègues de l’Académie (je les cite ci-dessous).
Et si nous parlons du programme de ce dernier acte de sa vie, il est aussi évident qu’il fut conçu par Lustiger comme l’acte de la réconciliation universelle : la réconciliation entre non-croyants et croyants de trois religions monothéistes, mais aussi entre les croyants de ces trois religions et même à l’intérieur de ces religions, tout particulièrement - car il s’est cru Juif malgré le lourd et contrariant « tamponnage » rabbinique occasionnel - entre les Juifs et les chrétiens. Il s’est donc servi de sa dernière visite à l’Académie française, le Jeudi 31 mai 2007, pour la première tâche, la tâche la plus universelle et la plus difficile de la réconciliation. Ensuite, le Cardinal a programmé ses funérailles comme “l’exercice pratique sur le terrain” de sa deuxième tâche, celle de la réconciliation oecuménique, tout particulièrement, entre l’Église et la Synagogue.
Le public français a bien compris - et bien apprécié, à en juger par l’énorme assistance et par les nombreuses et riches réactions publiques, laïques, chrétiennes, juives, musulmanes, - à la fois les généreuses intentions de Lustiger et sa façon de dire au revoir - à la fois noble, cordiale et se cachant derrière une légère ironie, comme par exemple pendant sa dernière visite à l’Académie : « Au ciel les premiers sont les derniers, donc je pense que je serai là-bas le premier à m’occuper, à prier, à avoir tous les soins possibles et tous mes voeux vis-à-vis de l’Académie.
Or, à part les intentions et desseins du Cardinal, il y a eu aussi deux autres raisons de cette ambiance peu douloureuse. La première fut son destin d’orphelin, de triple orphelin : avec la perte de sa mère morte à Auschwitz avec toute sa grande famille polonaise, il a aussi perdu l’histoire vivante de sa famille, les liens vitaux qui nous réunissent par notre famille la plus proche à notre famille plus large, à notre peuple, le peuple juif dans le cas de Lustiger. Pour ressentir tout cela, il nous suffit d’imaginer un Breton de son âge, un orphelin perdu, disons, en Argentine. Troisièmement, pendant son enfance et sa jeunesse, Aaron Lustiger fut privé de toutes ses racines culturelles et spirituelles juives, - et pourtant, les personnes qui l’ont connu pendant les années de sa prêtrise n’ont jamais douté de ses origines juives.
La troisième et la dernière raison pour laquelle l’ambiance bon enfant de ce touchant et collectif au revoir au Ciel l’a aussi facilement l’emporté sur la tristesse fut moins glorieuse : pour beaucoup des catholiques, le Cardinal est devenu une pierre d’achoppement par son statut de témoin authentique de Jésus - Juif comme Lui et comme Sa Mère, et comme Lui et Elle, aimant son peuple jusqu’à la mort, et comme le dit l’Apôtre Paul, jusqu’à la de la croix, à l’épicentre même du scandale d’une générosité qui refuse de se plier aux formules confortables de ses compatriotes et confrères, fussent-ils français catholiques ou français juifs.
Cette ombre, cette petite tache noire sur la lumineuse et ultime destinée de Lustiger fut maladroitement illustrée, Monsieur Eisenberg, par votre troublant mais parfaitement rabbinique rappel à l’ordre au milieu de cette fête des éternels adieux. D’ailleurs, les Évangiles nous ont conservé l’épisode d’une autre contestation rabbinique, dans les circonstances semblables d’un autre adieu éternel - la contestation concernant un certain Roi de Juifs.
Cela nous apprend en particulier, Monsieur Eisenberg, qu’on ne cherche pas à régler ses comptes devant le cercueil de son adversaire.
Le Juif Aaron Jean-Marie Cardinal Lustiger, grand Prince de l’Église catholique, fut un homme profondément humble, un homme de paix, le seul prince de l’Église jamais invité avec ses prêtres et catéchistes à passer quelques semaines dans une importante communauté hassidique aux État Unis, pour vivre au milieu d’Israël qui sait prier, qui sait espérer, qui sait pardonner et, la chose la plus importante de tout et tellement naturelle, qui sait répondre à l’amour fraternel sans des formalités préalables, - bref, Lustiger et ses confrères catholiques furent invités pour vivre avec Israël en frères cadets, d’après la belle formule du Pape Jean-Paul II, pour se rencontrer face à face, dans la maison même d’Israël, pour la connaître et l’aimer à leur tour.
Le Cardinal a réussi son pari judéo-chrétien, Monsieur Eisenberg. Prions pour que nous réussissions le nôtre.
Édouard Belaga Chercheur du CNRS Père de famille nombreuse Ancien dissident soviétique Ami du Père Alexandre Men’, martyre de sa vocation judéo-chrétienne, visité et tant admiré par le Cardinal Lustiger.

Strasbourg Le 14 octobre 2007

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